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Revue de presse Bain de lune
Yanick Lahens

 

Presse écrite

« Dans toute cette histoire, il faudra tenir compte du vent, du sel, de l'eau, et pas seulement des hommes et des femmes, murmure la jeune naufragée du Bain de lune, de l'Haïtienne Yanick Lahens, qui vient de recevoir le prix Femina. Sauvée des eaux, une jeune fille interroge le grand livre familial […], en suivant les destins des Lafleur et des Mésidor, réunis par le coup de foudre, un jour de marché, de Tertulien Mésidor pour Olmène Dorival, descendante Lafleur. Se laisser baptiser par la poésie de tous ces noms et la présence naturelle du créole est la première étape de ce livre-voyage, qui réussit une double prouesse : faire entrer la terrible histoire politique de l'île dans la vie quotidienne des personnages tout en montrant la force des croyances paysannes, le dialogue avec les éléments et la joyeuse chaleur humaine qui sait résister au pire.
Des scènes merveilleusement contées et par là universelles retracent ce qu'Haïti a vécu dans sa chair. Comme ce jour où Léosthène Dorival revint au pays, taisant son départ en bateau, au fond d'une cale atroce, pour raconter fièrement son retour en avion, retrouvant la case de son enfance, où il respirera l'air de cette pièce unique où sommeillait son innocence. Des phrases comme celle-là ponctuent le roman de Yanick Lahens, qui s'impose à nous par sa grande beauté lucide. »

« Prenez un bain de lune ! », Valérie Marin La Meslée, Le Point, jeudi 13 novembre 2014

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« […] Il faut se laisser envoûter par sa prose brûlante, où rôdent l'amour et le vaudou, l'eau-de-vie de canne à sucre, l'honneur et la rage. Il faut se rendre à Anse Bleue, près des jardins d'ignames, où les morts parlent aux vivants. Là vit Olmène, 16 ans, une Lafleur, dont la famille a été spoliée par des riches propriétaires, mais qui n'est pas insensible au charme d'un rejeton cossu… Au même moment en Haïti, la grande catastrophe est en marche. L'homme à chapeau noir et lunettes épaisses (le dictateur François Duvalier) puis le prophète (le président Aristide) mettent le pays à feu et à sang, séparant les fratries. Happé par les couleurs chamarrées et le rythme océanique, le lecteur ne peut lâcher le livre que la dernière ligne lue, et reste submergé. »

« Prix Femina : Bain de lune de Yanick Lahens », Muriel Fauriat, Pèlerin, jeudi 6 novembre 2014

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« Lundi 3 novembre, le Femina a fait souffler un grand vent chaud des îles en couronnant l'Haïtienne Yanick Lahens pour son roman Bain de lune. Un joli nom pour un livre épique, qui raconte une saga familiale tourmentée sur fond de tumultes politiques.
Tout y est, le fond, puissant, et la forme, poétique. Quel ouragan ! Quel tumulte ! Dans toute cette histoire, il faudrait tenir compte du vent, du sel, de l'eau, et pas seulement des hommes et des femmes. Le sable a été tourné et retourné dans le plus grand désordre, s'écrie la jeune femme étendue plus morte que vive sur la grève, avant de réveiller les fantômes de son passé. Figure incontestée de la littérature haïtienne, Yanick Lahens n'en est pas à son premier ouvrage. Son prix récompense aussi son éditrice, Sabine Wespieser, qui a publié trois autres de ses livres et qui construit depuis plusieurs années un catalogue romanesque original et sensible. »

« Les prix littéraires commencent par un Bain de lune », Philippe Chevilley, Les Échos, mardi 4 novembre 2014

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« N'en déplaise aux esprits confinés de Saint-Germain-des-Prés et à ceux qu'effraierait le métissage littéraire, les jurées du Femina confirment leur intérêt pour une francophonie venue d'horizons lointains en couronnant cette année, après la Camerounaise Leonora Miano en 2013, la romancière haïtienne Yanick Lahens pour son très beau Bain de lune, paru chez l'éditrice inspirée Sabine Wespieser.
Et, à nouveau, n'est pas récompensée une littérature conformiste mais bien un flamboyant grand roman de la terre haïtienne, fruit de plusieurs années de travail, inspiré à l'auteur par l'histoire chaotique de son pays, baignée de multiples spiritualités et meurtrie par les combats politiques. La voix d'une jeune femme, mystérieusement échouée sur la plage après avoir subi de nombreuses violences, y porte les trois générations dont elle est issue, tentant de résoudre l'énigme de son identité. Un ample roman familial que l'on aurait pu qualifier de gothique sous d'autres cieux, où les Lafleur et les Mésidor se disputent de longue date terres, pouvoirs et réputations, et où les hommes ne maîtrisent pas entièrement leurs destins. »

Sabine Audrerie, La Croix, mardi 4 novembre 2014

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« L'Haïtienne a été consacrée lundi pour son quatrième roman, tout en variations politiques […], chronique violente et poétique d'un conflit opposant deux familles ennemies dans un village côtier en Haïti. L'auteur a été élue au deuxième tour par six voix contre quatre à Marie-Hélène Lafon pour Joseph.
[…] C'est donc un nouveau couronnement pour la littérature haïtienne. […] Un symbole également pour Sabine Wespieser, fidèle éditrice de Yanick Lahens depuis La Couleur de l'aube (2008), qui décroche, grâce à leur collaboration, son premier Femina français. […]
La récompense est méritée pour ce quatrième roman, écrit de main de maître. Ce qui faisait déjà la qualité des livres précédents se révèle ici dans toute sa splendeur : le réalisme des personnages, la puissance poétique des images, la finesse des descriptions, l'audace de la composition… Yanick Lahens fait montre de son talent, sans jamais céder à l'ostentation. À la manière des plus grands, elle avance sereinement sur le chemin qu'elle suit depuis ses débuts. De Dans la maison du père (2000) à Guillaume et Nathalie (2013), la romancière sonde la relation de l'intime avec l'historique, l'articulation de l'individuel et du collectif dans des Bildungsroman résolument féministes.
Bain de lune se distingue toutefois par l'ampleur inédite que prend cette entreprise. Les trois premiers romans couvrent des périodes courtes (une journée, une paire d'années) et mobilisent un petit nombre de personnages. Le dernier retrace les trajectoires de deux familles entières sur quatre générations en Haïti, du début à la fin du XXe siècle. À travers la violence des querelles qui opposent les Lafleur et les Mésidor, Yanick Lahens explore les résonances entre une tragédie familiale et l'histoire tourmentée de l'île. […]
Lahens elle-même confie ne pas s'être encore mise à son prochain roman. Je suis encore à Anse Bleue, dit-elle en référence au village qui sert de décor au roman. Je suis allée si loin que c'est difficile d'en revenir. J'ai attendu quinze ans pour pouvoir faire ce voyage, depuis que j'ai publié une nouvelle du même titre en 1999. Je suis ravie d'avoir attendu. Mais ce n'est qu'une escale. Vivement le prochain départ. » 

« Yanick Lahens, Bain de lune sur le Femina », Émile Rabaté, Libération, mardi 4 novembre 2014

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« Depuis leur première sélection, certaines dames du jury Femina nous confiaient leur désir de ne pas couronner une vedette de la rentrée littéraire. Elles ont tenu parole […] en distinguant, […] Yanick Lahens, la romancière haïtienne qui a publié Bain de lune […]. Dans cette catégorie, les délibérations ont été rapides, puisqu’elles n’ont pas dépassé deux tours, Lahens l’emportant de six voix contre quatre à Marie-Hélène Lafon […]. Le jury a également voulu saluer le travail exigeant d’une petite maison d’édition.
Je suis très contente. La reconnaissance fait du bien et je suis surtout sensible au fait que le jury a compris que cette histoire, si elle se passe en Haïti, est universelle, a déclaré la lauréate à l’AFP.
La francophonie mise en avant
[…] Avec Dany Laferrière et Lyonel Trouillot, c’est une figure reconnue de la littérature haïtienne de langue française. […] C’est la deuxième année consécutive que les dames du Femina mettent en valeur la francophonie. »

« Le prix Femina distingue l’Haïtienne Yanick Lahens », Mohammed Aïssaoui, Le Figaro, mardi 4 novembre 2014

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« Depuis cinquante ans, Haïti a gagné en pragmatisme, explique Yanick Lahens. Mais la jeunesse, plus américanisée, a parfois perdu le contact avec ses racines. Or, pour la romancière, le changement passe par la compréhension des comportements façonnés par l'histoire de l'île. Pour les incarner, l'auteur de La Couleur de l'aube a choisi les paysans, longtemps restés à l'écart de la rumeur du monde. Notre littérature évoque peu cette part de notre population. Le séisme m'a convaincue de l'urgence de leur donner une voix. Tout commence par la découverte d'une jeune femme agonisante sur la plage. Dernier bourgeon d'un arbre généalogique marqué d'un seau fatal, elle en sera le coryphée. Partant de cette tragédie, Yanick Lahens retrace, sur trois générations, la destinée de deux clans, liés par un rapport de forces inégalitaire. Leur histoire est celle des vainqueurs et des vaincus, quands les puissants ravissent, avec désinvolture, les terres et les femmes de ceux qu'ils dominent. Mais, entre les nantis et les soumis, il y aura de la défiance, de la rancœur, des heurts, mais aussi un coup de foudre et une improbable solidarité. Ainsi, ce roman de la terre haïtienne, gorgé de lyrisme et nourri de chants créoles, nous parle intimement. Quand la lune se lève sur le monde de Yanick Lahens, le temps se change en lumière et l'on y voit soudain plus clair. »

« Saga : Laissés pour conte », Jeanne de Ménibus, Elle, vendredi 17 octobre 2014

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« Dans une généreuse et poignante épopée, la romancière de Port-au-Prince raconte une île et son peuple.
Comment faire résonner la voix de ceux qui n'ont jamais droit à la parole ? Ceux qui se la font confisquer depuis des lustres, quand elle n'est pas manipulée ou transformée ? Il faut beaucoup de talent, de délicatesse et d'ambition pour parvenir, comme le fait ici Yanick Lahens, à incarner par les mots le destin d'un peuple, vu de sa plus humble fenêtre : un endroit perdu du fond de l'île – Anse Bleue, Ti Pistache –, une poignée de villages plantés le long d'une côte paradisiaque, mais inexorablement grignotés par la misère, tenus à l'écart du mouvement du monde, ne recevant que les ondes de choc de sa violence.
La romancière a choisi pour narrateur principal un nous collectif, relié à une mémoire du fond des temps africains, à la blessure de l'esclavage, au baume de la fière indépendance ; un nous vaillant, qui va s'abîmer au contact du prédateur américain, puis des sbires de l'homme au chapeau noir et lunettes épaisses et du Prophète qui a pris le pouvoir à sa suite. À aucun moment, les noms de Duvalier ou d'Aristide ne sont prononcés, archétypes de tous les dictateurs, qui répandent la terreur et les faux espoirs. En revanche, le lecteur chemine au long des années avec tous les Anastase, Bonal et Dieudonné, aux prénoms délicieusement surannés. Il est témoin du coup de foudre du puissant Tertulien Mésidor, le seigneur des lieux, pour la jeune paysanne Olmène Dorival. Et il suivra à travers les âges la dynastie des uns, les bâtards des autres, les coffres pleins et les ventres vides, les collines déboisées, la terre asséchée. Il y a les quelques petitsmalins qui s'en sortent toujours, changent leur fusil d'épaule au bon moment et font des affaires, quoi qu'il advienne. Et puis il y a la foule des éternels vaincus, ployant sous le fardeau de la survie, épaississant leur carapace, redistribuant à l'occasion la violence qu'ils ont reçue.
Yanick Lahens les sert dans une langue poétique somptueuse, mâtinée des couleurs du créole et portée par les élans mystérieux de la culture vaudoue. Le nous alterne avec un je, voix brisée d'une jeune femme aux chaussures rouges échouée sur la plage, victime de tous les outrages, ceux de la nature et ceux des hommes. Aux bonnes volontés qui s'interrogent depuis des décennies sur la difficulté d'Haïti à sortir de sa lourde misère, la romancière donne plus de clés que n'importe quel traité de développement. Car elle éclaire l'âme des hommes qui y habitent. »

« Yanick Lahens traverse un siècle d'Haïti », Marie Chaudey, La Vie, jeudi 16 octobre 2014

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« Yanick Lahens offre une ample épopée familiale scandée par la voix haletante d'une jeune femme, rescapée d'un naufrage. Une histoire de larmes, de sang (mêlés), de haine et de désir entre les Lafleur, paysans observant le monde au prisme des dieux vaudous, et les Mésidor, régnant, en maître à Anse Bleue, tant sur les hommes qu'ils exploitent que sur les femmes qu'ils troussent. Lutte de pouvoir, guerre fratricide, corruption, exil (intérieur), désir farouche de vivre et d'aimer… Sur fond de prières et de chants entêtants, la romancière dessine une magnifique fresque sur les lignes de failles sociales et culturelles qui traversent Haïti depuis un siècle. »

« Haïti, espoirs », Christine Rousseau, Le Monde des livres, vendredi 3 octobre 2014

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« Le petit État caribéen à travers trois générations de paysans. Un roman poétique et politique signé Yanick Lahens.
En 1960, un médecin de campagne qui parlait tête baissée, d'une voix nasillarde de zombi, et portait un chapeau noir et d'épaisses lunettes arrive au pouvoir, avant de, trois ans plus tard, recouvrir la ville d'un grand voile noir. Dans le petit village d'Anse Bleue comme à Port-au-Prince, on se débat avec le régime de Duvalier. Mais on y lutte aussi contre la terre, les eaux et le soleil. Ici comme partout en Haïti, vivre et souffrir sont une même chose, signale le narrateur de Bain de lune, le beau et poétique roman de la Haïtienne Yanick Lahens, auteur de La Couleur de l'aube.
Chez les Dorival, humble famille de pêcheurs, on déteste de père en fils les Mésidor, cette lignée de mécréants qui n'a cessé de convoiter les terres, les biens et les femmes des autres. De père en fils, mais pas de père en fille. Voilà qu'Olmène, à peine pubère, s'entiche du quinquagénaire Tertulien. De quoi s'attirer les foudres des divinités, et aussi se faire bâtir une case en dur, la première du village. Pour échapper à la misère, rythmée par les ouragans et les terribles sécheresses qui leur succèdent, tous les moyens sont bons pour la fratrie Dorival : Léosthène, qui rêve de la République dominicaine, ou de Cuba, finit par atterrir à Miami, et Fénelon revêt l'uniforme bleu (des tontons macoutes), sous l'œil sévère du père Bonin, valeureux prêtre aux prises avec les Invisibles et les trop visibles miliciens qui gangrènent le pays.
En 280 pages, trois générations de paysans et une multitude de tableaux impressionnistes défilent sous la plume de l'élégante diplomée de la Sorbonne. Qui nous fait comprendre, mieux qu'une foule de traités, l'incroyable ressort du peuple haïtien face aux colères de la nature et à la folie des hommes. »

« Crépuscule haïtien », Marianne Payot, L'Express, mercredi 24 septembre 2014

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« C'est peut-être l'essence même de l'écriture : Parler pour arracher à la nuit ces mots qui n'appartiennent qu'à elle. Des mots (tirés) de la clarté des jours, comme s'il fallait un peu d'obscur pour les saisir. Deux phrases, piochées dans Bain de lune, dont jaillit une rêverie floue. Quelque chose en noir et blanc. Où apparaît soudain l'entrelacs symbiotique des caractères d'imprimerie avec une page nue. De la parole avec le silence. N'est-ce pas d'ailleurs pour cela qu'on aime un écrivain ? Pour ces éclairs de sens qui foudroient nos pensées, puis les laissent éblouies dans la nuit doublement épaisse d'une cécité nouvelle. Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l'étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l'assurance d'une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d'amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d'Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d'images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs. »

Émile Rabaté, Libération, jeudi 11 septembre 2014

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« La Haïtienne revient avec un roman politique, mais aussi très poétique, sur l'histoire de l'île contée à travers trois générations, et donne la parole aux paysans dans ce livre magistral.

Tout est souvent en état de tremblement permanent chez Yanick Lahens : désir, amour, réussite, reconstruction, héritages. Comme tous les écrivains haïtiens, le séisme de janvier 2010 généra chez elle une urgence de fictions : Failles (2010) et Guillaume et Nathalie (2013), parus chez Sabine Wespieser, comme ce dernier-né. Lequel, tout en convoquant de nouveau un certain érotisme toujours diffus, hausse le niveau. Bain de lune commence sur le rivage. Une femme est là, échouée depuis trois jours, étendue aux pieds d'un homme qu'elle ne connaît pas. Qui est-elle ? Pour le savoir, il faudra plonger dans ces 260 pages qui racontent l'histoire d'Anse Bleue, village de pêcheurs haïtiens, fictif, et de deux familles aux vies entremêlées, les Lafleur et les Mésidor. […] Ce roman l'emporte car il s'en remet aux voix des paysans, qui eux-mêmes ne s'en remettent qu'à leurs terres et aux divinités. Une voix collective nous en raconte toute l'histoire, et épouse idéalement la voix de cette femme du rivage. Pour savoir qui elle est, il nous faudra connaître ce qu'il advint des trois générations dont il est ici question. Roman familial, roman insulaire, roman politique, Bain de lune est un espace de fiction où terre et mer se confondent, et où tout gronde. »

« Haïti touche », Hubert Artus, Lire, septembre 2014

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« Le dernier roman de Yanick Lahens, Bain de lune, emprunte aux tableaux des maîtres haïtiens un sens précis de la couleur et une distribution de personnages en silhouettes répétitives et pourtant différenciées. Alors que son roman précédent, Guillaume et Nathalie, se déroulait dans un registre intimiste, celui-ci se déploie en une vaste fresque racontant les heurts et malheurs des habitants du village d’Anse bleue, un lieu traversé par les ouragans naturels et politiques.
Une jeune naufragée est trouvée par des pêcheurs sur la plage après une tempête, le corps mutilé et sans vie. Sa voix toutefois se fait entendre, qui retrace les destins des trois générations de paysans l’ayant précédée et tente ainsi d’expliquer l’engrenage impitoyable auquel elle n’a pu échapper .
Histoires de clans et de rivalités familiales sur fond de dictature politique et d’intimidation militaire. Histoires de cohabitation plus ou moins chaotique entre les divinités vaudou et les dieuxchrétiens. Histoires, enfin, d’éveil à l’amour et à la souffrance de femmes soumises par atavisme, dont les désirs et l’appétit de vivre sont vite engloutis dans un quotidien sans gloire. Quelques- unes se révoltent, telle cette Olmène Lafleur […].
Tout cela narré avec une justesse de ton et un style sans enflure ni pathos, appliqué à rendre les gestes des uns et des autres avec une profusion de détails qui leur donnent tout leur sens. L’horreur n’en devient que plus explicite, la tendresse plus touchante. Certains passages sont de véritables pièces d’anthologie, telle cette description de l’immobilité provoquée par un ouragan : Ce furent trois longues journées ennuyeuses d’attente, à gronder les enfants qui se chamaillaient et ne tenaient plus en place, à faire des nattes aux filles, aux femmes, à les défaire et à les refaire à nouveau. À raconter les rêves, à leur trouver un sens. À ressasser le temps d’avant, le temps longtemps, et à raviver les commérages. Trois longues journées de palabres traversées de silences pour parler aux dieux. […]
On retiendra de cette chronique le portrait d’une société en proie aux bouleversements les plus inattendus, ceux de la terre et des éléments tout autant que ceux de l’amour et de la passion, et un art du suspense consommé de la part d’une romancière qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. »

« L'amour au temps des dictatures », Lise Gauvin, Le Devoir, samedi 1er novembre 2014

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« C’est un roman puissant, incarné,porté par les divinités et par les voix amples des membres de la famille Lafleur qui s’expriment avec omniscience, comme s’ils savaient déjà la fin, comme si personne ne pouvait les tromper, pas même l’un des leurs. Paysans depuis plusieurs générations, ils vivent à Anse Bleue, un petit village haïtien nourri par la mer, par les terres, par une poésie qui irradie jusque dans le texte de Yanick Lahens et qui le fait palpiter comme un organisme vivant. Un jour, une femme noyée est retrouvée échouée sur la plage. En écoutant son souffle qui s’échappe et les voix inquiètes des hommes qui la découvrent, on remonte le temps. On frémit pour les femmes Lafleur, qu’un lien mystérieux unit aux hommes prédateurs de la famille Mésidor : ils règnent sur elles comme sur les collines, sur les vallons et sur les plaines alentour. On chemine au rythme des déchirements, des brutalités politiques, des disparitions et des naissances, qu’accompagnent toujours les loas du vaudou, traversant l’océan pour chevaucher leurs enfants et exister à travers eux. Des forêts de mystères aux poussières des cahutes, des profondeurs souterraines des destins aux étoiles comme les yeux d’un chœur antique, c’est un livre remarquable que l’on n’oublie pas, un témoignage de la richesse de la littérature haïtienne, de son intense beauté. »

« Coup de cœur : Bain de lune », Stéphanie Dambroise, Axelle, octobre 2014

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« Scandée par une voix expirante, la fresque littéraire de Yanick Lahens fait gronder le chœur immémorial des paysans d'Haïti. D'un prosodie aussi envoûtante que le vaudou, Bain de lune mêle le chant de la beauté et les cris du désespoir.
C'est un monde où l'on est chevauché par les dieux de songes, d'humeurs, de couleurs et de mots. Dans ce village haïtien d'Anse Bleue, la terre et les eaux se confondent. Le vent, le sel et la mer submergent autant que la violence du désir, l'opportunisme politique. […]
Quand le ciel a enfin tourné en un gris de plus en plus clair, la voix de la jeune fille échouée sur la grève fait refluer le temps d'avant. D'un phrasé puissant, incarné, elle refigure toute la chaîne de son existence pour comprendre une fois pour toutes… Remet au monde un à un ses aïeuls et aïeules. […] Trois générations l'ont précédée et ont scellé son destin tragique. […]
Peu d'écrivains haïtiens ont quitté l'enfer des villes pour réincarner la tragédie de la paysannerie. Beaucoup ont évoqué l'errance, l'exil. Avec l'intelligence sensible qu'on lui connaît, Yanick Lahens mesure la distance sociale en Haïti qui est une distance culturelle. Si les ouragans politiques déferlent avec retardement sur Anse Bleue, ses habitants en savent assez sur l'humaine condition pour parler aux seuls Esprits, aux Mystères et aux Invisibles. La voix de la naufragée s'amplifie, se confond avec celle du chœur immémorial des paysans. Tel un chant, l'écriture de Yanick Lahens invoque les divinités vaudous, transporte des visions hallucinantes. Et nous projette dans un bain de lune éblouissant. »

« Havre d'intranquillité », Veneranda Paladino, DNA, samedi 13 septembre 2014

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« Avec son roman Bain de lune, Yanick Lahens confirme son statut de grande dame des lettres haïtiennes. Dans un souffle puissant, elle narre les péripéties d'un siècle de grands tourments, de désirs et de haines mêlées entre deux familles d'une bourgade nommée Anse Bleue.

Après une tempête, un homme découvre le corps d'une jeune femme échouée sur la plage. Elle est brisée et, pourtant, sa voix va s'élever pour nous raconter comment un siècle d'histoire familiale dans les montagnes d'Haïti l'a amenée là. Cela commence par la rencontre, presque mythologique, entre Tertulien Mesidor et Olmène Dorival. Leur union charnelle crée un lien entre ces deux familles sans pour autant gommer les terribles ressentiments qui les opposaient. À travers leur histoire et celle de leur descendance, Yanick Lahens nous conte la tragédie d'un village pris entre ses traditions, ses croyances et les bouleversements politiques du pays. Mais qui est cette femme ballottée par ses sentiments comme en pleine tempête émotionnelle ? Jouant sur les indices, mettant l'énigme au cœur de son écriture, Yanick Lahens s'empare de son lecteur pour l'introduire à la vie haïtienne d'une ville de province, Anse bleue. Elle ne renonce pas à l'exploration sociale, politique, intime même de son pays. […]
En véritable chef d'orchestre de mots et d'émotions, Yanick Lahens semble jouer la partition de l'âme de tout un pays. De l'ombre à la lumière, de l'intime au politique, elle dresse le portrait d'un siècle haïtien. Elle explore la zone grise de l'humaine condition estimant qu'il existe une stratégie de survie plus sophistiquée et qui ne fait pas de l'espoir la seule réponse. M'pa pli mal, aurait argué le paysan haïtien. »

« Saga à l'haïtienne par Yanick Lahens », Malo, France-Antilles (Martinique), vendredi 12 septembre 2014

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« Le roman de Yanick Lahens s’empare du lecteur dès les premières lignes, bouillonnantes de désir et de colère mêlés. On croit connaître Haïti – misère, violence et vaudou – mais que savons-nous vraiment, vu d’ici, avec notre regard d’Occidental ? Rien. La lecture de Bain de lune y remédie, hors des clichés, pour nous emmener dans ces endroits où l’œil ne va jamais.

Après une tempête, un homme découvre le corps d’une jeune femme échouée sur la plage. Elle est brisée et, pourtant, sa voix va s’élever pour nous raconter comment un siècle d’histoire familiale dans les montagnes d’Haïti l’ont amenée là. Cela commence par la rencontre, presque mythologique entre Tertulien Mesidor et Olmène Dorival. Leur union charnelle crée un lien entre ces deux familles sans pour autant gommer les terribles ressentiments qui les opposaient. À travers leur histoire et celle de leur descendance, Yanick Lahens nous conte la tragédie d’un village pris entre ses traditions, ses croyances et les bouleversements politiques du pays. C’est une histoire de femmes assujetties à la volonté des hommes, d’hommes menés par leur désir, la vengeance et le pouvoir. L’histoire de ceux qui ont cru aux mirages des bouleversements politiques, aux sirènes de la ville et de l’ailleurs, l’histoire d’une communauté déchirée par des rancœurs ancestrales et pourtant unie par son profond attachement au sol et aux traditions. »

[…] Page — Pourquoi avoir choisi de situer l’histoire si loin de la ville, si loin que les événements qui secouent le pays n’arrivent que tard aux habitants d’Anse Bleue ?
Y. L. — Après la ville, je voulais aller vers le monde paysan. Délaissé. Méconnu. La ville est devenue une thématique presque obligée. C’est vrai aussi que le monde rural se réduit dans les pays du Sud et, avec les mouvements migratoires du Sud vers le Nord, les terres d’accueil ont valorisé la réflexion et la création littéraire sur le passage, l’exil. Politique et économique, l’exil se transforme ensuite en errance et appartenance multiple ; il est l’entre-deux, le carrefour. Des œuvres remarquables ont traité de cette rencontre des mondes et ont renouvelé la problématique de l’identité. Moi, j’ai voulu aller vers le monde paysan, vers ceux qui structurent leur façon de voir le monde à partir du religieux. J’ai fait beaucoup de visites de lieux. J’ai beaucoup discuté avec des amis, historiens, sociologues, anthropologues. J’ai beaucoup lu aussi et écouté, encore et encore, des émissions où des prêtres et des prêtresses vaudou parlaient et passaient en boucle des chansons. J’ai beaucoup interrogé. Précisément pour creuser l’énigme de la distance. Car la distance sociale en Haïti est une distance culturelle.

Page — On dirait que la violence, qui, en ville, explose spontanément, arrive si sourdement ici qu’elle se mêle à d’autres violences, d’autres haines, ancestrales celles-là, et qu’il devient impossible de les démêler.
Y. L. — Il est toujours compliqué de dire la violence dans un texte qui tourne autour d’Haïti, car les mots parviennent au lecteur occidental par le prisme des clichés. Dans le roman, les violences de la ville finissent par se mêler aux violences rurales. Les violences de la ville sont toujours surdimensionnées par l’œil étranger, car quand on regarde l’infime nombre de policiers dans une ville qui frôle, avec ses faubourgs, les trois millions d’habitants, il y a proportionnellement très peu de violence. Quant au milieu rural, il est quasiment dépourvu de ces hommes que l’on dit de l’ordre et de la justice. Il y a une autorégulation qui permet à ces espaces de se maintenir dans une relative tranquillité. Je m’évertue toujours dans mes œuvres à ne présenter Haïti ni comme un cauchemar, ni comme une carte postale, mais comme un lieu où se déploient la respiration, la palpitation, les joies, les peines, les faiblesses et les grandeurs de l’humaine condition.

[…] Page — Vous avez voulu la scène originelle comme un coup de foudre, où la femme croit un instant avoir dompté le désir de l’homme par son propre désir. C’est presque la seule scène où l’homme et la femme sont à égalité. Et puis l’homme, après avoir pris ce qu’il désire, s’en va sans même regarder derrière lui. Telle est la situation des femmes en Haïti aujourd’hui ?
Y. L. — Je pense que les femmes ont bien plus de pouvoir que vous le dites. Ermancia, comme la majorité des femmes en milieu rural, maîtrise le commerce, donc les finances de la famille. C’est elle qui va sur les marchés vendre des denrées, elle aussi qui décide des achats à rapporter. Elle est l’élément de liaison des deux mondes. Ermancia et Cilianise sont loin d’être des femmes soumises. Elles jouissent certainement de plus d’autonomie que les femmes des couches moyennes urbanisées, qui sont déjà dans un schéma de domination à l’Occidental.

Page — Est-ce que l’espoir se situe dans la confiance retrouvée entre les hommes et les femmes, entre les politiques et le peuple ?
Y. L. — La question que vous posez est au cœur du débat de société en Haïti. C’est le seul vrai projet, le seul pari à relever. Si à travers cette fresque littéraire j’ai pu vous le faire sentir, c’est bien.

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« L'énigme d'habiter », Michel Edo, librairie Lucioles (Vienne), Page des libraires, septembre-octobre 2014

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« L'écriture et le pittoresque de la langue font tout le charme de ce livre. Après Guillaume et Nathalie, Yanick Lahens, née à Port-au-Prince, revient aux coutumes et à la réalité de son île, égarée entre un catholicisme feint et le surnaturel ancré dans l'âme haïtienne. Mais la matrice du livre est faite d'une autre pâte et l'écrivain mêle querelles et malheurs familiaux les avatars politiques de l'avènement et de la fin de l'ère Duvalier. Aux convulsions des différents régimes viennent s'ajouter les ravages des ouragans : à l'émergence du parti des Démunis répondent les dérapages et les bains de sang. Honorés par leurs familles, les Esprits et tous les Invisibles entendent gronder le vent de la révolte. »

Maje et M.-N. P., Notes bibliographiques, septembre 2014

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« Ayiti : la montagne et l’eau.  Dans la montagne et dans l’eau, on dit pouvoir trouver l’histoire du monde. Si l'histoire est inscrite quelque part, il se peut que la meilleure façon de la lire mais aussi la plus difficile, la plus équivoque, la plus délicate, soit de le faire à même les corps. Les corps parlent. Les corps échoués parlent encore.
Le roman dont il est question aujourd’hui commence sur la plage. Une femme y est étalée, sa voix naufragée veut remonter la chaîne des existences, la sienne et toutes celles de ceux qui la précèdent, la fondent, lui donnent un sens et un nom. C’est par sa voix que sont convoqués les temps anciens, les aïeuls et les dieux et par sa voix que débute un roman de générations où défile l’histoire d’une île et de ses habitants. Elle est à bout de ressource mais ses ressources sont inouïes, pour dire l’histoire, tant il est essentiel que l’histoire soit dite par un nous l’ayant vécu.
Comme dans les livres qui le précèdent, Bain de lune met la sexualité au cœur des questions d’émancipation, autant que l’exil. Il met aussi les femmes au cœur vital des générations, qui dans la transmission engendrent des espaces non colonisables, des espaces mentaux, des espaces de réserve et de lutte, des territoires où l’homme ne peut s’aventurer.
Bain de lune c’est le titre du dernier roman de Yannick Lahens, il est paru chez Sabine Wespieser éditeur, et lui a valu le récent Prix Fémina 2014. »

« M. R. : Comme dans le livre qui le précède, Bain de lune met le corps sexuel au cœur des questions d’émancipation autant que l’exil, met aussi les femmes au cœur vital des générations qui dans la transmission engendrent des espaces non colonisables, des espaces mentaux, des espaces de réserve et de lutte, des territoires où l’homme […] ne peut s’aventurer.
[…] À quel moment trouvez-vous cette voix […], qui est la voix de la femme échouée ? À quel moment décidez-vous qu’elle battra le rythme de votre texte ?
Y. L. : J’ai mis du temps à trouver justement cette harmonie entre les deux voix, parce qu’il ne fallait pas que cette voix singulière contamine la voix du village. Et en même temps, il fallait que la voix du village soit elle aussi forte mais qu’elle ne gomme pas la voix de cette femme échouée, qui va scander tout le récit, qui va nous permettre justement de traverser cette lignée et de voir quatre générations défiler. Il a fallu du temps pour trouver cet équilibre-là.
M. R. : Pour vous, c’est une voix du temps présent ? […]
Y. L. : Absolument, c’est l’aboutissement de quelque chose… On passe d’une collectivité, qui prend la voix, une collectivité qui regarde le monde à travers le prisme […] de ce qu’elle est et il y a cette voix qui veut déjà s’émanciper par rapport à cette collectivité. C’est pour cela que j’emploie cette première personne.
M. R. : C’est une première personne qui convoque, voire qui invoque à la fois les aïeuls, à la fois les temps anciens, à la fois les dieux… Qui convoque et qui demande comme une explication à l’histoire. Est-ce que ça peut être aussi la voix de l’auteur, qui se questionne et qui demande, et demande encore ?
Y. L. : Quelque part, oui. Pour moi, dans ce texte, je ne voulais pas, comme dit René Char, donner des preuves mais laisser des traces. Je ne sais pas, c’est peut-être ma vérité, ou une partie de ma vérité que je découvre là. Je dis toujours que, pour moi, c’est un voyage intérieur de faire ce livre, de l’écrire […]. Parce que, pour moi, il fallait peut-être résoudre l’énigme d’habiter. […] C’est pour ça que j’ai mis, d’ailleurs, quinze ans pour passer d’une nouvelle de trois pages à 276 ou 280 pages. […]
M. R. : Quinze ans qui sont faits de quoi ?
Y. L. : En fait, je pense que mon exploration de ces terres intérieures a été plus profonde. Cela m’a demandé, comme on dit en Haïti, d’avoir les pieds poudrés par la poussière des routes, aller sur place, écouter, essayer de comprendre et passer d’une culture […] judéo-chrétienne, occidentalisée, à une autre culture. Le passage n’est pas simplement social, il est aussi culturel. […] Il faut mettre du temps pour faire ce genre de voyage et moi-même j’ai aussi évolué. […] C’est aussi un voyage littéraire. […] Il me fallait trouver les références, ensuite certainement les émotions et la mise en mots de tout ça… Comment faire ce chemin entre ombre et lumière ? Comment trouver ce chemin ? Oui, cela m’a pris du temps.
M. R. : Est-ce qu’il fallait créer, s’inscrire dans une langue nouvelle ? […]
Y. L. : Oui, parce que passer dans une autre culture, c’est peut-être trouver, tout en employant la langue française, le rythme, les sonorités […] et, en même temps, il fallait la langue créole […]. Parce que, comment dire ce monde sans passer par cela, par un autre rythme et [par] les sonorités du créole, [par] les sonorités des chansons vaudou aussi qui ponctuent quand même le texte du début à la fin ?
[…]
M. R. : Pourquoi est-ce que vous êtes allée du côté du monde rural ? Qu’est-ce qui vous attirez ? Qu’est-ce qui n’était pas dit encore par vous dans vos romans ?
Y. L. : Peut-être une grande partie de ce qui s’est inventé en Haïti au XIXe siècle, après l’indépendance. [Ce] qui explique la cohérence, la force de cette culture, qui a eu une façon d’occuper l’espace […], une façon de cultiver la terre, des relations hommes-femmes, le développement d’une stratégie de survie […] et aussi cette stratégie de l’invisibilité, pour échapper à toute prise de ceux qui viennent de l’extérieur. […]
M. R. : C’est une humanité, bien que pauvre, invisible et muette – puisque le conseil d’invisibilité, c’est aussi un conseil de silence –, n’est pas une humanité sans joie ni sans jouissance. […]
Y. L. : Il n’y a pas de misérabilisme dans le texte, je montre une humanité qui se déploie, qui se décline, d’une certaine façon, avec ses codes […], avec ses joies, ses contradictions aussi, ses bassesses, ses grandeurs. […]
M. R. : Il semble que les corps soient extrêmement présents, extrêmement variés […]. Est-ce que vous diriez que la situation et l’histoire d’Haïti font des corps particulièrement emprunts d’histoire, qu’il faut lire comme des livres ouverts ?
Y. L. : Absolument. Déjà, prier les dieux… On ne les prie qu’à travers les corps. […] Le corps, il est robuste. […] Le corps porte l’histoire, aussi. […] »

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« Les Nouvelles Vagues : Haïti (1/5), Dans le bain de l'île », Marie Richeux, France Culture, lundi 17 novembre 2014


« Dans Bain de lune, la lauréate du prix Femina et romancière haïtienne Yanick Lahens raconte l'affrontement séculaire de deux familles dans ce livre ancré dans l'histoire agitée d'Haïti.
Sous les dictatures de Duvalier et d'Aristide qui terrorisent et déchirent jusqu'au sein même des familles, il est grandement question de famille dans ce livre. Dans une langue luxuriante et métissée, la romancière met en scène l'affrontement sur 3 générations de deux clans, les Mésidor et les Lafleur, de riches et puissants propriétaires face à de pauvres et vaillants pêcheurs, une histoire vieille comme l'humanité. »

« B. L. : Vous mettez en scène dans une langue luxuriante et métissée l’affrontement sur trois générations de deux clans, les Mésidor et les Lafleur, de riches et puissants propriétaires face à de pauvres et vaillants pêcheurs, une histoire vieille comme l’humanité…
Y. L. : Oui, c’est un antagonisme universel. Mais, je n’ai pas voulu le traiter de manière manichéenne. J’ai montré que c’était beaucoup plus subtil que ça, que l’humanité est très complexe. En fin de compte, je suis allée très loin, mais en même temps très près aussi. Ce sont les émotions sur la vie, la mort, sur les relations hommes-femmes, sur la nature. La violence dans l’histoire, il y en a toujours eu… Sur ce qui est invisible, le sacré, sur lesquels on s’interroge.
B. L. : Il y a une phrase, vraiment, qui m’a frappé […] : Vivre et souffrir sont une même chose. C’est le destin d’Haïti ?
Y. L. : D’ailleurs, c’est une phrase que souvent les milieux populaires disent, mais ce qui est intéressant c’est qu’ils vivent sans illusion et sans renoncement. On est sans illusion, mais aussi sans renoncement, donc on avance.
B. L. : … et on vit malgré tout.
Y. L. : Absolument.
B. L. : Il y a de la souffrance…
Y. L. : … il y a aussi des moments de grande joie. […] Il y a aussi ces relations de grande tendresse […].
B. L. : Un prix qui, au-delà de votre personne et de votre livre, va aussi à la francophonie, à cette grande famille que sont tous les locuteurs du français et avec toutes ses variantes… »

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« Les livres ont la parole », Bernard Lehut, RTL, dimanche 16 novembre 2014


Yanick Lahens est l'invitée d'Infô soir.
« C. S. : Ce doit être assez difficile de raconter une histoire universelle en partant de ce monde paysan haïtien local ?
Y. L. : Oui, parce que d’abord il faut commencer par pouvoir entrer dans ce monde. Ce qui n’est pas évident… Moi, j’ai dû aussi faire ce voyage vers ces terres intérieures. […]
C. S. : Ça suppose un gros travail de recherches et une immersion.
Y. L. : Absolument. […] Le privilège est une terre étrangère en Haïti. Il m’a fallu faire ce voyage d’immersion pour pouvoir restituer la voix des paysans – puisque c’est un nous qui porte tout le récit. [C’est] la collectivité qui parle, qui se met en scène, qui regarde les autres, qui regarde la vie, qui regarde l’Histoire sur quatre générations. »

« Infô soir », Cyriaque Sommier, France Ô, mardi 4 novembre 2014


L'Invitée culture de ce 4 novembre est la romancière haïtienne Yanick Lahens, qui a été couronnée par le prix Femina 2014 pour son livre intitulé Bain de lune. Un récit qui commence avec la découverte sur une plage d'une jeune femme presque morte, et qui petit à petit va raconter avec ampleur la vie de deux familles haïtiennes et paysannes sur quatre générations. Un roman ambitieux, porté par l'écrivain depuis des années qui n'a pas caché sa joie en recevant le prestigieux prix littéraire. Comme elle le confie au micro de Catherine Fruchon-Toussaint.

« C. F.-T. : Quel est votre première réaction Yanick Lahens à ce prix Femina ?
Y. L. : Je suis ravie de l’avoir. […] C’est une preuve de reconnaissance. […] Je pense que c’est bien que l’on donne aussi la visibilité à une femme, ce n’est pas évident. Une femme qui vient de loin, en plus. […] Et une maison d’édition de qualité, qui n’est pas parmi les grandes pointures de l’édition française. […] Et puis, pour Haïti […].
C’est un texte qui parle à tout lecteur même non-haïtien, parce que ce sont des questions de l’ordre de l’universel. […] L’universel, ce sont les grandes questions essentielles : la mort, la violence dans l’histoire, les relations hommes-femmes, la nature, les questions que l’on se pose sur le sacré, l’invisible…
C. F.-T. : À qui dédiez-vous ce prix ?
Y. L. : D’abord, à ma famille, parce que je les remercie publiquement de leur patience. […] Je le dédie aussi aux jeunes haïtiens, avec qui je travaille souvent. »

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« Invité culture », Catherine Fruchon-Toussaint, RFI, mardi 4 novembre 2014


« G. D. : Le fait de recevoir un prix en France, est-ce que c’est une reconnaissance pour vous, que vous souhaitiez fondamentalement […] ?
Y. L. : Absolument. C’est une reconnaissance que j’apprécie énormément et ça fait plaisir d’être reconnue. C’est une belle surprise  […]. Écrire ou créer, c’est tendre la main. Quand on sent que la main est acceptée, ça fait toujours plaisir. »

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« L’Invité du matin », Guillaume Durand, Radio Classique, mardi 4 novembre 2014


L’Haïtienne Yanick Lahens a reçu ce lundi le prix Femina pour Bain de lune, roman d’une violente beauté sur son pays et publié chez une éditrice indépendante, Sabine Wespieser. C’est une bonne nouvelle pour la littérature haïtienne selon Émile Rabaté, journaliste au service culture de Libération.
« Depuis qu'elle se consacre à l'écriture, Yanick Lahens développe un style qui est tout à fait à elle, qui est fait d'images poétiques très percutantes et d'une finesse dans la narration et dans la manière de raconter, de peindre les sentiments très juste, très fine. Et sur cette peinture des drames individuels et de l'intime – qui est vraiment son intérêt premier – il y a toujours greffés des éléments sur l'histoire d'Haïti qui viennent orienter un peu la trajectoire de ses personnages, c'est ce qui donne ces romans si particuliers. […] Ce prix vient couronner une œuvre romanesque qui, livre après livre, est vraiment en train d'arriver à maturité. »

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« Prix Femina pour Yanick Lahens : Une manière très juste de peindre les sentiments », Émile Rabaté et Cécile Bourgneuf, Libération Vidéo (www.liberation.fr), lundi 3 novembre 2014


« M.-L. A : Bain de lune […], l’histoire d’une rivalité entre deux familles haïtiennes qui vous a beaucoup plu. Pourquoi c’est si bon que ça ?
M. C. : Parce que l’histoire d’Haïti est une histoire extraordinaire, parce que cet auteur-là écrit de façon merveilleuse et chaque page est un ravissement, pour moi en tout cas.
J. L. : C’est une succession de tableaux. Ça se passe dans les campagnes, ça ne se passe pas en ville, ça ne se passe pas à Port-au-Prince. Et elle puise dans la tradition, si on veut, de l’écriture en Haïti – qui a commencé avec Jacques Roumain – du roman paysan. C’est vraiment extraordinaire.
M.-L. A : Oui, il y a beaucoup de sensualité, Olden.
O. R. : Définitivement. Il y a aussi beaucoup de brutalité, de violence. Le langage, la couleur du langage, la vivacité rendent tout ça comme un beau tableau. C’est ça qui est génial. […]
M. C. : Ce livre-là, Bain de lune, c’est un magnifique livre tout simplement.
M.-L. A : … qui vous a vraiment séduit tous les trois, messieurs. […]
O. R. : Moi, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que vis à vis de la puissance politique et économique, les personnages s’en remettent aux divinités, aux invisibles. […] La croyance et le dévouement devient un petit peu la seule solution. […] C’est cette relation-là que j’ai trouvé intéressante. C’est à travers cette relation-là que les personnages trouvent une forme de puissance. […]
M.-L. A : Donc, à lire ! »

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« Plus on est de fous, plus on lit », Marie-Louise Arsenault avec Ogden Ridjanovic, JiCi Lauzon et Marc Coiteux, Ici Radio Canada, lundi 5 janvier 2015, de 1’00’’ à 2’30’’ et de 28’20’’ à 40’30’’


Rencontre à la librairie La Colline aux livres (Bergerac) avec Yanick Lahens, prix Femina 2014.

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Canal Pourpre, jeudi 20 novembre 2014


Rencontre avec Yanick Lahens à la librairie La Galerne, pour la parution de Bain de lune.

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Librairie La Galerne (Le Havre)


À l'occasion de sa venue à la librairie La Boîte à Livres, le 13 Novembre 2014, rencontre avec Yanick Lahens, prix Femina 2014 pour son roman Bain de lune.

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Librairie La Boîte à Livres (Tours)


« Je dois être sur un fil, pour montrer qu'Haïti n'est ni un cauchamar ni une carte postale. C'est juste un endroit où l'humanité se décline d'une certaine façon. […] Je parle d'Haïti, mais cette histoire est universelle, a expliqué la lauréate. »

Extrait du journal de 19 heures, France Musique, lundi 3 novembre 2014

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« [Yanick Lahens] vient de loin, très loin même…
Je vis en Haïti, très loin vraiment du tumulte parisien, du bruit et de la fureur parisienne. […]
Elle dit qu’à Port-au-Prince, elle est protégée de l’angoisse des prix. Il y a tant de choses à faire…
En Haïti, on est tout le temps en situation presque d’urgence. Quand je suis en Haïti, je crois que c’est une métaphore du monde. J’ai le tiers-monde, j’ai le quart-monde, j’ai tout en Haïti. Je pense que ça nourrit aussi l’écriture. On aime la vie. En même temps, la vie et la mort se donnent la main en Haïti, elles sont sœurs.
Bien sûr, le prix [Femina] lui ferait immensément plaisir.
Je serais très contente évidemment. Vous savez, celui qui écrit, qui peint, qui fait de la musique, c’est toujours une main tendue… On ne sait jamais si cette main que vous tendez, quelqu’un va la prendre. 
Yanick Lahens dit qu’elle serait heureuse pour elle, mais aussi pour son éditrice, Sabine Wespieser, car nous sommes des femmes, dit-elle, et nous ne sommes pas si nombreuses à nous faire une place dans la vie littéraire. »

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« Le 5/7 et le 7/9 : Grand Angle », chronique d'Ilana Moryoussef, France Inter, lundi 3 novembre 2014


« Y. L. : Ce roman a été un prétexte à un voyage vers ces terres intérieures […].
D. P. : La tension de ce livre, c’est une énigme et un mystère. »

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« Page 19 », Daniel Picouly, France Ô, dimanche 12 octobre 2014


Yanick Lahens vous présente son ouvrage Bain de lune aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire 2014.

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Librairie Mollat et Sabine Wespieser éditeur


« Ce Bain de lune rouge sang s’explique […] : notre auteur vient d’une terre où ça hurle, où ça pique, où ça ensorcèle car Haïti […] ne fait jamais dans la demi-mesure. Mais du ventre haïtien ne sort pas que de l’apocalypse. […] Haïti est une belle accoucheuse d’écrivains puissants, la preuve par Yanick Lahens.

Y. C. : Ce roman Bain de lune qui met au centre de votre histoire la figure du paysan, c’est comme une émancipation sociale pour vous ?
Y. L. : Pour moi, c’est un voyage intérieur. Je dis que je vais vers des terres intérieures, mais c’est aussi un voyage intérieur. »

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« En sol majeur », Yasmine Chouaki, RFI, samedi 20 septembre 2014


« Y. L. : Le récit se déroule sur quatre générations, une manière […] de visiter l’invention d’un peuple, parce que l’on s’imagine difficilement que ce peuple s’est créé pendant tout le XIXe siècle […]. C’est cette très belle culture que j’ai voulu faire revivre à travers ces pages. […]
M. K. : On croit connaître Haïti : misère, violence, vaudou, tremblement de terre plus récemment, pauvreté… Mais que savons-nous vraiment d’Occident, vu d’ici ? […] Rien.
Y. L. : Oui, parce que je crois qu’Haïti est vu par le prisme des clichés. […] Pour moi, c’était toujours montrer, au-delà de ces clichés, qu’Haïti ni une catastrophe, ni une carte postale. C’est un endroit où des hommes cherchent à vivre, comme tout le monde, avec leurs faiblesses, leurs grandeurs. Ce récit que je pensais être très loin est peut-être le plus universel. »

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« 64’ – Le Monde en français : Grand angle, la littérature américaine donne du souffle à la langue française », Mohamed Kaci, TV5 Monde, mercredi 10 septembre 2014


« A. S. : Cette saga, c’est une performance qui se déroule sur 260 pages […]. Une saga que vous déployez, que vous déroulez, Yanick Lahens, sur trois voire quatre générations ; une saga qui épouse les contours de l’histoire d’Haïti et qui se mêle à une terre que n’épargnent ni la politique, ni les catastrophes plus ou moins naturelles. Une terre où les dieux se fondent parmi les hommes qui les convoquent.
[…] C’est un récit qui nous touche, nous lecteurs. C’est une terre qui ne nous est pas étrangère […] [par] cette dimension universelle que porte aussi le roman. […]
Ce qui résonne aussi en nous dans ce livre, ce sont les passions humaines, ce sont les haines ancestrales qui divisent les familles. […]
Y. L. : Il y a de la poésie dans ma prose…
A. S. : Il y a de la chair aussi, parce que souvent la terre, chez vous, est comme un animal. Elle tressaute, elle est maltraitée, elle se rebelle. »

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« Entre les lignes », Jean-Marie Félix et Anick Schuin, RTS, mercredi 10 septembre 2014


« M. B. : Vous  venez avec un livre poétique et politique. […] Vous avez le talent de changer de style d’un roman à l’autre. […]
Vous avez mélangé créole et français […]. Vous êtes un passeur entre les deux langues. […]
À lire et à offrir. C’est un très grand livre sur Haïti, pour comprendre aussi comment Haïti a fonctionné et fonctionne encore aujourd’hui. »

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« Fréquence livres », Malou Bernasconi, Fréquence protestante, mercredi 10 septembre 2014


« P. J. : [Votre roman] a cette qualité mystérieuse de mêler intimement la réalité, la légende et la mythologie. Yanick Lahens, vous êtes l’une des grandes romancières importantes de l’île d’Haïti. […]
Il n’y a pas que l’enchantement des prénoms et du langage dans le roman de Yanick Lahens, mais il y a un enchantement tout court […]. »

Chronique de Marie-Madeleine Rigopoulos : « Yanick Lahens est une sirène dont le chant invoque le monde ancien et avec lui l’histoire de deux familles sur trois générations […]. À travers le récit de cette saga familiale, c’est l’histoire d’Haïti qui se déploie tant il est impossible dans un pays où la famille, les traditions, la politique et les dieux sont aussi étroitement liés, de raconter l’histoire des uns sans raconter l’histoire de tous.
L’écriture de Yanick Lahens est une chorégraphie élaborée au millimètre près. Les mots sonnent juste, la cadence est dictée par la respiration des personnages, la poésie révélait à chaque page. C’est un texte qui aurait pu être chanté tant la musique le transperce de toute part, un texte qui aurait pu être dansé. Il y a au cœur de ce roman des femmes insoumises, des hommes perdus, l’amour et du vaudou, des divinités et la mort qui rôde, et surtout quelque part, à la croisée des chemins, entrelaçait avec les mots les plus durs et les mots les plus tendres l’amour d’une écrivaine pour son île et pour ses habitants. »

« P. J. : Votre livre, c’est vos Cent ans de solitude à vous. […]
Ce quelque part, Anse Bleu mythologique, nous a enchantés, attristés aussi […]. On est comme bercé par une douceur et un enchantement du langage. »

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« Cosmopolitaine », Paula Jacques, France Inter, dimanche 7 septembre 2014


Coup de cœur des libraires

« Les libraires d’Initiales sont des libraires heureux. Heureux que le prix Femina ait été attribué à Yanick Lahens pour Bain de lune. D’abord et avant tout parce que c’est un livre que nous aimons beaucoup, nous l’aimons tellement que nous l’avions choisi dès juillet comme l’un des trois titres coup de cœur d’Initiales pour cette rentrée littéraire. Heureux aussi car un prix récompense certes un ou une auteur, mais il récompense aussi le travail d’un éditeur, en l’occurrence une éditrice. Sabine Wespieser a déjà publié trois titres de Yanick Lahens. Depuis 2008, et la parution de La Couleur de l’aube, elle croit en son auteure et en son talent. Les libraires indépendants aiment le travail de Sabine Wespieser et mettent en avant depuis des années son catalogue de grande qualité et, elle, elle aime les libraires indépendants ; ça tombe bien ! Bref, lisez Bain de lune et les autres livres édités dans cette bonne maison. »
Wilfrid Séjeau, président d'Initiales, librairie Le Cyprès – Gens de la lune (Nevers)
« À la une : Bain de lune de Yanick Lahens, prix Femina »

 

Les chroniques des libraires Initiales.

« Figure majeure de la la littérature haïtienne, Yanick Lahens livre ici un roman sublime qui, au travers des destins croisés de deux familles, nous fait parcourir 100 ans de l’histoire d’une île que l’Histoire aura souvent agitée, parfois martyrisée.
Mais n’allez pas croire que ce "Bain de lune" prend la forme d’un cours d’histoire assommé de détails. Au contraire, tous les bouleversements politiques sont ici abordés à hauteur d’hommes et de femmes, au plus près des convictions de chacun, à cette juste distance qui fait comprendre pourquoi on s’engage ou on s’éloigne, pourquoi au sein d’une même famille, on embrasse une cause ou on s’en méfie. Toutes les communautés, tous les villages, sont construits sur une longue suite d’événements ou d’affrontements. Ce qui se passe aujourd’hui n’est souvent que l’écho de ce qui s’est passé hier. Le talent fou de Yanick Lahens consiste à nous faire comprendre toutes ces subtiles alchimies humaines grâce à la peinture d’une foule de personnages sensibles et terriblement vrais.
Enfin, le beau message de ce roman, c’est aussi et surtout un message d’espoir et la conviction que rien n’est irrémédiable, que malgré le poids du passé et des erreurs commises, chaque jour, au travers de nos choix et de nos prises de position, nous pouvons encore changer la donne et à force de volonté, qui sait, conjurer toutes les malédictions. »
Librairie Obliques (Auxerre)

« Yanick Lahens continue avec Bain de lune, à nous entraîner au cœur d’Haïti, son pays.
Cette île, mélange de forces, de lumières, de désirs et non comme nous la voyons trop souvent vu d’ici : pays de misères et de violences. Oui l’histoire d’Haïti est lourde, sa culture du vaudou est forte et les débordements de la nature y sont extrêmes. Nous retrouvons tout cela dans ce livre magnifique de Yanick Lahens.
Elle nous dépeint ici, dans une grande fresque, l’histoire durant tout le XXe siècle de deux familles installées dans un village reculé. La tradition y est encore très présente et même si les bouleversements mettent un certain temps à parvenir de la ville, la violence politique du pays ne l’épargne pas. Ce sont des voix qui s’entremêlent, voix de femmes actuelles ou passées ou le nous d’une voix collective qui racontent cette histoire de pêcheurs et de paysans d’Haïti (traduction : montagne dans la mer) où donc terre et mer s’allient. 
Roman de filiations, d’héritages, de croyances autrement dit d’amour et de politique. Parce que comme le dit Yanick Lahens : le cœur du débat actuellement à Haïti est de savoir comment retrouver la confiance entre hommes et femmes, entre les politiques et le peuple.
Il pourrait n’y avoir que le fond de cet ouvrage que nous serions déjà comblés mais il y a aussi la forme. Car Yanick Lahens nous conte cette histoire dans une langue excessivement poétique où le créole côtoie avec évidence le français comme il se doit dans cette île. Et cette langue nous emmène avec elle, loin. Un ailleurs riche, fort et envoûtant. Vers ce pays où Agwé, divinité de la mer avait déposé ses fils arrachés de Guinée. Où on découvre histoire et culture par ses mots : clarin, lakou, Gran Bwa, Legba, l’homme à chapeau noir et lunettes épaisses...
Après la lecture de ce grand roman poétique et politique de la terre haïtienne, nous prend l’envie de lire ou de relire les autres ouvrages de cette auteure. En particulier Failles, écrit dans le besoin d’apporter un témoignage littéraire après le ravageur séisme de 2010. Pour dire quelles ont été toutes les failles sur lesquelles s’est construite l’histoire d’Haïti. Écrit par une intellectuelle et une citoyenne, engagée dans la construction de son pays. »
Librairie Quai des brumes (Strasbourg)

« Haïti a connu l’indépendance très tôt et pourtant elle n’entra dans le XXème siècle que fort tard, et tout ça pour tomber dans la sauvagerie de la dictature des Duvallier.
Aujourd’hui, tout cela est terminé mais Haïti ne réussit pas à se relever.
Un roman puissant, sombre qui retrace l’histoire d’Haïti, mais qui est aussi l’emblème de tous les pays décolonisés : libres mais soumis, libres mais brisés. »
Librairie L'Autre Monde (Avallon)

« Dans une langue puissante, comme arrachée à la terre, Yanick Lahens, née à Haïti, nous fait entendre la voix des oubliés de son pays, à travers l’histoire de deux familles. L’une possède à peu près tout, les Mesidor, l’autre n’a rien, seulement les pentes arides, les Lafleur. Leur proximité, depuis des générations, alimente leurs sentiments contradictoires : fascination-répulsion, attirance-méfiance, et peut s’exprimer aussi bien par des unions que des règlements de compte.
L’histoire se déroule sur fond d’insécurité grandissante liée à la politique et ses rumeurs de terreur et de mort dans une nature où "vivre et souffrir sont une même chose".
Ce peuple démuni n’a d’autre recours que l’appel à la protection des dieux, de tous les dieux, les divinités vaudoues comme le dieu des chrétiens. La langue poétique de Yanick Lahens devient comme surnaturelle pour évoquer les Esprits de la famille, les Absents et les Invisibles. Ce très beau roman caribéen chante l’homme, la terre et l’océan qui ne font qu’un. »
Librairie du Rivage (Royan) 

« Une jeune fille échoue sur une plage haïtienne…
Sa voix de naufragée rescapée d’une terrible tempête va nous conduire à travers plusieurs générations au cœur de deux familles qui se déchirent depuis toujours au village d’Anse Bleue, les Lafleur et les Mésidor. C’est la mémoire vive des paysans haïtiens mais aussi celle des femmes soumises aux hommes que fait revivre Yanick Lahens sous nos yeux ébahis par la puissance du récit.
Quand les destins tragiques se mêlent à la Grande Histoire d’Haïti, entre opportunisme politique, fratries déchirées, rites vaudou et caprices de la nature, il en résulte un livre inoubliable… Le grand roman d’Haïti. »
Librairie des Halles (Niort)

« Un ample roman familial haïtien porté par une langue forte et généreuse, matinée de créole, qui raconte l’histoire d’un petit port de pêche, Anse bleu, à travers le destin de ses habitants, viscéralement attachés à leur terre. Un roman qui mêle très subtilement histoire politique avec les années Duvalier et trajectoires individuelles. »
Librairie Les Petits Papiers (Auch)

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« Le roman d'Haïti.
Une jeune femme agonisante échoue sur le rivage haïtien. Que fait-elle ici et pourquoi ? Elle-même aimerait le comprendre. Son histoire a-t-elle un lien avec la malédiction qui lie les Lafleur et les Mésidor, deux familles ennemies depuis trois générations ?
Dans ce roman choral scandé par le monologue de cette jeune fille, on suit la vie d'un village et de deux familles, des années 1920 aux années 2000. À travers la mésalliance d'Olmène et de Tertulien, sorte de Roméo et Juliette allant à l'encontre des valeurs de leurs familles pour s'aimer, ce sont les calamités politiques ou climatiques, la culture haïtienne avec ses croyances vernaculaires et son réalisme magique que raconte magistralement Yanick Lahens.
L'écriture est magnifique, concise, métissée de créole, on sent la terre d'Haïti, les odeurs, à fleur e peau. Et l'énergie de ceux qui veulent vivre, résister, malgré toutes les difficultés. »

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Coup de cœur Libraires ensemble, catalogue de rentrée « Et s'il n'en restait que 100 ? »


« Prix Femina.
C'est du peuple des paysans, des laissés-pour-compte, que monte cette voix pour dire la misère et la fierté des Haïtiens.
Extraordinaire ! »

Coup de cœur de la librairie Lucioles (Vienne)

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« Haïti est une belle femme violentée ! Voilà la description que fait Yanick Lahens de son pays : beau et âpre, comme son roman. »

Coup de cœur de la librairie L'Autre Monde (Avallon)


« Pour une fois…
Hurlons avec les loups !
… et louons avec ferveur l'attribution du prix Femina 2014 à Yanick Lahens !!!
Nous avons adoré son livre !!! » 

Coup de cœur de la librairie Lucioles (Vienne)

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« Destins croisés dans les bouleversements de l'histoire haïtienne.
Une fresque sublime, une voix précieuse et virtuose. Un grand roman de la nature humaine. » 

Coup de cœur de la librairie Obliques (Auxerre)

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« L'absolue beauté de cette saga familiale justement primée !
Par Yanick Lahens, l'auteur de La Couleur de l'aube, prix Millepages 2008. » 

Coup de cœur de la librairie Millepages (Vincennes)


« Un ample roman familial haïtien : des mots puissants et de toute beauté pour évoquer la terre, l'amour, la terreur politique ou le vaudou… Magistral ! »

Coup de cœur de la librairie Les Petits Papiers (Auch)


« Magnifique. »

Coup de cœur de la librairie Les Arpenteurs (Paris IXe)


« Un grand roman : familial, politique et si poétique ! D'une grande dame de la littérature haïtienne. »

Coup de cœur de la librairie Quai des Brumes (Strasbourg)


« Roman de génération, Bain de lune nous plonge dans la beauté, la violence et la magie d'Haïti. Une grande auteur à découvrir. Tout simplement sublime ! »

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Coup de cœur d'Émilie Pautus, librairie La Manœuvre (Paris XIe)


« Avec un remarquable travail de la langue, Yanick Lahens campe une tragédie grecque dans un village de pêcheurs haïtiens. Roman dur, doux, sensuel, épique, intime, libertaire, plein d'odeurs et de l'histoire d'un pays multiple.
Un des romans les plus réussis de la rentrée ! »

Coup de cœur de la librairie L'Atelier (Paris XXe)


« Un gros coup de cœur de la rentrée littéraire !
Haiti, ses drames politiques, la condition paysanne, des figures de femmes fortes et opprimées.
Une écriture magnifique ! »

Coup de cœur de la librairie Calligrammes (La Rochelle)


« Où sommes nous ? Dans un lieu lointain pour nous Européens, dans un endroit que nous avons oubliés, nous, le monde des autres dieux, ils hantent encore Anse Bleue à Haïti. Dans ce lieu balayé par les vents, des voix s’élèvent mais parmi celles-ci une voix fragile : celle d’une jeune fille échouée sur la grève.
Qui est-elle ? Ses mots nous touchent au plus profond car ils réveillent un sentiment profond : l’amour des autres surtout dans les moments difficiles racontés par l’auteur dont on sent l’amour profond pour ce pays, son peuple. Moment de lecture intense. »

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Blog des lecteurs de la librairie L'Usage du monde (Strasbourg), prix des lecteurs 2014


« Bain de lune est un roman familial haïtien sur quatre générations. C'est vraiment un texte d'une grande beauté qui évoque plein plein de choses, tant la terreur politique que l'attachement à la terre en Haïti, la filiation, le désir. »

Coup de cœur de la librairie Les Petits Papiers (Auch), La Dépêche du Midi, mercredi 24 septembre 2014


« Bain de lune est une histoire de femmes assujetties à la volonté des hommes, d'hommes menés par leur désir, la vengeance et le pouvoir. C'est l'histoire d'une communauté déchirée par des rancœurs ancestrales. C'est un chef-d'œuvre !!! »

« Et si ce livre était tout simplement l'événement de cette rentrée littéraire ? »

Coup de cœur de la librairie Lucioles (Vienne), Festival America 2014


Coup de cœur des librairies Initiales - rentrée littéraire 2014

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Coup de cœur des librairies Actes Sud (Marseille), La Boîte à livres (Tours), Folies d'encre (Gagny), L'Horloge (Carpentras), 47° Nord (Mulhouse), Ombres Blanches (Toulouse), Passages (Lyon), Les Passeurs de textes (Troyes), Sauramps Odyssée (Montpellier)…


« Destins croisés dans les bouleversements de l'histoire haïtienne. Une fresque sublime, une voix précieuse et virtuose. Un grand roman de la nature humaine. »

Coup de cœur de la librairie Obliques (Auxerre)


« Une voix s'élève. 
Bain de lune est le roman de la terre d'Haïti, d'une beauté insoupçonnable et enivrante, un mélange de pureté et de violence confondues… La terre est chantée dans une prose poétique rare. C'est elle qui fait survivre les paysans, incessamment malmenés par les puissants et les despotes, par les intempéries rudes et tragiques… Ils y puisent leur force, leur survie mêlées de croyances ancestrales et de divinités vaudou bienveillantes. 
Comment échapper à cette destinée de pauvreté, à ces liens familiaux pesants, au totalitarisme galopant sur plusieurs décennies ?
Une voix s'élève dans le silence de la nuit éclairée de la lune mutique et observatrice et dit le malheur de son peuple et le chante durablement… C'est beau, très beau. »

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Coup de cœur de Betty Duval, librairie La Buissonnière (Yvetot)
sur leslibraires.fr « Rentrez littéraire ! » et catalogue « Lectures buissonnières, rentrée littéraire 2014 »


Lu et conseillé par :
Coline Hugel, librairie La Colline aux livres (Bergerac)
Isabelle Couriol, librairie de Paris (Saint-Étienne)
Jean-Pierre Maillet, librairie La Parenthèse (Beaupréau)
Maïté Hugueny, librairie Apostrophe (Chaumont)
Delphine Bouillo, librairie M'Lire (Laval)
Marie Hirigoyen, librairie Le Jardin des lettres (Craponne)
Céline Gangneux, librairie Le Murmure des mots (Brignais)
Antoinette Brunier-Roméo, librairie Le Cadran lunaire (Mâcon)
Linda Pommereul, librairie Doucet (Le Mans)
Nathalie Iris, librairie Mots en marge (La Garenne-Colombes)
Alexandra Romaniw, librairie L'Atelier (Paris XXe)
Émilie Pautus, librairie La Manœuvre (Paris XIe)
Alain Bélier, librairie Lucioles (Vienne)
Catherine Demontpion, librairie Pages d'écriture (Saint-Yrieix La Perche)

Page des libraires, septembre-octobre 2014


« Ce nouveau roman de Yanick Lahens est un ravissement magistral qui m'a séduit tant par la qualité de son écriture que par l'histoire si envoûtante et passionnante.
Nous sommes à Anse Bleue en Haïti, un village où la terre et les eaux se confondent. Une jeune femme est retrouvée, échouée sur la grève après avoir eu à subir une grande violence. Elle est la voix qui porte le récit, en interférant directement à plusieurs reprises. Elle est à l'image du roman tout à la fois superbe, émouvant, d'une beauté violente.
Depuis trois générations à Anse Bleue, deux clans familiaux s'oppose : les Mésidor, riches propriétaires, hommes de pouvoir, qui ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région et, les Lafleur, petits paysans pauvres, très attachés à leur pays, leurs valeurs et leurs croyances. Jusqu'au jour au Tertulien Mésidor croise le regard d'Olmène Lafleur. Ils se plaisent, leur attirance est réciproque et, de façon très ponctuelle, le lecteur, du bout des doigts affleure l'apaisement des deux lignées rassemblées enfin...
Mais cela est faire fi du ressentiment ancré dans la terre, de la politique de terreur, de son opportunisme et, consécutivement, des rumeurs de terreur et de mort qui se dispersent partout, ravagent tout. Face au malheur ambiant, les paysans qui se fient aux seules puissances souterraines nous ramènent au Vrai, à la Mémoire, à la Justesse et au Respect, bercés par le créole haïtien. Bel hommage qui leur est rendu : Tenter de vivre toujours à hauteur d'homme !
Ce roman est marquant, l'on y apprend beaucoup, comme empreinté par cette auteure, à lire absolument :  grand coup de cœur de ma rentrée littéraire ! »

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Coup de cœur d'Hélène, librairie L'Armitière (Rouen) sur leslibraires.fr « Rentrez littéraire ! »


« Incroyablement puissant et captivant.
Bain de lune est une passionnante et bouleversante fresque familiale se déroulant à Haïti sur une bonne partie du XXe siècle. Au cœur d’un village où clivages sociaux et traditions sont omniprésents, c’est une Haïti complexe à l’histoire agitée qui se dessine. Les personnages atypiques et le style sobre font de Bain de lune un roman fort, incroyablement puissant et captivant. Superbe ! »

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Coup de cœur de Stéphanie Férial, librairie La Galerne (Le Havre) sur leslibraires.fr « Rentrez littéraire ! »


Presse Web

« C’est comme pour les vins : il y a de grandes années. Le prix Carbet des lycéens. Puis, le Femina, tombé cette semaine. Yanick Lahens n’y croyait pas. […] J’avais le sentiment de cumuler les handicaps. Une femme haïtienne, très loin des intrigues parisiennes, qui propose un roman de la paysannerie. Lahens […] a conquis son monde avec ce roman, Bain de lune dont elle parlait depuis longtemps. Elle qui incarne les derniers reliefs du milieu intellectuel haïtien, femme de la banlieue de Port-au-Prince dont les inspirations littéraires ont plus à voir en général avec la classe moyenne, elle a tenu son pari. Parler des autres de proximité, les invisibles dit-elle très vite […].
La littérature haïtienne, objet métropolitain par excellence, nourrit de ce fantasme depuis ses origines : traiter de l’essentiel de l’île, sa culture rurale ; le pays en dehors. […] Je voulais parler de la majorité de mon peuple, mais en tentant d’éviter les chausses-trapes, la fascination obligée pour un univers bucolique. Ce qui m’intéressait, c’étaient les stratégies de survie, la manière dont les paysans tiennent la modernité à distance, comment ils se replient et, oui, comment ils pratiquent l’art d’être invisibles.
À distance de l’ogre de Port-au-Prince, de cette république en soi qui a fini par résumer l’idée même d’État, Yanick Lahens traite en réalité du marronage, cette tactique de résistance par l’exil intérieur qui définit, mieux qu’aucune autre formule, l’identité haïtienne. Bain de lune  est un roman américain. Un roman de la documentation, du reportage, elle est allée sur le terrain, souvent, pour y bâtir une histoire qu’elle situe notamment en marge de l’occupation des Marines au début du xxe siècle. Elle a observé le vaudou […], elle ne s’en sert jamais comme d’un folklore ni d’un charisme. Mais comme d’une seconde peau poétique qui recouvre toute chose dès que l’on sort de Port-au-Prince. Et puis, elle a choisi des noms.
Tertulien Mésidor. Olmène Dorival. L’onomastique caraïbe à son apogée. Le labyrinthe des racines et des transports, des hiérarchies aussi, dont les noms sont les prémices. Yanick Lahens choisit des noms et des lignées, trois générations jusqu’au drame. La quête des sources, dans un pays montagneux où des torrents boueux arrachent jusqu’au dernier plant. Elle décrit sans gaucherie les scissions entre les possédants et les possédés […]. Lahens n’abuse ni des mots, ni des couleurs locales. Ils viennent par surprise. On se prend à replacer le roman dans son contexte. Parce que, en fait, il dépasse ses propres frontières.
En invoquant la paysannerie haïtienne, Yanick Lahens rend voix au chapitre à ceux dont l’écho ne dépasse pas, en général, les mornes où ils se cachent. Dans ce roman des marges, la romancière nous parle à nous, occidentaux, aux majorités muettes. […] Lahens a pensé à ceux qui ne partaient pas, qui n’y songeaient pas ou qui en étaient incapables. D’où l’étonnante profondeur émotionnelle de son roman.
[…] Yanick Lahens, depuis ses premiers romans, anime le petit souffle intranquille de son écriture. Elle construit ses phrases et ses personnages avec rigueur et patience. Elle n’a le geste ample ni des réalistes ni des magiciens. Sa musique est un étroit chemin caillouteux qui vous saisit par inadvertance. Et de ce siècle traversé, des terres vendues et achetées mille fois, des champs annexés, dénudés des ces friches dont personne n’a plus intérêt à ce qu’elles donnent, l’écrivain extrait l’indiscutable persistance.
[…] Bain de lune n’est pas un roman dont on cherche la thèse. Il est, comme toujours chez Lahens, l’espace des intimités. Mais, au détour des intrigues enchevêtrées, se dessine aussi le récit d’une dépossession, d’une mise à sac. Il s’achève, comme chez Garcia-Marquez, par une généalogie des personnages. Comme s’il ne fallait pas chercher dans l’irréductible tropical une cause au tourment d’Haïti, mais dans l’enchaînement, précis, déterminé, des causes et des conséquences, des décisions extérieures et des pouvoirs intérieurs. Si les paysans de Lahens sont invisibles c’est que certains l’ont voulu ainsi. »

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« Yanick Lahens, même les invisibles ont un nom », Arnaud Robert, lenouvelliste.com, lundi 10 novembre 2014


« À 61 ans, la romancière haïtienne Yanick Lahens vient de recevoir le prix Femina pour Bain de lune, édité par Sabine Wespieser. Un voyage intérieur, mais aussi extérieur.
Un roman qui met en avant des parcours de vie locaux, à l'image d'une romancière qui se nourrit de ses rencontres humaines.
G. J. : Une question pratique : pas trop fatiguée ?
Y. L. : Franchement, si ! […] Je tenais beaucoup à honorer mes rendez-vous avec les libraires car justement eux n'ont pas attendu le Femina. Et j'aime rencontrer les lecteurs dans ces lieux, c'est plus intimiste.
G. J. : Même avec la reconnaissance de vos pairs et une fois que le livre est paru, ce contact reste important ?
Y. L. : C'est essentiel : le public donne une autre lumière sur le texte. Après la parution, l'œuvre ne nous appartient plus et chaque lecteur le fait vivre d'une autre manière. C'est ça qui est intéressant et qui permet à l'auteur d'évoluer aussi.
G. J. : Bain de lune, est-ce un peu de votre histoire ?
Au sens où chaque auteur met un peu de soi dans l'écriture, oui probablement. Mais ce n'est pas du tout ma vie : d'une certaine façon, je suis une privilégiée et en Haïti, ça peut rimer avec étrangère. Mon but, c'était d'être la voix du village, je suis donc allée à la rencontre des gens pour les écouter, en toute humilité. C'était un véritable voyage intérieur mais aussi extérieur, comme quand on va dans un pays étranger. »

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« J’ai redécouvert mon pays », Géraldine Jammet, www.ladepeche.fr, dimanche 9 novembre 2014


« La romancière haïtienne est récompensée pour Bain de lune. Une belle lauréate.
C'est Yanick Lahens, l'une des plus fines plumes de la littérature haïtienne contemporaine, qui l'a emporté au deuxième tour de scrutin par six voix contre quatre à Marie-Hélène Lafon. Avec Bain de lune, elle nous entraîne dans son île, pour une saga familiale qui prend ses racines dans les années 1920 et court sur plusieurs générations.
Quand on avait rencontré la romancière, à Port-au-Prince, deux ans après le terrible de séisme de 2010, elle avait tenu à applaudir les siens pour leur sagesse collective, qui est qu'on vit sans illusions et sans renoncement. On retrouve dans son roman cette volonté de regarder la réalité en face, toujours avec dignité, sans jamais noircir vainement le tableau. Le résultat est une fresque à la fois complexe et cependant limpide, tant la prose de Yanick Lahens, ponctuée de mots créoles, semble couler de source pour mieux épouser, subtilement, la cause des femmes.
[…]C'est évidemment une preuve supplémentaire de l'épatante vitalité littéraire d'Haïti. Mais la victoire de Lahens signifie autre chose encore : avec elle, ce sont aussi les éditions Sabine Wespieser qui se trouvent récompensées. Là où les grands prix littéraires s'obstinent généralement à couronner toujours les mêmes maisons, le détail a son importance. »

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« Yanick Lahens, prix Femina 2014 », Grégoire Leménager, L'Obs avec Bibliobs (www.bibliobs.nouvelobs.com), lundi 3 novembre 2014


Dany Laferrière : « Je crois de plus en plus de gens, sur mon chemin, qui veulent savoir le secret de ce pays si démuni dans les domaines sauf celui des arts. En effet, nous avons une musique entraînante malgré une condition économique désastreuse, une peinture joyeuse malgré une situation politique instable, et une littérature fascinante où les hommes ne cessent de tutoyer les dieux. Voilà l’univers gorgé des mythologies d’où est sorti Bain de lune, le dernier roman de Yanick Lahens.
[…] Elle passe des nuits studieuses à creuser son chemin […], en additionnant des romans audacieux toujours nimbés d’une douce lumière. Une tendresse qui se change, face à l’injustice, en colère. Cette mince femme […] a transporté son laboratoire, pour ce dernier roman, dans un petit village côtier. […] »

Frankétienne : « Le succès de Yanick Lahens est venu confirmer deux faits majeurs : 1) l’émergence indéniable de la femme haïtienne dans le champ de la créativité à l’échelle internationale ; 2) le constat que la littérature haïtienne, avec une pléiade d’écrivains de haut niveau, s’impose de plus en plus comme une référence incontournable. […] Merci Yanick, pour ce motif de fierté que tu nous as apporté. Nous en avions besoin. […] »

Rodney Saint-Éloi : « J’ai toujours aimé l’indépendance de Yanick. Elle se tient à distance de la foule et des idées générales, poursuivant, loin du bruit et de la fureur, son travail d’écriture. Elle a construit pierre après pierre cette maison nommée Écriture. […] Voici un bel exemple de cheminement et de travail, qui aidera les jeunes Haïtiens à tenir tête et à garder leurs rêves bien au chaud. […] »

Évelyne Trouillot : « Un roman, paysan par ses personnages, l’espace et les modes de vie, les croyances, les haines, les alliances, la douceur du vent et de l’enfance, la rugosité des pierres et de la vie. Un roman plein d’humanité, où la vie cherche sa route parmi les chemins escarpés, dangereux et glissants.
L’une des forces de ce livre, c’est d’avoir réussi à créer des personnages auxquels il est difficile de ne pas s’attacher […]. Une multitude de personnages avec leurs défauts, leurs laideurs, leur persévérance, leur philosophie de la vie et les liens conflictuels, amoureux ou simplement humains qui les réunissent de génération en génération, dans cette Anse Bleue imaginaire […]. Avec en arrière-plan les bouleversements qui ont traversé notre pays, les départs vers des ailleurs meilleurs, les mauvais coups de la nature et tout ce qui envahit ce lakou et fait palpiter les êtres humains. Yanick Lahens a réussi le tour de force, dans une langue limpide, lyrique et sensuelle par moments, d’avoir créé des personnages capables de nous faire oublier qu’il ne s’agissait que d’une fiction. […] Bain de lune nous rappelle la richesse et la complexité du monde paysan, trop souvent relégué en arrière-plan de notre société. Avec Bain de lune, l’univers paysan prend la place qui lui revient, en toute beauté. »

James Noël : « Avec le Femina, Yanick invite tout un peuple à sortir, pour être dans le bain. »

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« Académicien, ministres et écrivains saluent le Femina de Yanick Lahens », lenouvelliste.com, jeudi 6 novembre 2014


« La récipiendaire du Prix Femina 2014, la romancière haïtienne Yanick Lahens, appelle les femmes à ne pas baisser les bras.
Interrogée par AlterPresse sur le message qu’elle avait à annoncer aux femmes après l’annonce de sa distinction le 3 novembre dernier : Lahens a répondu ne jamais abandonner. Les femmes ont encore beaucoup à donner et dans tous les domaines. J’en suis convaincue.
[…] Pour Yanick Lahens, cette littérature haïtienne saluée dans le monde fonctionne comme l’oxygène qui permet non seulement de tenir, de ne pas passer à coté de la force et de la beauté mais de se surpasser ».

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« Haïti-Littérature : Yanick Lahens, prix Femina 2014, appelle les femmes à ne jamais abandonner », www.alterpresse.org, jeudi 6 novembre 2014


« Avec Bain de lune, l'écrivaine Yanick Lahens dépeint avec finesse le destin croisé de deux familles rurales, avec pour décor une fresque historique et sociale d'Haïti.
[…] Un roman familial dessiné sur quatre générations […]. Un voyage vers les terres intérieures, explique la romancière, au sens d'une plongée dans une réalité paysanne en Haïti, et pour décrire l'intime qui est exploré dans ce roman à portée universelle.
[…] Des époques en miroir dialoguent dans ce roman, pour reconstituer le fil de la généalogie, à la manière d'une quête, avec au cœur d'elle les sentiments, les jeux de pouvoir, les désirs et les interdits. C'est aussi une fresque historique et sociale d'Haïti qui s'écrit à partir d'un espace rural, de son quotidien, de ses codes, de son rapport à la ville, traversé par les soubresauts politiques […].
De l'écriture de Yanick Lahens on retrouve dans Bain de lune, ces espaces de failles, ces instants où tout peut basculer, où la rencontre existe, où d'elle surgit le chaos, le tragique et la Beauté. Un questionnement perpétuel sur les imaginaires, les construits sociaux, leurs rencontres avec l'Autre, à l'échelle d'hommes et de femmes. »

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« Yanick Lahens primée au Femina », Anne Bocandé, www.africultures.com, mercredi 5 novembre 2014


Gary Victor : « Yanick Lahens m’a toujours comblé de sa lumineuse intelligence, de sa sensibilité d’Haïtienne tourmentée par les malheurs de son pays […]. Toute son œuvre est un cri. […] Elle a toujours été pour moi un exemple. Elle l’est encore plus maintenant. »

Lyonel Trouillot : « Bain de lune… C’est ce que, dans un langage un peu classique, mais non sans vérité : un ouvrage abouti. […] Il y a aussi cette belle langue qui s’inscrit dans une tradition de luxuriance et de musique de la phrase […]. Il y a enfin […] un hommage à cette paysannerie, la grande oubliée des structures de pouvoir, que la littérature, et souvent elle seule, nous appelle à entendre et à regarder. […] »

Emmelie Prophète : « Nous sommes fiers de Yanick, nous lui disons merci pour ce coup de projecteur qui permet aux lettres haïtiennes, aux écrivains haïtiens et au pays tout entier d’être dans la lumière. […] »

Kettly Mars : « Il est des victoires qui changent le cours d’une vie. / Il est des triomphes qui débordent le cadre d’une vie. / Il est un pays qui se nourrit de victoires, de triomphes / Et de grands bonheurs tranquilles offerts par ses fils et ses filles. / Bravo à Yanick Lahens pour ce nouveau succès qu’elle apport / Au pays et aux lettres haïtiennes. »

Pierre-Raymond Dumas : « […] Il s’agit là d’un style séduisant et d’une suprême finesse. […] Son regard, cinglant, espiègle, impitoyable, est d’ordre sociologique, médical même, parce que Yanick Lahens, sans sourciller, cherche à nous alerter, en faisant montre de ce mélange de perspicacité et d’étonnement qui est le propre des grands écrivains. »

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« Des écrivains haïtiens rendent hommage à Yanick Lahens », lenouvelliste.com, mardi 4 novembre 2014


« L’auteur de Port-au-Prince, conteuse enracinée et intellectuelle engagée, est récompensée pour son roman Bain de lune.
En littérature, elle ne se jettera à l’eau qu’une fois passée la trentaine. Vocation tardive, débloquée en 1990 par l’écriture d’un remarquable essai intitulé L’Exil : entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien […]. Exil de la langue française dans un univers linguistique créole, exil de l’écrit dans une culture orale, solitude du créateur dans un pays où le code est collectif. Bref, vertigineux exil culturel de l’élite. Je suis dans ce porte-à-faux. C’est mon histoire, ma trajectoire, et ce qui me permet sans doute de créer. […]
Yanick Lahens a profondément foi en l’homme, en la littérature et dans le pouvoir de l’imaginaire ancré dans le réel […]. [Elle] croit en la beauté du silence, au cœur du grand chaudron vivant de Port-au-Prince. »

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« La romancière haïtienne Yanick Lahens, un magnifique prix Femina », Marie Chaudey, www.lavie.fr, lundi 3 novembre 2014

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« Jamais peut-être un Femina n’aura été aussi inattendu. […]
Occasion de saluer son éditrice Sabine Wespieser pour son attachement à faire découvrir de grands écrivains méconnus venus de tous les horizons. Ce qui est le cas de cette Haïtienne sexagénaire, déjà auteure d’une dizaine de livres et en particulier La Couleur de l’aube.
Bain de lune, qui lui vaut ce prix, relate l’histoire de son île au cours du XXe siècle. Des bonheurs aux épisodes les plus dramatiques, les Duvalier, les séismes, etc. Autant de faits qu’elle mêle étroitement à la vie de ses personnages répartis en deux grandes familles, Dorival et Mésidor que tout oppose : la fortune et le rang. Parce qu’elle n’oublie rien des enjeux politiques, économiques, ethniques qui sous-tendent l’action. Principal message de cette femme, par ailleurs, très impliquée dans la vie locale. Le tout servi dans une langue généreuse, propre à titiller les sens et la raison. »

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« Le prix Femina pour Yanick Lahens : plaidoyer pour la terre haïtienne », Daniel Martin, www.lamontagne.fr, lundi 3 novembre 2014


« […] Bain de lune, superbe roman familial sur trois générations, grave mais dont l'écriture emporte tout de suite le lecteur […]. On y rencontre une histoire d'amour et de mort, de malédiction et de pouvoir, d'agression et de résistance, de terreur et de sagesse paysanne. Un livre de violence et de beauté. »

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« Les prix Femina 2014, c'est 6-4, 5-4, 6-4 », blog LU cie & co, lundi 3 novembre 2014


« L’écrivaine touche au plus près de son peuple et de l’histoire de son île dans Bain de lune, un grand roman paysan et poétique.
[…] C'est un voyage total, comme ceux qu’un livre réussi fait accomplir au lecteur le moins averti de ces paysages et de cette histoire tumultueux que l'écrivaine offre dans Bain de lune. Elle y découvre le substrat de son île en suivant les destins de deux familles, les Lafleur et les Mésidor, réunies par le coup de foudre, un jour de marché, de Tertulien Mésidor pour Olmène Dorival, descendante Lafleur.
Se laisser baptiser par la poésie de tous ces noms qui ponctuent le roman et la présence naturelle du créole est la première étape d’un parcours qui s’arrête sur chaque génération. À côté des amours et déchirures de la vie privée, merveilleusement contées, la grande prouesse est encore au moins double : faire entrer l’histoire politique de l’île dans la vie quotidienne des personnages […], tout en montrant la force des croyances, le dialogue avec les éléments et la joyeuse chaleur humaine de ce monde paysan d’une résistance constante au pire.
Plus on avance dans le siècle, plus il y a de départs dans la famille… Et les scènes, comme de petits bijoux, retracent ce que le pays, avec sa succession de loups du moment, a vécu dans sa chair. […] Dans la tradition haïtienne du roman paysan, […] ce Bain de lune de Yanick Lahens s’impose par sa grande beauté lucide. »

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« L’Haïtienne Yanick Lahens décroche le prix Femina », www.lepoint.fr, lundi 3 novembre 2014


« Ce sont quatre générations de deux familles et la vie des paysans qui défilent sur 280 pages devant nos yeux. Yanick Lahens a longtemps labouré la terre haïtienne pour faire naître Bain de lune. En Haïti, vivre et souffrir sont une même chose nous fait comprendre la narratrice du roman, une inconnue échouée sur une plage. Ici on lutte aussi bien contre la politique des dictateurs que contre les colères de la nature qui s’expriment par des tremblements de terre, des ouragans ou des sécheresses : Dans toute cette histoire, il faudra tenir compte du vent, du sel, de l’eau, et pas seulement des hommes et des femmes.
Bain de lune, c’est aussi un combat contre le poids de la généalogie et l’histoire de deux camps, les Lafleur et les très redoutés Mésidor, devenus les seigneurs de l’île […].
[…] Yanick Lahens dépeint ainsi les forces extérieures et intérieures qui sont à l’œuvre dans son pays natal. La beauté des paysages et des gestes, les bains de lune et le chant vaudou, la cruauté d’une existence très dure et d’une politique bien souvent cynique, tout passe par le style direct et tranchant, à la fois empathique et distancé de l’auteur. »

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« L’haïtienne Yanick Lahens, prix Femina 2014 avec Bain de lune », Siegfried Forster, www.rfi.fr, lundi 3 novembre 2014


« Bain de lune retrace l'histoire d'un pêcheur qui découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir été agressée. Lorsqu'elle se met à invoquer ses ancêtres, l'homme découvre un lourd passé familial. Les Lafleur et les Mésidor vivent dans un petit village d'Haïti. Les deux clans se détestent et pourtant lorsque Tertulien Mésidor rencontre Olmène Dorival, petite-fille d'un Lafleur, l'attirance est réciproque. Le roman s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines. »

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« Yanick Lahens, Zeruya Shalev et Paul Veyne, lauréats du Femina 2014 », Marie-Christine Imbault, www.livreshebdo.fr, lundi 3 novembre 2014


« Par cette grande fresque, entre histoire d'amour, exotisme, ode et Histoire, Yanick Lahens nous immerge dans les profondeurs de son île où Agwé, divinité de la mer avait déposé ses fils arrachés de Guinée, nous initie à ses traditions et coutumes, nous révèle sa réalité marquée par le surnaturel et le culte vaudou sous le couvert d'un catholicisme feint. Puis, derrière ces composantes ancestrales, et spirituelles du monde rural qu'elle dépeint, elle débusque les signes de modernisation qui pointent et les perturbations profondes qui accompagnent ce processus de changement.
Pour incarner cette confrontation […], l'auteur s’en remet au chœur des paysans humbles et frustres, aux pires victimes de l'exploitation et l'oppression des puissants, aux mieux laissés pour compte.
[…] On ressent dans ce texte émaillé de passages en créole et de références régionales, […] un profond respect pour la culture ancestrale et une colère face au mépris et à la destruction infligée à celle-ci par les hommes. Mais cela est fait sans aucun message passéiste ou nostalgique qui opposerait un paradis perdu à un enfer contemporain.
[…] À l'inverse, [il s’agit d’]un hommage rendu aux populations oubliées de l'île, petites voix étouffées par le vacarme de Port-au-Prince, nature secrète réduite dans les médias à l'image tragique des terres dévastées par les cyclones et tremblements de terre de ces dernières années.
Comme une conjuration du passé, une admiration pour l'énergie du peuple haïtien face aux colères de la nature et à la folie des hommes, un message d'espoir.
Dans ce roman à la langue somptueuse, imagée et sensuelle, on est littéralement submergé par la violence de la mer et du vent, celle du désir amoureux et celle obscure du pouvoir politique.
Le lecteur, pris dans les mailles du filet de cette famille […], ressort comme ensorcelé par ce chant chargé d'ombre et de mystère, au croisement du réalisme et du surnaturel.
Yanick Lahens offre ici un tableau personnel et contrasté de son pays, avec un récit complexe et halluciné, lyrique et intime, habité par un souffle puissant. La magie opère et on se laisse envoûter. »

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Dominique Baillon-Lalande, www.encres-vagabondes.com, lundi 3 novembre 2014


Ce qu'en pensent les explorateurs :

« Entre misère, enjeux de pouvoir, amours tragiques, et douleurs familiales, ce roman nous parle du village d'Anse Bleue, de sa culture et de la religion vaudou peuplée de divinités et d'invisibles. Yanick Lahens dénoue peu à peu les fils de l'histoire pour nous révéler le terrible destin de la jeune naufragée. L'écriture est simple et poétique, comme le titre du roman. Magnifique. »
Clémence Malmejean 

« Ce roman n’est pas une saga. Ce serait trop réducteur. C’est plus que cela. Il raconte des hommes, des femmes, des tragédies, des bonheurs. Il raconte des mystères vaudous, des choses qui nous dépassent. À travers tout cela il raconte Haïti d’une façon parfois sauvage et violente mais toujours belle grâce une écriture pleine de force. Au travers des vies des Mésidor et des Lafleur on y perçoit aussi l’Histoire, avec un grand H, d’une île que le sort n’a pas toujours épargnée. »
Rémi Paolozzi

« L’écriture de Yanick Lahens est agréable, fluide, sans temps mort. Ses descriptions sont tellement imagées que l’on croit se retrouver à Anse Bleue avec les héros de son histoire. »
Valérie Vunck

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Bain de lune : 5e du Palmarès des Explorateurs de la rentrée littéraire 2014 (site Orange : www.lecteur.com)

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« Haïti n’en finit pas de panser ses plaies. Entre les caprices de la nature, ceux des dictateurs et la mainmise des puissants sur les faibles, décidément cette île souffre ; ses habitants plient mais résistent.
Yanick Lahens, dont je découvrais ici la plume offre un roman à la fois complexe, envoûtant, riche, puissant et bigrement bien écrit.
Ce roman familial sur plusieurs générations se veut l’histoire des paysans et des sans voix en donnant tantôt la parole à un narrateur collectif, et à une inconnue bien mal en point échouée sur une plage. Cette inconnue se révèle au fil des pages, tandis que défile sous nos yeux attentifs, une communauté partagée entre les Lafleur, et les Mésidor. Les uns, riches s’arrogent tous les droits sur les autres, humbles mais dignes, alors que la dictature de l’homme à chapeau noir et lunettes épaisses fait rage.
Les dieux vaudou sont partout, implorés par des paysans prêts à tout pour se maintenir la tête hors de l’eau.
Yanick Lahens emploie une écriture très imagée, à la fois poétique et réaliste. La puissance des mots donne à ce texte une sensualité bien dosée. Yanick Lahens aime profondément son île, et cela se sent dans l’affection qu’elle porte à ses personnages.
Le lecteur ressort de cette lecture envouté, comme ensorcelé. »

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blog de Mimi Pinson, dimanche 28 septembre 2014


« Formidable ouvrage sur Haïti, où vivent, survivent des villageois, où est mêmé le vaudou, le catholicisme, des drames quotidiens. L'écriture est majestueuse. De la poésie, comme le titre : Bain de lune. » Gilbert, libraire

« Un coup de coeur. Expression consacrée, certes, mais c’est cela que je ressens à la lecture des 100 premières pages. Dès le début j’ai été happé par ce roman qui relate bien plus qu’une histoire de familles haïtiennes. Il relate Haïti, sa complexité, son âpreté, sa beauté. Je ne vais pas le lâcher jusqu’à la dernière page. » Rémi, lecteur

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« Deux livres d'automne présentés par Gilbert, mon libraire », traduit en langue des signes, Mégaphone (Ne hurlez plus, signez !), mardi 23 septembre 2014


« Trois jours après la tempête, la terre d’Haïti est à peine remise de la colère des éléments. L’eau marine lèche encore ses plaies béantes. C’est aussi le laps de temps choisi par l’Océan pour recracher son enfant, une jeune fille sur une plage, bien loin de Anse Bleue, d’où elle est originaire. […]
Yanick Lahens nous dépose là avec sa victime au milieu de nulle part. La jeune femme commence alors à remonter dans le temps afin de restituer l’histoire de sa lignée, celle de sa naissance et la raison de son agonie sur une grève étrangère. Le lecteur devient son unique cortège. Il la suit en silence tout en écoutant le récit de la jeune rescapée : la rivalité entre les Lafleur et les Mésidor ; la terrible figure de Tertulien Mésidor ; la dureté de la vie à Anse Bleue et la servitude des femmes, éternelles propriétés des hommes.
Cependant, la finesse de Yanick Lahens réside dans sa capacité à faire intégrer la grande Histoire dans les turpitudes de la vie privée. En effet, l’intrigue se déroule sur presque quatre décennies. L’évocation des éléments historiques tels que l’avènement des Duvalier père et fils qui ont tenu le pays en étau de 1957 à 1986, les Tontons Macoutes constituent l’arrière-fond du roman. Papa Doc et Bébé Doc deviennent une figure sans nom mais emblématique désignée par l’expression l’homme à chapeau noir et lunettes épaisses. Yanick Lahens n’épargne pas pour autant Jean Bertrand Aristide ni les interventions américaines pour asseoir sa dictature dans un pays ravagé par la pauvreté et l’insécurité.
Bain de lune n’est pas seulement l’histoire de la famille Dorival ni celle du rêve d’une jeune fille trop libre, amoureuse d’une nature inhospitalière et sauvage […].
Bain de lune est un plaidoyer pour la terre haïtienne malmenée par les hommes de mauvaise volonté, âpres aux gains et sans amour pour la vie. Le roman prend la défense des humbles, ces paysans qui ne croient ni aux promesses des puissants ni à celles du Dieu chrétien. Bain de lune est un récit scandé par des chants et invocations vaudous, seuls remparts magiques contre la cruauté d’un monde en mutation couvant en son sein milles rêves brisés et de rage vaincue. »

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« En terre haïtienne », Victoire Nguyen, www.lacauselitteraire.fr, jeudi 18 septembre 2014



 

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