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Revue de presse Achille
Marie Richeux

 

Presse écrite

« Marie Richeux, quant à elle, puise dans l’ensemble des versions du mythe d’Achille pour convoquer le héros dans son salon, et sa mère Thétis dans sa salle de bains. D’une prose à la tonalité poétique, elle interroge l’un et l’autre, laisse résonner leurs accents de vérité au cœur de sa propre écriture, et lit en creux dans leurs propos ce que notre époque, ce que sa vie, peuvent encore entrevoir et revivifier dans ces noms glorieux.
Achille est un texte incantatoire, paradoxalement proféré sur le mode mineur, comme en sourdine. Le lien entre la narratrice et le héros s’établit, malgré les circonstances improbables de leur rencontre, de la manière la plus banale qui soit : Salut Achille. – Salut Marie. Et peu à peu, la parole banale, de convenance, fait advenir les choses. Non seulement parce que le héros grec et sa mère prennent corps dans l’appartement de la jeune femme, mais surtout parce qu’ils se chargent de toutes les fonctions, connotations, espoirs, contenus dans leurs noms. Disant Achille, Marie retrouve cet homme qu’elle cherche à travers ce nom, condamné à tenir la promesse de son extrême vulnérabilité, et [qui] ne la connaissait pas. Celui, écrit-elle, qui possède le poème en intraveineuse et, par ce récit, me possède moi.
À l’issue de cette nuit hallucinée, Marie dispose de l’ombre portée du héros capable pour toujours de lui rappeler tout ce qui dans son nom [la] brûle. Disant Thétis, elle retrouve une figure de mère, sa mère peut-être, quoique la provenance de la phrase [soit] floue, comme tu vois, la parole est toujours venue de plus loin, mais les mots je les sais distinctement et par cœur, et je les répète : "Hier, comme aujourd’hui, comme hier, comme toujours, je frémis encore au parfum de ma mère". »

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« Grande traversée : Les héros antiques reprennent du service », Florence Bouchy, Le Monde des livres, vendredi 13 mars 2015

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« Récrivant sans le transposer le mythe grec d'Achille, Marie Richeux déclare sa flamme au poème. Et pas seulement à l'Iliade : elle prouve qu'au-delà de la mort promise à tout être vivant, seul le poème, celui qui dit les noms, les prénoms, celui des paroles inassujettibles de l'oracle, est en mesure aujourd'hui encore, d'infinis siècles plus tard (p. 122) de donner vie à jamais. Le poème, et plus largement l'écriture, permet à qui n'est plus de se survivre, d'échapper au destin de mortel ; le choix d'une figure mythique est révélateur : Achille ne deviendra réellement invincible que parce qu'il aura été raconté (les visages indistincts de tous ceux qui n'ont pas été racontés, p. 130) et Marie Richeux à son tour le perpétue tel. En ce sens, elle même, parce qu'elle écrit une prose poétique par laquelle elle s'inscrit dans le mythe (la narratrice à laquelle Achille rend visite se nomme Marie), se rend ipso facto immortelle. »

Sébastien Goffinet, Cahier critique de Poésie


« En convoquant le grand héros grec Achille dans son salon, et sa mère Thétis dans sa salle de bain, c’est avec une rare audace que Marie Richeux engage une conversation lente et inspirée avec la mythologie. Dans son appartement où, via un écran d’ordinateur, elle entame et déploie avec les deux personnages un dialogue inspiré et poétique bien troublant. Elle rêve à partir de leur nom et de leur légende, elle s’empare de leur destin mythique, des détails, des interprétations, des suppositions, pour voir si leur chant, leur figure, leur légende, résonnent encore aujourd’hui, dans le monde comme dans sa vie. Porté par une prose poétique remarquable, ce texte est aussi d’une force d’évocation puissante et sensuelle. Comme un frémissement, comme un murmure, la parole sur les destins tragiques ou les rapports humains les plus naturels s’y libère, les sens sont en éveil et en émoi. Au-delà du mythe, on y entend battre le cœur de l’humanité. »

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Emmanuelle George, librairie Gwalarn (Lannion), Page des libraires, avril 2015

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« La très talentueuse Marie Richeux accueille un héros grec dans son salon : une épopée en appartement.
On est dans l'appartement de Marie qui raconte : Achille est dans le salon et Thétis, sa mère, dans la salle de bain. Ce sont bien les protagonistes du mythe, les légendaires héros : Achille, le guerrier grec, le demi-dieu, l'ami de Patrocle, tombé au pied des murs de Troie, touché au talon par une flèche empoisonnée. Survivant, après la mort de ses six frères, et fils de Thétis – une Néréide, la nymphe des eaux, mariée de force au mortel Pélée. Celui que son père a sauvé du feu et que sa mère, experte en métamorphoses, a plongé, enfant, dans le Styx pour le rendre immortel. Le mythe est là, dans la puissance évocatrice de l'énonciation. Je prononce ton prénom Achille. Je le fouille à main nue. Dedans, il y a la foule, observe la narratrice-récitante. Le mythe est bien là mais transmuté par la langue de Marie Richeux, magnifiquement classique et intemporelle et pourtant chargée d'un lyrisme contemporain singulier. Achille prend ma main et le fleuve noir de nos antiquités reparaît sous nos pieds. La grosse et calme Thétis nage dans une baignoire remplie de ses larmes. Achille a l'air las. C'est un fragment d'Iliade en chambre, une scène tragique de poche où corps à corps, enlacements, spasmes et étreintes se déploient dans un espace domestique traversé d'un calme souffle épique.
On a déjà loué la voix radiophonique de Marie Richeux, fraîche trentenaire. Changement de nom sans changement de ton, Les nouvelles vagues ont succédé en septembre à Pas la peine de crier, une heure pleine d'échanges attentifs au milieu de l'après-midi, les jours de semaine sur France Culture. Polaroïds, paru l'année dernière, qui proposait une soixantaine de poétiques images-fictions sélectionnées parmi les centaines lues à l'antenne, étaient encore liées à son activité de productrice et d'animatrice radio. Ce que confirme le glorieux Achille, c'est un timbre d'écrivain qui a gagné en force sans se départir de sa douceur ferme et déterminée. »

« Antiques larmes », Véronique Rossignol, Livres Hebdo, vendredi 20 février 2015

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Audio - Vidéo - TV

Olivier Barrot : « Marie Richeux s’est emparé d’Achille, ce héros légendaire convaincu à tort de son immortalité, et lui dresse une stèle imposante portée par un art poétique qu’on devrait célébrer à haute voix. »
Marie Richeux : « Le nom d’Achille, c’est une épitaphe, parce que pèse sur lui quantité de paroles avant sa vie, quantité d’oracles qui prédisent sa mort. On dit qu’il va mourir au pied de Troie pendant la guerre où il se sera illustré par son courage. Si bien que, quand j’entends Achille, j’entends la mort qui est promise, comme elle est promise à nous tous, donc j’entends la manière dont il sera fauché au plus bel âge, et dont il sera retiré à la fois de ce qui est vivant, à la fois de la communauté des hommes et, précisément, d’une communauté de héros qui fait qu’il est un être un peu particulier. Alors, moi, je suis traversée par cela, et traversée par le frisson que c’est, par la promesse de cette mort du jeune homme. Mais aussi par le frisson que c’est d’être à ce point déterminé, à ce point empêché d’être libre par la parole d’autrui. »

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« Un livre, un jour », Olivier Barrot, France 3, vendredi 10 avril 2015


Coup de cœur des libraires

« Publié en 2015 chez Sabine Wespieser, ce deuxième texte de Marie Richeux est fort différent des instantanés à diffraction poétique de son Polaroïds (2013), mais partage en revanche avec eux une capacité singulière à extraire du sens et de la beauté d’un environnement mythologique, ancien ou moderne, qui ne demande qu’à vivre et se déployer pour peu qu’on le regarde avec la bonne intensité et la distance idoine.
Ainsi, dans la ville d’aujourd’hui tout à coup recouverte de sable (pour que le silence soit, et pour que le récit puisse advenir, précisait Marie Richeux dans un entretien), Achille surgit, et s’invite chez la narratrice. Achille aux pieds légers, le fils de Pélée et de Thétis, le héros prédestiné éduqué par le centaure Chiron, l’enfant (incomplètement) baigné dans le Styx, le divin guerrier à la colère légendaire, se retrouve là. Ou plus exactement : Il était là. Il n’y pas ici de transfiguration, d’adaptation mutante à notre époque : Achille est là comme il l’a toujours été. En nous aussi. C’est tout le pari réussi de Marie Richeux que de nous faire partager cette présence comme une évidence, et non pas comme une laborieuse reconstruction.
Face à un personnage de cette stature, incarnant pour l’éternité la violence virile et martiale comme l’aveuglement de la colère, mais à qui l’on doit aussi consentir, complexité et richesse trop souvent oubliées, les poids cruciaux de la famille et de l’oracle, l’ombre de la mère (qui s’agite d’ailleurs ici, potentiellement redoutable, dans la salle de bain du même appartement d’accueil) qui rôde, la narratrice prénommée Marie offre la puissance de l’écoute, d’une écoute qui n’est ni pardon (de quoi ?) ni compréhension (de qui ?), mais bien actualisation d’une permanence, patiente pesée des silences et des interstices par où s’immisce la signification, les pluralités, les tensions qui irriguent le chantre prédestiné de la vie brève – et qui en font, comme de juste, le véritable et authentiquement tragique héros de l’Iliade. »

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« Une puissante actualité intime du mythique Achille aux pieds légers », note de lecture de la librairie Charybde (Paris XIIe), vendredi 7 octobre 2016


Lu et conseillé par :
Philippe Poulain, librairie L'Atelier (Paris XXe)
Lucie Sawina, Librairie Nouvelle, Asnières-sur-Seine

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Page des libraires, avril 2015


« Achille, ton nom est un cheval…
Achille est un héros.
Achille est un fantôme.
Achille est un guerrier.
Bienvenue à Troie ! »

Coup de cœur de la librairie Passages (Lyon IIe)

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Presse Web

« Une tempête de sable défait sans douceur ce que la lune avait calmement mis en place et rendu observable. Ainsi commence presque le récit. Marie est chez elle et observe les déferlantes de vent recouvrir la ville de sable. Le vent fait chanter les gouttières comme des flûtes, et les bouches de métro vides sont un orgue d’église pour lui, et retire son nom à toute chose. Voici l’événement, le chant premier de ce récit épique en appartement. Car Marie reste chez elle, et le vent lui apporte un homme, qu’elle invite à entrer. Achille. Elle aime Achille comme un frère qui va mourir, de toutes ses forces, de tout son corps. Marie est chez elle, et Achille arrive dans son salon.
Thétis, quant à elle, a choisi de s’installer dans la salle de bains, son royaume des eaux en appartement. Elle veille, derrière la porte, sur son fils et sur Marie qui s’installent au salon pour boire un thé brûlant et se réconforter des temps et des épreuves traversés. Marie fera des allers retours entre salon et salle de bain, dialoguera avec Achille et avec Thétis. S’en suivra ce qu’on pourrait appeler un vaudeville tragique entre ces trois personnages, bientôt rejoints par d’autres, Hector et Pélée bien sûr, pas loin, prêts à prendre place dans cette histoire qui ne peut exister sans eux. Marie revit les grands mouvements de la vie d’Achille à travers les mots, les phrases et les chants. La mort de ses frères, sa plongée dans le fleuve de l’enfer, son armée en direction de Troie, son destin inexorable. Marie, douce et prévenante envers Achille, se fait quelque peu malmener par Thétis qui, enfermée dans la salle de bain, soulève les eaux en raz-de-marée, éructe, entre dans une colère sans nom, son fils derrière cette porte, comment l’atteindre ? Elle usera d’un stratagème, bien sûr, la mère est toujours à la fois la pire ennemie d’un fils, mais aussi celle qui le protégera toujours. Et Marie, au milieu de toute cette scène, en observatrice ou chef d’orchestre, garde son calme mais ne peut empêcher l’inéluctable de cette nuit hallucinatoire.
Le premier roman de Marie Richeux n’est pas, vous l’aurez deviné, ordinaire. Achille est à la fois une relecture, une mise en scène, une appropriation et une déflagration. Ce que la mythologie grecque peut évoquer en nous aujourd’hui, ce qu’elle peut nous apporter et comment elle nous aide à interpréter le monde et, surtout, à faire resurgir la poésie qui nous constitue. Nous savions Marie Richeux obsédée par la phrase évocatrice et le texte à la poésie lumineuse depuis son premier livre, Polaroïds, recueil de textes écrits pour France Culture, radio sur laquelle elle anime quotidiennement l’émission "Les Nouvelles Vagues" (anciennement "Pas la peine de crier").
La narratrice d’Achille, si l’on devait lui trouver un point commun avec l’auteur, ce serait son sens de l’écoute, son attention à l’autre, sa faculté de faire parler, de se mettre en retrait pour faire accoucher son interlocuteur d’une vérité, quelle qu’elle soit. Car l’aboutissement semblant toujours inéluctable (la mort d’Achille, la fin d’une émission), ce qui se passe avant est bien plus important. Qui dit quoi, de quels mots sommes-nous faits, que contient notre nom, ce que la langue peut faire pour nous aider à comprendre le monde. Il est beaucoup question de la langue dans Achille, notamment des noms qui sont un monde. Je prononce ton prénom Achille. Je le fouille à mains nues. Dedans il y a la foule. Et le lecteur de fouiller à mains nues ce livre fort, envoûtant, évocateur, qui soulèvera en lui une foule de réponses aux questions qu’il ne se posait pas. »

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« Achille s'invite dans votre salon », Alexandre Bord (Barz Diskiant), addict-culture.com, mercredi 8 avril 2015



 

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