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Revue de presse Les Collines d'eucalyptus
Duong Thu Huong

 

Presse écrite

« Dixième livre de Duong Thu Huong – née en 1947 dans le nord du Vietnam – traduit en français, Les Collines d’eucalyptus est une réinvention de l’itinéraire de Thanh, le personnage principal de Sanctuaire du cœur. Roman de prison et roman d’une jeunesse homosexuelle, Les Collines d’eucalyptus démontre une nouvelle fois le talent de Duong Thu Huong pour la simplicité et la subtilité réconciliées. »

« Nos coups de cœur de l’été », Nils C. Ahl, Le Monde des livres, vendredi 4 juillet 2014

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« Roman après roman, dont le dernier, Les Collines d’eucalyptus, est sorti en janvier, Duong Thu Huong s’est imposée comme une figure majeure de la littérature contemporaine. En 2006, le succès de Terre des oublis est fulgurant. Couronné par le prix des lectrices de Elle, ce pavé de 800 pages s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires. Duong Thu Huong sourit quand on lui parle de sa réussite et de son génie d’écrivain. C’est à vous de juger, dit-elle. Moi, je suis dedans. Je ne fais que remonter la trace de l’histoire de mes personnages. Ils m’emmènent.
Dans ses textes, Duong Thu Huong redonne vie à ceux qu’elle appelle ses fantômes. Elle parle notamment de ces hommes ou de ces femmes qu’elle croisait quand elle allait à l’école à 8 ans, après la guerre d’Indochine. Spoliés de leurs terres et désignés comme ennemis du régime communiste naissant, ils préféraient se pendre ou poser leur tête sur la ligne de chemin de fer. J’écris pour eux. Ils n’ont pas eu la chance de connaître l’amour, la douceur d’un baiser. La littérature est une façon de les aider à crier leur douleur depuis l’au-delà. […]
Dans Les Collines d’eucalyptus, elle décrit l’emprise qu’un être peut avoir sur un autre, au-delà de la raison. Ce qu’elle a vécu se reflète dans le sort de l’un des personnages, Tiên Lai, homosexuel, contraint de se marier avec une femme prête à tout pour le posséder, même à mourir. Littéralement, de l’amour fou. […]
Son style limpide accompagne le lecteur au fil des pages de ses épais romans, comme une conteuse ensorcelle les enfants des heures durant. On ne se lasse pas de ces histoires entremêlées où se croisent des personnages aux destinées liées. Comme un théâtre grec avec l’action au cœur et le chœur des villageois qui commente, résume Phuong Dang Tran, son traducteur, dans une belle formule. Dans ses livres, Duong Thu Huong recrée un Viêt Nam des villages, aux habitants attachants, respectant la tradition et l’honneur de la famille. La nature sauvage ou domestiquée, qu’elle décrit avec une puissance rare, joue un rôle central. Tour à tour, les montagnes, le vent, la brume sont des alliés ou des présences inquiétantes. Aves les protagonistes, on sent l’odeur des fleurs de pamplemoussiers ou celle, plus âcre, des écorces d’eucalyptus. On vit avec Bôn, le soldat de Terre des oublis, perdu, cerné par une jungle organique qui l’enserre, l’emprisonne et le préserve. Un style qui sent l’humus, enraciné dans la terre vietnamienne. Un style qui sait aussi se faire sensuel quand elle décrit avec finesse les troubles de l’âme et des sentiments. »

« Au nom de tous les siens », Christine Chaumeau, Causette, juin 2014

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« Le livre, lui, est une réussite réaliste, romantique et humaniste, bref hugolienne, qu'on peut aimer sans restriction, malgré son parti pris d'écriture aussi peu à la mode française de 2014 qu'à celle des années où le roman s'essayait à la recherche. Une lecture gratifiante n'a nul besoin d'être dogmatique, il lui suffit d'apprécier l'authenticité là où elle la trouve.
Premier plaisir de lecture : l'évocation d'un pays enchanteur, des fleurs, des parfums, des nuages, de toutes les nuances du brouillard et de la pluie, de toutes les saisons, de presque tous les climats. L'intrigue déploie un tissu bigarré de couleurs et de mouvements. […] Les Collines d'eucalyptus, c'est d'abord un voyage qu'en dépit du tragique de l'histoire on ressent comme un hymne de la narration à une terre adorée.
Les hommes, certes, se révèlent moins accueillants que leurs paysages. Avec une extrême délicatesse dans l'analyse des psychologies individuelles, si marquées cependant, dans cette Asie qui n'est que marginalement individualiste, par la pression du groupe, de la famille, des ancêtres proliférants, Duong Thu Huong dessine la trajectoire d'un héros complexe, que sa sensibilité met en danger de devenir un truand sans foi ni loi. […]
La grande affaire du livre, c'est l'homosexualité en contexte contemporain au Vietnam. Elle est décrite dans sa réalité d'abord physique comme une pulsion naturelle d'une brutalité qu'aucune politesse lénifiante du style ne vient dissimuler, pas plus d'ailleurs que ne sont hypocritement voilés les débordements d'une sexualité plus conventionnelle. On est en terre bouddhique et Bouddha, contrairement aux représentants des trois religions du livre, foncièrement punitives, n'a pas légiféré sur les minorités sexuelles. Mais les sociétés asiatiques, si attachées à la perpétuation de l'espèce (pour célébrer le culte des ancêtres, encore faut-il se reproduire, c'est-à-dire accepter de devenir l'ancêtre de quelqu'un), ont du mal à concevoir la légitimité d'un amour sans enfants à naître. La marginalité des homosexuels, l'hostilité instinctive qu'ils suscitent sont donc moins meurtrières peut-être, mais non moins stupidement ancrées dans les mœurs là-bas qu'ici.
Un des enseignements du livre, où l'on n'observera aucun panégyrique de l'homosexualité masculine (de la féminine il n'est pas question, même par allusion, et le souci permanent de ces femmes vietnamiennes semble bien être d'enfanter), c'est la mise en lumière, en pleine lumière, de la diversité de pratiques aussi répandues qu'ailleurs mais aujourd'hui encore recluses. L'accompagne un plaidoyer vibrant, sans dérapage polémique, pour la liberté des amours. Mais ce plaidoyer ne se sépare pas d'une revendication, qui partout affleure dans et entre les lignes, pour l'égalité des conditions sociales et la reconnaissance de la dignité des pauvres, qu'apparemment le socialisme réel n'a pas promues, pas plus qu'il n'a enrayé la corruption (grâce à laquelle le sort de Thanh sera adouci).
Pourtant, le jeune Phu Vuong, enfant martyr du poète fou des collines, un personnage nuancé mais seulement dans les teintes sombres, Phu Vuong le vrai misérable du livre, n'est pas plus flatté qu'un Thénardier. La compassion qui, de bout en bout, accompagne la voix narrative ne va pas jusqu'à la rédemption évangélique du mal. L'univers de Duong Thu Huong comporte des zones d'une ombre épaisse qui ne se dissipe pas, y compris chez Thanh. Sans la lucidité cruelle de l'auteur, le héros perdrait de son opacité charnelle, et sa vérité textuelle en pâtirait. L'homme n'est pas naturellement bon dans cette longue histoire en fin de compte peu édifiante. Il n'en est que plus ressemblant, plus universel. »

« Postérité du roman hugolien », Maurice Mourier, La Quinzaine littéraire, 15 au 30 avril 2014

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« La romancière vietnamienne a connu toutes sortes de peurs et plusieurs vies, tantôt héroïne rouge, tantôt paria. Et si elle vit aujourd'hui à Paris, elle s'affirme toujours comme une combattante énergique et solitaire, une écrivaine engagée, une résistante. […]
Puis il y a l'écriture qui la porte et forme comme une double vie. Mon existence est une commode avec deux tiroirs. Dans l'un se trouvent les tracts politiques, les essais, lutter pour mon pays, trouver des soutiens, sans jamais pouvoir échanger avec mes compatriotes. Dans l'autre, il y a l'écriture de mes romans. Je bâtis alors des histoires qui sont enfermées dans mon âme comme une hantise, une obsession. C'est un moment de quasi-inconscience. Je parle des plaisirs écartés, étouffés, des carcans de la morale, et de la liberté individuelle si souvent bafouée. […]
Aujourd'hui, son dixième livre vient de paraître en français. Les Collines d'eucalyptus sont une nouvelle variation sur le thème du retour. Cette fois, c'est celui de l'enfant prodigue. En fait, ce livre répond au précédent, paru en 2011, Sanctuaire du cœur. Partant d'une histoire vraie, la disparition du jeune et charmant Thanh, elle imagine deux destins possibles. Je fournis les hypothèses les plus vraisemblables pouvant expliquer la fugue de mon petit cousin. Dans Sanctuaire du cœur, Thanh se retrouvait gigolo dans un bordel pour clientèle féminine ; dans Les Collines d'eucalyptus, on le retrouve condamné aux travaux forcés pour meutre. À travers les souvenirs de Thanh derrière les barreaux, Duong décrit le quotidien des homosexuels vietnamiens et l'existence sans fin dans l'enfer de la prison. La romancière en profite pour évoquer la fin des années 1980 au Vietnam, les silences et les révoltes d'hommes et de femmes dominés par la passion, la peur, le désir ou les circonstances. Elle suggère également les parfumes de champs d'ananas, la subtilité d'un thé au lait, la beauté d'un paysage et les larmes d'un amour perdu.
En écrivant ces deux livres, comme deux trajectoires parmi d'autres, Duong Thu Huong a tenu une promesse faite à sa famille. Si elle n'a pas su retrouver pour de vrai la trace de Thanh, elle lui a offert deux vies littéraires. Cette fois, j'ai payé ma dette envers eux. J'en ai beaucoup d'autres à l'égard de mon peuple. Pour eux, je continuerai de lutter jusqu'à mon dernier souffle. » 

« La prisonnière », Christine Ferniot, Télérama spécial Marathon des Mots (édition Toulouse), mercredi 2 avril 2014

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« La romancière Duong Thu Huong s'est exilée en 2006. Elle ne cesse depuis de chanter son pays perdu, dans ses romans pleins d'un souffle lyrique.
Une image de résistante et de mère Courage. Un destin cruellement malmené par l'Histoire, dans la tourmente communiste. Une écriture flamboyante où s'attisent les feux du réalisme magique, afin de conjurer les noirceurs d'un monde comateux. Un nom qui signifie soleil et un prénom qui évoque l'essence de l'automne.
Au Vietnam, Duong Thu Huong sera demain un symbole de liberté mais, aujourd'hui, elle reste une proscrite, une romancière indésirable, parce qu'elle s'est toujours battue pour défendre la démocratie, à ses risques et périls. […]
C'est une tragédie à la vietnamienne qu'orchestre Les Collines d'eucalyptus. Vertigineuse plongée dans une nation meurtrie par son histoire : une terre en déshérence dont Duong Thu Huong éclaire d'une lueur blafarde les multiples impasses, à la à la fois sociales, familiales et sexuelles. Autant de pièges qui se refermeront sur son héros, un enfant sacrifié contre lequel s'acharne le destin, au fil d'une longue déambulation vers les enfers. »

« Thanh, l'enfant sacrifié d'un Vietnam en déshérence », André Clavel, Le Temps, samedi 1er mars 2014

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« Il est des bagnes qui ne sont pas des prisons pour l'esprit. Dans une langue admirable, aussi subtile que les sensations qu'elle retranscrit, Duong Thu Huong met en scène le destin contrarié d'un jeune homosexuel dans le Vietnam des années 1980. En se résignant à sa condamnation aux travaux forcés, son héros vit dans l'épaisseur rassurante de ses souvenirs. »

« Les choix du Monde des livres : le meilleur de janvier », Le Monde des livres, vendredi 31 janvier 2014

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« Le nouveau livre de la romancière vietnamienne est le petit bijou de cette rentrée littéraire de janvier. Rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas échappé à l'éditrice Sabine Wespieser, dont l'exigence nous offre des œuvres d'exception. Duong Thu Huong raconte l'errance d'un jeune homme, Thanh, qui s'enfuit de chez lui car il n'ose pas avouer son homosexualité à ses parents. Condamné aux travaux forcés, il se remémore l'engrenage qui l'a conduit à faire de funestes rencontres. Amoureux d'un mauvais garçon qu'il retrouve au pied des collines d'eucalyptus, il sera poussé à commettre l'irréparable, lui, le fils modèle, élève brillant promis au plus bel avenir. À travers le drame de son héros, elle évoque aussi et surtout le Vietnam, […] avec sa violence, sa pauvreté, mais aussi ses belles rencontres de paysans, d'intellectuels, de prisonniers, de femmes fortes. Mêlant la petite histoire à la grande, l'auteure construit un récit passionnant, émouvant, d'une humanité rare et d'une grande intelligence. Celle du cœur, qui permet de trouver les mots qui pansent les plaies et éclairent une destinée. Sa fresque de plus de 700 pages nous emporte par son souffle et sa poésie. Éblouissant ! »

« On aime », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 26 janvier 2014

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« Le destin contrarié d'un jeune homosexuel dans le Vietnam des années 1980 inspire à la romancière l'admirable Les Collines d'eucalyptus. Contre toute attente, c'est au moment où les ailes opalines du brouillard s'abattent que la clarté et la douceur se frayent un chemin. Si le bonheur se conjugue parfois au soleil, dans les collines de l'enfance et à Saïgon, la paix et la vérité ne viennent que dans le secret d'une chambre, dans la nuit du bagne ou dans la prison des pensées. L'une des plus belles scènes des Collines d'eucalyptus, le nouveau roman de Duong Thu Huong, surgit au cœur d'une brume épaisse. Au moment où Thanh, le personnage principal, condamné aux travaux forcés, dissimule son plaisir à contempler la tombée subite d'une intense blancheur aveuglant les forçats. Le lecteur trouve dans cette émotion rentrée une partie de la formule secrète qui règle le destin contrarié de ce jeune homosexuel vietnamien. Une formule également au cœur du double mouvement alterné qui guide ce roman, entre l'intérieur et l'extérieur des êtres et des choses, entre l'extrême subtilité des sensations et la simplicité radicale de l'écriture. On sort de ces 800 pages des lambeaux de brouillard au bout des doigts, léger comme après la lecture d'une nouvelle. […]
Le lecteur, lui, se consumera tout entier dans l'extraordinaire talent de Duong Thu Huong. »

« Les amours interdites », Nils C. Ahl, Le Monde des livres, vendredi 24 janvier 2014


« Duong Thu Huong – dont le nom signifie soleil et le prénom essence d’automne – se tient bien droite entre une photo de rizières et une vue imprenable sur les tours de Tolbiac. Etonnant comme cette femme de 66 ans ne fait pas son âge. Comme les épreuves semblent avoir glissé sur son visage. Elle a pourtant connu la guerre du Vietnam (la lutte contre l’envahisseur américain), le combat pour la démocratie (sa guerre à elle contre le régime de Hanoï), un mariage malheureux (qui explique son goût pour la solitude), la prison, l’exil… Elle semble considérer tout ça avec un curieux mélange de conviction et de distance. Oui, dit-elle. Cela fait trente ans que je lutte… J’ai été “la fille bien aimée du Parti” avant de devenir l’“ennemie du peuple”. Cela forme une habitude. Elle dit cela dans sa langue, un peu comme elle aurait dit : Cela forge le caractère.
Le caractère, elle l’a bien trempé et double, Dong Thu Huong. D’un côté la lutteuse de l’ombre, celle qui, depuis son repaire parisien, envoie au pays tracts, pamphlets et essais politiques. De l’autre, la romancière reconnue. Deux territoires, comme deux hémisphères cérébraux. Deux vies qui, sans doute, se nourrissent l’une de l’autre mais ne se mélangent pas. Duong cloisonne, comme une clandestine. La lutte est l’expression de ma responsabilité envers mon peuple. Tandis que la littérature est mon domaine à moi.
Nous pénétrons sur ses terres réservées avec Les Collines d’eucalyptus, une plongée envoûtante et pleine de poésie dans le Vietnam des années 1980. Qu’est-ce qui lui a inspiré l’histoire du jeune Thanh, ce fils modèle dont le destin bascule lorsqu’il découvre son homosexualité ? Un jour, mon neveu s’est enfui de chez lui, et sa famille m’a demandé de le retrouver, raconte-t-elle. Comme j’en étais incapable et que je me sentais coupable, j’ai écrit ce roman. Après Sanctuaire du cœur, où j’envisage une autre réponse, mon hypothèse ici est qu’il était homosexuel et, comme Thanh, prisonnier de son homosexualité. Dans un village vietnamien, lorsqu’une famille a un enfant homosexuel, on fait semblant de l’ignorer, mais le jeune doit partir. Les bouddhistes pensent certes que “tout le monde a le sang rouge et les larmes salées”, mais l’homosexualité reste un tabou.
Le poids de la tradition, Duong l’a beaucoup développé dans ses livres. Ce qui est particulièrement sensible ici, en revanche, c’est à quel point le roman est imprégné de mystère et d’invisible. Thanh n’est pas seulement tombé amoureux de Phu Vuong, il est sous son emprise. Et l’odieux Phu Vuong va le manipuler jusqu’à l’irréparable. Duong parle du destin qui distribue si injustement les cartes entre les naïfs et les roués, et des terreaux où le mal s’enracine. […]
Elle rit comme un esprit libre qui ne s’interdit aucune source d’inspiration. Au Vietnam, avant de devenir l’“ennemie du peuple”, j’ai été cinéaste. J’ai observé les autres s’aimer, s’insulter, se manipuler, se haïr, se tuer. J’adore les faits divers. Elle fouille dans un placard et sort une pile de Détective. Je lis régulièrement ce magazine. Je fais des comparaisons entre pays pauvres et développés. Je m’aperçois qu’on tue presque partout pour les mêmes raisons.
Lesquelles ? Le lecteur le saura en la lisant. Il s’apercevra aussi que les chemins de l’universel peuvent passer en effet par l’irrationnel, par Bouddha et par Détective. Qu’ils vous révèlent des paysages inattendus et magnifiques. Et qu’en plus, ils embaument l’eucalyptus. »

« Rencontre : Au Vietnam, l'homosexualité reste un tabou », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 24 janvier 2014


« Une inlassable opposante au régime de Hanoï », Bruno Philip, Le Monde des livres, vendredi 24 janvier 2014

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« Elle avait séduit les lectrices de Elle qui lui avaient décerné leur Grand Prix pour Terre des oublis en 2007. On arpente ses Collines d'eucalyptus, roman fleuve de presque 800 pages, sans voir le temps passer.
À l'origine, il y a une histoire vraie. La disparition au Vietnam, en 1987, d'un jeune homme charmant, adoré de ses proches, promis à un brillant avenir. Ses parents appellent au secours leur cousine Duong Thu Huong : elle connaît des politiciens et des policiers qui pourraient les aider. Mais les recherches n'aboutissent pas, l'adolescent de 16 ans ne réapparaîtra jamais. Entre-temps, cette scénariste et réalisatrice de films est devenue romancière, a publié des best-sellers, s'est mise à militer contre le régime, a fait de la prison, puis s'est exilée en France, en 2006, où elle publie désormais des livres qui sont interdits chez elle.
Si Huong a échoué dans sa mission, elle n'a en revanche pas oublié ce drame auquel elle a consacré un diptyque. Dans Sanctuaire du cœur, paru en 2011, le héros fuyait un amour incestueux avec sa sœur adoptive et devenait gigolo. Dans Les Collines d'eucalyptus, un récit absolument magistral (et qui se lit de manière indépendante du précédent), il s'échappe parce qu'il n'ose pas avouer son homosexualité à ses parents. Une de ces deux hypothèses est-elle la bonne ? On l'ignore, et peu importe. Duong Thu Huong a gardé dans son cœur ce Vietnam où elle a vécu près de soixante ans et nous raconte ce pays plein de bruits, d'odeurs et de sensations. On s'attache à son héros Thanh, qui se trouve derrière les barreaux. Pourquoi a-t-il été emprisonné ? On découvrira son coup de foudre pour un mauvais garçon, l'amour passionné pour sa mère, dont il va dévaster la vie en pensant l'épargner. On déambule dans ce roman comme on le ferait dans une contrée inconnue, sur les pas d'un guide merveilleux qui s'appelle Duong Thu Huong. »

« Coup de cœur : Voyage au bout du mystère », Pascale Frey, Elle, vendredi 17 janvier 2014

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« Entre l’intérieur et l’extérieur des êtres et des choses, Les Collines d’eucalyptus possèdent tous les atours d’un roman d’apprentissage, celui où un jeune garçon homosexuel, et qui, comme tel, doit vivre dans l’ombre, mais peut à cause de cela comprendre la réalité dans laquelle il est plongé, est balloté par les contraintes politiques, le poids de valeurs ancestrales et les tumultes de l’amour.
La grande force de cette monumentale fiction se trouve dans la description d’un destin injuste qui se referme sur soi comme un piège. Fresque à la Tolstoï, elle est certes écrite dans un style traditionnel, mais sa maîtrise éblouit. C’est un vrai roman, comme on dit, qui brosse des tableaux sociaux et culturels précis et historiques où s’entremêlent l’amour, le sexe, le plaisir, la tendresse, la contemption, le désespoir, la culpabilité. Tout y est dit avec finesse et pudeur, compassion et intelligence. C’est une histoire captivante et poétique de la fatalité, mais aussi de la rédemption. Ce livre labyrinthique permet également d’évoquer le Vietnam avant et après la prise du pouvoir communiste, et ce, dans un pays où le gouvernement n’envoie pas les homosexuels au poteau d’exécution ou au camp de travail, mais les condamne à vivre en marge de la société et d’être victimes de l’homophobie ambiante. L’homosexualité y reste un tabou. Roman-fleuve, dont la trame est à la fois ténébreuse et radieuse, Les Collines d’eucalyptus exerceront une véritable fascination sur le lecteur, qui ne pourra pas l’abandonner avant la dernière page. »

« Le destin d’un jeune homosexuel au Vietnam », André Roy, Fugues, juin 2014

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« Le Vietnam dans les années 80. Avec ses valeurs et ses croyances, lesquelles, souvent, bousculent notre logique occidentale. Pour nous guider, Duong Thu Huong déploie une large palette littéraire. Lyrique, poétique, classique, populaire. Brillante surtout !
L'histoire de Thanh, garçon de bonne famille qui fuit les siens lorsqu'il se découvre homosexuel, est beaucoup moins ordinaire qu'il n'y paraît. L'auteure peut brutalement passer de la beauté des fleurs à la puanteur des excréments et nous transporter ainsi des joies simples de l'enfance à l'horreur du bagne. Comment ce fils prodigue est-il tombé si bas ? Tandis qu'autour de lui les destins virent au drame, Thanh commettra l'irréparable. Pour autant, son chemin noyé de larmes sera celui d'une rédemption à l'issue d'un éprouvant combat. Personne ne sortira indemne de ce roman fleuve sans cesse alimenté par des torrents d'émotion. »

« Larmes d'Orient », T. B., L'Alsace, vendredi 11 avril 2014

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« Le Marathon d'avril a accueilli l'une des plus grandes romancières vietnamienne contemporaine. Opposante farouche au régime de son pays, Duong Thu Huong vit à Paris depuis 2006, couvée avec affection par son éditrice Sabine Wespieser. Dans Les Collines d'eucalyptus, son 10e livre, l'auteur raconte le destin tourmenté de Thanh, un gars bien qui finit par croupir en prison après être tombé amoureux d'un être malafaisant.
Je ne suis pas intéressée par les bandits professionnels, les tueurs en série, les psychopathes, insiste Duong Thu Huong. Par contre, j'aime raconter la vie de gens très normaux qui sont poussés à devenir criminels par les pressions sociales, les conflits familiaux, des choses indicibles. Dans les bras d'un pervers, Thanh ne peut plus maîtriser ses pulsions, ses haines.
Le roman, foisonnant (près de 800 pages), n'est pas seulement l'histoire tragique d'un couple homosexuel. Tel une forêt épaisse où poussent tellement d'arbres différents, il raconte tout un pays marqué par la dictature, les privations, la misère. Ce que Duong Thu Huong a vécu dès l'enfance. […]
Cette attention à la nature, si rudement vécue, donne des pages magnifiques sur la brume qui enveloppe le paysage, la couleur et la saveur des anans ou des pamplemousses. Littérature sensuelle, qui parle si bien de l'enfance et de l'éveil des sens, l'œuvre de Duong Thu Huong reste une manière de combat. J'ai gardé une haine inconsolable contre un régime qui a fait disparaître toute ma jeunesse. Aujourd'hui, le Vietnam reste le petit frère de la Chine, continuant de développer le capitalisme sauvage en étouffant les aspirations à la liberté. Je continuerai la lutte jusqu'à mon dernier souffle. »

« Le combat d'une romancière », Jean-Marc Le Scouarnec, La Dépêche du Midi, jeudi 3 avril 2014

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« Comment Thanh s'est retrouvé à croupir dans un bagne aux travaux forcés ? Peut-être le jeune homme, qui n'osait pas dire son homosexualité à ses parents, est-il tombé sur le mauvais garçon… Figure de la littérature vietnamienne, Duong Thu Huong livre un texte majeur. »

Têtu, mars 2014


« Un très beau roman en forme de plaidoyer pour la tolérance. Duong Thu Huong est une remarquable ambassadrice de la culture vietnamienne.
 Thanh est au bagne, au fin fond de la jungle vietnamienne. Ce beau et sympathique jeune homme quitte la sauvagerie ambiante pour s'évader en pensée dans sa vie passée : son enfance auprès de ses parents aimants, son petit frère de cœur adoré, et le premier ami qui éveilla en lui autre chose que de l'amitié et lui fit prendre conscience de son homosexualité. Incapable de l'assumer, il s'nfuit alors avec un garçon à tête de rat, mauvais, lâche, cruel, menteur et voleur. Un engrenage infernal dont il fera tout pour sortir la tête haute.
Des rencontres essentielles […] lui permettent de mettre les choses en perspective, de comprendre son passé pour envisager l'avenir. Au fil des pages, le lecteur ira lui aussi au-delà des apparences… […] Peu à peu se révèlent un réquisitoire contre l'intolérance et un magnifique récit sur la différence et les préjugés. Duong Thu Huong parcourt les méandres du cœur et de l'âme de ce jeune homosexuel qui trouve difficilement sa place dans un Vietnam encore traditionnel en ces années 1980.
Par le biais d'une écriture très poétique alliée à des dialogues parfois crus, elle illustre à merveille l'extrême importance accordée au paraître et les circonvolutions des sentiments. Son humanité et sa sensibilité exacerbée transparaissent au travers de personnages aux destins tragiques qui ne peuvent que marquer et émouvoir. On retrouvera par ailleurs les thèmes récurrents de son œuvre que sont le sens de l'honneur, l'incapacité à supporter la honte et l'humiliation, la peur du scandale, les apparences…
Quant à l'obéissance aveugle aux conventions sociales, tellement présente dans ses précédents romans, elle est ici mise à mal par un héros qui paie cependant cher sa prise de liberté et reste prisonnier de son héritage culturel : la vie serait-elle toujours une impasse ? » 

« Les détours de l'âme », Sophie Guinard, Luxemburger Wort, samedi 15 février 2014

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« Figure de proue de la littérature vietnamienne, Duong Thu Huong signe son dixième roman, Les Collines d'eucalyptus, une œuvre magistale qui s'inscrit dans le Vietnam des années 1980.
Duong Thu Huong […] décrit sans ses œuvres et d'une très belle plume la société vietnamienne contemporaine, celle où subsistent les traces des conflits avec les Français puis les Américains devenus tuteurs du régime du Sud. Dans une société qui vit sous les contraintes conjuguées de la tradition et d'un pouvoir politique autoritaire, Duong Thu Huong célèbre la liberté individuelle. Les Collines d'eucalyptus est une tentative pour imaginer la vie d'un neveu de l'auteur, envolé à l'adolescence. Sous la plume de Duong Thu Huong, Thanh est un jeune homosexuel pris dans une crise d'identité et entraîné dans une descente aux enfers par un amant sans vergogne. »

Ch. B., DNA, février 2014


SÉLECTION JDD 5 LIVRES ÉTRANGERS

« L'immense talent de conteuse, la puissance d'évocation de l'écriture de Duong Thu Huong entraînent le lecteur dans le Vietnam de la fin des années 1980, et lui permettent de mieux comprendre cette société meurtrie par son histoire récente mais éprise de renouveau. Si l'homosexualité n'y était pas mieux tolérée qu'aujourd'hui, elle n'a pas été persécutée par le Parti à condition de demeurer cachée, une omerta néanmoins fatale pour le héros de ce roman, que le lecteur découvre via les multiples récits venant se greffer à son quotidien de bagnard et les confessions intimes, les débats intérieurs, rendus avec une infinie subtilité. À l'origine de cette histoire, un fait divers ayant marqué l'existence de l'auteur : la disparition subite du fils de ses cousins, jeune homme brillant et sans histoire, qui n'a jamais été retrouvé et qui a inspiré le personnage de Thanh, dont Sanctuaire du cœur et Les Collines d'eucalyptus imaginent les destins possibles comme un dernier hommage, un refus de l'oubli. »

« Le choix de l'exil intérieur », Laëtitia Favro, Le Journal du Dimanche, dimanche 2 février 2014

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« Un roman comme un généreux pavé tout droit sorti d'un imaginaire d'une incroyable richesse, qu'on lit dans une bulle. Au Vietnam, Thanh est un garçon modèle, qui découvre à 16 ans son homosexualité. Pour lui, commencent l'aventure, la descente aux enfers et la rencontre de mille personnages que l'on s'attend, le livre refermé, à croiser au coin de la rue, tant l'auteur les saisit avec précision. Depuis le bagne où il subit le sort d'un condamné aux travaux forcés, Thanh retrace son parcours, jeune homme dont le destin ressemble à une fatalité… jusqu'au dénouement. »

« Bouquins », S. P., Axelle magazine, février 2014

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« Depuis des années, Duong Thu Huong prouve son immense talent de conteuse. Les Collines d'eucalyptus en est une nouvelle démonstration. L'auteure nous y balade d'histoire en histoire, de vie en vie, de passion en amour. Un beau voyage pour parler d'un beau pays, le Viêt Nam, qu'elle montre tel qu'il est : sauvage, dur, violent et magnifique.
Rappelez-vous dans son précédent livre, Sanctuaire du cœur, Duong Thu Huong racontait l'histoire de Thanh[…]. C'était un des chemins possibles, une des vies éventuelles. Dans Les Collines d'eucalyptus, une autre alternative se présente.Quand l'histoire commence, Thanh est en prison depuis quelque temps. On ne sait pas encore ce qui l'y a conduit, on découvre seulement avec lui l'horreur de la vie dans ce lieu de non-vie. Nous sommes à la fin des années 1980… Les journées sont rythmées par les arrivées de nouriiture(qui ne nourrissent guère), les parties de cartes, les passages à tabac entre prisonniers et les exécutions. Parfois, les prisonniers sont emmenés à la corvée de bois ou aux champs. Bruits, odeurs, événements, font ressurgir les souvenirs et incitent Thanh à nous raconter son histoire. Il s'en est passé des choses depuis qu'il s'est enfui de son village en compagnie du garçon dont il est tombé amoureux. […]
Avec une grande intelligence et un talent incroyable, Duong Thu Huong montre un Viêt Nam bien loin de celui des cartes postales, un Viêt Nam gangréné par son histoire communiste, un Viêt Nam de haines et d’amours. Quand on lui demande pourquoi elle écrit, Duong Thu Huong répond par un bref et néanmoins lourd de sous-entendus : Pour me sauver. […] »

« Petit prince », Coline Hugel, librairie La Colline aux livres (Bergerac), Page des libraires, hiver 2014 (février-mars)

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« Duong Thu Huong décrit admirablement l'emprise des sens sur un adolescent. […] Ce roman, sombre et superbe, se joue dans l'horreur du bagne mais aussi dans un Viêtnam aux jardins odorants, aux paysages fondus dans la brume, à la cuisine raffinée. Une histoire émouvante, une atmosphère prenante, une écriture séduisante dans le contexte social des années quatre-vingt. »

V. M. ET A.-C. C.-M., Notes bibliographiques, février 2014

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« Duong Thu Huong a connu des drames. Parmi eux la disparition inexpliquée de son neveu adoré. Elle semble le chercher à travers tous ses héros, se heurtant au brise-lames de l'existence. Thanh ne fait pas exception. En contant les déboires de ce garçon, l'écrivain renoue avec la veine lyrique de son roman inouï Terre des oublis. Mes livres doivent toucher l'humanité profonde, explique-t-elle en français. On me dit fataliste ; or, l'amour parental ne suffit pas à sauver un enfant. Son protagoniste est promis à un bel avenir, mais il est dépassé par le nirvana de ses désirs : Une catastrophe secrète… Pour la première fois de sa vie, il découvre la vérité sur lui-même. Sans doute était-elle déjà là, enfouie comme un minerai sous la montagne.
En s'attaquant à l'homosexualité, l'histoire embrasse une complexité taboue. Huong se dit choquée par les opposants au mariage pour tous : Pourquoi interdire le bonheur à autrui ? Une quête inenvisageable et désespérée pour Thanh, face à la gêne de la société vietnamienne. C'est pour préserver sa famille qu'il fuit. Il suit Phu Vuong, qui l'entraîne vers les abysses d'un amour véreux. La liberté pure n'existe jamais, estime l'auteur. Ce roman, de toute beauté, veut démuseler les esprits, alors même que le héros se trouve derrière les barreaux. Il songe aux collines verdoyantes de son enfance, parsemées d'eucalyptus, cette plante dite nourricière qui a ravagé la terre. Une métaphore du communisme détruisant le Vietnam de l'intérieur. Si les bourreaux avancent masqués, Duong Thu Huong se décrit comme un livre inachevé, ayant encore beaucoup de batailles et de rêves à réaliser. »

« Cimes et châtiments », Clara Kane, Marianne, samedi 25 janvier 2014

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« Ce nouveau roman forme un diptyque avec Sanctuaire du cœur. Pourquoi le jeune et honnête Thanh, fils d'intellectuels, s'est-il enfui, et qu'est-il devenu ? Dans le livre précédent, il se prostituait, se faisait gigolo. Dans celui-ci, sa disparition est liée à son homosexualité. Quand nous faisons sa connaissance, il est au bagne, davantage traumatisé par la condamnation à mort d'une jeune femme que par ses sinistres conditions de détention. L'auteur excelle à analyser le système carcéral, les rapports de force, le rôle économique de l'institution. Comme toujours, le sort du héros est la colonne vertébrale du récit, mais plusieurs destins viennent se greffer. La fusillée a été martyrisée par un gamin de 10 ans, fils de son mari ouvrier. Un autre monstre de perversion a été incesté enfant par son père, un poète lamentable et dément. Sur la route de Thanh, qui s'est découvert des talents de coiffeur, il y a aussi un homosexuel métis, victime d'une érotomane qu'il a épousée. Thanh se remémore ses malheurs du fond de son cachot, jusqu'au jour où une lettre lui parvient. »

« Vient de paraître… Une sélection du service Livres de Libération », Claire Devarrieux, Libération, jeudi 23 janvier 2014

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« Le lyrisme de Duong Thu Huong ravive le prisme du Vietnam, gangrené par le communisme et la difficulté d’assumer sa différence. Une errance en quête de liberté.
Derrière la sage image de Duong Thu Huong se cache une fervente militante. Une lutte pour la démocratie de son pays, qui l’a emmenée vers la prison puis l’exil à Paris. Elle y poursuit son combat tout en écrivant de magnifiques romans, comme Terre des oublis. Un romancier doit quitter sa vie pour plonger dans celle des autres. S’il n’est pas étonné par elle, il ne peut pas écrire. Dans le chef-d’œuvre Les Collines d’eucalyptus, la dissidente dessine le parcours dantesque d’un jeune homosexuel en mal de repères. L’amour fou de Thanh pour Phu Vuong le conduit à quitter sa paisible vie. Mais son amant est une vipère, synonyme d’enfer ! Il est digne de l’eucalyptus, belle plante destructrice, révélatrice des dégâts causés par le communisme qui a muselé les esprits. »

K. E. – Vous décrivez le poète, figurant dans ce livre, comme un homme libre qui a lui-même organisé sa liberté. Est-ce aussi votre cas ?
D. T. H. – Oui, mais la mienne est passée par la prison, l’expulsion de la communauté vietnamienne et la séparation avec ma famille car je suis l’ennemie du peuple. Ma liberté est liée à ce prix élevé, or je ne regrette rien. Je mène une vie monacale, mais la littérature est ma seule façon de vivre. C’est mon exutoire extérieur, mental et spirituel.
[…]
K. E. – Pourquoi vous intéressez-vous tant à ceux qui sont mis au ban de la société ?
D. T. H. – Parce que je suis moi-même une marginale. J’ai dû couper les ponts avec les miens pour les préserver du danger. Contrairement à moi, Thanh initie une rébellion inconsciente, poussé par son homosexualité qui le dépasse. Il incarne le visage de ceux qui sont chassés par leur famille ou leur société. Son parcours l’amène à découvrir que l’amour peut être une sublimation ou un naufrage… Qu’elles soient politiques ou amoureuses, toutes les relations humaines constituent un jeu de pouvoir entre dominant et dominé. L’histoire de sa rédemption nous rappelle que la lumière se brise seulement dans les ténèbres. Ce n’est qu’après la chute qu’il pourra saisir ses faiblesses. Tout homme doit se battre pour sa liberté, c’est un besoin et un rêve.

« En marge d'amour », Kerenn Elkaïm, Le Vif/L'Express, vendredi 17 janvier 2014

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« Qu’avons-nous fait à nos enfants ? Cette question, récurrente dans l’oeuvre de la romancière vietnamienne, accompagne ce dernier volet de son diptyque (après Sanctuaire du cœur). Elle y reprend le personnage de Thanh, jeune homme auquel elle prête ici un deuxième destin. Dans le premier opus, elle le campait en fils fugueur devenant gigolo. Cette fois, emprisonné pour un crime que nous découvrirons tardivement, il est soumis à une promiscuité et une violence insoutenables. Enfermé, il se remémore l’engrenage qui l’a conduit à commettre l’irréparable. À travers le drame du jeune homme, Duong Thu Huong construit une fresque du Viêt Nam contemporain aux prises avec ses drames, ses guerres, ses violences, sa pauvreté, mais raconte aussi l’amour, les rencontres et, au centre, une vie emportée par le maelström de l’histoire. Portraits d’intellectuels, de paysans, de membres du Parti, de prisonniers de droit commun… L’auteure construit la vie de chacun comme autant de petits romans imbriqués les uns dans les autres. Certains protagonistes croiseront la route de Thanh, homosexuel tombé amoureux du mauvais gars ; d’autres ne seront qu’évocations légères. Mais quelle puissance de création ! Duong Thu Huong ajuste ses personnages pour en faire les facettes d’une vaste réalité, sans jamais en lâcher un seul. Tous sont indispensables, cellules indissociables d’un même organisme. Qu’un seul disparaisse, et l’ensemble en serait boiteux. Impossible de ne pas évoquer la grande tradition du roman tolstoïen et sa force démiurgique : souffle historique, embrassement des destinées, humanité profonde… Rien n’est réel, mais tout est vrai. »

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« Le coup de cœur : Les Collines d'eucalyptus de Duong Thu Huong », Christine Sallès, Psychologies magazine, janvier 2014 et Psychologies.com, lundi 23 décembre 2013

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« L'auteure enlace ses personnages comme une maman le fait avec ses enfants. Son roman met en scène Thanh, homosexuel, et sa descente aux enfers pour n'avoir pu révéler son secret à ses parents. La plume est trempée dans une compassion qui fait du bien. »

Version Femina, dimanche 5 janvier 2014


« Duong Thu Huong livre un texte-fleuve, à la fois roman d'apprentissage et réflexion sur les désordres de l'amour, où tout se noue au pied des Collines d'eucalyptus.
[…] Thanh est le héros du roman, et lorsque nous le rencontrons, il est au bagne pour vingt-cinq ans. Ce qui l'y a conduit a ses racines au milieu de la forêt d'eucalyptus.
C'est en effet là qu'il a fait la connaissance de Phu Vuong, le fils famélique d'une famille misérable et décadente. Thanh l'a fui, mais le destin, ou quelque chose d'autre encore, voudra qu'il rencontre à nouveau ce garçon devenu jeune homme, et que dans ses bras il découvre pour la première fois son désir pour les hommes. […]
Roman sur l'amour plutôt que roman d'amour, Les Collines d'eucalyptus réfléchit à l'attirance et à ses pièges, aux folies du cœur qui brisent les vies. De multiples récits enchâssés apportent leur écho aux affres de Thanh, mettant en scène tour à tour une femme amoureuse victime et bourreau d'un enfant pervers, un homosexuel contraint d'épouser une érotomane, une épouse sacrificielle qui s'affame pour faire vivre son mari, comme autant de variations sur un même thème, celui de la difficulté de conjuguer l'inclination et le réel. […] La vie est complexe. Voilà ce qu'apprend Thanh le temps de devenir adulte ; tout peut basculer d'une seconde à l'autre, de la joie au malheur et vice versa : les baies rouges qui donnent au paysage une note d'une beauté magique sont de la même couleur que le sang que les balles, les couteaux, et autres armes meurtrières font jaillir du corps de leurs victimes. La beauté est toujours mêlée, et c'est une des forces de ce roman que de célébrer la poésie du monde à chaque page, et au milieu de chaque drame […].
La vie est complexe, mais le roman imite son souffle qui veut que chacun jusqu'au bout continue d'avancer. On plonge dans la lecture de l'histoire de Thanh, avec lui on parcourt le Viet Nâm, communiste et campagnard, citadin et touffu, ouvrier, métis, brumeux ou brûlant. Ses pérégrinations et ses doutes nous attachent à lui via une ironie empreinte de tendresse qui n'est pas sans rappeler celle d'un Stendhal. Et comme dans la vie, à la dernière page on voudrait encore connaître la suite. »

« La vie est un roman », Fanny Taillandier, Livres Hebdo, vendredi 3 janvier 2014

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Audio - Vidéo - TV

Laure Adler reçoit Duong Thu Huong, écrivain vietnamien.

Écouter l'émission

« Hors-champs », Laure Adler, France Culture, mardi 3 juin 2014


Dans la 2e partie de l'émission (de 1'14'' à 13'51'') : 
« Elle a combattu les Américains aux côtés des communistes vietnamiens. Après la victoire d'Hô Chi Minh, elle a travaillé pour le cinéma officiel, puis publié des romans subversifs. Le dernier livre de Duong Thu Huong, Les Collines d'eucalyptus, est encensé par le monde littéraire. L'auteur est l'invitée du Grand Angle. »

« 64 minutes – Le monde en français », TV5 Monde, mercredi 26 mars 2014


Duong Thu Huong est l'invitée de Yasmine Chouaki pour la sortie de son dernier roman, Les Collines d'eucalyptus.

Écouter l'émission En sol majeur, 1ère partie

Écouter l'émission En sol majeur, 2e partie

« En sol majeur », Yasmine Chouaki, RFI, samedi 22 février 2014


Entretien vidéo de 14 minutes avec Duong Thu Huong pour la sortie des Collines d'eucalyptus.

Voir la vidéo

« Duong Thu Huong, la rage d'écrire », Dominique Conil et Nicolas Serve, mediapart.fr, mercredi 29 janvier 2014


Chronique d'Éric Garnier sur Les Collines d'eucalyptus de Duong Thu Huong, de 9'08'' à 17'.

Écouter l'émission

« Homo micro », Éric Garnier, Fréquence Paris Plurielle et homomicro.net, lundi 10 mars 2014


« Le Vietnam a été profondément marqué par plusieurs décennies de guerre ; dans ce pays, les personnes les plus âgées ont connu trois conflits successifs (contre le Japon, la France et les États-Unis), avant de découvrir ce que pouvait être la paix. À côté de la mémoire héroïque entretenue encore aujourd’hui par le gouvernement, il commence à émerger une mémoire plus souterraine, qui n’occulte pas toute la douleur provoquée par ce lourd passé. Dans cette libération d’une parole subjective, les écrivains ont joué un rôle essentiel, en rompant avec la langue de la propagande. […] Dans cette évocation nourrie d’ambiances sonores captées dans le Vietnam d’aujourd’hui, des textes romanesques répondent en écho aux paroles des femmes rencontrées. »

Écouter l'émission

« Nous avons connu tant de guerres », « L'Atelier de la création », Irène Omélianenko, France Culture, mercredi 19 février 2014


Coup de cœur des libraires

« Thanh est enfermé pour meurtre. Thanh n'est pas un méchant garçon mais il a tué et doit finir sa vie au bagne, hanté par son secret. Duong Thu Huong nous livre un Vietnam traditionnaliste, à la morale pesante, à travers un intelligent maillage de vies et de souvenirs où les passions nous rongent jusqu'à l'os. »

Coup de cœur de Kevin, Fnac Saint-Lazare


« Retrouvez l'émouvante humanité des romans de Duong Thu Huong. C'est magnifique ! »

Coup de cœur de la librairie Quai des brumes (Strasbourg)


« Et toujours cette grande joie de retrouver nos auteurs préférés, cet émoi bien spécifique lié à cette littérature qui nous séduit et nous envoûte. Les Collines d'eucalyptus est un roman fleuve, les courants y sont parfois violents, les méandres tortueux, mais quel plaisir de s'y laisser porter ! »

Coup de cœur de la librairie Calligrammes (La Rochelle)


« Superbe plongée dans le Vietnam des années 80, ces Collines d'eucalyptus racontent la descente aux enfers d'un jeune homme sans histoire, élève modèle, qui, très jeune, découvre son homosexualité auprès d'un vilain garçon avec lequel il fuit sa famille, et qui va le manipuler et le conduire à endurer vingt-cinq ans de travaux forcés.
Roman d'apprentissage sur les désordres de l'amour, l'auteur est au sommet de son art ! »

Coup de cœur de la librairie Ravy (Quimper)


« Un chef-d'œuvre. »

Coup de cœur de la librairie Les Saisons (La Rochelle)


« Dixième roman, ample d’une des plus grandes romancières contemporaines vietnamiennes, Les Collines d’eucalyptus nous entraînent dans le Vietnam des années 80 où nous suivons les pas de Thanh, jeune héros de cette tragédie. Il est le fils de Maître Thy et de Maîtresse Yen, professeurs l’un et l’autre, et vit à Lan Giang. La rencontre avec les Rô, des ruraux qui fournissent le riz aux citadins et habitent le lieu-dit des Vertes Collines, et l’amitié sincère que Thanh va nouer avec Petit Canh, leur fils, ne suffira pas à protéger Thanh du destin tragique qui va lui être dévolu. De Cuong, ami et condisciple au lycée, à Phu Vuong, fils de Maîtresse Na et de Hoang, le poète dément (autres habitants des Vertes Collines) – qui va, lui, Phu Vuong le vagabond, entraîner Thanh en le manipulant dans la fuite et l’errance vers Dalat d’abord, puis Saigon ensuite –, nous croisons de multiples personnages faits de multiples facettes qui influeront sur le destin de ce jeune homme jusqu’à la chute… Très beau et grand roman. »

Voir le site

Coup de cœur de Philippe Soussan, librairie Les Vraies Richesses (Juvisy)


Lu et conseillé par :
F. Tué, librairie L'Odyssée (Saint-Malo)
C. Couthenx, librairie Georges (Talence)
C. Dieny, La Librairie Café (Crécy-la-Chapelle)
J. Maillet, librairie La Parenthèse (Beaupréau)
C. Hugel, librairie La Colline aux livres (Bergerac)

Page des libraires, hiver 2014 (février-mars)


« Lire un roman de Duong Thu Huong, c'est partir en voyage au cœur du Vietnam. Une mise en émoi de tous vos sens ! »

Coup de cœur de la librairie La Belle Lurette (Paris IVe)


« Ouvrir ce livre, c'est partir pour un long voyage ; c'est explorer le Vietnam aussi bien sensuellement (merveilles d'une écriture qui fait surgir odeurs et saveurs avec autant de précision que de délicatesse) que culturellement ; car ce sont leurs philosophies de vie, leurs croyances, leurs principes, que révèlent les parcours des êtres frappés par le destin. Et même l'habit nauséabond de bagnard peut vêtir le corps d'un homme doux et sensible… »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Atout Livre (Paris XIIe)


Coup de cœur des librairies L'Amandier (Puteaux), Au poivre d'âne (La Ciotat), Ombres blanches (Toulouse), Les Passeurs de textes (Troyes)…


« Un interdit : l'homosexualité.
Un roman rédempteur et une éblouissante narration. Un talent remarquable qui aborde avec une grande lucidité le thème de l'homosexualité au Vietnam dans les années 80. Thanh, le héros de ce roman, éprouve de la difficulté à parler à ses proches de sa condition. Sa passion pour la coiffure va l'aider à accepter sa vie. »

Coup de cœur de Louis, Fnac Grenoble - Victor Hugo


« Une nouvelle fois Duong Thu Huong nous entraîne au cœur du quotidien des Vietnamiens. Des destins émouvants, un style à la limite de la perfection, on se plonge dans ce livre comme dans un bon bain qui nous détend et nous fait oublier ce qui nous entoure. À savourer par petites touches pour faire durer le plaisir. »

Coup de cœur d'Aurélie, Fnac Nice


Presse Web

« Avec Les Collines d’eucalyptus, la grande romancière vietnamienne clôt un diptyque sensuel, frontal, cru. C'est un regard aussi acéré qu'amoureux sur le Viêtnam, retraçant le destin d’un adolescent fugueur. Et quand elle parle, la combattante surgit aussitôt. […]
Alors même que paraît son dernier livre, Les Collines d’eucalyptus, la promotion littéraire d’usage semble, pour elle, un souci mineur. Parler du Viêtnam est plus urgent. Et d’ailleurs, au travers de ses romans généralement consistants – souvent autour de 600 pages, 770 pour celui-ci, avec marges réduites – de ses narrations ambitieuses, des destins particuliers qu’elle retrace, parle-t-elle jamais d’autre chose ? Les amours de ses héros et héroïnes, contrariés, détruits, impossibles, sont autant de révélateurs d’un pays en état de double bind, contrainte de la tradition et contrainte d’un régime caricature de lui-même, pratiquant la libéralisation économique mais l’autoritarisme politique. […]
Le livre s’ouvre sur la description d’une prison loin de tout, en pleine jungle, prison minérale, verticale et suintante d’humidité, où survivre est déjà beaucoup, rester humain, improbable. Ici, on tue pour six crevettes d’eau douce, un père incestueux vit pire que la mort, une quasi-mort répétée, et lorsqu’on entend, de l’autre côté du ravin, les tirs d’une exécution capitale, il s'agit parfois d'une jeune femme dont l’histoire terrible s’insère dans le récit. Un lieu comme tous les goulags du monde, avec ses particularités locales. […]
Du bonheur fragile et un peu falsifié, à la chute et jusqu’à la rédemption, il y a quelque chose d’un roman russe dans ces collines d’eucalyptus que le jeune Thanh fréquente, loin de chez lui, lieu reposant et parfumé, trompeur puisque l’éden existe au prix d’une terre épuisée où rien ne repousse. Le bouleversement qui va le jeter à la fois dans les bras d’un amant voyou et sur les routes, tient en peu de phrases : J’aime donc Cuong ? Suis-je homosexuel ? Un de ceux qu’on appelle les "enculés" ? J’ai déjà seize ans, pourquoi n’en ai-je rien su jusqu’à maintenant ?
Phu Vuong, l’amant voyou, son emprise sensuelle, son absence de scrupules, seront pour Tranh la fatalité. Il découvre abruptement que dans notre société, duplicité et mensonge sont désormais partout, partout, mais son charme, ses capacités d’adaptation – qu’il soit ramasseur de balles de golf à Dalat ou artiste-coiffeur à Hanoï – toujours lui ouvrent des havres temporaires. […]
Thanh est presque chanceux. Son parcours est jalonné de rencontres, de courages simples, d’amitiés, et même d’amitiés qui passent outre la prison de l’oubli, où tous sont condamnés à des peines de 25 ans, à perpétuité. Par chance, même au goulag, on a besoin de coiffeurs. Pour le personnel du moins.
Et même là, aussi, devant les murs où pullulent escargots et féroces fourmis, il reste des instants rares, brume se dissipant sur les sommets. Duong Thu Huong jamais ne prononce le mot de nostalgie, de celles qui nourrissent de sensations aiguës son texte ; son héros taxe même celle-ci de mal de vieux. À vingt ans, d’ailleurs, il en est atteint, rançon de la fugue, du poids social, du malheur et de l’apprentissage amoureux... »

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« Duong Thu Huong, la rage d'écrire », Dominique Conil et Nicolas Serve, mediapart.fr, mercredi 29 janvier 2014

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« Attention chef d’œuvre !
[…] L’auteure, dans ce livre absolument fascinant et envoûtant, dans toute la force de ses 800 pages, qui se savourent à satiété, arrive à la fois à nous transporter avec sa plume alerte et toujours excellemment stylée en les réalités du Vietnam contemporain où s’agglomèrent pesanteurs et envies de liberté et à nous intégrer en des personnages qui tous lancent des cris pour le respect de la différence et pour que les injustices sociétales et institutionnelles trouvent un répondant citoyen, pour une harmonie retrouvée en ce pays qui la recherche depuis si longtemps.
Un livre exceptionnel, mon coup de cœur de la rentrée, même s’il est paru en début d’année 2014, et que je vous recommande instamment de vous procurer.
Il s’agit ici de littérature, d’art, donc l’on s’ouvre l’esprit et l’on se sent plus intelligent après la lecture.
Par les temps qui courent avec foisonnement de livres triviaux et faciles, allez voir votre libraire et achetez cet opus, il s’agira d’un acte citoyen. »

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Éric, blog Les 8 Plumes, mardi 9 septembre 2014


« Le roman s'ouvre sur une prison dans les montagnes isolées du Vietnam. Trois milles prisonniers ; des condamnés à mort, des prisonniers de droit commun, condamnés au travaux forcés… et le jeune Than qui se souvient comment il en est arrivé là… […]
Dalat, Saïgon… Au fur et à mesure des périgrinations du jeune Thanh, c'est la diversité des paysages du Vietnam qui nous est donnée à voir. Brumes de la montagne, collines d'arbres fruitiers… L'auteur n'a pas son pareil pour décrire un paysage poétique.
[…]Ce roman est une double histoire d'amour magnifique. L'alternance passé/présent de la prison fait que l'itinéraire du jeune ThanH reste imprévisible pour le lecteur jusqu'à la fin. Les personnages sont très bien dessinés, en particulier les personnages féminins. »

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paperblog.fr et passiondeslivres.over-blog.com, dimanche 6 avril 2014


« Parce qu'elle est une femme d'honneur et de loyauté, Duong Thu Huong se sent redevable envers sa cousine dont l'adolescent fugueur de seize ans n'a jamais pu être retrouvé, malgré ses recherches il y a presque trente ans. Parce que c'est une combattante qui a échoué dans sa mission et un écrivain de mémoire hanté par les fantômes d'un pays écrasé par un régime dictatorial contre lequel elle livre une guerre clandestine, Duong Thu Huong a envisagé pour lui deux issues possibles, deux destins vraisemblables romancés dans Sanctuaire du cœur et Les Collines d'eucalyptus. Dans le premier ouvrage du diptyque, le héros fuyait un amour incestueux et devenait gigolo. Dans celui-ci on accompagne, sur huit cent pages magnifiques, l'exil intérieur d'un fils unique brillant, fuyant à regret sa famille, ses amis, sa terre, car il est prisonnier d'un démon inavouable : l'homosexualité.
L'histoire s'ouvre au camp de détention PA14 où Than, purgeant une peine de trente ans pour meurtre, est condamné aux travaux forcés. Sur cinq mille détenus ils ne sont que soixante-dix dans son cas, tous les autres n'ont enfreint aucune loi, ont été emprisonnés uniquement parce qu'ils haïssaient le régime communiste. Les conditions de vie sont féroces : violence, insalubrité, famine, sangsues et moustiques (paludisme), dans un décor de caillasse et de poussière. L'homme y est devenu lâche et cruel car il a perdu toute humanité. […]
Than souffre mais ne se plaint pas, endosse son acte et se souvient, pour échapper au purgatoire. Il remonte dans le temps jusqu'à son enfance heureuse, lorsqu'il était habité d'une sensation de confiance et de bonheur. De liberté. À courir les bois, respirer le parfum des arbres élancés, écouter leur chant gracieux dans le vent. À jouer avec ses amis et aimer ses parents, surtout sa mère, adorée. Jusqu'à ce qu'il prenne conscience, avec effroi à l'adolescence, de son homosexualité difficile à assumer au sein d'une société où ils sont considérés comme des coqs à deux queues ou des buffles à trois cornes. Il n'a plus le choix et tout s'enchaîne. »

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blog Calou, l'ivre de lecture, Pascale Arguedas


« Tout au long de ces presque 800 pages, Duong Thu Huong, nous parle de son Vietnam dont elle n’est plus citoyenne parce qu’opposante, d’un pays où ses livres sont interdits. Elle nous en fait sentir les odeurs, percevoir les couleurs, nous en livre sa culture, ses tabous. […]
Ce livre est un voyage que l’on effectue tantôt presque en courant tant il est prenant, tantôt au ralenti pour en apprécier toutes les saveurs, et pour se perdre au milieu de ce pays qu’il me plairait de connaître. »

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blog de Mimi Pinson, mercredi 29 janvier 2014


« C’est le roman fleuve du fils prodigue et aimé d’un couple d’enseignants, qui ne peut décevoir cette mère-biche ni ce père contraint d’assurer la lignée familiale. Lorsqu’il découvre son homosexualité, il s’enfuit avec Phu Vuong, jeune voyou brimé par un père poète mais violent. Liaison fatale dont il peinera à se défaire malgré son intelligence et sa volonté.
Duong Thu Huong va alors enchaîner les récits de vie de personnages ayant croisé le chemin de Thanh. Autant de romans successifs qui évoque la jeunesse de Thanh, les mariages d’une jeune femme condamnée à mort, la vie de Tiên Lai, l’amant de Dalat. Chaque fois, elle montre la complexité des relations amoureuses où l’un profite de la faiblesse de l’autre. […]
Elle émaille son récit de l’ambiance du Vietnam. Et l’on y vit presque au quotidien les mœurs, les coutumes. On comprend les contraintes politiques, le poids des valeurs ancestrales. On traîne sur les collines vertes, dans les champs d’ananas ou de pamplemoussiers. Le goût du phô ou du thé au lait sucré s’oppose aux mauvais brouets des soupes de prison. […] Une histoire touchante et passionnante. »

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blog Sur la route de Jostein, mardi 14 janvier 2014


« Elle est arrivée en France en 2006, fuyant un régime qu’elle combattait et continue à combattre depuis Paris. Elle envoie des essais, sous le manteau, au Vietnam. Mais nous connaissons bien davantage la merveilleuse romancière, auteur de Terre des oublis ou de Sanctuaire du cœur. Son nouveau livre, Les Collines d’eucalyptus, est un petit joyau. Il retrace la longue errance d’un jeune homme qui s’enfuit de chez lui, car il n’ose avouer son homosexualité à sa famille. Mais Duong Thu Huong raconte aussi de manière très évocatrice ce Vietnam où elle a vécu soixante ans et qu’elle a dû quitter pour des raisons politiques. Un roman qu’on a peine à lâcher et tant mieux, car autant vous prévenir d’emblée qu’il est gros, très gros ! »

Lire l'entretien de Duong Thu Huong, propos recueillis par Pascale Frey.

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« Rencontre avec Duong Thu Huong », Pascale Frey, www.onlalu.com, janvier 2014



 

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