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Revue de presse La Carte des Mendelssohn
Diane Meur

 

Presse écrite

« Les fidèles de l'univers de Diane Meur ne s'étonneront pas du joyeux fouillis, des savoureuses digressions et de la fantaisie omniprésente dans cet épais ouvrage. Une folle entreprise qui consiste à évoquer par petites touches la saga des Mendelssohn, du patriarche Moses, le philosophe allemand des Lumières, aux descendants de Felix, son petit-fils, le grand compositeur. L'entreprise est pharaonique et Diane Meur ne nous cache rien de ses difficultés. Ce qui aurait pu être une narration un peu sévère devient la généalogie d'un roman en train de s'écrire, un récit dont l'écrivain est le principal personnage, une héroïne souvent comique dans ses désarrois.
L'auteur de Les Vivants et les Ombres a le goût de la fresque historique et des filiations, mais la chronologie l'ennuie. Comme elle l'avoue dans cet extraordinaire ouvrage en spirale : L'histoire d'une famille ne m'intéresse que si elle devient l'histoire du monde. C'est donc dans un livre-monde que l'on plonge, une traversée des siècles sur la trace de personnages qui apparaissent comme un précipité de l'histoire humaine avec ses zones d'ombre, ses heures de gloire et ses incohérences. Cette Carte des Mendelssohn est à la fois une subversion de l'art de la biographie et la réaffirmation de la suprême liberté du romancier. »

« Sur un air de Mendelssohn », Claire Julliard, L'Obs, jeudi 22 octobre 2015

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« Dossier Diane Meur », Thierry Guichard, Le Matricule des anges, octobre 2015

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« Au départ, il y a deux hommes : un grand-père et son petit-fils. Il y a aussi, deux siècles et demi plus tard, un peu perdue à Berlin, une femme. Qui s’intéresse à eux, Moses Mendelssohn (1729-1786), philosophe juif des Lumières et Felix Mendelssohn (1809-1847), compositeur. Et à celui entre eux que la postérité oublia, fils de l’un, père de l’autre, Abraham, un banquier. Cette femme est d’un genre un peu spécial, du genre qui écrit. C’est un magnifique romancière ; elle s’appelle Diane Meur et avec La Carte des Mendelssohn, elle nous offre le livre le plus rigoureusement fou, le plus séduisant et monstrueux à la fois, de cette rentrée littéraire.
Car très vite, il apparaît à l’écrivain qu’il est illusoire de s’en tenir au seul fil généalogique, qu’il faut à chacun redonner la dignité d’une biographie propre, qu’il n’y a pas deux ni même trois Mendelssohn, mais des centaines, artistes et géomètres, juifs, protestants et catholiques, sur presque chaque continent […] et une seule femme donc, pour embrasser cette parfaite confusion, donner du sens à ce qui peut-être n'en a pas. Diane Meur regimbe d'abord devant l'ampleur de la tâche, puis s'y abandonne tout à fait, nantie de l'obstination des désespérés, de gommettes et de crayons de couleur pour réaliser dans son salon une immense carte de tous ces Mendelssohn, qui n'oublie personne, surtout pas son propre égarement. […]
Car c’est par ce qui pourrait le rendre insupportable, le narcissisme dévoyé de l’autofiction, que La Carte des Mendelssohn est un si beau livre. Diane Meur ne se contente pas en orfèvre reconnue d’un roman historique authentiquement littéraire, de son cher sujet. Véritable centre de gravité d’un récit qui menace presque à chaque page de passer par-dessus bord, elle s’y met en scène. Mieux, "s’y joue la peau", exposant avec une douceur poignante et rageuse à la fois, ses doutes d’écrivain et de femme. Le reste, qui est tout aussi beau, vient de surcroît. C’est-à-dire, autour d’une structure rhizomatique qui doit plus à Internet qu’à un arbre généalogique, l’ample réflexion sur les déterminismes familiaux et religieux qui, comme par hasard, constituent le décor triste de notre quotidien.C’est-à-dire ,ce portrait par une romancière belge ayant longtemps vécu à Berlin et Paris, traductrice de l’allemand et de l’anglais, de ce qui apparaît quand même comme la fin d’un certain rêve européen. C’est-à-dire, une proposition de livre, ouverte à tous les vents du savoir et d’une érudition joyeuse. »

« Moses, Abraham, Felix et les autres », Olivier Mony, Sud-Ouest dimanche, dimanche 20 septembre 2015

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« La Carte des Mendelssohn est le roman chouchou des libraires en cette rentrée. Quel est cet objet littéraire hybride et foisonnant, à mi-chemin entre la saga d'une famille célèbre et le journal de bord d'une romancière ? […] »

« Dans la peau de Diane Meur », Jeanne de Ménibus, Elle, vendredi 18 septembre 2015

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« En se lançant dans l’étude de cette famille prolifique, où on trouve un compositeur célèbre, un philosophe majeur ou un banquier d’importance, Diane Meur dresse la carte d’un pays éclairé en même temps qu’elle peint avec brio le roman d’une histoire familiale passionnante.

[…] La Carte des Mendelssohn alterne son vécu à elle et des coups de projecteurs sur certains spécimens : Moses, bien sûr, le banquier Abraham qui lui fait penser à L’Homme qui a vendu son ombre, de Chamisso, en modifiant son nom pour devenir un chrétien parmi les juifs (Bartholdy), mais aussi Joseph, le frère, qui produit une telle descendance qu’il en devient un "bloc Joseph", etc. La parenthèse berlinoise de l’auteure, les dîners amicaux pour tester l’entreprise, les lettres expédiées pour recueillir des traces encore vivaces de l’histoire familiale, les visites sur des lieux ou même la mission, confiée à un ami qui se rend à Jérusalem, de se renseigner sur une descendante nonne. Diane Meur continue à vivre dans les entrelacs, laisse deviner la fin d’une histoire d’amour et ses états d’âme consécutifs. […]
Un lundi matin, le 12 novembre 2012 précisément, Diane Meur descend chez le papetier du coin pour acheter de grands bristols et des étiquettes de couleur. Un immense jeu de patience commence alors sur la table du salon pour spatialiser les multiples enchevêtrements des générations de Mendelssohn. Ainsi du bloc Abraham qui engendre des Italiens, des Suédois, digresse vers le Canada et les États Unis, et même dans le Japon du XXe siècle. Ecrasée par la masse de documents et de protagonistes, perturbée par leur éclatement géographique, elle essaie ainsi de circonscrire. Au fur et à mesure que sa progression dans la famille et dans ses blocs avance, elle ajoute des noms, élargissant encore le plan de ce travail artisanal et titanesque. Dément. Pharaonique. Mauvais pour la santé… note-elle dans son journal, dépassée par la tâche. Mais cette carte va s’imposer comme le creuset spatial du roman. Or pour écrire un roman, j’ai besoin d’être quelque part ; dans une ville antique de la plaine, dans un manoir de Galicie, un micro-duché du Saint-Empire germanique ou du moins le débarras d’un appartement parisien, grenier à névroses et à secrets de famille. La lecture d’Histoire d’une montagne, d’Elisée Reclus, lui donne la clef : le lieu romanesque sera la famille elle-même dans ses différentes strates, avec ses sommets illustres, ses blocs erratiques, ses combes ténébreuses. Le work in progress étalé sur la table du salon –sorte de "carte IGN", plaisante son éditrice - fournit une représentation concrète d’une temporalité de plusieurs siècles, embrassable d’un seul coup d’œil. La famille Mendelssohn vue comme un espace, et elle penchée dessus.
En descendant le fleuve, Diane Meur semble avoir réveillé les morts, les méconnus, les laissés-pour-compte, s’attachant forcément à certaines personnalités. Une rêverie l’amène dans l’arène de la parentèle, au cours du seul chapitre sans doute de pure fiction : tous les descendants de Moses sont réunis dans une assemblée générale transgénérationnelle de plus de 700 personnes, qui s’évanouira au chant du coq. Une rébellion se fomente de la part de quatre descendantes qui en ont assez de n’être que des dates de naissance, des êtres de papier. C’est inacceptable !
C’est sans doute là que vibre le plus le goût de l’auteur, quasiment maternel, pour les personnages historiques enfouis. À la différence de l’algorithmique et minutieux La Vie mode d’emploi de Georges Perec, elle revendique le fouillis et le hasard. Les sarments contemporains de la descendance de Moses ont parfois peu à voir avec leur source. Un monde tout au long du chemin s’est dessiné, pétri par les secousses de l’histoire, avec une portée si universelle qu’on peut en venir à se dire parfois que nous sommes tous, quelque part, des Mendelssohn. »

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« Les Mendelssohn, ère de famille », Frédérique Roussel, Libération, jeudi 10 septembre 2015

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« Érudite et fantaisiste, reine du détail pointu et de la digression continue, Diane Meur est une romancière dont la puissance narrative rime avec l'enquête historique sans a priori. […]
La Carte des Mendelssohn, son nouveau livre, se déplace encore dans le temps et l'espace, entre 1730, 1820 et aujourd'hui, pour une incroyable enquête autour des Mendelssohn : Felix, le compositeur, Moses, le philosophe, Abraham, le banquier, ce néant entre deux génies, et tant d'autres appartenant à cette famille tentaculaire. Mais rien n'est jamais tracé avec Diane Meur, qui nous fait participer à sa recherche en nous posant les questions dont elle n'a pas encore les réponses, partant du chaos en espérant y mettre de l'ordre. Son projet de roman devient (au chapitre XIV) une œuvre à la Perec, à la fois joyeuse et remarquablement documentée. Les Mendelssohn ne sont plus une famille dont il faut suivre la chronologie, mais un monde, une histoire universelle, une variation sur la société d'hier et de demain. L'arbre généalogique ne suffit plus, car ces gens ont essaimé dans le monde entier. Aussi, Diane Meur va-t-elle nous proposer de les accompagner partout, en totale liberté. Avec elle, nous sommes dans la vie quotidienne et les moments exceptionnels. Elle nous fait partager sa vie et celle de ses héros, comme si "l'enquête Mendelssohn" ne pouvait pas avancer sans nous. Tous étrangers, métis, philosophes et historiens, musiciens et compositeurs. La Carte des Mendelssohn est donc un hymne à la tolérance, un roman d'aujourd'hui qui nous parle des siècles passés. Et si, parfois, il faut redescendre sur terre, alors nous allons faire les courses au supermarché du coin, réparer la plomberie ou nous demander s'il faut vraiment continuer de fouiller dans la bibliothèque pour lire le document de trop. Diane Meur est une romancière d'une érudition folle, d'une précision historique imparable et d'une curiosité infinie. Elle est également une obsédée du détail, qui se laisse envahir par une carte du monde fabriquée dans son salon, au mépris de la vie de famille. Elle n'hésite pas à faire de son éditrice, Sabine Wespieser, une héroïne du roman au moins aussi curieuse qu'elle. […] Voici le lecteur dans le secret des déesses, écrivaine et éditrice en train de grignoter une salade et de se demander quand et comment ce livre se terminera. Tant pis si c'est un secret, La Carte des Mendelssohn se clôt sur un poème, et vous verrez que l'idée est aussi belle que nostalgique avec ce soupçon d'incongruité qui va si bien à cette romancière joyeusement subversive. »

« Romans français, nos choix : Une histoire universelle », Christine Ferniot, Lire, septembre 2015

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« À la fois Circé du fait du puissant attrait exercé par son récit vagabond entre découvertes historiques et déboires personnels, et Clio par la pédagogie qu’elle manifeste lorsqu’elle expose, par exemple, l’affaire Lavater (1769-1770) qui opposa Moses Mendelssohn au penseur luthérien, Diane Meur ­retrace la lignée du philosophe des Lumières comme s’il s’agissait d’un pays aux frontières mouvantes. Elle nous fait découvrir cette contrée riche en monuments et angles morts. Comment, depuis le ghetto de Dessau (Allemagne) dont Moses était originaire, s’est déployé, deux siècles plus tard, un éventail de destins parmi lesquels on dénombre une ­ursuline, des officiers de la ­Wehrmacht et un planteur de thé à Ceylan ?
Une première idée avait effleuré la romancière : consacrer un ouvrage à la vie d’Abraham Mendelssohn. Mais cet obscur banquier, l’un des fils de Moses et le père des musiciens prodiges Felix et Fanny, avait déjà bénéficié d’une grosse biographie en Allemagne. Qu’eût-elle ajouté de plus ? Elle a donc baguenaudé, transformant le projet biographique en roman vécu d’une recherche documentaire, laquelle a pris des proportions incroyables. Car cette quête d’érudition s’est apparentée pour Diane Meur, ainsi que le raconte son ­livre, à une obsession aussi intime qu’insatiable. Avec La Carte des Mendelssohn, son cinquième roman, l’écrivaine réinvente brillamment le genre de la saga, en explorant les thèmes de l’héritage et des liens du sang. »

« Critique : La Carte des Mendelssohn », Macha Séry, Le Monde des Livres, vendredi 21 août 2015


« Trop encombrante, trop fragile, pour que Diane Meur l’apporte au café Le Canon des Gobelins, cette fameuse "carte des Mendelssohn", titre de son cinquième roman qui en retrace la folle aventure. De toute façon, on n’avait pas osé lui demander de l’exhiber. Elle a beau, dans son livre, l’avoir décrite avec minutie, expliqué sa géographie, avoir même consacré un chapitre entier au récit de sa fabrication. Oui, même si elle y a fait de multiples allusions, on se dit que cet objet est sans doute la part la plus intime de l’écrivain ; quelque chose qui, modestement, sous la forme de dizaines de fiches bristol reliées entre elles, traduit la violence de la passion intellectuelle. Cette carte, dûment estampillée en tant que telle par un historien de la cartographie, matérialise l’obsession qui aura jusqu’au vertige habité Diane Meur – 45 ans, cinq romans, trois enfants – pendant deux ans. Il s’agit en quelque sorte du reliquaire d’un projet qu’elle dépeint en près de 500 pages ; ce qui l’a d’abord intriguée chez le philosophe juif Moses (1729-1786), chantre de la tolérance religieuse, surnommé le "Socrate allemand", puis chez ses petits-enfants, les compositeurs Fanny (1805-1847) et Felix (1809-1847), leurs filiations respectives, leurs migrations, leurs parcours professionnels, les mariages et les naissances… Comment elle s’est retrouvée à rencontrer plusieurs des 765 descendants et biographes de cette illustre lignée, comment elle n’a cessé de traquer les relations de parenté pour découvrir, au final, un incroyable essaimage dont l’origine fut un petit philosophe des Lumières, bossu et père de dix enfants.
Précisément parce que Diane Meur fait œuvre, dans La Carte des Mendelssohn, on ne peut s’empêcher, au terme de la lecture, de considérer sa drôle de sculpture en papierà l’heure de Google Drive, comme une œuvre d’art. Cette création digne du fragilisme pourrait s’intituler : "Tentative d’épuisement d’une entreprise généalogique". Soit une œuvre spontanée, quoique bâtie avec une infinie méticulosité, dont Diane Meur ne comprend toujours pas la raison. […] Achever La Carte l’a libérée.
[…] 
Vous seriez épouvantée d’apprendre avec quoi je me mets en route, une vague idée, une histoire qui tient en deux lignes. Ça bourgeonne et pousse tout seul. Il y a quelque chose d’organique, de l’ordre du jaillissement, un étonnement merveilleux. À cela s’ajoute qu’il faut à Diane Meur donner à chaque livre un ancrage territorial, presque charnel. Pour écrire un roman, j’ai besoin d’être quelque part : dans une ville antique, dans un manoir de Galicie, un micro-duché du Saint Empire germanique […]note-t-elle dans son livre. Elle fait ici référence à deux précédents romans, Les Villes de la plaine et Les Vivants et les Ombres (Sabine Wespieser, 2011 et 2007), récits qui portaient déjà trace de son intérêt pour le voisinage des religions, les sources historiques et les univers ­humains qui s’interpénètrent.
Avec La Carte des Mendelssohn, Diane Meur clôt un triptyque qu’elle n’avait pas le moins du monde envisagé mais qu’elle parvient aujourd’hui à résumer à grands traits : J’appelle cela "les grands corps". Les Vivants et les Ombres était avant tout l’histoire d’une maison. Un lieu unique, un lieu hanté par des souvenirs familiaux : tel était mon sujet. Les Villes de la plaine dépeint une ville comme un corps. Là, il s’agit de la famille en tant que corps. Faire la carte visait à donner une matérialité à quelque chose qui n’en possède pas : les réseaux familiaux. Écrit il y a vingt ans, ce roman eût été sans doute très différent, explique-t-elle. Les trames multiples, la ramification des curiosités, les structures en rhizome ont été rendues familières par la navigation sur Internet. D’un clic à l’autre, d’un Mendelssohn au suivant. […]
Du coq à l’âne et une forme de fantaisie dans l’érudition. Enfin, Diane Meur, qu’on devine pudique, y a mis, comme on le voit, beaucoup d’elle-même, pour fournir un pivot à cette narration qui apparaît vagabonde. C’est, en effet, la première fois qu’elle s’autorise, en qualité d’écrivain, à dire "je". Un "je" qui émane, dit-elle, du seul personnage de fiction présent dans son roman, en ce sens qu’elle ne connaît pas d’avance sa propre vie, contrairement à ses sujets d’étude, morts et enterrés. […] »

« Portrait : Faire corps avec les mots », Macha Séry, Le Monde des Livres, vendredi 21 août 2015

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« Remarquable traductrice de l'allemand et de l'anglais, passionnée d'histoire, Diane Meur est également douée pour le chaos. Elle adore tirer le lecteur par la manche afin de l'entraîner dans des enquêtes baroques. Après quelques épopées dans l'Antiquité (Les Villes de la plaine), le Saint Empire au XIVe siècle (La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même) ou la Galicie en 1820 (Les Vivants et les Ombres), la voici à Berlin, fouillant la vie du compositeur Felix Mendelssohn (1809-1847) et surtout celle de son grand-père Moses (1729-1786), philosophe défenseur des libertés de culte et d'opinion. Diane Meur plonge avec une érudition gourmande au coeur de cette épopée familiale, ces vies éparpillées dans le monde entier. Quand l'arbre généalogique ne lui suffit plus, elle dessine une carte de géographie dans son salon, pour mieux comprendre comment cette famille se déploie sans cesse.
Tout en décrivant les aventures de Moses et ses dix enfants, Diane Meur se glisse entre les lignes de son récit, évoque ses difficultés permanentes, ses lectures inutiles, ses étonnements, ses tâtonnements de chercheuse. Elle est là, présente à chaque page, et son livre n'est pas, écrit-elle alors, le roman des Mendelssohn, mais le roman vécu de ma recherche sur les Mendelssohn, dont je serais le seul personnage répondant à mes critères du personnage de fiction, puisque je ne connais pas d'avance ma propre vie… Sa fiction à la Perec, qui paraît se construire à chaque page, est d'une lecture exaltante. Grand roman symphonique nourri de correspondances, de poèmes, de journaux intimes, La Carte des Mendelssohn nous parle de figures excentriques, de l'histoire du monde, des communautés et des métissages, sans jamais perdre le sens de l'humour. Diane Meur sait parfaitement à quel moment il faut redescendre sur terre et mettre en ordre ce Meccano auquel il semble toujours manquer une pièce pour tenir droit — jusqu'à la dernière page, où se révèle ultimement l'axe de symétrie… »

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« Spécial rentrée littéraire : La Carte des Mendelssohn de Diane Meur TT », Christine Ferniot, Télérama, mercredi 19 août 2015

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« Il faut bien une érudite et allègre curiosité pour s'atteler à une tâche aussi colossale : scruter chaque recoin de 765 vies. Tout commence au XVIIIe siècle avec Moses Mendelssohn, "le Socarte allemand", père de dix enfants qui essaimeront aux quatre coins du monde. Conversions, mariages, filiations, du plus célèbre (le compositeur Felix Mendelssohn !) à la plus obscure, ursuline en Belgique : une vertigineuse saga familiale et personnelle. »

Danielle Sommer, Télé 7 jours, samedi 24 octobre 2015

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« La romancière Diane Meur s'est plongée dans la généalogie des Mendelssohn. Abyssal et passionnant.
[…] C'est à un excitant jeu de piste que nous convie la romancière Diane Meur dans son exploration de l'arbre généalogique des Mendelssohn dont les ramifications couvrent plusieurs siècles, du XVIIIe à nos jours, et s'étendent dans toute l'Europe jusqu'aux lointaines Amériques. Un massif corallien proliférant en tous sens… C'est dire. […]
Diane Meur raconte les Mendelssohn dans les convulsions de l'Histoire. Prise dans les filets d'une recherche obsédante, elle se plaît à tirer un fil d'autant plus qu'elle ignore jusqu'où il la conduira. Le tout était de veiller à ne pas se perdre – et nous perdre – dans cet écheveau. C'est pourquoi Diane Meur dessine la carte des Mendelssohn. Objet insolite constitué de bristols colorés sur lesquels s'agrègent les étiquettes recensant noms, parentés, mariages d'affaires ou consanguins, conversions religieuses, naissances, décès… Objet monstrueux propre à effrayer les amis de la narratrice, mais pas les lecteurs "accros" que nous sommes entre-temps devenus, pris à notre tour dans les rets d'une extravagante "mendelssohnmania".
Brossant le portrait d'une famille qui traverse les siècles en se jouant des frontières jusqu'à remettre en cause l'idée même de racines au profit d'un métissage libérateur, Diane Meur écrit un livre-monde. Un livre qui ne finit pas. Et c'est heureux, tant il fut déchirant pour nous d'en sortir. » 

« Un livre monde », Serge Bonnery, L'Indépendant, dimanche 18 octobre 2015

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« Portée par une érudition joyeuse, une documentation pléthorique, La Carte des Mendelssohn se déplie en rhizomes et Diane Meur s'y met en scène. Drôle, passionnant, son cinquième roman est celui aussi de ses adieux à Berlin.
[…] En traçant la carte des Mendelssohn aux codes couleurs précis, elle relie les descendants de Moses et Fromet sur huit générations et près de trois siècles. Elle constate que la notion de famille se vide dès lors de son sens, car s'y retisse le maillage de l'humanité toute entière. […]
S'il y a une règle mnémonique qu'elle connaît bien, celle du ressassement, l'impeccable traductrice qui a ventriloqué une maison en Galice dans Les Vivants et les Ombres (2007), innove dans ce cinquième roman. Elle s'y met en scène car c'est bien le roman de ses recherches qu'elle écrit dans un style vif et alerte qui interpelle voire rabroue, gentiment, le lecteur.
Confiant ses doutes, Diane Meur digresse allègrement. […] Ne faut-il pas rendre justice à tous ces descendants, pas moins de 765 – leur restituer leur biographie ? Sa fille la voit comme une sorcière, trafiquant dans l'au-delà. […]
Au miroir des Mendelssohn, la traductrice livre probablement son roman le plus intime. Celui de ses adieux à Berlin, ville avec laquelle l'auteure belge a noué des lien passionnels. Si dans le monde tout est lié, la folie serait de se croire au centre, relève Diane Meur qui parachève son dévoilement avec in fine un poème qui n'a rien à envier aux romantiques allemands. »

« Mendelssohn, une passion allemande », Veneranda Paladino, DNA, samedi 3 octobre 2015

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« C'est l'histoire d'une famille née aux confins de l'Allemagne et de la Pologne, dans la misère que connaissait la communauté juive. Cette famille des Mendelssohn a donné Moses, philosophe autodidacte, adepte des Lumières et traducteur en allemand de la Torah, ami de Lessing dont il fut le modèle pour Nathan le Sage. Elle est aussi la famille du compositeur Felix Mendelssohn-Bartholdy. Mais on ne compte pas les membres qui sont issus de cet arbre immense. Diane Meur, en un roman qui mêle les genres et les tons, multipliant les anecdotes, les portraits et les scènes, raconte les Mendelssohn, sept cent soixante-cinq histoires, écrit-elle. Elle-même devient un personnage du livre, puisque La Carte des Mendelssohn est aussi le roman d'une recherche et, pour jouer sur les mots, la recherche d'un roman.

Lire l'entretien de Norbert Czarny avec Diane Meur
Norbert Czarny : Une question très naïve pour commencer : pourquoi avez-vous choisi les Mendelssohn et non, par exemple, les Monod, que vous évoquez page 300 ?
Diane Meur : À vrai dire, je n'ai pas conçu le projet d'écrire l'histoire d'une grande famille avant d'en choisir une en particulier. C'est en m'intéressant au lien de parenté entre Moses le philosophe et son petit-fils Felix que j'ai découvert peu à peu l'ampleur du réseau familial dans lequel ils s'inscrivaient. Dès lors, ma fascination pour cette structure réticulaire, voire tentaculaire, a pris le pas sur le reste : je n'ai pas pu résister au défi narratif qu'elle représentait. […]
N. C. : Ce roman est constamment pris dans une contrainte, voire une contradiction, celle de la chronologie et de l'aléatoire : vous suivez le fil du temps mais vous faites des rencontres et des découvertes qui bouleversent cette trame. Comment avez-vous vécu cette contrainte ?
D. M. : Avec euphorie ! Car c'est notre lot dans la vie même, n'est-ce pas ? Le temps suit son cours, mais nous ne savons jamais à l'avance ce qu'il va nous apporter. D'un autre côté, c'était déstabilisant de mêler à ce point l'écriture et la vie. Un exercice où il fallait renoncer à tenir les rênes et à garder le contrôle.
N. C. : Ce roman, comme vous l'écrivez page 143, c'est aussi le vôtre : celui de votre recherche, celui du personnage que vous êtes. Est-ce que le roman est terminé ? Le personnage a-t-il évolué ?
D. M. : Le personnage a beaucoup changé, j'entends par là que je me sens maintenant autre. Parvenue à une sorte de libération et d'allègement dont, obnubilée par ma tâche, je n'avais pas conscience en écrivant. C'est en ce sens qu'on peut déclarer le roman terminé – car l'histoire des Mendelssohn, elle, est loin de l'être. Les descendants de Moses sont aujourd'hui des centaines de par le monde et, si j'ai pu me résoudre à une fin, c'est parce que j'étais arrivée, moi, au terme d'un parcours. […]
N. C. : Quel sens, quelle extension, donnez-vous à ce terme générique de "roman" ?
D. M. : Le genre du roman a eu dès l'origine une grande plasticité, une capacité à se nourrir de tous les autres, qui explique sans doute un succès si durable. Quand je pense à Jacques le Fataliste ou à Tristram Shandy, je n'ai pas l'impression d'être allée tellement plus loin dans le bouleversement du genre… L'aspect de montage ou de collage qui est présent dans La Carte (citations, documents, journaux) n'est pas non plus étranger à la tradition romanesque. C'est un genre protéiforme. Le seul critère indispensable, je crois, c'est qu'on emmène le lecteur quelque part avec soi, à côté de soi – au lieu de faire agir des personnages en face de lui, comme par exemple au théâtre.
N. C. : La Carte des Mendelssohn met en question ce que nous croyons ou voulons croire au sujet des origines et des filiations. Quelle portée "politique" (au sens très général du terme) cela a-t-il selon vous ?
D. M. : La référence aux origines et aux "racines" est quelque chose qui m'a toujours mise à mal à l'aise, car elle repose au fond sur un schéma théologique, créationniste. En fait de racines, si vous comptez arithmétiquement vos ascendants directs, vous arrivez en plein Moyen Âge à un chiffre bien supérieur à la population mondiale de l'époque, ce qui fait perdre tout sens à l'exercice. Plutôt que de nous replier sur nos origines (supposées), je trouve que nous gagnerions à renouer avec l'universalisme des Lumières. Il avait ses points aveugles, mais reste porteur d'une valeur précieuse et trop négligée aujourd'hui : la solidarité. »

« Le fleuve Mendelssohn », Norbert Czarny, La Nouvelle Quinzaine littéraire, mercredi 16 septembre 2015

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« Dans La Carte des Mendelssohn, Diane Meur tisse une toile généalogique érudite en tirant les fils du temps. Passionnant.

Lire l'entretien de Cécile Lecoultre avec Diane Meur
Cécile Lecoultre : Vous sentez-vous parente de la soi-disant vogue de personnages réels fictionnalisés en cette rentrée ?
Diane Meur : Oh, j’avais cette idée en tête depuis une dizaine d’années, une histoire du monde fluide et joyeuse, avec plein de portes ouvertes, des aspérités dynamiques. Mais je comprends l’intérêt pour ces héros du passé. Ils tranchent avec la littérature "enfermante" qui dominait et pouvait même virer au pamphlet réactionnaire.
C. L. : Votre arbre généalogique se signale moins par ses racines que par son ample feuillage. Pourquoi ?
D. M. : L’idée de racines plongeant à la verticale dans la terre, ça ne veut rien dire. Nous sommes tous cousins, du juge au templier. C’est un des messages réjouissants qu’expédient les Mendelssohn, avec un peu plus d’envergure que la célébration de racines élitistes, protectionnistes. Ça rend l’humanité aimable. Ma carte, avec ses arborescences, est d’ailleurs un plan exponentiel avec ses lignées qui renvoient à l’infini.
C. L. : L’historienne et la romancière se bagarrent-elles parfois ?
D. M. : Le passé nous rassemble. J’avais envie de théoriser ce concept historique: "Être au monde". Mais en cours de route, le "je" s’est imposé. Peut-être à cause de la foule des Mendelssohn. Surtout que je voulais parler de tous, ne pas me concentrer sur un seul. Partant de Moses, ce type qui au départ n’a rien pour lui, je découvre un homme rassembleur, généreux, humaniste : un guide. Du coup, j’ai voulu garder son enthousiasme, en tirer la fibre très tactile du livre, sa vitalité irrépressible. […]
C. L. : Comment maîtriser les digressions, une de vos manies avouées ?
D. M. : C’est un roman qui ambitionne de parler du monde entier. À partir du moment où je me laissais aller à ces associations d’idées, induites par la famille elle-même, j’acceptais d’affronter un monstre ! Puis venait le temps du tri entre le fastidieux, l’amusant, l’intéressant "difficile à placer", etc. Avec toujours la volonté de garder le rire, le propre des hommes. […]
Néanmoins, la carte des Mendelssohn ne constitue qu’un plan sans haut ni bas, où l’héroïne se perd.
C. L. : Comment s’y retrouve-t-elle ?
D. M. : Comme une petite fille perdue dans la forêt qui cherche l’horizon. »

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« Nous sommes tous cousins, du juge au templier », Cécile Lecoultre, 24 heures, mercredi 16 septembre 2015


« Le Prix Rossel, Diane Meur, redonne vie à la famille Mendelssohn. Une vaste mission qui est le sujet même de ce roman, nous plongeant dans le chantier effréné de l’écriture. 
Hannah E. – Ce roman se base sur des faits historiques réels. Pourquoi êtes-vous "incapable d’écrire de la fiction à partir d’eux" ?
Diane Meur – Parce que j’ai besoin de voir naître et bourgeonner les choses. Le "roman des Mendelssohn" me semblait impossible à écrire, alors je relate – sous forme d’autofiction – l’incapacité à imaginer cette saga familiale. Le fil romanesque étant de raconter comment je me laisse déborder par un sujet qui m’échappe, tout en me le réappropriant. Ce "roman de l’impossibilité" naît aussi de toutes ces vies, dont on ne sait pas grand-chose. À partir d’une quête aux sources, parfois lacunaires, je tisse des toiles inventées. C’est d’autant plus passionnant que nous sommes des individus historiques, avec un passé collectif qui nous détermine.
H. E. – En quoi percevez-vous "une grande famille comme résumé de l’histoire humaine" ?
D. M. – Cela va de soi. Si l’on suit la descendance d’une personne, à travers les siècles, on aboutit à une population, voire à un morceau d’humanité. La diversité des branches et des parcours, d’une même famille, s’avère saisissante. Certains connaissent la gloire, d’autres demeurent méconnus ou pauvres. L’Histoire traverse chacun de nous, mais comment s’éparpille-t-elle sur terre ? Lorsque j’ai établi l’immense carte généalogique des Mendelssohn, c’était à la fois réjouissant et vertigineux. J’aurais pu prendre n’importe quelle famille du XVIIIe siècle, mais Moses Mendelssohn était connu en Europe. On a accès à ses archives, ses publications et sa correspondance. Dire que cet homme étonnant, philosophe des Lumières, était le grand-père de Felix, célèbre compositeur en son temps. Les mythes familiaux et l’histoire des filiations m’intriguent, parce qu’on peut y voir une métaphore du monde, des religions ou du renouvellement des générations. […]
H. E. – S’il est impossible de "se défaire de son héritage familial", que reste-t-il de la pensée de Moses Mendelssohn ?
D. M. – Cet autodidacte atypique est sorti de son ghetto avec l’idée d’élucider les textes sacrés. On l’a d’ailleurs surnommé le "Luther juif", tant il voulait les renouveler. Il combinait la connaissance des études talmudiques et la philosophie des Lumières. Même si on ne peut pas le qualifier de révolutionnaire, il prônait la tolérance, la liberté de culte et d’opinion au sein d’une société très oppressive. Mon roman parle des traces alors, bien qu’il ne subsiste plus rien des corps de mes héros, elles reprennent vie au cœur de ces pages. »

« On est des individus historiques », propos recueillis par Hannah E., Regards, septembre 2015


« L'auteur belge si talentueuse qu'on avait aimée avec Les Vivants et les Ombres s'est lancé un défi ambitieux, généalogique et historique, avec ce nouveau livre. […]
Outre les aventures d'une dynastie, les soubresauts de l'histoire des XIX et XXe siècles – et aussi, quelquefois, le désarroi de la narratrice ! –, ce roman-fleuve est un conte d'une érudition gourmande […]. Cette étonnante et passionnante saga redonne toutes ses lettres de noblesse à la littérature. Remarquable. »

« Actu livres, On aime : La Carte des Mendelssohn », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 13 septembre 2015

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« Une enquête généalogique passionnante et si romanesque… »

« La sélection de rentrée », Télérama, mercredi 9 septembre 2015

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« Au fil d'un roman labyrinthique, Diane Meur explore la généalogie du célèbre compositeur Mendelssohn. Rencontre à Berlin avec la germaniste passionnée et éclectique.
Fascinée par les questions de filiation qui inspirent ses romans, l’écrivaine Diane
Meur s’est embarquée un matin dans l’exploration tous azimuts de la généalogie des Mendelssohn. Un chantier titanesque, épaulé par le numérique mais aussi bricolé colle et ciseaux en main, jusqu’à reconstituer une "carte", planisphère riche de 765 noms, arborescence atteignant la septième génération… Une quête que Diane Meur, la fine mouche aussi cultivée que fantaisiste, a transformée en un gros roman labyrinthique, ployant sous les histoires, les anecdotes et les digressions. Dans la ville de Berlin, qu’elle a quittée en 2012 après y avoir vécu deux ans, la romancière se sent toujours un peu chez elle. Sur la piste des Mendelssohn, elle est une guide fervente et imbattable. Elle nous a montré ses points cardinaux, la StaBi (la grande bibliothèque où elle a remué des kilos de documentation) et le cimetière protestant de la Trinité (dans lequel reposent Felix, Fanny, Abraham et nombre de Mendelssohn). Mais la station la plus émouvante du pèlerinage auquel elle nous a convié, est sans conteste la Mendelssohn-Remise, au n° 51 de la Jägerstrasse, un petit musée installé dans l’ancienne remise à attelages de la banque familiale. Là, au milieu des photos anciennes, des certificats de baptême et des instruments de musique, on réalise que le nom des Mendelssohn a été effacé sous le nazisme, leurs biens pillés. Il a fallu attendre plusieurs décennies pour que des recherches soient entreprises dans les archives, les activités et les réunions des descendants en mémoire de leurs ancêtres reprenant au fil des années. Nous croiserons ainsi Thomas Lackmann, la soixantaine à l’allure bohême, issu de la huitième génération et président de l’Association Mendelssohn, qui gère le musée et fut un interlocuteur essentiel pour Diane Meur. Une sympathique complicité lie les deux érudits, l’obstination de l’un n’ayant d’égale que celle de l’autre. À l’ombre des murs de la Jägerstrasse, le travail fou de la romancière prend alors tout son sens, défi au temps et à l’oubli, génial pied de nez à la mort.

Lire l'interview de Marie Chaudey
Marie Chaudey : Pourquoi cette généalogie vous a-t-elle fascinée et envahie à ce point, jusqu’à parler de 765 membres de cette famille ?
D. M. : J’ai retrouvé dans cette quête toutes les choses qui m’ont toujours intéressée dans la vie, la filiation, la transmission. C’est comme si j’avais baladé un gros aimant au-dessus de la limaille de fer. Tout s’accrochait. La configuration de cette famille me captivait en raison de sa dispersion, de l’éclatement des destins qui divergent de plus en plus au fil des générations. Et finalement, on en arrive à atteindre l’ampleur de l’humanité tout entière : dans les profils, les appartenances religieuses, les carrières, les pays et les continents. […]
M. C. : Et c’est cette diversité qui vous plaît ?
D. M. : Elle signifie qu’on n’est pas déterminé par un atavisme. C’est la liberté humaine. Le fait d’avoir un ancêtre commun ne conditionne en rien ce que les centaines de Mendelssohn de la septième génération ont fait de leur vie. Le paysage devient merveilleusement ouvert. Et j’ai trouvé cette constatation enivrante. Elle ouvrait le cœur, particulièrement à une époque où l’on veut nous enfermer dans des identités, des racines. J’ai horreur de ces termes figés. Les êtres humains ne sont pas des végétaux, ils se déplacent et génèrent le grand brassage des langues, des religions et des convictions. […] Chaque individu se construit en décidant soit de garder, soit de rejeter : une infinité de positions sont possibles, il n’existe aucune logique. Ce qui est beau, c’est toute cette richesse qui fait le mouvement de l’histoire, Il faut compter avec cette myriade de motivations personnelles et intimes qui s’entrecroisent.
M. C. : Ne tentez-vous pas d’épuiser ce thème de la transmission ?
D. M. Oui, sans doute. Au mot de transmission, que je trouve un peu lourd, je préfère celui de trace, plus concret. Mon livre est aussi une recherche de toutes les traces que peuvent laisser les hommes. […]
M. C. : Vous dites que ce livre est plus le roman de votre recherche sur les Mendelssohn que le roman des Mendelssohn…
D. M. : Il n’y a pas de fil rouge dans une famille, la marche de l’histoire part dans tous les sens. J’ai donc décidé de raconter les Mendelssohn de manière totalement subjective, de faire de cette exploration un récit de voyage, de considérer le temps comme un lieu et de me promener à l’intérieur. J’ai pris la métaphore au sérieux – le temps est un espace – pour en faire un vrai récit d’aventures. On ne sait pas vraiment ce qu'on cherche, ni avec quoi on revient dans ses soutes. »

« Dans l'arbre des Mendelssohn », Marie Chaudey, La Vie, jeudi 3 septembre 2015

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« De la vie placée sous le signe de l'entre-deux d'Abraham Mendelssohn, Diane Meur comptait sonder le vide et les énigmes. Fascinée dans son travail de traductrice comme dans tous ses précédents romans par les questions de la transmission et de la filiation, elle s'imaginait explorer le destin d'un néant entre deux génies. Son enquête, pourtant, l'a projetée bien au-delà : de monceaux d'archives en vagabondages virtuels, de demeures en bibliothèques berlinoises et jusqu'au tracé, ciseaux et colle en main, d'une "carte" généalogique de 765 noms où l'histoire changée en espace se déploie sur sept générations. Deux années durant, l'écrivaine a suivi avaec patience et passion le cheminement des financiers et des actrices, des francs-maçons et des rabbins, des nonnes et des petits escrocs, faisant feu de toute source (gravures, traités, forums en ligne) pour aboutir à ce roman rhizome et débridé où le document côtoie le conte, et l'anecdote la digression. […] Le déclic viendra de son installation dans la ville berceau des Mendelssohn, de 2010 à 2012, et de la place croissante d'Internet qui, induisant d'autres structures mentales favorables à l'éparpillement de la pensée, aux associations d'idées et aux sauts d'époque en époque, rendait enfin l'idée féconde. La visite de Berlin à laquelle l'écrivaine nous convie est du reste à cette image. Zigzagante, multiforme et contrastée, elle calque la structure corallienne du livre : des lieux où passa la mythique famille, nous sautons aux repaires où Diane rêva La Carte, et du silence des pierres tombales de la lignée à l'énergique scherzo d'une symphonie de Felix. […]
Roman de la filiation, La Carte des Mendelssohn se voulait aussi un épuisement du thème, explique-t-elle : La dispersion géographique des membres de cette famille, la démultiplication des parcours et donc des thèmes, le brassage des langues, des religions… tout cela va à l'encontre d'un quelconque atavisme ou d'une quête des racines. Précisément c'est l'abolition des liens de causalité et la perte de sens que l'écrivaine a trouvées enivrantes et merveilleusement ouvertes dans ce projet.[…]
Si l'écrivaine a choisi son propre cheminement comme "fil rouge" de La Carte – incluant même, à titre exceptionnel, quelques bribes intimes au creux du texte –, c'est pour ne pas étouffer sous l'ampleur du matériau. En creusant le sillon Mendelssohn, elle a découvert combien leur histoire recoupait certains de ses objets d'élection : Heine, les Humboldt, L'Opéra de quat'sous, le frankisme (un messianisme juif ayant fait sécession avec le judaïsme)… Et bien sûr l'histoire et la religion, déjà présentes dans ses autres livres. C'était comme passer un aimant sur une limaille de fer, je n'arrivais plus à m'arrêter, se souvient-elle. Puis j'ai compris que le récit devait être subjectif et prendre la forme d'un récit de voyage. […]
Si La Carte des Mendelssohn affiche autant de liberté, changeant d'époque, de genre et de registre comme on change de chapitre, c'est sans doute aussi à Berlin qu'elle le doit. Dans cette ville où le projet a pris forme, Diane Meur a essuyé bien des imprévus et des tracasseries – multitude de "berlinades" administratives ou techniques qu'elle raconte avec autodérision dans le livre. Mais elle s'y est aussi sentie plus libre et plis légère. […] Écrire sur Berlin une fois l'arrachement consumé, en faire un personnage à part entière de la fresque, était indéniablement une manière de reconquérir la ville par l'écriture, de s'y ancrer autrement […].
Roman d'adieu donc, mais d'adieu sans tristesse, car les traces demeurent toujours, qu'elles se dispersent ou transforment. Comme le disait Moses dans son Phédon avant Lavoisier : rien ne se perd, cite Diane Meur. Et c'est au fond la leçon essentielle de ce livre qui, recensant beaucoup de morts, parvient à demeurer toujours du côté de la vie. »

« La rhapsodie Mendelssohn », Camille Thomine, Le Magazine littéraire, septembre 2015

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« Dans la famille Mendelssohn, je voudrais Abraham, le banquier, l’entre-deux génies, le trait d’union entre Moses, le philosophe, et Felix, le compositeur, petit-fils du précédent. Férue de généalogie et germaniste passionnée, Diane Meur tire de cette destinée entre parenthèses une matière romanesque foisonnante et érudite, entraînant son lecteur sur les sentiers de l’Europe des Lumières de rencontres en mariages, de mariages en enfantements qui semèrent au fil des siècles les pousses d’une lignée prolifique.
Au commencement, il y eut ce nom, Mendelssohn, apposé au bas d’une lettre un beau jour de mai 1761 par un philosophe dans la force de l’âge. Moses Mendelssohn était-il conscient que ce patronyme, « fils de Mendel », par lui-même choisi, tutoierait bientôt celui des plus illustres – Voltaire, Spinoza –, envahirait la toile immatérielle d’un monstre nommé Internet, et serait pris en chasse dans ce même monde virtuel par une jeune auteure entêtée ? C’est au retour d’un séjour à Berlin que Diane Meur choisit de se consacrer aux Mendelssohn. Berlin, centre névralgique de l’illustre dynastie qui n’a jamais cessé d’y rayonner, même quand les membres de cette famille étaient loin. De ses plages d’études à la Staatsbibliothek (ou StaBi), la consœur allemande de notre BnF, l’investigatrice retient l’enchantement des illuminations subites, lorsque deux dates, deux faits concordent et font avancer son travail de titan, aussi bien que les moments de doute ou de désespoir, quand le nœud gordien peine à trouver sa résolution. Seules les histoires ont un commencement, et encore. Elles n’en ont justement qu’un, choisi parmi une infinité d’autres tout aussi pertinents.
La contingence. Diane Meur la place au cœur de son entreprise et l’accepte en tant qu’élément perturbateur, tel un ami inquiétant mais qui vous veut finalement du bien. D’un enthousiasme communicatif, l’auteur consacre une énergie folle à nous rendre accessible l’histoire de cette famille qui irrigue le contexte social, politique, religieux, économique d’un continent en proie à de profondes mutations. »

« Sur les pas des Mendelssohn », Laëtitia Favro, Le Journal du Dimanche, dimanche 30 août 2015

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« […] Elle avait commencé avec 2 personnages, les plus célèbres de la famille Mendelssohn. Moses, donc, né en 1728 ou 1729 – une incertitude dès le début –, mort en 1786 en philosophe célèbre. Et Felix, son petit-fils (1809-1847) le compositeur dont la musique reste notre contemporaine. Entre eux, Abraham (1776-1835), banquier né et mort à Berlin, une vie pas vraiment de néant, mais moins spectaculaire que celles de son père et de son fils. Le 3e personnage, parce qu'il a laissé peu de traces visibles, semblait le plus intéressant.
Mais, à partir de là, en tirant tous les fils d'une famille qui finit par tisser sa toile sur le monde entier, à travers sept, puis huit générations, la romancière se trouve avec une monstrueuse "carte des Mendelssohn" qu'elle met six semaines à assembler et qui dessine, potentiellement, 765 histoires. […]
Voilà tout le charme d'un livre qui profite d'un basculement radical. La généalogie des Mendelssohn est complexe, les vies de ses membres sont infinies ? Tant pis, ou tant mieux, puisque la perspective s'inverse en mars 2013 : Je n'écrirais pas le roman des Mendelssohn mais le roman vécu de ma recherche sur les Mendelssohn, dont je serais le seul personnage répondant à mes critères du personnage de fiction, puisque je ne connais pas d'avance ma propre vie (façon de vous dire que j'ignore absolument où, quand et comment finira ce livre.
Alors que le lecteur se serait égaré dans les filiations et les alliances en croissance exponentielle de la famille Mendelssohn, il suit avec plaisir et même allégresse les égarements de Diane Meur, son enquête sur tous les terrains, d'Internet aux bibliothèques, des lieux visités aux rencontres. La narratrice-écrivaine arrache des bribes de vérité au passé, se construit un chemin au fur et à mesure qu'elle avance en compagnie des personnages, tentant parfois en vain de garder du recul : L'histoire est une jungle humide où l'on perd vite pied et, pour garder les idées claires, mieux vaut s'en tenir à distance, ou tout au plus élaborer des philosophies de l'histoire sans trop regarder ce qu'il y a dedans.
Deux ans et presque deux kilos de documents papier plus tard, à quoi il faut ajouter, entre autres choses, la confection de la fameuse "carte", devant laquelle un cartographe de métier reste sceptique, avec ses huit bristols massacrés, les rouleaux de colle et un feutre qui appartenait à son fils, voici donc le roman. Magnifique, à la hauteur des doutes qui en ont accompagné la rédaction, et qui nous est présenté comme un tapis à l'envers, du côté où l'on voit les nœuds et les effilochures. » 

« Des générations de Mendelssohn », Pierre Maury, Le Soir, samedi 29 et dimanche 30 août 2015

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« Au début, il y a deux hommes. Un grand-père, son petit-fils. Soit Moses Mendelssohn (1729-1786), philosophe juif allemand attaché aux Lumières, et Felix Mendelssohn (1809-1847), le compositeur romantique du Songe d'une nuit d'été. Entre les deux, il y a un banquier, Abraham, et au-delà, l'histoire d'une famille, les Mendelssohn donc, qui épouse en deux siècles et demi, de la judéité jusqu'à la Wermacht en passant par Paris, Berlin, la Belgique, Ceylan ou l'Amérique le destin contrarié, fascinant et illisible de l'Europe et de ses horizons lointains. C'est rien moins que tout cela que veut embrasser et éprouver Diane Meur dans son très ambitieux et passionnant La Carte des Mendelssohn. Bien entendu, elle s'y perd et cet égarement, qu'elle partage avec son lecteur, est magnifique. Cherchant les uns et les autres à travers l'Histoire, c'est elle qu'elle trouve comme par mégarde, petite fille belge rêveuse qui vient d'écrire son plus beau livre. »

« Rentrée littéraire, nos coups de cœur : Diane Meur, Une histoire européenne », Olivier Mony, Le Figaro magazine, vendredi 28 août 2015

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Le Prix d'une vie avec Le Parisien magazine et Aujourd'hui en France magazine : douze destins en concurrence.
Lequel de ces romans biographiques sélectionnés par notre jury de neuf libraires remportera notre prix littéraire ? Réponse le 23 octobre.
« Le compositeur Felix Mendelssohn (1809-1847), aussi prodigieux que Mozart, avait pour grand-père le philosophe Moses Mendelssohn (1729-1786). Mais qui était le père du premier, fils du second ? Obnubilée par cette question, Diane Meur a enquêté sur l'illustre famille Mendelssohn, dont elle propose une étonnante saga. »

« Le Prix d'une vie, douze destins en concurrence : Les mille et une racines des Mendelssohn », Mathilde Nivollet, Le Parisien magazine, vendredi 28 août 2015

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« Diane meurt s'étourdit dans la généalogie d'un clan.
Dans le ton de la saison, Sabine Wespieser publie peu mais select. Ainsi de Diane Meur, dingue d'histoire, savante et éminente traductrice. La Bruxelloise s'adonne à la fiction hybride, visitant le passé sous un éclairage baroque. Voir les Mendelssohn. Felix, le plus connu, a certes fait marcher moult couples vers l'autel grâce à sa Marche nuptiale mais c'est le grand-père Moses, chantre libéral, surnommé le Socrates allemand et patriarche d'une famille de dix enfants, qui passionne ici. L'auteur se branche sur son arbre généalogique au XVIIIe et XIXe s. et se perd dans le feuillage scintillant du romanesque. Elle s'y retrouve, forte de ses digressions, se faufilant dans cette enquête aux indices éparpillés autour du monde. Comme un exercice de voltige à la Perec, sa géographie humaine subjugue. »

« Chic, la rentrée littéraire d'automne se la joue classieuse », Cécile Lecoultre, 24 heures et La Tribune de Genève, samedi 22 - dimanche 23 août 2015

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« Autre famille, suivie par Diane Meur sur cinq siècles et autant de continents, les Mendelssohn. Dans La Carte des Mendelssohn, projet romanesque le plus rigoureusement fou de cette rentrée, la romancière dresse, à travers le destin de la famille du compositeur allemand, la cartographie de la chute d'un certain rêve européen. »

« Prudence est mère de rentrée », Olivier Mony, Sud-Ouest dimanche, dimanche 16 août 2015

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« Deux éditrices : deux auteurs à suivre.
Elles ont choisi de ne publier qu'un seul roman français, leur coup de foudre. Sabine Wespieser mise tout sur Diane Meur avec La Carte des Mendelssohn. »

« C'est déjà la rentrée ! », Olivia de Lamberterie, Elle, vendredi 14 août 2015


« Une saga sur les Mendelssohn ? Le roman d’une enquête ? De l’autofiction ? Impossible de réduire le cinquième roman de Diane Meur à ces étiquettes tant elle y conjugue talent, érudition, fantaisie et subversion. Laissez-vous guider. Destination littéraire d’envergure !
Voici un livre qui raconte l'histoire d'un livre en train de s'écrire. Un roman hors norme, ambitieux et ludique. Un roman de l'enquête qu'a menée Diane Meur sur Abraham Mendelssohn, banquier oublié de l'histoire, fils de Moses Mendelssohn, le philosophe des Lumières et père de Felix Mendelssohn le compositeur. En remontant aux origines et en tirant le fil des liens familiaux, la romancière explore une descendance qui s'étend de façon tentaculaire au monde entier, jusqu'à ce que l'arbre généalogique initial se transforme en carte et envahisse d'abord sa table de salon puis son projet littéraire. En écrivant le roman vécu de sa recherche sur les Mendelssohn, en se mettant en scène comme personnage, Diane Meur prend son lecteur par la main et l'invite à un voyage temporel et planétaire inédit. Dans la forêt profonde de cette histoire familiale qui s'étend sur trois siècles et quatre continents, c'est un peu de notre histoire collective et heureusement métissée qu'elle éclaire de son brillant talent littéraire. »

Lire l'entretien avec Diane Meur.
extrait – D. M. « Même si ce travail de recherche était difficile et que je me sentais débordée par cet immense fleuve d’informations, j’ai constaté que les origines et les racines ne déterminent rien et mènent à tout et son contraire. J’ai trouvé cela merveilleux finalement. Pour moi, c’est un livre sur l’absence de déterminisme, sur la liberté humaine ! »

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« Entretien avec Diane Meur : Sur les traces des Mendelssohn », Emmanuelle George, librairie Gwalarn (Lannion), Page des libraires août-septembre 2015 et www.pagedeslibraires.fr, lundi 27 juillet 2015

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« En cherchant les Mendelssohn à travers les âges et les océans, Diane Meur se trouve elle-même, petite fille belge rêveuse.
En ces jours de canicule préestivale, qu'elle aborde nantie d'un blouson de cuir qui n'est plus guère de saison et d'un nouveau roman qui part joliment dans tous les sens pour mieux la ramener à elle, Diane Meur est réfugiée dans le coquet bureau de son éditrice. Loin de s'abandonner à la douceur des jours, elle s'inquiète. Qu'en est-il La Carte des Mendelssohn, qui lui échappa tant et si bien qu'elle paraît douter d'en être venue à bout ? Qu'en dire qui n'en trahisse pas la belle indécision, son vagabondage fertile ?
Au départ, il y eut un départ, un adieu à Berlin où la romancière résida trois ans entre 2010 et 2012. Revenant à Paris, la romancière ramène avec elle moins qu'une idée, un grand-père et son petit-fils. Le premier, Moses Mendelssohn (1729-1786) était un philosophe juif allemand attaché aux Lumières. Le second, Felix Mendelssohn (1809-1847), était le compositeur romantique du Songe d'une nuit d'été, entre autres. Entre les deux se glisse pour Diane Meur la fiction, c'est-à-dire le fils de l'un, le père de l'autre, le banquier Abraham Mendelssohn. Et avec lui surgit bientôt, plus inattendue, toute la structure familiale. Le livre initial de se muer peu à peu en une cavalcade à travers les siècles qui va emporter son auteure, pourtant prévenue des exigences du récit historique (fantaisie et vérité), bien au-delà de ce qu'elle imaginait, sur des terres d'écriture encore vierges.
Seize mois plus tard, seize mois de remords et d'exaltation, elle dit qu'elle a cru que ce bouquin allait avoir [sa] peau. Je n'ai vraiment su l'avoir fini qu'en en lisant les épreuves. C'est devenu le récit du livre que je n'arrive pas à faire, un "Comment je n'ai pas écrit la saga des Mendelssohn". C'est un livre-monde en effet, à la structure éclatée en rhizomes, comme métaphorique de nos vies sous la toile Internet. Le livre de tous les Mendelssohn donc, dans lequel Diane Meur se joue la peau, se décrivant elle-même erratique et obstinée. C'était tout de même un exercice de liberté totale, très enivrant, avoue-t-elle. […] »

« Avant-portrait : Diane chasseresse », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 12 juin 2015, et dossier de rentrée « Que lire ? », septembre 2015

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Audio - Vidéo - TV

Diane Meur vous présente son ouvrage La Carte des Mendelssohn aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire automne 2015.

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Librairie Mollat et Sabine Wespieser éditeur


« C'est un roman fleuve, la saga d'une famille tentaculaire, les Mendelssohn – dont on connaît surtout Felix, le compositeur. Mais Diane Meur raconte aussi à travers cette dynastie les soubresauts de l'histoire du XVIIIe au XXe siècle. […] Et elle est tellement passionnée et érudite, qu'elle nous fait partager son enthousiasme sur près de 500 pages. »

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« Europe week-end : le coup de cœur livre », Patrick Roger, chronique d'Anne Michelet de 14'31'' à 15'38'', Europe 1, samedi 12 septembre 2015


« Ce qui m'a plu, c'est comment Diane Meur montre toute cette famille Mendelssohn dispersée dans le monde entier. L'arbre généalogique ne suffisant pas, elle a été obligée de faire une carte, puisque cette famille s'est éclatée sur quatre continents, en fait, à travers les siècles […]. Ce qui est vraiment extrêmement intéressant, c'est qu'elle nous confie tous ses tâtonnements dans ses recherches. Toutes ces confidences donnent au texte une légèreté, une liberté… Et elle devient elle-même un personnage de son propre roman, ce qui donne un ton complètement différent à ce qui pourrait juste être un roman historique et une épopée familiale… C'est nettement au-delà de ça. »

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« Les livres ont la parole : le coup de cœur du libraire », coup de cœur de Valérie Barbe, librairie Au Brouillon de culture (Caen), 6'55'' à 8'16'', Bernard Lehut, RTL, dimanche 6 septembre 2015


Parmi les centaines de romans publiés en cette rentrée 2015, peut-on dégager des tendances, des thèmes ou des manières d'écrire, qui traduiraient un état d'esprit général des écrivains ? Sabine Audrerie, Georges-Marc Habib et Michel Crépu se lancent avec nous dans le décryptage de la rentrée littéraire et tentent d'analyser le rapport des écrivains à la réalité qui est la nôtre. Ils parlent de La Carte des Mendelssohn.
Georges-Marc Habib, librairie L'Atelier (Paris XXe) et Page des libraires, de 14'20'' à 15'45'' : « En réalité, c'est un bouquin où elle se met en scène en train de faire ce travail phénoménal autour de cette famille, qui a traversé les siècles, la planète, les tendances, qui a tout vécu. Et, en même temps, c'est d'elle dont elle parle, et sa relation à son travail d'universitaire, de chercheur, d'écrivain, etc. […] Moi qui l'ai lu, j'ai pris un plaisir énorme à la suivre dans ses pérégrinations. Pourquoi ? Parce que la manière dont elle nous le raconte fait qu'on est transporté. Et on oublie finalement les Mendelssohn – c'est un sujet comme un autre –, que c'est sa vie à elle. Elle fait de sa vie un personnage, et finalement elle nous transporte en tant que lecteur là où elle a envie de nous transporter. Pour moi, il y a fiction. […] J'ai passé un moment de lecture assez formidable parce que j'ai voyagé avec elle, parce que j'ai appris des choses, parce qu'elle m'a transporté à travers le monde et qu'elle m'a fait découvrir un univers que je n'avais pas appréhendé jusque-là. Et c'est ça qui est fort. »

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« La Grande Table 1ère partie : Les idées de la rentrée 2015 – À quoi pensent les écrivains », Caroline Broué, France Culture, vendredi 4 septembre 2015


« Estelle Martin : « Qu'est-ce qui vous a séduit dans cette famille des Mendelssohn ?
Diane Meur : Au départ, c'étaient ces trois personnages-là [Moses, Felix et Fanny] qui m'intéressaient. Je pensais me lancer dans un roman de la filiation, assez classique par rapport à mes thèmes. Et en fait je me suis aperçue qu'il y avait une documentation pléthorique sur tous les descendants de Moses […] – ça finit par couvrir une partie de l'Europe, une partie du monde. Et voilà, nous sommes aussi dans la traversée des frontières et des siècles. Ce qui me fascinait, c'était justement cette espèce de voyage en toutes directions, l'impression d'être une centrifugeuse qui se disperse passionnément en tous sens…
E. M. : Et ce qui est vraiment très réussi, c'est que vous nous racontez cette enquête. En plus, vous décidez de faire une vraie carte […] chez vous, sur votre table […]. À quoi sert-elle, cette carte ?
D. M. : Au départ, c'était un document de travail. J'en avais besoin, j'avais besoin de visualiser la famille – c'est sept-huit générations… et près de trois siècles –, j'avais besoin de me fabriquer un espace, un espace unique pour me projeter dans cette famille. Et donc c'est devenu ensuite pour moi comme une carte du monde, dans laquelle j'ai fait comme une navigation à l'ancienne, en contournant les côtes, en faisant le tour des continents. Pour moi, ça a pris réalité.
E. M. : Vous êtes aussi traductrice. Est-ce que c'est important pour votre style, est-ce que ça a un impact ?
D. M. : Oui, parce que je pense que le travail sur le mot juste, la recherche du sens exact d'un auteur que je traduis, entrent en résonance avec le travail que je fais moi-même sur mon propre texte, où j'essaie chaque fois de retravailler, d'aller plus près de l'idée que j'ai eue – je me dis, non, ce n'est pas encore exactement ce que je voulais faire passer –, une façon d'être au plus près de la matérialité des mots. Il y a quelque chose de presque plastique – je commence à gesticuler chaque fois que je parle de ça, mais j'ai vraiment l'impression de faire un travail de sculpteur : il faut enlever un peu de matière là, la remettre plutôt là, ce sera mieux, ce sera plus clair, plus fluide – et ça, je le fais autant en traduction que dans mon écriture propre. […]
E. M. : Quel est votre préféré dans les Mendelsson ? Abraham, celui qui fait le lien ?
D. M. : Non, pas vraiment, il m'intriguait au départ, parce que, justement, on ne savait – enfin, je ne savais – pas grand-chose de lui. C'est quand même le fils d'un philosophe des Lumières [Moses] extrêment connu en Allemagne, le père de deux génies musicaux, et je ne connaissais même pas son prénom au départ. Donc il m'intiguait, je voulais essayer de comprendre cette énigme, mais je ne peux pas dire que c'est celui qui me parle le plus. Un que j'adore, c'est le tout premier vraiment, le patriarche, Moses Mendelssohn. C'est vraiment une figure extraordinairement attachante : c'est une intelligence brillante, mais c'est aussi un homme très doux, très bienveillant, avec une vitalité intellectuelle énorme. D'un autre côté, il était en mauvaise santé, bossu, tout petit… Enfin, c'est vraiment un personnage. Et puis c'est un autodidacte, qui est sorti de nulle part et qui a tout acquis lui-même, toutes ses connaissances – il n'a jamais mis les pieds à l'université. Donc c'est vraiment, oui, un phénomène…
E. M. : … et qui a engendré cette très grande famille que l'on découvre grâce à vous dans La Carte des Mendelssohn. […] Voilà, c'étaient nos deux coups de cœur, à nous, dans 64'. »

« 64' Le monde en français 2e partie - Grand angle : Littérature, c'est la rentrée » avec Diane Meur et Mathias Énard, de 0'45'' à 14'40'', Estelle Martin, TV5 Monde, jeudi 27 août 2015


« Notre invitée aujourd'hui est une romancière, également traductrice, un des noms qui circulent de journal en journal en cette rentrée littéraire : Diane Meur.
Comment résumer cette Carte des Mendelssohn, livre foisonnant, vertigineux, de près de 500 pages ? On pourrait dire que c'est l'entreprise folle d'une généalogie, de Moses Mendelssohn, le philosophe des Lumières, jusqu'à aujourd'hui, avec les figures célèbres de Felix Mendelssohn et de sa sœur Fanny au XIXe siècle, une saga familiale sans fin. Mais c'est aussi le récit de votre enquête à la 1ère personne, de vos tâtonnements, de vos interrogations, le roman vécu de vos recherches – comme vous l'écrivez –, avec votre vie intime, avec vos enfants, vos conversations avec votre éditrice, vos déménagements, vos problèmes de plomberie, avec ironie, avec fantaisie… Et puis cette Carte des Mendelssohn, c'est aussi une carte physique que vous avez créée. […] »

Écouter l'entretien avec Diane Meur.

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« La Matinale », Jean-Baptiste Urbain, France Musique, jeudi 27 août 2015


Diane Meur présente et lit les premières pages de son roman La Carte des Mendelssohn.
« Voilà, c'est un livre qui d'abord n'a pas de commencement et, on verra plus tard, n'a pas de fin non plus. C'est en fait une tranche de l'humanité – je veux dire, ça ne s'arrête pas, on ne sait pas où ça commence et ça ne finira jamais. Je trouve ça très réjouissant finalement.
[…] Je pense que ce livre vient d'une envie d'explorer le monde tout simplement. Je pense que le schéma de base, c'est un récit de voyage : c'est un tour du monde en voilier à l'époque 1800. Enfin, c'est ça, la structure du livre… Ce n'est pas tellement une symphonie… Oui, au fond c'est une navigation autour de côtes mal connues et déchiquetées. […] »
En ouverture d'émission, Diane Meur lit l'incipit d'Adolphe, de Benjamin Constant.
Son choix musical : Romance sans paroles, op.19 n°1 de Felix Mendelssohn, interprétée par Murray Perahia.

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« Les Bonnes Feuilles », Sandrine Treiner, France Culture, mardi 11 août 2015


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« Tout sur un plateau - 2e partie », Émilie Tardif, TV Tours, mardi 15 septembre 2015


Pour cette vingt-cinquième édition du Cercle littéraire de la BnF, sur le site François-Mitterrand, Diane Meur était l'invitée de Laure Adler et Bruno Racine pour La Carte des Mendelssohn (de 24’25’’ à 46’35’'), avec Christine Angot pour Un amour impossible. En partenariat avec Le Magazine littéraire et TV5 Monde.

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« Le Cercle littéraire de la BNF », Laure Adler et Bruno Racine, lundi 14 septembre 2015


« Entre passé et présent les deux écrivains ont remonté jusqu’à la source lors de la manifestation Le Livre sur les Quais (Morges).
Leur roman traverse les époques avec la force de l’intime et la puissance de l’écriture.
Diane Meur ignore l’origine de la folle obsession qui l’a menée sur les traces tentaculaires de la lignée des Mendelssohn issue d’un petit homme bossu. Moses Mendelsshon (1729-1786) surnommé le "Socrate" allemand, père de dix enfants et grand-père notamment du compositeur Felix Mendelsshon. En a surgi une épopée, celle d’une famille mais aussi celle de la quête de l’auteur, qui emporte le lecteur. »
Écouter l'entretien entre Jean-Marie Felix, Anik Schuin, Jean-Bernard Vuillème et Diane Meur.

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« Entre les lignes », Jean-Marie Felix et Anik Schuin, RTS, lundi 7 septembre 2015


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« Coup de cœur des libraires », Emmanuelle Soupizet, coup de cœur de Solène Verger-Pascal de la librairie Thuard (Le Mans), RCF, lundi 24 août 2015


Coup de cœur des libraires

« Diane Meur s'est toujours intéressée à la filiation. Son ouvrage est celui d'une auteur intelligente et cultivée qui, en voulant raconter l'histoire de la famille Mendelssohn, va nous plonger dans les méandres de ses recherches, de ses réflexions, de son imagination…
Avec au final un constat : tous aussi différents que nous sommes, nous formons une unique entité, l'humanité. »

Coup de cœur de la librairie Atout Livre (Paris XIIe)


« Au départ du nouveau roman de Diane Meur, une interrogation : qui pouvait bien être cet Abraham Mendelssohn, fils du philosophe Moses Mendelssohn, grand nom des Lumières allemandes, et père du célèbre compositeur romantique ? Diane Meur était loin de se douter que son enquête dans les pas d'Abraham se transformerait en aventure au long cours, la menant sur les quatre continents et engageant au plus profond sa propre existence. Ainsi sont les romans : jamais ils ne nous mènent là où l'on pensait aller…
Cinq ans de recherches minutieuses, une généalogie foisonnante qu'elle s'évertue à cartographier, une reconstitution historique menée avec brio : tout laisse attendre un roman historique classique. Mais La Carte des Menselssohn en est bien éloignée. Car Diane Meur, avec audace et fantaisie, nous fait entrer dans son antre d'écrivain, et montre comment sa vie à elle s'imbrique avec l'évolution de son projet littéraire. On sourit souvent à l'évocation de ses déboires, on a peur pour elle quand on comprend que ce titanesque "chantier Mendelssohn" manque la submerger, on réfléchit aussi, à sa suite, sur l'art du roman, sur l'histoire européenne et sur ce que c'est qu'appartenir à une famille.
Et finalement l'on comprend : ne sommes-nous pas tous des Mendelssohn ? »

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Coup de cœur d'Anouk Delcourt, librairie Point Virgule (Namur)


« Il y a sûrement des fois où l’écrivain doit se dire : "Mais qu’ai-je été faire dans cette galère ?", le choix du sujet d’un livre peut s’avérer plus "labyrinthique" qu’il n’y paraît. C’est sûrement ce qui a dû arriver à Diane Meur. Au départ, elle souhaitait écrire sur Abraham Mendelssohn, sa position généalogique entre deux illustres parents (Moses et Felix) la séduisait,  mais bientôt l’intérêt pour cette famille se décuple, son histoire est passionnante et semble embrasser l’histoire du monde au fil des siècles.
Le résultat est un drôle de mélange, une saga-documentaire où l’auteure met en scène, de manière parfois drôle, ses recherches obsessionnelles, de Moses : le père des pères, théologien humaniste et tolérant à Felix et Fanny, musiciens reconnus, en passant par une autre membre de la famille qui deviendra religieuse par dépit amoureux. Afin d’éviter bien des ennuis, de juive, cette famille deviendra luthérienne puis adoptera une autre religion. Ce qui nous frappe en tant que lecteur, c’est que pour cette recherche au long cours, Diane Meur semble vouloir qu’aucune information connue sur les Mendelssohn ne lui échappe ; on aime aussi les libertés stylistiques, les échappées de genre qu’elle se permet et surtout la richesse et la puissance de cette histoire familiale que Diane Meur rend passionnante. Pour ma part, j’en tire une conclusion : malgré la fascination évidente qu’elle peut exercer sur les hommes, de tout temps et pour toujours, la religion contraint, oblige et prive les individus de liberté. Alléluia !!! »
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Coup de cœur de la librairie Lune et l'autre (Saint-Étienne)


« Découvrant la vie d'Abraham Mendelssohn, l'auteur décide d'écrire l'histoire d'une famille. Cela se révèle une aventure tout à fait romanesque puisque de la descendance du premier Mendelssohn vont naître de nombreuses vocations touchant à la philosophie, à l'industrie ou à la musique. La narratrice s'implique dans cette biographie familiale et se met en scène à chaque rencontre, à chaque témoignage.
Découvrir Diane Meur, c'est plonger dans une géographie humaine ; il suffit de consulter l'index pour comprendre l'ampleur de sa recherche. Il ne nous reste qu'à la suivre dans cette intelligente chasse aux trésors. »

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Coup de cœur de Magali Tur, librairie Fontaine Luberon (Apt)


« Dans ce formidable roman-enquête, Diane Meur nous fait découvrir la famille Mendelssohn, qui compta nombre de personnages marquants, plus ou moins illustres ou excentriques. C'est un plaisir que de se perdre dans cette généalogie féconde, pour au final voir se dessiner, plus qu'une histoire de famille, deux siècles d'histoire de l'Europe et du monde, un monde métissé et tolérant. Un texte ambitieux, une belle réussite. »

Coup de cœur d'Arnaud Page, Fnac Angers


« Ahhh, Diane Meur…
Quel style, quelle imagination, quel plaisir de lecture !
La Carte des Mendelssohn vient de paraître chez Sabine Wespieser éditeur en même temps que Les Villes de la plaine sort en poche.
Joie et bonheur ! »

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Coup de cœur de la librairie Le Bal des ardents (Lyon Ier)


« En tentant d'établir le lien entre Moses Mendelssohn le philosophe et Felix Mendelssohn le compositeur et petit-fils de Moses, Diane Meur regroupe la descendance du philosophe sur une grande carte, enquête sur les membres de la famille, nous livre ses lectures, ses voyages, ses doutes les plus intimes et nous fait partager une histoire du monde et de ses métissages avec un sens de l'humour inégalé. »

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Coup de cœur de Jean-Philippe Pérou, librairie L'Usage du monde (Paris XVIIe)


« Les Mendelssohn : une famille illustre qui a compté parmi ses membres de grands hommes. Ainsi, Moses Mendelssohn le philosophe, ou encore son petit-fils Felix Mendelssohn le compositeur. Mais qu’en était-il d’Abraham, fils du premier et père du second ? Diane Meur, fascinée par la généalogie, n’a pu s’empêcher de faire des recherches sur cet oublié de l’histoire… Qui sont vite devenues obsession, à en croire l’élaboration de l’arbre familial, une immense carte, impossible à réaliser sur ordinateur, qu’elle étale sur sa table de salon. Y sont répertoriées, sous différentes couleurs, les religions de chacun.
Car l’histoire des Mendelssohn, c’est aussi celle du judaïsme, plus ou moins pratiqué par les descendants de Moses. Le philosophe du XVIIIe siècle, maîtrisant la Torah et le Talmud à onze ans, quitta Dessau à quatorze pour Berlin, où il défendit la liberté d’expression et de culte. Ses héritiers – il eut dix enfants ! – furent pour certains contraints d’adopter le protestantisme. Ses descendants sont aujourd’hui répertoriés sur presque tous les continents !
Avec cette enquête vertigineuse, l’auteure nous entraîne dans trois siècles de l’histoire allemande. Elle nous offre un roman ambitieux et d’une grande originalité qui conjugue érudition et fantaisie. »

« De génération en génération », coup de cœur des Libraires ensemble, catalogue de rentrée « Et s'il n'en restait que 100 ? »

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« Imaginez que vous puissiez entrer dans la tête d’un écrivain, traducteur de surcroît (de l’anglais et de l’allemand), profondément cultivé et passionné par les mouvements de l’Histoire et la construction des idées, et que – telle une petite souris glissée par effraction dans l’envers du décor – vous accompagniez sa démarche et son parcours dans la découverte d’un sujet de curiosité qui va finir par faire un roman.
Dans son cinquième roman publié aux éditions Sabine Wespieser, Diane Meur commence à Berlin, dans des archives, à fouiller la vie du compositeur Felix Mendelssohn, petit-fils du philosophe juif et humaniste Moses Mendelssohn. Entre les deux il y a l’un des fils de Moses (le patriarche eut au total dix enfants), Abraham le banquier, qui deviendra le père de Felix. Autour d’eux, à travers les filiations, mariages, naissances, migrations, des centaines de parcours qui finissent par former une symphonie puissante, celle de l’histoire même du monde. […]
La carte des Mendelssohn est un objet réel, fabriqué par l’auteur (qui nous explique d’ailleurs comment), une tentative de représenter physiquement tout ce que l’écrivain accumule, dépassant rapidement le simple arbre généalogique pour devenir un vertige géographique et historique, qui parcourt trois siècles d’histoire allemande et internationale. Mais ce roman dans lequel l’écrivain se met en scène et nous montre ses recherches, ses découvertes, ses étonnements, ses lectures, ses difficultés, tout le parcours d’une pensée en marche, est aussi un grand roman sur l’écriture elle-même et sur les racines de toute écriture. […] 
La Carte des Mendelssohn est à la fois le roman de l’enquête, dévoilant les sources utilisées et les problèmes rencontrés, et dans le même temps le roman de l’écriture du roman, en train se de se produire sous nos yeux.
Ce tour de force littéraire, nourri à la fois d’une exceptionnelle érudition et d’un sens du rythme et de la phrase, se dévore... comme un roman. Matériaux nobles et classiques, confortables, surpiqure apparente du tissu du roman et de la doublure de sa confection, innovant dans sa forme comme dans son propos, voilà le tailleur Chanel. Il sera sans doute beaucoup copié. »

Catalogue « Rentrée littéraire août-octobre 2015 », librairie Labyrinthes, Rambouillet

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« Sans aucun doute, un des romans les plus fascinants de la rentrée. Diane Meur, sorte de Sherlock Holmes germanophile, tente une biographie des Mendelssohn, en partant de Moses, philosophe des Lumières en passant par Felix, le compositeur et le plus célèbre d'entre eux. Les anonymes ne sont pas en reste et, avec une grande perspicacité, l'auteur tire un fil entre les 765 descendants de sa généalogie : de sa carte. C'est envoûtant, savamment enthousiaste. Malicieuse en diable, l'auteur chemine dans le labeur et le temps (300 ans), à travers les continents, avec le souci permanent de nous garder près d'elle, bras dessus, bras dessous. À mi-chemin entre Le Livre brisé et Le Dernier des Camondo, c'est un livre généreux, très réussi. »

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Coup de cœur d'Arnaud, librairie Dialogues (Brest), www.leslibraires.fr


« Comme nous aimerions la voir cette carte des Mendelssohn. On l’imagine gigantesque, une ogresse qui dévorerait tout sur son passage. C’est l’histoire de Moses et de toute sa descendance, c’est aussi l’histoire de Diane Meur qui cherche, découvre, apprivoise cette incroyable famille de philosophe, banquier et musicien. Ils sont juifs protestants, on les retrouve un peu partout en Europe. Le jeu de piste est épuisant et vertigineux.
La Carte des Mendelssohn est absolument formidable ! »

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Coup de cœur d'Anne-Lise Duchemin, librairie La Galerne (Le Havre), www.leslibraires.fr


« Avez-vous des recommandations pour la rentrée littéraire ?
Marion : Bien entendu ! Il s'agit du "roman" de Diane Meur chez Sabine Wespieser : La Carte de Mendelssohn. C'est en fait le journal d'écriture de l’auteur sur sa tentative de raconter la saga familiale des Mendelssohn. La famille commence avec Moses, philosophe juif, père d'une nombreuse lignée dont Abraham – père de Felix, le compositeur. C'est en s'intéressant au personnage d'Abraham, coincé entre deux génies, que Diane Meur débute ses recherches qui la mèneront sur plusieurs époques, à travers le monde entier. Un livre passionnant et, comme tous les romans de Diane Meur, plein d'humanité ! »

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Coup de cœur de Marion, Librairie du Parc / Actes Sud (Paris XIXe), lavillette.com


Lu et conseillé par : 
Marie-Aube Nimsgern, librairie La Carline (Forcalquier)
Emmanuelle George, libairie Gwalarn (Lannion)
Jean-Pierre Agasse, librairie Sauramps en Cévennes (Alès)
Maïté Hugueny, librairie Apostophe (Chaumont)
Delphine Bouillo, librairie M'Lire (Laval)
Frédérique Franco, librairie Le Goût des mots (Mortagne-au-Perche)
Emmanuelle Barbier-Maître, Librairie du Cours (Lyon)
Linda Pommereul, librairie Doucet (Le Mans)
Julie Uthurriborde, librairie Montmartre (Paris XVIIIe)
Philippe Soussan, librairie Les Vraies Richesses (Juvisy-sur-Orge)
Valérie Barbe, librairie Au Brouillon de culture (Caen)
Agathe Guillaume, librairie Millepages (Vincennes)
Valérie Diot, librairie À l'Eure des livres (Bernay)
Hugo Latreille, Librairie Nouvelles (Asnières-sur-Seine)
Stéphanie Fontaine, librairie Furet du Nord (Lille)
Lydie Baillie, librairie Aux lettres de mon moulin (Nîmes)
Florence Reyre, librairie Gibert Joseph (Paris)
Sylvie Vacher, librairie Masséna (Nice)
Marina Sauvage, librairie Quai des mots (Épinal) 

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Page des libraires et www.pagedeslibraires.fr, août-septembre 2015

 


Presse Web

La Carte des Mendelssohn, meilleur roman français de l'année selon le quotidien suédois Svenska Dagbladet.

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Kristoffer Leandoer, Svenska Dagbladet, samedi 5 décembre 2015


« Dans la famille Mendelssohn, Diane Meur avait Moses, le grand-père juif philosophe allemand des Lumières, elle avait Felix, le petit-fils compositeur romantique, elle souhaitait donc écrire sur le chaînon manquant, fils du premier et père du second, Abraham Mendelssohn, banquier de son état. Mais quand elle a commencé à tirer les fils de la pelote mendelssohnienne, Diane Meur a vite compris qu’elle ne pouvait pas parler d’Abraham sans évoquer ses parents, ni ses quatre enfants, ni ses frères et sœurs, et qu’il fallait replacer tout ce petit monde dans son contexte spatio-temporel, parce que ceci expliquait cela, parce que les déterminismes familiaux, parce que le judaïsme, le luthéranisme, parce que, parce que… Et voici notre auteure, deux ans plus tard, des centaines de notes accumulées, un gigantesque "monstre" généalogique bricolé dans son salon qui recense une famille de 765 membres, morts et vivants ! Tout cela peut sembler effrayant : partie d’un protagoniste, elle se retrouve avec des centaines de personnages qui cognent à sa porte, envahissent ses nuits, revendiquent le droit de cité dans son roman et continuent de naître tous les jours ou presque aux quatre coins du monde ! Mais dans quel pétrin était-elle donc allée se fourrer, au risque de perdre son lecteur en route ?
Et pourtant, ce livre est passionnant de bout en bout ! D’abord parce La Carte des Mendelssohn n’est pas une suite fastidieuse de noms et de dates, mais l’histoire d’hommes et de femmes qui s’aiment, se détestent, coupent les ponts, se retrouvent, s’en vont parfois au bout du monde… bref, la vie ! Et surtout parce que la romancière délaisse la chronologie, préférant les brèches biographiques, ouvrant les tiroirs du secrétaire familial pour habiller de son imagination quelques élus, comme Fanny, musicienne talentueuse demeurée dans l’ombre de son frère, ou encore Arnold, véritable héros de roman d’aventures à la Dumas. Mais le plus étonnant, c’est que Diane Meur elle-même est entraînée dans ce tourbillon, devenant l’héroïne de son propre roman, obsessionnelle, tenace, parfois découragée mais toujours sauvée par son "humour-propre". C’est ainsi qu’un roman jumeau s’écrit à mesure que progresse la lecture, et l’on est autant happé par les personnages ressuscités que captivé par l’enquête de notre Ariane, ses trouvailles et ses rencontres avec les descendants des Mendelssohn. Nous prenant par la main, elle raconte avec une rare sensibilité les lieux de ses pérégrinations : Berlin mélancolique sous la neige de mars, les bibliothèques, les cimetières, les appartements de passage, son propre séjour où elle convie son éditrice et quelques amis à découvrir son grand œuvre, cette fameuse carte généalogique qu’elle a fabriquée avec du bristol, des ciseaux et de la colle, et qui fait partie intégrante de son travail.
Ce roman est un coup de cœur absolu, polymorphe, intelligent, émouvant et drôle. Diane Meur nous séduit par son originalité et nous fascine par son écriture vivante et mouvante. Elle a gagné son pari, accouché d’une famille entière, fabriqué une œuvre d’art et, à sauts et à gambades, nous a fait voyager dans une Europe déchirée par le pouvoir et les religions, mais délicatement cousue en surjet par les langues et les arts. »

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« Quelle famille ! », Aline Sirba, www.onlalu.com


« Un grand roman original, touffu, ludique, et aussi un impressionnant récit historique.
L’auteur mène une grande enquête sur différents personnages et, à partir de la vie d’Abraham Mendelssohn, jusqu’à 750 figures sont évoquées, depuis le dix-huitième siècle jusqu’au vingtième.
Une famille si importante que Diane décide de se lancer dans une carte généalogique pour se repérer dans ces fils qui se tissent et ses descendants si nombreux. […]
Ce roman raconte à la fois une quête, la trace de toutes ses vies présentes sur l’immense carte, et ce qui détermine la vie d’un être humain : ses origines, sa famille, son pays ? Une destinée conditionnée par ses facteurs ? Ou bien finalement, tout est possible ?
Du sérieux, de l’émotion et de l’originalité dans ce grand roman qui nous implique, nous lecteur, dans toutes les recherches. L’auteure elle-même se met en scène et nous explique son parcours, ses doutes, ses joies. Beaucoup d’humanité aussi dans cette grande histoire et de l’humour.
Bien difficile de commenter davantage un livre si dense et foisonnant. Si vous aimez les grandes histoires sur plusieurs siècles avec beaucoup de personnages, de l’humour et un style littéraire impeccable : c’est pour vous. »

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Blog Des pages et des îles, vendredi 18 septembre 2015


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« Macadam Buzz », coup de cœur de www.londonmacadam.com


« Diane Meur se prend de passion pour l’histoire de Moses Mendelssohn (1729-1789), philosophe surnommé le "Socrate allemand", et son petit-fils Felix Mendelssohn (1809-1847), le compositeur. L’auteur cherche d’abord à comprendre qui était l’homme entre les deux génies, le fils de Moses et père de Felix, et aimerait broder un roman biographique autour de ce personnage fascinant, Abraham, banquier de son état. Or, rapidement elle se rend compte qu’il existe déjà une biographie très complète de cet homme. Que faire ? Abandonner ? Non, Diane Meur va entreprendre, jusqu’à la folie parfois, de dresser une carte de la famille Mendelssohn. Alternant passages de roman historique, de fresque familiale, de journal de l’écrivain au travail, toujours en questionnement (les conversations avec son éditrice sont réjouissantes), Diane Meur communique avant tout une passion, une fièvre même, de la recherche et de la curiosité, qui se muera en hymne à la diversité des cultures, des religions, des esprits. Un livre ludique et passionnant. »

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« Coup de cœur de la rentrée littéraire de nos chroniqueurs : les conseils de Barz », addict-culture.com, lundi 7 septembre 2015


« Depuis que j’ai terminé La Carte des Mendelssohn, j’appréhende l’écriture de cet article… Comment rendre justice à ces 400 pages incroyables ? Comment rendre tout simplement l’admiration que j’ai pour Diane Meur (dont j’avais déjà adoré Les Vivants et les Ombres) qui a produit cet OLNI (objet littéraire non identifié) entre journal intime, journal de thèse, essai, roman ? Nourri de poèmes, d’extraits de correspondance, de journaux intimes, l’auteur a en effet écrit un texte atypique, très déstabilisant mais finalement passionnant. […]
Diane Meur ne construit pas son œuvre comme un austère essai, mais comme un texte vivant […].
Car au final ce roman est une expérience de lecture dont on ne sort pas indemne : si au départ j’ai eu du mal à y rentrer, ce qui est dû à l’afflux soudain de noms et de personnes dans une généalogie où je ne connaissais rien ; très vite je me suis prise au jeu, comme Diane, et j’ai eu plaisir à rebondir avec elle, à faire des allers-retours dans le temps, à attendre qu’elle évoque enfin tel ou tel personnage […].
Bien sûr, dès le début, ce texte m’a fait pensé à Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez où l’on se perd très rapidement dans les noms et prénoms des descendants des Buendia. Mais alors un Cent ans de solitude érudit, à peine romancé. […] Et pour moi, Diane Meur soutient la comparaison par ce projet qu’elle mène avec une violente passion intellectuelle (sans jamais perdre son humour, ni sa belle plume), qu’elle transmet à son lecteur. […] Et en me disant ça je me rends compte qu’en refermant ce roman, j’ai perdu des gens que je connais bien, presque des amis. »

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Le blog des livres qui rêvent, Miss Bouquinaix, mercredi 2 septembre 2015


« Diane Meur sait que le passé est une corne d'abondance, une source inépuisable d'histoires pour l'écrivain qui sait chercher. Dans La Carte des Mendelssohn, elle s'attaque à un sujet énorme : explorer la très nombreuse descendance de Mendelssohn. Non pas de Felix, le compositeur célèbre, mais de son grand-père Moses, homme remarquable, philosophe apôtre de la tolérance, surnommé le "Voltaire allemand". Moses l'intéresse à cause de tout ce qu'elle sait de lui, et son fils Abraham (père de Felix), au contraire, à cause du peu que l'on sait, qui lui permet d'imaginer. On est là dans un balancement éternel entre l'Histoire (les sources sont nombreuses) et la fiction, et l'auteure aurait pu se contenter de dérouler, avec toute son intelligence et sa verve, multipliant les anecdotes, les personnages pittoresques et attachants — à savoir, outre les susnommés, l'écrivain Chamisso inventeur de Peter Schlemiel, l'homme qui a perdu son ombre, Fanny sœur de Felix, excellente compositrice auquel le brillant frangin fit de l'ombre, et tant d'autres —, dans une sorte de grouillement vertigineux, avec un fil conducteur tout de même : la filiation, l'identité et la perte de celle-ci. Moses était juif, donc traité comme un paria, et ses descendants ont peu à peu renié le judaïsme, gagnant le respect et perdant leur ombre comme Schlemiel.
Mais ce n'est pas tout : Diane Meur a compris en cours de route qu'elle ne devait pas seulement écrire le "roman des Mendelssohn", mais aussi le roman vécu de [sa] recherche sur les Mendelssohn. L'écriture de ce livre, en effet, est une aventure, qu'il eût été dommage de ne pas partager. Dans un livre d'histoire, l'historien n'est-il pas, qu'il l'admette ou non, l'un des personnages principaux ?
J'étais en train de me perdre dans ce dédale, de me perdre absolument : non pas comme l'aventurier qui ne trouve plus son chemin et désespère de ressortir un jour à l'air libre, mais comme celui qui a bel et bien oublié l'air libre, en vient à penser que sa vie est là, dans ces sombres boyaux et, au lieu d'avancer en se tenant toujours au mur de droite, pose son barda par terre, éclaire la paroi peinte, et s'absorbe bienheureusement dans l'étude des pigments.
À cela près que ce livre où l'auteur s'enferme et nous enferme est en même temps on ne peut plus ouvert : ce dédoublement du récit l'élargit, accroît le vertige, car, écrit l'auteure, l'histoire d'une famille ne m'intéresse que si elle devient l'histoire du monde.
J'ai dit naguère ici même tout le bien que je pensais de Raptus et des Villes de la plaine, deux des précédents romans de Diane Meur ; celui-ci les dépasse encore. »

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Blog de Michel Volkovitch, « Brèves », n° 144, septembre 2015


« Diane Meur, qui nous avait enchantée avec Les Vivants et les Ombres, entreprend ici de dessiner La Carte des Mendelssohn. Que sont devenus les descendants du philosophe Moses Mendelssohn (1729-1786) et de son petit-fils, le musicien Felix (1809-1847) ? Où se sont-ils éparpillés ? Un livre ambitieux qui esquisse à sa façon une histoire récente de l'Europe et l'Allemagne.
L'idée de départ est celle d'un projet fou, tout à la fois généalogique, dynastique et géographique. Dans La Carte des Mendelssohn, Diane Meur cherche à retrouver la trace des quelque deux cents descendants du philosophe Moses Mendelssohn (1729-1786), dispersés de l’Italie au Canada et des États-Unis au Japon.
Commençons par le point de départ : que sait-on de Moses Mendelssohn ? Infirme – il était bossu –, il grandit dans le ghetto juif de Dessau en Prusse. Cet enfant prodige, qui maîtrise à 11 ans la Torah et le Talmud, quitte à 14 ans son village natal pour rejoindre Berlin, ce philosophe contemporain de Voltaire, parfois qualifié de Socrate allemand, prône un judaïsme ouvert et a pour amis les esprits les plus brillants du Berlin d'alors.
Parmi ses fils figure le futur banquier Abraham dont deux enfants furent musiciens : Fanny et surtout Felix. Ce jeune compositeur plus précoce que Mozart, note la narratrice, devient un chef d'orchestre adulé que la reine Victoria reçut en audience privée pour lui interpréter, tremblante, trois de ses propre lieder.
Voilà pour les plus connus, dont ne se contente pas la romancière, qui interroge chaque ramification, chaque branche oubliée. Sur 450 pages, elle décline la dynastie, s'attarde sur les personnages les plus frappants ou les plus insolites, cherche à élucider les mystères familiaux – pourquoi le prénom étrange d'Enole revient-il dans cette famille ? Dans ce roman hanté par l'histoire tourmentée du XIXe et du XXe siècle, on croise bien des célébrités, dont un Wagner jaloux de la gloire de Félix Mendelssohn ou encore, au détour d'une rue de Berlin, le convoi funèbre de la révolutionnaire allemande Rosa Luxembourg, assassinée en 1919.
Si seuls quelques métiers (médecin, banquier…) étaient autorisés aux juifs dans le Berlin du XVIIIe siècle, l'éventail s'élargit pour les descendants, dont une partie s'est d'ailleurs convertie au catholicisme ou au protestantisme. Pendant la Seconde guerre mondiale, les descendants de Moses Mendelssohn connaîtront tous les destins : les uns exilés pour fuir les lois nazies, d'autres mourant à Stalingrad sur le front russe, en soldats allemands.
Comment s'y retrouver, avec tous ces personnages ? L'écrivain raconte comment elle a dessiné la carte situant les membres de cette famille sur les cinq continents, ascendants et descendants reliés par dessus les mers par des traits, des pointillés, du fil à coudre. La carte a envahi sa table et sa vie, alors marquée par une rupture qu'elle évoque en creux.
D'où un roman fractal, qui conte à la fois les déboires de la narratrice, les aventures d'une dynastie et les soubresauts historiques. L'histoire d'une famille, note la romancière, ne m'intéresse que si elle devient l'histoire du monde, et c'est de plus en plus le cas.
Le roman se fait fleuve, pan d'histoire, cartographie, mais il est surtout l'histoire d'une quête quasi-proustienne. Quête d'une famille, quête de soi-même – la narratrice s'accroche, malgré ses doutes, ses échecs, les mystères qui persistent, à ce projet comme à un cap, à une boussole. Elle découvre que La Carte des Mendelssohn est aussi ce roman rêvé dont il lui faut faire le deuil, et auquel se substitue un récit hésitant, parfois lacunaire, où l'enquêtrice se sent bernée par des légendes bâties après coup.
Tour à tour chercheuse et conteuse, fouineuse et à l'occasion poète, Diane Meur signe un livre subtil sur les mythes, les secrets et les réécritures d'une histoire familiale, et sur le pouvoir de la littérature. »

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« La Carte des Mendelssohn de Diane Meur : roman-enquête sur une dynastie », Anne Brigaudeau, Culturebox - France TV Info, jeudi 27 août 2015


« Cartographie familiale : La Carte des Mendelssohn, de Diane Meur.
Dans la famille Mendelssohn, on connaît Moses, le philosophe, et Felix, le compositeur. Mais quid de l’homme né entre eux, fils du premier et père du second, que l’Histoire a laissé dans l’ombre ? En s’intéressant à Abraham Mendelssohn, Diane Meur ne se doutait pas qu’elle allait dérouler un arbre généalogique de plus en plus vaste, découvrant des ramifications insoupçonnées qui finissent par faire du roman des Mendelssohn le roman d’une enquête – infinie, comme la vie.
Sur le papier, l’un des livres les plus ambitieux de la rentrée française. »

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« À première vue : la rentrée Sabine Wespieser 2015 », blog Cannibales Lecteurs


« À chaque livre, Diane Meur surprend. C’est assurément le cas avec ce cinquième roman, dans lequel elle renouvelle profondément sa manière de faire. Comme pour les autres, il s’agit d’une histoire de filiation, de destins qui s’étendent par-delà les générations. […]
Plus qu’une histoire de la famille, le propos du livre est l’interrogation que l’auteure mène sur le processus de création de son roman, étroitement imbriqué à l’histoire même des Mendelssohn. On va suivre ainsi l’évocation du destin de chacun des descendants, en même temps que les étapes de la recherche de Diane Meur, ses lectures, ses rencontres, ses visites de lieux. À tel point que les temporalités de l’Histoire et de la vie de l’auteure ont parfois tendance à se confondre. […] Les nombreux fils tissés entre les deux composantes du roman, qui correspondent (pour dire rapidement) au savoir érudit et au savoir expérimenté, vécu, rendent ces deux temporalités et ces deux strates du récit indissolubles. Et l’effet de miroir est saisissant. […]
Une belle illustration de cette imbrication est l’image de la carte. Contrairement à ses livres antérieurs où dans ses fictions Diane Meur investissait un ou des lieux (l’archétype étant la maison de Les Vivants et les Ombres), il n’y a pas ici de lieu spécifique (le lien avec Berlin, qui avait motivé l’auteure, ne justifiant pas l’ensemble de la démarche). Elle entreprend alors la construction d’une carte généalogique complexe, prenant tous les aspects d’une carte géographique, planisphère où c’est le temps qui s’étale. […]
Dans sa structure, le roman répète cette situation qu’il décrit, proposant dans le dernier chapitre une belle réflexion sur la notion de conclusion, qui répond à la subtile interrogation du premier chapitre sur la notion de commencement.
Car où commence une histoire, si ce n’est quelque part dans le monde ? L’histoire d’une famille ne m’intéresse que si elle devient l’histoire du monde, et c’est de plus en plus le cas. Et c’est à la fois cette attention aux vies réelles de personnages tout aussi réels et le récit de la justesse de la quête personnelle de Diane Meur qui donnent sa densité au livre. […]
Et dans ce roman se faisant, Diane Meur implique largement le lecteur, s’adressant à lui, attendant de lui une certaine attention. Ce qui confère au texte un caractère joyeux et drôle. Qui voisine sans rupture de ton avec des moments émouvants, comme le récit de la visite à une très vieille dame, descendante de Moses.
Un livre qui surprend intelligemment le lecteur par l’intrication subtile de niveaux et qui réussit l’équilibre délicat entre le sérieux, l’émotion et l’humour. »

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« La carte et la trace : un coup de cœur du Carnet », Joseph Duhamel, Le Carnet et les Instants (revue des Lettres belges francophones), lundi 24 août 2015


Durant tout l’été, onlalu vous présentera chaque jour un roman, et vous donnera à lire son début.

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« C'est déjà la rentrée », www.onlalu.com


« Felix Mendelssohn, le chef d'orchestre, est le petit-fils de Moses Mendelssohn, le philosophe. Mais qui est l'homme entre les deux, le père du premier et le fils du second, qui sert de liaison entre ces deux grands personnages. C'est la question que s'est posée Diane Meur et d'où est parti ce roman.
Vous ne connaissez pas les Mendelssohn ? Pas d’inquiétude, moi non plus avant de lire cet ouvrage mais, grâce à l'auteur, vous allez les découvrir d'une façon exceptionnelle. Partant d'un homme que l'on a oublié, elle va dérouler leur arbre généalogique jusqu'à la 7e, voire la 8e génération après Moses. Une génération en vie et éparpillée dans toute l'Europe aujourd'hui.
Si le livre se nomme La Carte des Mendelssohn, ce n'est pas par hasard. Pour essayer de comprendre cette immense famille, Diane Meur a créé sur du bristol un arbre généalogique de la famille. […]
En septembre, dans toute les parutions de la rentrée littéraire, prenez le temps de vous intéresser à ce titre, seul ouvrage publié par Sabine Wespisier éditeur pour la littérature française (ce qui veut dire beaucoup de choses), prenez le temps de découvrir cette famille pas comme les autres. […] Ce livre risque d'être l'une des pépites de la rentrée. Je crois beaucoup en lui.
Un roman-monde sur une famille sans pareille dans l'histoire européenne, qui, deux siècles plus tard, laisse encore une trace forte de la culture mondiale. Un roman qui fait voyager, rêver et apprendre de nombreuses choses en même temps, une vraie réussite. »« Felix Mendelssohn, le chef d'orchestre, est le petit-fils de Moses Mendelssohn, le philosophe. Mais qui est l'homme entre les deux, le père du premier et le fils du second, qui sert de liaison entre ces deux grands personnages. C'est la question que s'est posée Diane Meur et d'où est parti ce roman.
Vous ne connaissez pas les Mendelssohn ? Pas d’inquiétude, moi non plus avant de lire cet ouvrage mais, grâce à l'auteur, vous allez les découvrir d'une façon exceptionnelle. Partant d'un homme que l'on a oublié, elle va dérouler leur arbre généalogique jusqu'à la 7e, voire la 8e génération après Moses. Une génération en vie et éparpillée dans toute l'Europe aujourd'hui.
Si le livre se nomme La Carte des Mendelssohn, ce n'est pas par hasard. Pour essayer de comprendre cette immense famille, Diane Meur a créé sur du bristol un arbre généalogique de la famille. […]
En septembre, dans toute les parutions de la rentrée littéraire, prenez le temps de vous intéresser à ce titre, seul ouvrage publié par Sabine Wespisier éditeur pour la littérature française (ce qui veut dire beaucoup de choses), prenez le temps de découvrir cette famille pas comme les autres. […] Ce livre risque d'être l'une des pépites de la rentrée. Je crois beaucoup en lui.
Un roman-monde sur une famille sans pareille dans l'histoire européenne, qui, deux siècles plus tard, laisse encore une trace forte de la culture mondiale. Un roman qui fait voyager, rêver et apprendre de nombreuses choses en même temps, une vraie réussite. »

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« C'est la marche de l'Histoire, petite fille, que tu viens de résumer là », blog The Ginger's reading, mardi 16 juin 2015



 

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