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Revue de presse Fille de la campagne
Edna O'Brien

 

Presse écrite

« Rebelle, énergique et surtout libre, Edna O'Brien n'a jamais rien cédé. Aujourd'hui, à 82 ans, elle se penche sur son passé, préférant le terme Mémoires à celui d'autobiographie. Sa vie commence sous la pluie irlandaise, dans une campagne boueuse où les femmes baissent les yeux. La jeune Edna quittera son village au plus vite pour s'installer à Dublin, puis à Londres. Elle rêve d'écrire mais lorsqu'elle rédige en quelques semaines Fille de la campagne, elle n'imagine pas la tempête qu'elle soulève en évoquant la condition des femmes de son pays d'origine. Pourtant rien n'arrête cette rousse volontaire, ni les crachats irlandais, ni son divorce. Après les années de souffrance viendront celles d'un Swinging London joyeux et ludique. Comédiens, écrivains, musiciens défilent dans ces pages pleines d'anecdotes savoureuses mais lucides. On y croise Norman Mailer, Paul McCartney ou Marlon Brando dans un tourbillon de drogue, sexe et rock'n'roll. Au temps de la fête succédera celui de l'écriture jusqu'à cette Fille de la campagne qui l'oblige à revivre des instants heureux et des moments insoutenables. Le résultat est magnifique comme un puissant roman d'amour où s'invitent la grande Histoire et les détails minuscules. Ceux qui mettent les chairs à vif et le coeur en miettes. »

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« Les 20 meilleurs livres de l'année », Lire, décembre 2013-janvier 2014

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« Commencée dans l'odeur du pain comme en écho à la saveur de la madeleine proustienne, cette entreprise littéraire se déploie avec puissance. À partir des matériaux offerts par les expériences de la vie, elle suit un processus qui n'est plus celui de la transposition romanesque mais celui de la transmutation de la masse des souvenirs en récits cohérents : Edna O'Brien architecture une narration portée par la magie d'une langue élégante et efficace tout autant que par la lucidité de l'analyse et l'émotion suscitée par des événements tour à tour violents ou joyeux et par la fureur de vivre du personnage principal, qui entend réaliser ses aspirations : l'écriture, la fête, la passion, l'amour des hommes, mais aussi l'amour maternel et filial, la contemplation des paysages et de la peinture, l'observation de la multiplicité des êtres. […]
Edna O'Brien relate la traversée de ces épreuves sans en masquer les injustices ni les douleurs mais en se gardant de toute dramatisation et de tout militantisme : son énergie, sa force de résistance, la réussite de ses entreprises sont, à elles seules, des manifestes. C'est avec le même naturel qu'elle relate l'autre face de son existence : sa participation enthousiaste aux Swinging Sixties dans le quartier londonien de Chelsea, puis aux soirées dans les restaurants new-yorkais à la mode, sa manière de côtoyer, en préservant son regard de fille de la campagne, des personnalités comme Paul McCartney, Marlon Brando ou Donleavy. […] Ses mémoires sont une prodigieuse galerie de portraits. En quelques phrases lucides, nourries d'une admiration et d'une affection sincères, Edna O'Brien renouvelle l'image de ceux qu'elle fréquente. »

« La sage scandaleuse », Aliette Armel, Le Magazine littéraire, mai 2013

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« Des Filles de la campagne, premier roman, à Fille de la campagne, ces mémoires qu'Edna O'Brien s'était juré de ne jamais écrire, il y a un demi-siècle. Il y a aussi ce singulier, qui distingue l'autobiographie de la fiction, encore que la séparation ne soit pas totale, tant l'œuvre est nourrie d'une existence tumultueuse où se mêlent la force incontrôlable des passions et la farouche ténacité de l'écrivain.
Long chemin, soigneusement balisé dans un récit organisé en séquences courtes, où la chronologie cède souvent le pas à la rêverie, où la mémoire, selon la belle formule de John McGahern, devient l'imagination. Long chemin, de la demeure de Drewsboro, à Tuamgraney dans le comté de Clare, une source d'inspiration, aux salons littéraires de Londres, et à cet hôtel particulier de Chelsea, 10 Carlyle Square, où passeront les personnages célèbres de la scène, de l'écran, de la vie politique ou littéraire. […]
Il y a donc ici toutes les paillettes d'une vie rebelle et placée souvent sous les feux de la rampe. Et pour nous lecteurs, il y a l'énergie indomptable d'un esprit plein de feu, la pleine conscience d'une vocation, ma sotte ambition d'être écrivain. Edna O'Brien a commencé à écrire à Londres en 1958 dans des cahiers apportés d'Irlande qui portaient le nom d'Aisling, ce qui veut dire rêve ou vision, où elle capture les alluvions de la mémoire, et d'une chose plus forte que la mémoire. […]
C'est bien dans la vie que sont découverts les sujets des romans. […]
À Marlon Brando qui lui demande si elle est un grand écrivain, elle répond courageusement : je compte bien. Alors il la fait s'asseoir sur une balançoire à proximité et, par une belle et vertigineuse poussée, l'envoie vers les altitudes tant désirées de la langue. Retenons cette belle image d'envol : voyage d'une vie pleine à craquer, faite de joies éclatantes et de chagrins surmontés par une farouche détermination ; voyage dans une société irlandaise bouleversée par la modernité ; et, avant tout, voyage dans le pays de l'écriture aussi difficile, aussi semé d'embûches, mais aussi enchanté que la grande maison rose sur les rochers du Donegal où l'on voit les jonquilles d'un côté, la mer de l'autre. »

« Le chemin de la vie », Claude Fierobe, La Quinzaine littéraire, mercredi 1er mai 2013

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« Rien d'autre dans sa vie n'importe vraiment, sinon l'urgence d'écrire, et ce depuis plus de cinquante ans. […]
À 82 ans, Edna O'Brien reste une femme de caractère, extraordinairement belle, sorte de princesse celte mâtinée d'élégance british. […] L'Irlande quittée depuis plus d'un demi-siècle vibre toujours en elle. Sa voix, profonde et sifflante, demeure rocailleuse et envoûtante. On la sent volcanique et émotive, exigeante et réaliste, calfeutrée dans l'absolue solitude intérieure de sa vocation.
À Londres, en 1960, la jeune fille a dévidé en trois semaines son premier roman, Les Filles de la campagne. Ses mémoires de vieille dame, intitulés comme en écho Fille de la campagne, lui ont réclamé trois ans. Trois ans pour remonter à la source de ses souvenirs, parfois dans la douleur. Son existence a défilé sous sa plume, ses maisons, ses parents, ses amants, ses manuscrits, ses peurs, ses rêves. »

« Edna O'Brien, l'Eire et la manière », Frédérique Roussel, Libération, samedi 20 avril 2013

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« Enfance très simple, irlandaise. Qu'elle résume en quelques mots : Mère, père, champ et fort, clôtures de fortune, le grain qu'on rentre sous la pluie et le pain qui lève dans le four. Dedans, dehors. Au mois de mai, les haies qui deviennent un carnaval de pétales d'aubépine rose et blanc que le vent souffle comme des confettis. On se croirait au Japon, où la nature, comme en Irlande, vous rend poète sans qu'on ait rien demandé. Seule différence : le caractère. Edna O'Brien n'en manque pas. Elle aurait sans doute giflé John Wayne, si celui-ci l'avait, comme Maureen O'Hara dans L'Homme tranquille,ramenée de force à la maison.
C'est qu'on n'est pas pour rien du pays de la pluie et du vent. […] Arrivée à Dublin, mariée de frais avec un écrivain que l'indomptable Edna épouse contre la volonté de ses parents, c'est à Londres qu'elle s'installe finalement, à la fin des années 1950. Elle publie son premier roman, Les Filles de la campagne. Il fait scandale. Surtout on ne lui pardonne pas, le divorce étant consommé, de vivre l'amour librement, et d'élever seule ses enfants.
Ça ne lui réussit pas trop mal, cependant. […]
Toutes plus savoureuses les unes que les autres, les anecdotes traversent le livre à la vitesse d'un vent de force 8. Voici Marguerite Duras qui, trouvant Edna malade, s'en va chercher des suppositoires à la pharmacie. Voici Samuel Beckett, qui échange avec sa compatriote des propos sur les cimetières irlandais. L'obscurité s'était faite, les objets de la pièce étaient indistincts. Il était notoire que Beckett n'aimait pas beaucoup parler. Je me hasardai finalement à demander ce qu'il écrivait, à quoi il répondit : "Pas grand-chose, et à quoi bon, de toute manière ?" […]
On aurait tort de croire, à lire ce tourbillon d'aveux et de souvenirs, que la romancière allait se détourner de sa vraie nature : elle décide, les années passant, de s'installer dans le Donegal. Les souvenirs retournent aux souvenirs. Et Edna O'Brien s'avance, debout face aux éléments, triomphante, vulnérable et fragile, songeant sans doute à elle-même quand elle peint ainsi son cher Samuel Beckett : Il n'aurait pu parler des fossés et des marguerites, de la terre jonchée de ruines s'il ne l'avait aimée d'un esseulement si beau, triste et impérissable. »

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« Edna, quel volcan ! », Didier Jacob, Le Nouvel Observateur, jeudi 11 avril 2013

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« L'Irlandaise, dont le livre Les Filles de la campagne suscita un scandale dans son pays, publie ses mémoires. Un récit poignant sur son enfance, les sixties et les écrivains qu'elle aime. […]
Installée dans sa bibliothèque-bureau recouverte de livres, Edna feuillette sa vie sans nostalgie. Elle vient de publier ses mémoires – préférant ce mot à celui d'autobiographie – et les photos changent selon les couvertures choisies par les éditeurs : égérie sixties chez les Anglo-Saxons, jeune femme rêveuse au sourire grave en France, chez Sabine Wespieser. Ce livre poignant et sincère est la source de toutes ses fictions, des trois volumes des Filles de la campagne au Crépuscule irlandais. Dans cet ouvrage qui se lit comme le destin romanesque d'une femme libre, Edna brosse d'abord le portrait d'un pays qui l'a rejetée comme un monstre, interdisant ses livres. […]
Les mémoires d'Edna O'Brien se composent en fait de trois époques, presque trois histoires. Après les années d'enfance, de formation et de souffrance, vient le temps de la liberté dans le Swinging London. Edna est reconnue, rédige des scénarios, fréquente les soirées folles des années sex, drug and rock'n'roll. […]
Les beaux gosses du cinéma ne sont pas ses seuls compagnons : Edna aime les écrivains, leurs œuvres et cite James Joyce avec déférence. Pour écrire, dit-elle, il lui faut relire les plus grands, comme s'ils indiquaient le chemin à suivre. Alors Dostoïevski et Gogol ne sont jamais loin, Virginia Woolf, Joseph Brodsky, Sylvia Plath ou Alice Munro restent à portée de main.
C'est ce qu'elle explique dans le troisième volet de son livre. Des vivants et des morts, des amis et des proches, tous présents dans cette pièce un peu foutraque où elle continue d'exprimer sa passion pour la littérature. Aujourd'hui, Edna O'Brien travaille sur un roman, anxieuse comme toujours de ne pas trouver le mot juste. Le temps n'a rien changé à cette angoisse de la page blanche. Mais ce soir, lorsque ses hôtes auront quitté la petite maison londonienne, elle allumera toutes les lumières du salon et retrouvera ses fantômes. Ceux qui peuplent encore la maison natale de Drewsboro où elle se rendit récemment pour revoir la silhouette de sa mère, le lierre qui s'insinue autour des fenêtres, les chevaux hennissant dans l'écurie et la peur qu'ils lui inspiraient la nuit. Elle se penchera sur sa table, prendra son stylo pour retrouver le chuchotis, dit-elle. »

« Les incontournables : La paysanne révoltée », Christine Ferniot, Lire, avril 2013

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« Ne pensez pas que je suis particulièrement forte, dit Edna O'Brien. Les choses peuvent me blesser. Mais elles ne m'arrêtent pas. Elles servent même parfois de moteur. Comme lorsque dans cette clinique, il y a quelques années, on lui a dit qu'elle se portait à merveille, sauf pour l'audition. Pour l'audition, vous êtes un piano cassé. Le mot lui a trotté dans la tête. Piano cassé ou pas, je me sentais bien vivante, écrit-elle. Ce jour-là, elle rentra chez elle, fit du pain et, à 78 ans, commença la rédaction de Fille de la campagne. Une partition très juste alternant les graves et les aigus, les extrémités de la joie, comme celles du chagrin.
À l'acte I, on plonge dans les années de formation. Celles d'une fille solitaire et libre, née au fin fond de l'Irlande dans une famille qui n'était plus riche et que l'on voit se frayer un chemin vers les cercles littéraires dublinois puis londoniens.
À l'acte II, cette femme belle et effrayante, tendre et sauvage est devenue un écrivain internationalement célèbre. Les mémoires alors fourmillent d'anecdotes savoureuses. On y croise Paul McCartney jouant de la guitare pour endormir un fils d'Edna, Robert Mitchum qui passe avec elle une nuit mémorable ou John Huston qui la fait venir au Mexique pour encenser puis refuser l'un de ses scénarios. Ces hauts et ces bas, l'écrivain nous les livre sans fard, avec sensibilité, auto-ironie et toute la distance dont on peut faire montre à son âge. Aucune nostalgie. Une rage de vivre, d'écrire, de jouer encore. Parce que, piano cassé ou pas, la grande romancière irlandaise garde, pour l'écriture, une oreille absolue. »

« Vif-argent » et « Grande musique sur piano cassé », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 29 mars 2013

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« La romancière est chez elle à Londres, où elle écrit depuis plus d'un demi-siècle. Mais son home, sa vraie patrie mentale et romanesque, son berceau restera toujours l'Irlande, où elle est née en 1930 dans une ferme du comté de Clare, dans l'ouest de l'île. Là se trouve son domicile affectif et imaginaire, le terreau sauvage et violent où s'enracine sa fiction, et qu'elle évoque avec une sobre émotion dans la première partie de ses foisonnants mémoires, Fille de la campagne. Mais comme nombre d'auteurs irlandais exilés (de James Joyce à Samuel Beckett), Edna O'Brien entretient avec son pays natal une relation complexe, passionnelle et conflictuelle. […]
Mise en pension dans un couvent, Edna O'Brien confie être sortie de ces âpres années d'enfermement avec une faim de loup. De nourriture. De vie. D'histoires que j'allais écrire. Ses parents la laissent partir travailler à Dublin où elle obtient, à 20 ans, son diplôme de pharmacienne. C'est là qu'elle va rencontrer l'écrivain Ernest Gébler. Son existence prend alors le tournant de la rébellion et de la littérature. Elle s'enfuit et se marie avec Gébler contre l'avis de ses parents qui la poursuivent. Comme dans les romans du XIXe siècle… Le jeune couple s'exile à Londres où il ne durera guère. La publication des Filles de la campagne apporte à Edna O'Brien une notoriété que son mari, resté dans l'ombre, supporte de plus en plus mal. Après le divorce, la jeune écrivaine et renégate devra se battre pour obtenir la garde de ses deux garçons, Carlo et Sacha, qu'elle vénère – l'un est devenu écrivain, l'autre, architecte. Leurs portraits trônent dans la maison londonienne, et les mémoires de la romancière leur sont à tous deux dédiés : à mes guerriers de fils.
Mais la guerrière, ce fut d'abord elle-même, à lutter pour tout mener de front : ses vies d'écrivaine, de mère, d'amoureuse et de mondaine… Car dans le Swinging London des années 1960, la curieuse et avide Edna va croiser toutes les célébrités de la terre ! Des écrivains stars aux acteurs d'Hollywood, des chanteurs en vogue aux photographes de mode. La fille de la campagne prend sa revanche en ville. […] Edna O'Brien rapporte ces épisodes avec un humour et une simplicité allègres : la même justesse de ton dont elle use pour les personnages de son enfance rurale. Ici ou là-bas, elle restera toujours un électron libre. Inclassable, elle a écrit tous azimuts, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, sur le sentiment amoureux, la sexualité féminine, les rapports mère-fille. Ses biographies font date, de James Joyce à Lord Byron. […] L'écriture est sans doute sa véritable religion, la fièvre qui la hante au quotidien, lui arrache de terribles et divins efforts, la cloître dans une bien-aimée et lui réjouit l'âme. La romancière peste contre les obligations et les rendez-vous liés à la publication de ses mémoires, qui la tiennent éloignée de sa table de travail. Déjà sous l'emprise d'un nouveau roman, elle affirme : La part spirituelle en jeu dans la littérature est tout aussi essentielle que la relation au monde. »

« Edna O'Brien, fille de l'Eire », Marie Chaudey, La Vie, jeudi 28 mars 2013

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« Les mémoires d'un écrivain peuvent décevoir : parcellaires, redondantes... Elles n'intéressent alors que les fans. Ce n'est pas le cas de l'ouvrage d'Edna O'Brien, Fille de la campagne – clin d'œil à sa fameuse trilogie The Country Girls, parue à l'aube des années 1960. Car l'auteure irlandaise a fait de ses souvenirs un feu d'artifice littéraire, au gré d'un récit vagabond, plus ou moins chronologique, qui nous trimballe de Dublin à Londres et New York.
Fille de la campagne est autant l'histoire d'une femme, d'une artiste, qu'un livre d'histoire tout court. L'histoire de l'Irlande catholique étriquée de l'après-guerre ; de l'Angleterre en ébullition des années 1960-1970 – le fameux Swinging London –, de la tragique et cruelle guerre des religions en Ulster ; et, enfin, d'une culture mondialisée dont l'épicentre est la Grosse Pomme. Dans ce grand décor mouvant, tour à tour grave et glamour, Edna O'Brien nous raconte son combat. Pour être écrivain, pour être femme – pour être femme écrivain. […]
De tous ses romans, sa vie est peut-être le plus beau. »

« Caroussel irlandais », Philippe Chevilley, Les Échos, mardi 26 mars 2013

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« Edna O'Brien est une immense romancière, l'une des meilleures de son époque selon son ami Philip Roth. Sa réputation de grande amoureuse lui a parfois nui, mais aimer et écrire, est-ce incompatible ? Parfois, reconnaît-elle. La solitude lui semble plus propice au travail qu ́une folle passion. Solitaire, elle le fut, même si beaucoup de (beau) monde défile dans ses mémoires. Elle dîna avec Sean Connery, passa une nuit avec Robert Mitchum, Paul McCartney chanta une berceuse à ses fils, Richard Burton récita du Shakespeare rien que pour elle, Marguerite Duras et Samuel Beckett se pressèrent à son chevet. Mais, la plupart du temps, Edna se consacrait à l ́écriture, et ce livre est aussi une réflexion sur l ́art, l'inspiration, la poésie, la vie d ́une femme divorcée qui se bat pour obtenir la garde de ses enfants. Entre son premier roman Les Filles de la campagne et ce récit qui paraît aujourd ́hui, Fille de la campagne (Sabine Wespieser Editeur), il y a un demi-siècle, une vie : un superbe condensé d ́émotions et d ́intelligence. »
Extrait de l'interview : « La littérature vous a-t-elle aidée à vivre ?
Certainement. Sans elle, je serais devenue folle. La littérature n ́est pas réservée à une élite mais destinée à chaque être humain. Elle aide à combler la faim, la soif, à lutter contre le froid et la peur. »

« Edna O'Brien : La littérature comble la faim et la soif », Pascale Frey, Elle, vendredi 22 mars 2013

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« La jeune fille élevée dans la grande maison de Drewsboro, dans le comté de Clare, entre une mère adorée et un père trop souvent ivre, est devenue le grand écrivain irlandais de sa génération, mondialement célèbre, et respectée par ses pairs (Philip Roth l'a comparée à Faulkner). […]
Ainsi que la plupart de ses plus fameux compatriotes du XXe siècle, Edna O'Brien entretient avec la verte Erin une relation passionnelle, et, comme Joyce, comme Beckett, elle est un emblème des grands Irlandais que leur franchise et leur lucidité ont condamnés à l'exil. »

« Une rebelle irlandaise », Christophe Mercier, Le Figaro littéraire, jeudi 14 mars 2013

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« L'auteure des Filles de la campagne est une grande romancière irlandaise. Ses Mémoires, commencés à 78 ans, retracent une existence pleine et libre. […] [Edna O'Brien] a brisé tour à tour l'enfermement de son enfance, de son couple, de son pays, par son instinct de survie. C'est la force de ces souvenirs. On passe d'une maison du fond de l'Irlande rurale à une suite du Wyndham Hotel de New York. C'est toujours la même femme : marchant sur la braise. […] Son œuvre porte la trace de chacun de ses combats. Elle décrit longuement les paysages irlandais, elle évoque sans tabou la sexualité féminine, elle analyse au cordeau les sentiments amoureux. […]
Elle est dolce vita et Swinging London. Elle est chapeau melon et bottes de cuir. Fille de la campagne traverse les milieux, les époques, les sentiments. Edna O'Brien se penche sur les moments où elle n'en pouvait plus et sur les moments où elle en voulait encore. Son incroyable instinct de survie. Elle a eu envie de mourir ; elle a eu envie de vivre. Le goût de la liberté est le fil continu d'une vie cousue de plusieurs morceaux disparates. Fille de la campagne commence par le décès de sa mère en mars 1967. Retours incessants entre hier et aujourd'hui. Elle remercie, à la fin des Mémoires, les morts et les vivants. Elle est une fille de la terre. »

« Edna O'Brien, une vie sur la braise », Marie-Laure Delorme, Le Journal du dimanche, dimanche 10 mars 2013

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« Toute vie, bien entendu, est un processus de démolition, écrivait Scott Fitzgerald dans La Fêlure. Non, de libération, lui répond trois quarts de siècle plus tard Edna O'Brien dans ses Mémoires. […]
Fille de la campagne est tout sauf un exercice de remémoration paresseux et cliniquement nostalgique. C'est à la fois une symphonie du souvenir, un plaidoyer vibrant pour la liberté et un réquisitoire aux accents de colère sourde contre tous ceux et ce qui l'entravent. »

« Une femme libérée », Olivier Mony, Sud-Ouest dimanche, dimanche 10 mars 2013

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« Edna O'Brien publie ses mémoires poignants de mélancolie et de vivacité. […]
C'est d'une plume d'une profonde humanité, guère apaisée, qu'O'Brien évoque aujourd'hui ces jours de colère et de tristesse. Dans un récit impressionniste et hyperréaliste, elle fait surgir les fantômes d'une Irlande noire, travaillée par le péché, où l'oppression sociale, religieuse et sexuelle tient lieu de tables de la loi. La figure qui s'en détache, altière et paradoxalement aimante, est celle de la mère, bourreau et victime, courageuse et impitoyable.
Mais on ne peut réduire ce livre au récit de ce temps pour son auteure d'avant l'écriture, même s'il en est la source. Tout aussi fascinantes sont ces pages où elle évoque sa vie dans ce Swinging London, qu'elle se surprend elle-même à trouver à sa mesure. Ces jours de gloire et d'or qui l'amènent à New York ou à Paris, rouage sarcastique d'une délicieuse société du spectacle, à partager l'amitié de Jackie Onassis, à se faire offrir des suppositoires par Marguerite Duras, à laisser Paul McCartney improviser une chanson pour ses fils, à aimer comme un frère ou un amant Robert Mitchum ou Richard Burton. Tous ces doux oiseaux du passé qu'Edna O'Brien nous restitue dans tout l'éclat de leur jeunesse. Et partant, de la sienne. »

« Le temps retrouvé », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 1er mars 2013

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« Dans ses mémoires, elle témoigne non seulement de son parcours mais aussi de la vie et de la société en Irlande, à New York ou à Londres. C'est foisonnant de souvenirs. C'est un beau portrait d'une femme indépendante, sensible et lucide. Une première rencontre qui met en appétit pour lire ses livres. »

Étiennette Destable, Le Télégraphe, dimanche 7 juillet 2013

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« Edna O'Brien nous fait pénétrer dans l'intimité d'un écrivain : on découvre la création et ses tourments. Et aussi la vie de bohème et les amours fous de la plus grande romancière irlandaise. Avec Brando et Mitchum en guest stars. Magnifique ! »

« 1, 2, 3… Lisez ! Notre équipe a choisi : De belles mémoires », Pascale Frey, Elle, vendredi 28 juin 2013

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« À 83 ans, la Sagan irlandaise livre son autobiographie. Elle revient sur son parcours, qui la mena d'un pensionnat religieux du fin fond de l'Irlande rurale aux studios d'Hollywood, en passant par le Swinging London des années 1970. L'occasion de savoureux portraits de Robert Mitchum, Marianne Faithfull ou Richard Burton… »

« Une terre d'écrivains – À lire avant de partir : huit auteurs majeurs de la littérature irlandaise contemporaine », Isabelle Duranton, Destination Irlande, juin-juillet-août 2013

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« Les confidences de l'auteur de Crépuscule irlandais sont un merveilleux éloge de la vie intérieure. On y trouve aussi la grâce virevoltante d'une paysagiste et les révoltes d'une femme dont les livres furent durement reçus dans son pays natal.
À quoi peut rêver une jeune fille, au fond de la campagne irlandaise ? À larguer les amarres. Née en 1930 dans un village catholique qu'elle décrit comme un étouffoir, Edna O'Brien avait 22 ans lorsqu'elle décida de quitter le bercail et de s'installer à Londres, avec le sentiment d'être à la fois une exilée et une rescapée. Elle avait des comptes à régler, et elle choisit l'écriture pour s'en acquitter. En signant des romans qui ne tardèrent pas à être interdits en Irlande – et parfois brûlés ! –, parce qu'il y est question du désir féminin et de la sexualité dans une société bâillonnée par la religion.
Mais si elle a été contrainte de fuir l'Irlande pour pouvoir écrire, l'auteur des Filles de la campagne ne cesse d'y revenir dans ses livres : cette terre la hante, avec ses fantômes flagellés par les vents et ses âmes mutilées, comme disait Yeats. C'est dans ces décors tourmentés que se débattent les héroïnes d'Edna O'Brien, des femmes accablées par leur éducation bigote, par la servitude conjugale ou domestique, par la solitude affective, par des tabous de toutes sortes. Le réconfort ? Elles le cherchent loin des humains, en se réfugiant dans des paysages sauvages qui sont autant d'images d'une liberté reconquise.
Toutes ces hantises se conjuguent dans Fille de la campagne – au singulier, cette fois –, passionnante autobiographie qu'Edna O'Brien s'est enfin décidée à rédiger, à 80 ans passés, après avoir longtemps rechigné à livrer ce qu'elle appelle ici une obscure petite gorgée de secrets. […]
[Les] ombres souvent encombrantes passent vite dans ce livre tout entier tourné vers le dedans, au cœur de l'intime. Ce qu'on y découvre, c'est la fabuleuse liberté d'une romancière indomptable. Mais jamais endurcie par les croisades qu'elle a menées, à l'époque où sa mère cachait ses premiers romans dans un traversin, la honte au cœur… Edna O'Brien ? Une vie sur la braise. Et une seule urgence, celle d'écrire encore et encore enrestant profondément enracinée dans le pays natal, même s'il ne lui a pas fait de cadeaux. » 

« À plus de 80 ans, Edna O'Brien signe l'autobiographie d'une fille de la campagne devenue une brillante romancière irlandaise », André Clavel, Le Temps, samedi 18 mai 2013

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« Culte.
Plus fortes qu'un roman, nourries de nature et de littérature, les mémoires d'une petite fille de la campagne irlandaise devenue une – très – grande dame de la littérature. »

« Ce qu'il faut en dire… », Madame Figaro, vendredi 17 mai 2013

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"Are you or are you not a good girl? Edna O’Brien’s mother wants to know. […] 
Its author remains beguiling and brave, as lucid as ever about the rapturous lows and the punishing highs. Her eye is pitiless and her prose sumptuous. Long before that quayside discovery, her religion has been literature; to it she has remained devout, with a fervor that is contagious. Dear Mrs. O’Brien, I can answer that question about your daughter for you. She is no saint. She is an icon."

Voir l'article original

"Eternal Flame", Stacy Schiff, The New York Times, Friday, May 10, 2013


« Sulfureuse.
La romancière irlandaise raconte son enfance très dure, puis ses belles années dans le Swinging London, où sa vie se transforma en tourbillon mondain : Vadim, Fonda, Faithfull, Brando… Des mémoires name-dropping ! »

« Si vous aimez… », I. P., Madame Figaro, vendredi 3 mai 2013

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« Même si son récit est en prise avec le siècle et ses drames, si le monde extérieur n ́a cessé de toquer à la porte, c ́est une autobiographie intérieure qu ́elle a écrite, livrant ce qu ́elle appelle une obscure petite gorgée de secret, déchiffrant ce qui lui était donné dès les premières années dans une famille de l ́Irlande rurale, plutôt pauvre. […]
Pour la romancière, les choses paraissent avoir toujours été là avant elle, ainsi que les mots qui la traversent et qu ́elle veut, dit-elle, boire dès les premières années. Ce qui ne cessera de la hanter, ce sont les sensations, les odeurs de pain, les tourbières noires, le bleu des ciels irlandais qu ́elle retrouvera dans les toiles de Jack Yeats et qui meublent son espace imaginaire. Ce sont aussi les images pieuses, les représentations de l'Enfer et de ses flammes, les portraits de saints, dans ce christianisme préconciliaire, fondé sur la mortification, la haine de la chair entraînée vers le péché. Mais la mémorialiste ne porte aucun jugement, le récit de sa vie se déroule comme dans les rêves où l ́on ne condamne jamais. […]
Tout s ́est joué dans la maison de Drewsboro, Edna s ́y est construite dans un double élan, révolte et amour de la vie. L ́histoire de sa libération par son métier de pharmacienne, de son mariage, de ses amours après le divorce, elle la déroule sur un fond de tableau tapissé par les textes fondateurs. Très tôt elle découvrit chez T.S. Eliot, chez des Irlandais – Synge, Joyce, Beckett – l ́appel de l ́écriture et ses espaces de liberté. Écrire et lire sont, dit-elle, les deux intensités de sa vie.
Et cette incursion dans le passé est à la fois voyage à travers les œuvres ayant nourri ses fictions et retour sur une carrière qui commence par un succès : publié en 1960 – elle a 30 ans – son premier roman, Les Filles de la campagne, provoque un scandale et est interdit en Irlande. Aujourd'hui, l ́autobiographie qui a presque le même titre en reprend aussi les situations, les événements, les figures. Entre-temps, les mœurs ont évolué dans une Irlande qui a connu les horreurs des guerres civiles et à présent fête la romancière. Edna O ́Brien, elle, pourtant n ́a pas vraiment changé et même si elle a pu côtoyer les plus grands créateurs, elle se veut toujours fille de la campagne. Dans le Londres des swinging sixties et le New York des années 1970 glissent Harold Pinter, Norman Mailer, Robert Mitchum ou Paul McCartney, et la narration les présente comme des ombres un peu mystérieuses, vite effacées, comme si la romancière voulait dire que pour elle tout s ́était joué ailleurs et bien longtemps avant. »

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« Retour au pays natal », Francine de Martinoir, La Croix, jeudi 2 mai 2013

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« À 82 ans, […] la grande dame des lettres irlandaises est enfin sortie de sa réserve pour écrire cette Fille de la campagne, des mémoires où elle revient frapper à la porte de la ferme familiale avant d'évoquer son adolescence sacrifiée, son mariage et son divorce, ses croisades de jeune romancière lorsque la censure allumait des bûchers afin de la réduire au silence. Elle parle de sa vie sur la braise, de son travail acharné pour trouver le mot juste, de ses influences littéraires. Et, peu à peu, de la façon dont elle apprivoisa la célébrité en devenant l'amie de Jackie Onassis ou de Marguerite Duras. De l'ombre à la lumière, ces confessions sont un magnifique hommage à la liberté. Et les clefs d'une œuvre ô combien sulfureuse. »

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« O'Brien sur des braises », André Clavel, L'Express, mercredi 1er mai 2013

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« Reste le témoignage d'une vie éclose en plein basculement sociétal, passant de la campagne à l'exceptionnel. »

« Une vie à soi », Nelly Kaprièlian, Vogue, mai 2013

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« Est-elle dupe de ces blandices ? Évidemment non. Car seule compte in fine l'écriture, cette prose fine et serrée comme une gaze (Philip Roth dixit) qui fait tout le prix de ces souvenirs. On y découvre une guerrière apaisée, enfin libre après tant de bruit et de fureur, capable de remercier les vivants et les morts, prête pour un dernier banquet. C'est bien. »

« Une guerrière apaisée », Marie-Françoise Leclère, Le Point, jeudi 18 avril 2013

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« Toute sa vie, elle s'est battue pour arriver à exister comme écrivain dans une Irlande fermée, pétrie de traditions et dominée par les hommes. Aujourd'hui, elle livre ses mémoires : Fille de la campagne. […]
Si les années écoulées n'ont pas réussi à altérer sa beauté, elles ont amené une certaine distance qui lui a permis de se réconcilier avec son pays. Que de combats, pourtant, pour se faire accepter de ses compatriotes sans jamais se soumettre. […]
Heureusement, il y avait le Londres des années 60, ce Swinging London où, romancière en vogue, elle fréquente le ban et l'arrière-ban de ceux que l'on n'appelait pas encore les people. […] Mais la fréquentation des beautiful ne remplit pas une vie. Il y a bien sûr ses livres, toujours aussi coruscants, qui brisent les tabous, évoquent ouvertement la sexualité féminine et le combat sans cesse recommencé pour l'égalité dans une Irlande qui peine à se libérer du joug d'une Église particulièrement rétrograde. Mais, au-delà, il y a ce besoin d'absolu qui la poussera à des expériences qui la font aujourd'hui frémir, telle la prise de LSD avec l'antipsychiatre Donald Laing. Rien de surprenant, explique-t-elle, il y a deux personnes en moi : la rebelle qui se bat contre l'injustice et l'hypocrisie, ose tout, et celle qui a peur de la violence du monde. Alors, pour les concilier et sauvegarder ma santé mentale, j'écris. »

« Edna O'Brien, la grande dame sauvage », Alexis Liebaert, Marianne, samedi 6 avril 2013

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« Une vie pleine de péripéties pour une femme libre, qui cherchera à imposer son style à la fois littéraire et de vie.
Verdict : Un récit magistral, terriblement sincère, à mettre entre les mains de toutes les filles ! »

« Triplette : Mémoires d'éléphants – Edna O'Brien, la grande dame des lettres irlandaises », Marie Segura, Elle Blegique, avril 2013

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« Il me semble avoir vu les choses avant de les avoir vraiment vues ; elles ont toujours été là, comme les mots, je crois, ont toujours été là, filant à travers nous, écrit Edna O'Brien dans Fille de la campagne. Dans ce récit autobiographique, elle raconte comment elle est allée, armée d'une volonté farouche, au-devant de son destin, comme s'il l'avait toujours attendue. Née dans une famille modeste, au cœur de la campagne irlandaise, elle se taille une route vers le succès et les lumières du Swinging London, à grands coups d'esprit d'indépendance, d'audace et de talent. Elle raconte ce parcours de femme libre, souvent gai, parfois poignant. Ses talents de portraitiste en font l'ambassadrice de silhouettes enfuies, amants ou amis de passage : Samuel Beckett, Robert Mitchum, Marlon Brando, Jackie Onassis revivent sous sa plume, parmi beaucoup d'autres. Avec elle, la nostalgie se fait dialogue tendre avec les disparus, et évocation gracieuse d'un époque perdue. »

Sophie Pujas, Transfuge, avril 2013

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« Après avoir exploré le roman et la nouvelle pendant plus d'un demi-siècle, l'Irlandaise Edna O'Brien nous livre aujourd'hui ses mémoires. Fille de la campagne est le portrait d'une femme passionnée en quête d'amour et de liberté, mais aussi celui d'une artiste, un écrivain en quête de soi. Attention, chef d'œuvre !
[…] Elle ne cesse d'écrire, de bâtir une œuvre originale dont les principales sources d'inspiration restent l'Irlande et l'amour. Edna n'a jamais cessé d'écouter le souffle du vent, le frémissement de la lande et les voix de ses pairs pour conter la beauté et la rudesse de la nature, les douleurs de l'absence, la solitude absolue. Elle décrit une Irlande sombre, travaillée par le péché, où l'oppression sociale, religieuse et sexuelle tient lieu de tables de loi. J'ai toujours écrit sur l'Irlande telle que je la voyais, avec sa part d'ombre et de lumière, avec ce qui pour moi était visible et ce qui était davantage de l'ordre du secret. C'est la seule manière d'écrire. Une Irlande dominée par les hommes, qui ont rarement le beau rôle dans ses histoires. Cela n'empêche pas Edna d'être une grande amoureuse : l'amour, ses blessures, ses folies l'ont toujours nourrie en tant qu'auteur. Et c'est ce qu'elle voulait être, avant toute chose : un écrivain, une créatrice. Ces jours de gloire et d'or qui l'amènent à New York ou à Paris, ses rencontres avec les grands de ce monde n'y changeront rien. Mission accomplie. Dans un récit impressionniste et réaliste, servi par la prose limpide, lyrique et poétique qu'on lui connaît, Edna O'Brien déroule les fils d'une vie semée de bonheurs et de chagrins, avec son poids incommensurable et magnifique d'amour et de désolation. Jamais d'amertume dans ces mémoires, même quand passent les ombres qui hantent sa vie et nourrissent son œuvre, mais une remarquable sincérité, une extrême lucidité et des mots qui touchent au cœur. En refermant ce livre, on ne peut qu'admirer davantage celle qui s'est efforcée, sa vie durant, de conquérir sa liberté d'être, de penser, d'écrire, au prix de nombreux sacrifices mais sans jamais perdre la flamme. »

« Edna O'Brien : Garder la flamme », Sandrine Maliver-Perrin, Librairie Sauramps (Montpellier), Page des libraires, avril-mai 2013

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« Une autobiographie brute et éblouissante pour découvrir ce grand écrivain. […]
Tout sauf nostalgique, Edna O'Brien. Comme dans Crépuscule irlandais, terrible hommage à sa mère, elle ne choisit pas entre l'amour et la colère. De son écriture rêche mais superbe, elle transmet les émotions fortes de cette vie de ruptures, sans jamais jouer les héroïnes. Virginia Woolf voulait une chambre bien à soi, Edna O'Brien a vécu une vie bien à elle. »

« La reine des lettres irlandaises », Marguerite Baux, Grazia, vendredi 29 mars 2013

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« Avez-vous écrit très tôt ?
On peut dire que j'ai essayé, oui. Et d'ailleurs, j'essaie toujours (rire). J'ai su très tôt que j'aimais les mots et les histoires. J'ai toujours cru en la magie du style. Mais je ne me suis jamais dit : Je serai écrivain. Quand j'étais enfant, j'ignorais même ce que cela signifiait. Maintenant, je le sais vraiment : c'est une vie de discipline, à s'enfermer tout seul devant une feuille blanche et à tenter, tenter encore, et à nouveau de faire chanter la langue… […]
Je n'ai pas voulu écrire des mémoires qui soient un triste exercice d'auto-apitoiement ou une ode au courage de devenir écrivain quand on est né les pieds dans la boue ! J'ai travaillé la langue et le style pour rendre vivante au lecteur cette expérience des débuts, pour présenter l'existence comme elle venait, alternance de noirceur et d'éclaircies, de tragique et de rires. […]
Peut-on dire que l'écriture est devenue pour vous une religion ?
C'est plutôt une fièvre qui me hante au quotidien, une quête qui m'arrache de terribles efforts, une solitude désirée. J'ai entamé un nouveau roman ces derniers temps. La part spirituelle en jeu dans la littérature est aussi essentielle que la relation au monde. »

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« La terre d'Irlande est celle d'où je viens et où je retournerai », Marie Chaudey, La Vie, jeudi 28 mars 2013


« Une jeunesse dans le Swinging London où l'on croise Sean Connery, Marianne Faithfull, Paul McCartney… Telle une vraie fille de la campagne, elle semble encore, à son grand âge, ne pas en être revenue d'avoir croisé tous ses grands noms. »

« Fame-dropping », Nelly Kaprièlan, Les Inrockuptibles, mercredi 27 mars 2013

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« Ses mémoires se lisent comme une véritable saga. Il faut dire que son itinéraire de fille de la campagne devenue coqueluche de la ville est un passionnant parcours vers la liberté. Edna O'Brien vit depuis plus d'un demi-siècle à Londres. Mais sa patrie mentale et romanesque demeure l'Irlande, où elle est née en 1930 dans le comté de Clare, à l'ouest de l'île. Elle a fui la ferme de sa jeunesse. Elle n'en reste pas moins attachée avec passion à la terre sauvage et violente de son enfance, où s'enracinent ses romans. […]
À 82 ans, la curiosité, la faim de lire, d'écrire et de vivre de la romancière sont intactes. Un fascinant personnage. »

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Marie Chaudey, La Vie, mercredi 27 mars 2013


« Les mémoires de la grande romancière irlandaise, commencés à 78 ans, retracent la vie d'une femme éprise de liberté, qui n'a jamais cessé d'aimer sa terre et la littérature. […] Edna O'Brien retrace ces jours de colère et d'affrontement avec sa famille (une mère sévère, mais aimante) avant de nous fasciner avec l'évocation de sa vie dans le swinging London, ces jours de bonheur, de gloire et aussi de tristesse qui lui firent découvrir Paris et New York, et permirent des rencontres étonnantes (Jackie Onassis, Gore Vidal, Richard Burton, Marguerite Duras, Robert Mitchum, Sean Connery, Paul McCartney…). On dévore ce récit éblouissant, d'une grande pureté stylistique, sans fard, cru et émouvant. À 82 ans, la romancière a déjà commencé un nouveau livre. L'exigence d'une vie. »

« Actu livres : on aime... Edna O'Brien », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 24 mars 2013

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« Edna O'Brien révèle dans ces mémoires à quel point rien d'autre dans sa vie n'importe vraiment sinon l'urgence d'écrire. »

Biblioteca, mars 2013


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Edna O'Brien est l'invitée de l'Humeur vagabonde pour Fille de la campagne, mémoires parus chez Sabine Wespieser éditeur le 7 mars 2013.
« La littérature nous apprend à déchiffrer ce qu'est le mystère au contact de la réalité et à déchiffrer la réalité au contact de ce qu'est le mystère. Voilà un trait commun à l'écriture féminine, avec l'ironie et le pragmatisme. Mona Ozouf
Mona Ozouf est bretonne, une cousine en celtitude d’Edna O’Brien en somme.Mais pas sûr que l’irlandaise connaisse notre merveilleuse historienne qui a pourtant, en 2009, publié cette belle Composition française sur ses racines et sa formation, qui offre d’intéressants points de comparaison avec l’enfance paysanne et catholique d’O’Brien. Pour toutes deux, d’ailleurs, Jane Austen, Flannery O’Connor, Virginia Woolf comme Marguerite Duras, ont été des compagnes sur leur difficile chemin vers la connaissance et la reconnaissance. Et, dans ce que dit Mona Ozouf de l’écriture féminine, ironie, pragmatisme et mystère, ses lecteurs reconnaîtront sans peine le style O’Brien : cru, violent, sensuel, drôle et nostalgique, sous lequel persiste le regard effronté de la petite paysanne effrayée par les fantômes et les sorcières.
Edna O’Brien est une grande dame de 82 ans, consciente de sa valeur, et fière du chemin parcouru depuis le comté de Clare où elle a grandi auprès d’un père alcoolique et violent et d’une mère adorée dévorée par les interdits d’un catholicisme étroit. Traduite dans toutes les langues, auteure reconnue par ses pairs comme l’un des plus marquants de sa génération, Edna O’Brien publie aujourd’hui en France, chez Sabine Wespieser, dans une traduction de Pierre-Emmanuel Dauzat, ses mémoires sous le titre Fille de la campagne, rappel de son premier livre qui fit scandale en Irlande lorsqu’il parut en 1962. »
Avec l'aimable contribution de Xavier Combe, pour la traduction.

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« L'Humeur vagabonde : Edna O'Brien 2e partie », Kathleen Evin, France Inter, mardi 25 juin 2013


Edna O'Brien est l'invitée de l'Humeur vagabonde pour Fille de la campagne, mémoires parus chez Sabine Wespieser éditeur le 7 mars 2013.
« Les livres aident à combler la faim et la soif, à lutter contre le froid et la peur, affirme-t-elle. Et, on sait qu’elle dit la vérité car ,en effet, ils ont fait tout cela pour elle, au cours d’une vie tumultueuse où elle aura connu des jours sans feu, sans toit, sans joie, avant de parvenir, enfin, à la reconnaissance et à la sécurité grâce à l’écriture. Et, lorsque à 78 ans, écrivain admiré et traduit sur tous les continents, elle s’entendra dire par un médecin que, sur le plan de l’audition, elle est devenue l’équivalent d’un piano cassé, c’est encore un livre qui lui permettra d’encaisser la nouvelle. Celui qu’elle se mettra alors à écrire pour démontrer que, piano cassé ou pas, l’écrivain en elle était toujours en parfait état de marche.
Un demi-siècle après le formidable succès et le non moins formidable scandale suscité en Irlande par la sortie de son premier roman Les Filles de la campagne, la flamboyante Edna O’Brien publie ses mémoires, un exercice auquel elle s’était pourtant juré de ne jamais se plier. Leur titre ? Fille de la campagne, évidemment. Le livre, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat, est sorti en mars chez Sabine Wespieser éditeur. On y retrouve son écriture sensuelle et ironique, son regard acéré sur les mœurs hypocrites et la morale étouffante de son pays, et on y découvre le combat solitaire et parfois douloureux mené par une femme partagée entre son besoin d’écrire et son appétit de vivre. »
Avec l'aimable contribution de Xavier Combe, pour la traduction.

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« L'Humeur vagabonde : Edna O'Brien 1ère partie », Kathleen Evin, France Inter, lundi 24 juin 2013


Souvenirs (1/5) : Instants de vie.
« Premier moment d’une semaine tissée autour du souvenir. Edna O’Brien, la grande dame des lettres irlandaises, publie ses mémoires en France chez Sabine Wespieser éditeur sous le titre Fille de la campagne, détournant joliment le titre de son premier roman censuré à sa parution en Irlande au début des années 60.
Voici le premier moment d’une semaine de plein souvenir, comme on dit de plain pied. Ce mot souvenir qui s’utilise aussi bien en français qu’en anglais et désigne aussi bien la Tour Eiffel en porte clé, l’apparition bouleversante d’une odeur de l’enfance, ou les contours retrouvés d’une image vieille comme le monde. La matière des souvenirs est-elle aisée à manier ? Sort-on indemne de la remontée du temps, à la seule force de son esprit, à la seule manivelle de son écriture ? Ce qui revient comme étant les moments forts d’une existence ont-ils été vécus comme tels ?
Est-ce possible de réécrire sa vie en choisissant l’ordre, l’intensité des couleurs, le nombre de pages pour ce jour-ci, le nombre de pages pour cette nuit-là ? La littérature est-elle l’espace idéal des réminiscences, des flottements, des fantômes ? 
Ce sont certaines des questions, qui, une fois passée l’émotion de la lecture, agissent autour du livre d’Edna O’Brien, devenu livre au-delà de l’entreprise mémorielle. Fille de la campagne détourne joliment le titre de son premier roman censuré à sa parution en Irlande au début des années 60.
Fille de la campagne, ce sont les mémoires publiées par notre invitée Edna O’Brien chez Sabine Wespieser éditeur. Mémoires sur lesquels souffle un vent féminin, cavalier, un vent libre, irrévérencieux. Peuplé mais solitaire, ils sont un vent de falaise auquel il est bon de risquer se décoiffés.
Nous avons confié à Eve Dayre le soin de traduire les propos de Edna O'Brien. »

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« Pas la peine de crier », Marie Richeux, France Culture, lundi 10 juin 2013


Edna O’Brien : La fille de l’Eire
Les 7e Assises Internationales du Roman ont ouvert leurs portes en partenariat avec ARTE, lundi à Lyon, autour d’une cinquantaine d’auteurs « éclectiques » invités à partager leur réflexion sur la littérature, comme Edna O’Brien. La grande dame des lettres irlandaises publie en effet d’éblouissants mémoires sous le titre Fille de la Campagne en hommage à son premier roman quasi-éponyme publié en 1960 et aussitôt interdit pour obscénité dans une Irlande assujettie au carcan du conformisme et des tabous.
Elisabeth Quin reçoit, ce soir, l’intéressée, la romancière Edna O’Brien.

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« 28 minutes », Elisabeth Quin, Arte, vendredi 31 mai 2013


François Busnel reçoit Edna O'Brien pour ses mémoires, Fille de la campagne.

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« Le Grand Entretien », François Busnel, France Inter, jeudi 30 mai 2013


« Dublin est peut-être la ville du monde qui célèbre le mieux ses écrivains. Il faut dire que les romanciers sont depuis toujours les meilleurs ambassadeurs de cette ville.
Aujourd'hui encore Dublin inspire quelques uns des plus grands écrivains contemporains. […]
Dans ce nouvel épisode des Carnets de Route, François Busnel rencontre Edna O’Brien. Jadis, elle fut persécutée à cause de ses romans (Les Filles de la campagne) et même contrainte à l’exil. Aujourd’hui, on lui érige des statues. »
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« Les carnets de route, épisode 5 : Gens de Dublin », François Busnel, France 5, jeudi 17 avril 2014


Laure Adler s'entretient avec Edna O'Brien, écrivain irlandaise.

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« Hors-champs », Laure Adler, France Culture, mardi 1er octobre 2013


Edna O'Brien vous présente ses mémoires Fille de la campagne.

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Librairie Mollat et Sabine Wespieser éditeur


Une chronique d'Anne Michelet et une interview téléphonique de Sabine Wespieser sur Fille de la campagne d'Edna O'Brien (122'32'' à 130'21'').

« Des clics et des claques », Bérengère Bonte, Europe 1, jeudi 11 avril 2013


On parle livres... avec Olivia de Lamberterie (Elle), Michel Crépu (Revue des deux Mondes), Patricia Martin (France Inter) et Arnaud Viviant (Transfuge) : Fille de la campagne d'Edna O'Brien (16'01'' à 27'48'').

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« Le Masque et la Plume », Jérôme Garcin, France Inter, dimanche 31 mars 2013


Coup de cœur des libraires

« Grande dame de la littérature irlandaise (née en 1930) dont la vie est un grand écart, de l'Irlande rurale de son enfance à la vie rock'n roll avec les stars de Londres des années 60…
Une femme indépendante et radicale, une plume incroyable, chapeau Mme O'Brien ! »

Coup de cœur de la librairie Atout Livre (Paris XIIe)


« À 82 ans, la curiosité, la faim de lire, d'écrire et de vivre de la grande dame des Lettres irlandaises sont intactes. Un fascinant personnage dont l'itinéraire de fille de la campagne devenue coqueluche de la ville est un passionnant parcours vers la liberté. »

La sélection d'été 2013 de la librairie La Machine à lire (Bordeaux)


« À 82 ans Edna O'Brien publie ses mémoires. Londonienne depuis longtemps elle n'en reste pas moins cette fille de la campagne née en 1930 dans le comté de Clare, à l'ouest de l'île.
Le titre de ses mémoires fait écho à son premier roman Filles de la campagne (au pluriel), paru en 1960, et qui fit scandale. Au point qu'il fut même brûlé sur la place publique dans son village natal. C'est pourtant dans ce même hameau que l'on découvre aujourd'hui une plaque en l'honneur de la grande dame des lettres irlandaises
Entre 1930 et 2010, il s'en est passé des choses dans la vie de cette femme de caractère, libre et passionnante. Des mémoires qui se lisent comme un roman et sont habitées par l'Irlande. »

« Un été irlandais », catalogue de librairie Coiffard 2013

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« Il s'agit d'un sublime témoignage de femme libre. […] Car Edna s'est toujours battue. Pour sa liberté, pour écrire, pour obtenir la garde de ses deux enfants après son divorce. Pleine de fougue et d'enthousiasme, elle se raconte avec franchise. Je conseille ces mémoires, car ils donnent la pêche, nous incitent à relever la tête. Un magnifique autoportrait avec ses doutes, ses excès, ses joies. »

Martine Lahitte, Librairie Tonnet (Pau), « Week-end livres », Mathilde Nivollet, Aujourd'hui en France, vendredi 3 mai 2013 et sélection d'été 2013 de la librairie Tonnet (Pau)

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« La grande romancière irlandaise a vécu le Swinging London des sixties, et le crazy New York des années 1970-80, elle évoque son pays, ses parents, ses amants, ses peurs, ses rêves, ses écrits, prioritaires dans sa vie. C'est réel, ironique, elle a 78 ans, elle écrit comme une jeune. »

Marie-Rose Guarnieri, Librairie des Abbesses (Paris XVIIIe), Paris Match, vendredi 26 avril 2013


Lu et conseillé par :
M. Hirigoyen, librairie Le Jardin des lettres (Craponne)
A. Romaniw, librairie L'Atelier (Paris)
C. Busalli, librairie du Tramway (Lyon)
C. Hugel, librairie La Colline aux livres (Bergerac)

Page des libraires, avril-mai 2013


Coup de cœur des librairies L'Armitière (Rouen), Batignolles (Paris XVIIe), La Boîte à livres (Tours), Compagnie (Paris Ve), Le Failler (Rennes), Libralire (Paris XIe), La Licorne (Bruxelles), Sauramps (Montpellier), L'Usage du monde (Paris XVIIe)...


Presse Web

« Edna O’brien a parfois les souvenirs de tout le monde mais l’aigu des portraits et la couleur des descriptions fait la différence. C’est écrit, ce qui s’appelle écrit : soigné, composé, fignolé. Son penchant pour l’autodérision n’est pas seulement une forme d’humour mais une forme de violence exercée contre soi. Le ton de ces Mémoires, ce pourrait être ces quelques lignes : … je jetai un œil sur la page de garde de mon nouveau carnet et vis où j’avais recopié un vers de Joseph Brodsky : Se débarrasser du superflu est en soi le premier cri de la poésie. N’ayant absolument rien écrit, j’approchais de la poésie.
Il y a de belles choses dans ce récit, notamment son amour pour une religieuse rencontrée pendant ses années d’incarcération au pensionnat chez les soeurs ; sa déambulation dans un Dublin fourmillant d’histoires parmi une humanité de buveurs divisés en loquaces à la Joyce et taiseux à la Beckett ; sa passion revendiquée pour la mode ; ses démêlés avec les esprits réactionnaires qui la traitèrent d’énigmatique petite cochonne des lettres de trente ans et dénonça l’immoralité de sa trilogie sur les filles de la campagne alors qu’il ne s’agissait que d’amoralité (elle n’en fut pas moins interdite pour obscénité) ; les vertiges nés de ses liaisons avec les hommes ; son divorce scandaleux pour l’époque et la région, et la bagarre afin d’obtenir la garde de ses enfants ; son attachement indéfectible à sa langue et son pays, englobés dans un commun Home, quoi que celui-ci lui ait réservé. Sa conception de l’art du roman est aussi entre ces lignes. Quant aux pages consacrées à la récente guerre de religions qui déchira une partie de l’Irlande, [… elles] sont terribles. […]
À côté de cela, son petit côté name-dropper est sans importance, presque touchant ; faut-il être un critique à courte vue pour le lui reprocher et imaginer que l’évocation d’une coucherie d’un soir avec Robert Let’s go… baby Mitchum, une visite impromptue de Paul McCartney pour chanter une chanson aux enfants dans leur chambre à la maison, une nuit à préférer écouter Richard Burton lui réciter du Shakespeare alors qu’il brûlait de baiser la petite libertine, des soirées arrosées avec Marianne Faithfull, Roger Vadim, Jane Fonda, éclipse ce qui fait l’essentiel de ce livre. Quand on a vécu à fond et avec un certain succès les Swinging Sixties, il en reste au moins la nostalgie de ce folklore, récits des trips lapis-lazuli au LSD inclus. Cette dernière expérience est d’ailleurs l’occasion d’hallucinations tordantes lorsque c’est elle qui les raconte, Beckett sirotant son whisky à son chevet tout en avouant ne pas écrire grand chose et à quoi bon de toute manière ? tandis que Marguerite Duras court lui chercher des suppositoires à la pharmacie !
Ceci pour vous dire qu’il y a quelque chose de profondément émouvant dans ce livre, une fois débarrassé de son écume de célébrités : la sérénité de la mémorialiste lorsque, à l’issue de son entreprise, elle se sent prête à présider son dernier banquet personnel et privé, celui auquel sont conviées les deux moitiés guerroyantes de mon moi pour une ultime réconciliation. Il y a quelque chose de rassurant, un je-ne-sais-quoi de réconfortant, à découvrir des écrivains, des artistes, des créateurs qui gagnent bien leur vie avec leur art mais qui ont régulièrement des problèmes de fins de mois en début de mois. Et puis quoi, on ne se refait pas : j’aime qu’une romancière avoue avoir pleuré en écrivant certains de ses livres. »

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« Edna O'Brien entre les deux moitiés guerroyantes de son moi », Pierre Assouline, La République des livres, samedi 27 avril 2013


« Parmi ces coups de cœur, il y en a parfois un qui se détache, et qui devient alors un super coup de cœur, voire même un coup de foudre. Un livre que j’offre à mes amis, et qui restera à jamais dans un coin de ma mémoire, quoique je lise par la suite.
C’est exactement ça que j’ai éprouvé avec les mémoires d’Edna O’Brien, Fille de la campagne. […]
Ce qui est formidable dans ces souvenirs, c’est qu’il n’y a pas un chapitre sur l’écriture, un autre sur l’amour, un troisième sur les dettes. Non, tout est mêlé, entremêlé même. Mais ce qui ressort de cette épopée, c’est que la grande affaire de sa vie fut et reste la littérature : sans elle, je serais devenue folle. Ceux qui n’ont jamais connu la richesse des livres ont vraiment manqué quelque chose et je ne peux pas imaginer quelle aurait été ma vie sans eux… »

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« Sans la littérature, je serai devenue folle », Pascale Frey, www.onlalu.com, mardi 2 avril 2013


« Après l’Islande l’an dernier, AIR prend un peu l’Eire. Accueillant notamment deux figures féminines de la littérature irlandaise : Kate O’Riordan et la vénérable Edna O’Brien. […]
À 82 ans, la première publie Fille de la campagne (Sabine Wespieser éditeur), un livre de mémoires dont le titre fait écho au quasi-éponyme Les Filles de la campagne (Fayard), son premier roman, qui fit scandale en Irlande lors de sa sortie en 1960 et qui contribuera, comme beaucoup de ses livres suivants, à l’émancipation et à la libération sexuelle dans un pays catholique et conservateur. Elle dont le premier (et unique) mari, Esnest Gébler, qu’elle avait suivi à Londres, voyait d’un mauvais œil la carrière d’auteur.
Une vingtaine de livres plus tard, la question ne se pose plus pour cette fanatique de Joyce – elle lui consacrera un livre – petite fille du fin fond de l’Irlande, quasi-promise au couvent, mais que ses rêves, l’amour et la littérature auront amenée à fréquenter Richard Burton, Philip Roth ou Marlon Brando. Sans que jamais elle s’affranchisse de cette enfance si rude dans le comté de Clare. »

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« Grand bol d'Eire aux Assises du roman », Kevin Muscat, Lyon Capitale, vendredi 31 mai 2013


« Témoignage étonnant que celui de cette écrivaine qui décide à 78 ans d’écrire sa biographie, ne voulant pas en laisser le soin à d’autres ! Il lui aura fallu trois ans pour en venir à bout. […]
Le récit témoigne aussi de son amour des livres et des mots, de l’admiration de la poésie de Yeats, et de l’attachement au pays qu’elle a ancré au cœur, et dont elle évoque l’histoire sanglante dans des chapitres poignants. »

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« Femme et irlandaise », Chris Bourgue, Zibeline (www.journalzibeline.fr), mardi 14 mai 2013



 

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