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Revue de presse Berlin-Moscou
Tariq Ali

 

Presse écrite

« Dans l’étonnant Berlin-Moscou, le Britannique Tariq Ali offre un bilan du communisme.
Très jeune, Tariq Ali, en 1943, a su qu’il viendrait à la fiction. Seulement, il y avait plus urgent. La dictature au Pakistan, dont il est originaire. Puis la guerre du Vietnam, dont il fut l’un des principaux critiques dans son pays d’adoption, la Grande-Bretagne. Enfin, la 4e Internationale, qu’il fallait construire. Aussi s’est-il fait d’abord journaliste, notamment à la New Left Review, puis réalisateur, essayiste, éditeur. Et plus tardivement romancier, au début des années 1990, lorsque le capitalisme, loin de s’effondrer, a pu renaître sous sa forme néolibérale, conforté par la chute du communisme. La fiction s’est alors imposée. Elle permettait de poursuivre les idées autrement, de les voir s’incarner, d’examiner aussi comment elles avaient pu dérailler.
À cet égard, Berlin-Moscou, écrit en 1992, n’a rien perdu de son à-propos. C’est un examen de conscience – jusqu’où une cause peut-elle nous mener ? Vladimir Meyer, ancien professeur de littérature comparée à l’université Humboldt de Berlin, autrefois en RDA, se trouve jeté dans un monde qu’il juge fade. Dissident rêvant d’un socialisme doté d’humanité, il est mis de côté par l’Allemagne réunifiée. Des inquisiteurs venus de Bonn lui ont signifié son renvoi pour des raisons que l’on soupçonne idéologiques. Sa femme l’a quitté. Et il est en froid avec son fils, un nouvel Allemand pressé de faire carrière au sein du SPD et qui voit en lui un dinosaure. Vlady, comme on le surnomme, ne s’en offusque pas. Il est habité par la mélancolie. Non par l’ostalgie de ceux qui déplorent, sur un mode esthétique, la fin de l’Allemagne de l’Est, mais par le regret de ce qui aurait pu être si l’Idée communiste n’avait pas été détournée par le stalinisme.
Le drame bourgeois qui semblait se dessiner laisse ici place au roman d’espionnage. Vlady, dans sa volonté de renouer avec son fils, remonte le fil de l’Histoire. Pour déjouer son cynisme et lui montrer la noblesse d’intention des révolutionnaires des années 1920, il reconstitue le destin de celui qu’il tient pour son père, Ludwig, sous les traits duquel on devine Ignace Reiss (1899-1937), maître espion soviétique mort assassiné en Suisse après avoir rompu avec Staline. Il s’intéresse également à sa mère adorée, Gertrude. Si bien qu’un troublant jeu de miroirs s’instaure entre les générations, dévoilant des trahisons que nul ne soupçonne ou ne souhaite admettre.
Kim Philby, la célèbre taupe qui infiltra les services secrets britanniques, fait plusieurs apparitions. Mais l’atmosphère diffère de celle des romans de John le Carré. L’espion, ici, est toujours aux prises avec cette impitoyable modernité faite de faux-semblants, et où le complot guette. L’agent secret n’œuvre pas à préserver l’État, il est tout entier tendu vers la réalisation d’un monde meilleur. Espoir qu’il poursuit avec une froide méthode, jusqu’à s’y perdre.
L’étourdissante fresque construite par Tariq Ali est placée sous le signe de la lucidité. Les brillants esprits qui se sont tant appliqués à réaliser l’Idée ne sont pas simplement sacrifiés. Ils se laissent surprendre par leur propre conformisme. Par leur besoin d’appartenir à cette famille de remplacement qu’est la puissante confrérie des aigrefins. Un roman subtil où l’Histoire dévoile son intimité avec une pudeur émouvante. »

« Du passé dressons la table », Marc-Olivier Bherer, Le Monde des livres, vendredi 19 décembre 2014

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« Tariq Ali propose une grande fresque romanesque et poiltique.
Il y a deux choses que les lecteurs français doivent absolument savoir à propos de Tariq Ali. La première, c'est que ce type est une légende. C'est en pensant à lui que les Stones ont écrit Street Fighting Man. Il a aimé Vanessa Redgrave ou Marianne Faithfull et aimé détester Henry Kissinger. Il n'a pas son pareil pour traquer la mauvaise conscience de l'Occident et incarner une alternative trotskiste aux fondamentalistes… La deuxième, qui n'est pas la moins importante, c'est que c'est un romancier. L'un des plus lyriques et ambitieux de ce temps. C'est pourquoi la publication en français de son ample et magistral Berlin-Moscou (initialement paru en Angleterre en 1998) devrait constituer un événement.
C'est l'histoire d'un homme qui tombe de haut, de la hauteur de ses espérances. C'est l'histoire d'un communiste. Le Mur aussi est tombé et Vlady Meyer ne s'est jamais tout à fait relevé. Comment le pourrait-il ? C'est une vie entière, la sienne, mais aussi celle de ses parents, l'espérance d'un siècle, que l'Histoire foule aux pieds. Vlady entreprend d'écrire à son fils, Karl, pour lui dire cet espoir et l'infini chagrin des réveils. […] Berlin-Moscou est la lettre, d'excuse et d'adieu, aux armes, aux larmes, qu'envoie ce père à son fils.
Tout a quitté Vlady : son rêve donc, sa femme, partie par lassitude, mais aussi son travail à l'université dans une Allemagne réunifiée et oublieuse. Ce qui demeure, c'est le souvenir, ses marges indécises, et la formidable ambiguïté d'un passé qui, bien entendu, ne passe pas. […]
Quant à Tariq Ali, lui a compris qu'il n'est de roman (même, et surtout, politique) qui ne soit d'espionnage. Que tout romancier est un agent secret. C'est ce qui rend si passionnant ce Berlin-Moscou où il laisse en plus libre cours à son sens du récit, des rencontres de hasard et fertiles. Les mille et une nuits autant que Stendhal se sont penchés sur le berceau de ce livre, dont ils sont les bonnes fées. »

« Mon père est communiste », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 31 octobre 2014

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« De ce siècle qui s'achève, j'ai vécu les passions brûlantes et les frissons gelés, écrit Vlady à son fils Karl dans une longue lettre de réconciliation, au début des années 1990. Entre eux se sont dressés les non-dits et les malentendus générationnels : l'un vit à l'Est de Berlin fraîchement réunifié, l'autre à Bonn, alors capitale de l'Allemagne. Le premier chérit sa jeunesse marxiste rejetant la fadeur et l'uniformité de l'époque, l'autre fait carrière au SPD et oppose son pragmatisme aux utopies mortifères d'hier. Dans l'espoir de mieux se faire comprendre et d'éclairer les points aveugles de sa propre existence, Vlady remonte les linéaments de sa généalogie. D'un côté flotte la figure de Ludwig, le père mythique, chef des opérations secrètes du Parti social-démocrate russe en Europe et assassiné avant sa naissance. De l'autre, Gertrude, la mère juive, révolutionnaire et passionnée, morte en emportant ses plus obscurs secrets. Comme il explorait l'histoire d'une religion dans les cinq tomes de son Quintet de l'islam, Tariq Ali s'attache ici aux soubresauts d'une pensée politique, sans cesse infléchie, déviée ou trahie au gré de ses divers mentors, des accidents historiques, mais aussi des parcours individuels et microscopiques de chacun de ses militants. D'une missive à l'autre, ce sont les tourments du XXe siècle qui défilent avec eux, toute l'histoire chahutée du communisme, de son âge d'or à ses débordements aux mains de Staline, le fossoyeur de la révolution. Ludwig, Christina, Lisa, Gertrude… Les parents de Vlady et leurs amis ont tous servi le renseignement militaire soviétique au nom d'une cause nourrie d'espoir, de réunions tardives et enflammées, d'opérations secrètes et de fausses identités. Mais tous aussi ont bientôt connu la peur, les interrogatoires, les purges du Parti et la désillusion. Et c'est de ce terreau ensanglanté qu'a germé la RDA de Vlady. Une RDA certes imparfaite mais aux fondements de laquelle subsistaient encore les espérances et les idéaux d'une génération perdue. »

Paris-Berlin, novembre 2014

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« Ce roman nous emmène à Berlin, auprès de Vlady Meyer. Il vit dans une Allemagne tout juste réunifiée. Ancien dissident, il a été viré de son poste d’enseignant à l’université à cause de sa fidélité à ses convictions marxistes. Son épouse Helge est partie travailler à New York. Se sentant seul et rejetant cette prétendue féerie capitaliste, il écrit à son fils Karl, qui a su, lui, aborder cette réalité nouvelle et sa démocratie avec succès. Vlady veut lui expliquer la belle utopie que fut le communisme. Pour cela, il raconte l’histoire de sa mère Gertrude. Juive, communiste allemande de la première heure, elle se réfugie en Union soviétique au moment de la montée du nazisme. Elle élève son fils à Moscou pendant la guerre et rejoint l’Allemagne dès 1945 afin de construire un nouveau pays, la République démocratique allemande. En allant à la rencontre de Gertrude, le lecteur traverse le XXe siècle, avec ses guerres, ses révolutions, ses espérances et ses défaites. Notons que Berlin-Moscou est un roman qui remet en perspective le chemin parcouru par l’Allemagne à l’heure où l’on fête le vingt-cinquième anniversaire de la chute du Mur. »

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Isabelle Couriol, Librairie de Paris (Saint-Étienne), Page des libraires, novembre-décembre 2014

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Coup de cœur des libraires

Lu et conseillé par :
G. Gimeno, librairie Maupetit (Marseille)
M. Boisgontier, librairie M'Lire (Laval)
I. Couriol, Librairie de Paris (Saint-Étienne)

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Page des libraires, novembre-décembre 2014 et www.pagedeslibraires.fr

 



 

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