Rechercher Titre/Auteur :



ACCUEIL




NOUVEAUTÉS




À PARAÎTRE




TITRES GRAND FORMAT




SW POCHE




AUTEURS




ACTUALITÉS




REVUES DE PRESSE  




RENCONTRES




RIGHTS/ÉTRANGER,
POCHE, CLUB




LETTRE
D'INFORMATION




CONTACT



Revue de presse L'Homme-Tigre
Eka Kurniawan

 

Presse écrite

« Le soir où Margio assassina Anwar Sadat, Kyai Jahro était captivé par ses poissons dans leur bassin. La première phrase du roman d’Eka Kurniawan contient en germe tout ce que l’on va trouver dans L’Homme-Tigre. Un meurtre sauvage, de saisissants raccourcis, la présence somptueuse de la nature, et surtout un ton inimitable, engagé et détaché tout à la fois. Parce que, dit-il, il est habité, possédé même par un tigre, un tigre blanc dont la présence en lui se transmet de père en fils, Margio a tué – en sectionnant de ses dents la veine jugulaire – un notable nommé Anwar Sadat.
L’Homme-Tigre n’est pas un polar. On connaît dès le quatrième mot l’identité du meurtrier. Ce qui intéresse l’écrivain indonésien, c’est de toucher du doigt le mobile. De caresser le tigre… De faire plonger le lecteur dans le "désir de meurtre". Comment il germe, comment il grandit. Ses mécanismes intimes. Ceux qui sont inscrits en nous.
C’est là que le roman devient hypnotique. Dans cette fusion homme-animal féroce. Proie, instinct, pulsions, baiser mortel, morceaux de chair arrachés, chasse : c’est le côté volontairement primitif et brutal de la prose de Kurniawan, allié à la finesse des notations, à la poésie des images et aux odeurs, qui fait de cet Homme-Tigre un livre à part. Profondément troublant.
Nous sommes des animaux, c’est une évidence. Pourtant, on cherche en vain une autre lecture nous faisant à ce point "sentir" – éprouver dans nos fibres – cette présence du tigre en nous. Et l’on finit presque par s’étonner qu’à côté du tigre il y ait aussi de l’homme. »

« L'homme est un grand félin sur terre », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 13 novembre 2015

 

« C'est un conte de fées sur fond de mondialisation. Il était une fois un petit garçon nommé Eka Kurniawan. Eka avait grandi à Pangandaran, dans l’ouest de Java : une ville d’Indonésie qui, sur les cartes postales, a des allures de paradis pour touristes. Village de pêcheurs, longues plages de sable, forêt tropicale, calaos et fleurs géantes… Mais le petit Eka, lui, était élevé dans une famille pauvre. Son père vendait des tee-shirts pour quelques roupies sur les marchés. Et les occasions étaient rares, dans un pays durement touché par l’analphabétisme, de s’ouvrir aux mots et aux histoires. Jusqu’à ce que le père commence à rapporter à la maison des livres que les touristes laissaient derrière eux dans les chambres d’hôtel. C’est comme ça – et aussi grâce à l’ONG Taman Bacaan Pelangi ("le jardin des livres"), installée dans un "minuscule local d’un mètre carré" sur le chemin de son école – que le jeune Eka allait découvrir la littérature.
Il ne savait pas encore que, quelques décennies plus tard, en octobre 2015, l’Indonésie serait l’invitée d’honneur à la Foire du livre de Francfort. Que, dans les allées de la foire, chez les éditeurs, les agents, l’excitation serait de mise. Que l’on se chuchoterait, quoi ? Qu’on avait découvert "le" nouveau talent de la littérature indonésienne. "Le" successeur du grand Pramoedya Ananta Toer – écrivain dissident mort en 2006 et, souvent donné, de son vivant, comme un possible Prix Nobel. Et que cette trouvaille précieuse, ce serait lui. Le petit Eka. Le garçon qui déchiffrait du doigt les livres abandonnés par les touristes. […]
Kurniawan veut comprendre. En 1999, il frappe à la porte de Pramoedya Ananta Toer – dit "Pram" –, accusé d’appartenance au Parti communiste indonésien et détenu, de 1965 à 1979, au bagne de Buru, dans l’est de l’Indonésie. J’avais lu tous ses livres, dit-il. Notamment ceux écrits ou plutôt racontés en prison. Vous savez, au début, il n’avait pas de quoi rédiger, alors il racontait les histoires à ses co-détenus. À la fac, ses ouvrages étaient interdits, mais on se les échangeait sous le manteau. À Pram, il consacrera son mé-moire de fin d’études. Puis deviendra comme lui romancier. Et aussi journaliste et activiste.
D’un point de vue stylistique, pourtant, j’ai toujours pris soin de ne jamais l’imiter, souligne Kurniawan. C’est vrai. Si l’on en juge par cet Homme-Tigre, sa prose n’appartient qu’à lui. Ce n’est pas une formule. Les commentateurs anglo-saxons ont voulu voir dans la violence du roman quelque chose du trauma refoulé de l’histoire indonésienne. Ce n’est pas faux. Cette dimension métaphorique existe, confirme Kurniawan. Mais elle est loin d’être la seule. Ce qui m’intéressait ici était plus psychologique. Il y a, dans l’ouest de Java, un mythe qui renvoie à un empire très ancien. Un empire hindouiste qui aurait existé jadis, mais qui a disparu, balayé par un royaume islamique. Selon la mythologie, le roi, sa suite et ses soldats se seraient transformés en un tigre blanc. Blanc comme un cygne, mais cruel comme un chien féroce. Et qui surgit de façon incontrôlable, dans des circonstances positives ou négatives.[…] Mythe, folklore, possession… Vieilles croyances animistes javanaises… Un lecteur occidental verra peut-être là quelque chose de "naïf".
On aurait tort, pourtant, de s’en tenir à cette première impression. Car, à partir de là, Eka Kurniawan creuse et creuse toujours plus profond. Poussant très loin l’image du tigre. Cherchant à nous faire cerner non l’identité du coupable – on la connaît dès la première phrase –, mais ses mobiles premiers. Primitifs. C’est l’animal en nous qui l’intéresse. Comment Margio a pu décapiter Anwar Sadat avec ses dents, sciant sa veine jugulaire jusqu’à ce qu’apparaisse un instant la couleur ivoire de sa trachée. C’est l’explosion dans son cerveau qu’il décortique. Plus tard, Margio dira aux policiers qu’il y avait quelque chose en lui, quelque chose d’autre que ses entrailles qui mettait tout son corps en mouvement ou l’immobilisait, quelque chose qui s’était glissé hors de lui pour l’inciter à tuer Anwar Sadat.
Ce quelque chose, quel est-il ? demande Kurniawan tout au long du livre. Rage, sauvagerie, pulsion, désir… ne sont que des mots, abstraits. Qu’est-ce qui fait que, dix minutes avant de tuer, Margio, allongé dans l’herbe avec ses amis, faisait des paris sur des tourterelles ? Qu’est-ce qui fait que, dix minutes après les faits, il les avait retrouvés, toujours doux et poli, comme à son habitude ?
Il y a plusieurs façons de lire ce roman d’Eka Kurniawan. À l’échelle collective, celle de la banalité du mal (et de l’animal), le tigre blanc d’Indonésie n’est guère différent de la "bête immonde" que nous connaissons bien en Europe. Peut-on le chasser ? D’où vient-il ? Qu’est-ce qui l’affame ? Le repaît ? L’endort ? Le réveille ? Ces questions sont universelles.
Kurniawan les pose pourtant avec une force renouvelée. Je cherche à mélanger le mythe, l’horreur, le gothique et le sexuel, explique-t-il. Si tous ses livres ont cette originalité et cette puissance, il faudra le suivre de près. […] »

« Enfant des mythes », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 13 novembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« L’Homme-Tigre, deuxième roman de l’écrivain indonésien Eka Kurniawan et le premier traduit en France, fait partie des belles découvertes de la rentrée. Ne passez pas à côté de l’invitation au voyage offerte par ce petit bijou !
Ce que l’on aime (entre autres) chez Sabine Wespieser, c’est ce don pour dénicher des romans empreints d’un exotisme fort et qui savent toucher nos âmes d’Européens. Car après tout, on pourrait très bien ne pas se sentir concerné par cette histoire se déroulant au cœur d’un petit village indonésien. Et pourtant, malgré le choc des cultures, on se sent terriblement proche des personnages d’Eka Kurniawan. Le roman s’ouvre sur un meurtre commis par un jeune homme, Margio, qui avouera tout de suite son crime. Ce qui reste plus mystérieux, c’est pourquoi il est passé à l’acte, et comment : le vieil homme est quasiment décapité, comme s’il avait été attaqué par un tigre. Or, c’est justement ce que dira Margio : un tigre habite en lui. Depuis combien de temps cohabitent-ils ensemble ? Pour approcher la réponse, l’auteur choisit de nous en éloigner, et repart en arrière en nous racontant l’histoire de Margio, sa jeunesse, son enfance, les difficultés qui ont jalonné l’existence de la famille… On découvrira un père violent, peu aimant, une mère qui rêvait d’un véritable foyer, une petite sœur morte trop jeune, et puis, tout de même, on trouvera un peu d’amour. Le traducteur, Étienne Naveau, a su garder de nombreux mots et expressions indonésiens qui donnent à ce roman une véritable couleur et ajoutent à l’originalité de la construction. Eka Kurniawan nous rappelle avec brio que tout dénouement prend sa source dans les racines de l’Histoire, et que, bien souvent, du passé découlent les réponses du présent. Il y a de la fable et du conte dans ce roman, du terre à terre et du mystique, un mélange subtil et réussi entre une histoire qui vous berce, et une sauvagerie qui vous fascine… Méfiez-vous des félins qui dorment ! »

Voir l'article original

Hélène Reynaert, librairie Le Bateau Livre (Lille), Page des libraires, octobre 2015


« Ce roman indonésien est surprenant à bien des égards. D'abord parce qu'il plonge son lecteur dans une culture méconnue, riche d'une grande liberté d'imagination et d'un souci du plus petit détail. Ensuite parce que son ryhme lent, parfois même répétitif, ne provoque ni ennui ni agacement, au contraire… Il se présente comme un roman policier, mais sans aucun suspense puisque l'on sait dès la première page que c'est le jeune Margio qui a sauvagement assassiné Anwar Sadat, son voisin libidineux et père de la belle Maharani, dont Margio est secrètement amoureux. Mais il s'agit surtout d'un formidable roman psychologique qui s'attache à faire comprendre la lente évolution intérieure de l'assassin, tiraillé entre sa haine pour sa brute de père et son dépit honteux envers sa mère dépressive. Un tiraillement qu'il explique à sa manière en affirmant aux policiers venus l'arrêter qu'il est possédé depuis quelque temps par un tigre blanc. Un beau récit, magistralement construit, qui permet à Eka Kurniawan de faire découvrir ce qui fait le quotidien de son pays. »

Claire Lesegretain, La Croix, jeudi 24 septembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


Audio - Vidéo - TV

Malou Bernasconi reçoit Étienne Naveau, traducteur de L'Homme-Tigre d'Eka Kurniawan.
« Un roman surprenant issu d’une culture méconnue : la lente évolution d’un jeune homme vers le meurtre de son voisin, un polar sans suspense mais d’une sauvagerie fascinante ! »

Écouter l'émission

« Fréquence livres », Malou Bernasconi, Fréquence protestante, samedi 12 décembre 2015


Eka Kurniawan vous présente son ouvrage L'Homme-Tigre aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire automne 2015.
« En fait, en 2002, je voulais écrire un roman policier, mais, moi qui en lisais beaucoup, je voulais que celui-ci soit un peu différent des autres. L'identité du meurtrier et de la victime est révélée dans le premier paragraphe, donc ce qu'on cherche, c'est le mobile de l'assassin. En fin de compte, ce livre est non seulement un polar, mais aussi un roman psychologique qui retrace l'histoire d'une grande lignée, sur fond d'histoire sociale et politique, jusqu'à ce que nous soit révélé à la fin le mobile du meurtrier.
Le tigre provient d'un mythe indonésien de la province de Java Ouest. C'est un tigre blanc mythique qui protège les villageois et les habitants de la région. C'est un tigre traditionnel inventé à l'époque où la région était un royaume hindou. Aujourd'hui il n'y a bien sûr plus de royaume hindou, mais les habitants croient encore […] que ce tigre est une réincarnation du roi et de ses disciples visant à les protéger. […] Donc je me suis inspiré de ce mythe pour écrire mon livre. […] D'un côté, il y a cette créature mythologique du tigre blanc, mais de l'autre, il y a la volonté psychologique, voire carrément la vengeance d'un homme envers un autre. J'ai essayé de combiner le folklore traditionnel d'Indonésie avec une forme littéraire moderne. […]
En fait, ce roman est le deuxième que j'ai publié en Indonésie, même si c'est le premier publié en France. Mon véritable premier roman s'intitule Belle est sa blessure. […] J'ai concçu mon premier roman comme une histoire de fantôme. Puis c'est devenu un roman historique sur l'indonésie coloniale, jusqu'à la présidence de Soeharto. On y trouve de tout : une histoire d'amour, des arts martiaux… Bien que mes romans mettent tantôt en scène des fantômes ou des créatures mythiques, l'action est toujours ancrée dans une temporalité et un lieu réels, de sorte que la dimension historique est souvent d'une grande importance dans mes livres. »

Voir la vidéo

Librairie Mollat (Bordeaux) et Sabine Wespieser éditeur


Sabine Wespieser vous présente l'ouvrage d'Eka Kurniawan L'Homme-Tigre. Rentrée littéraire automne 2015 des éditions Sabine Wespieser.

Voir la vidéo

Librairie Mollat (Bordeaux) et Sabine Wespieser éditeur


Coup de cœur des libraires

Lu et conseillé par :
Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe)
Christophe Aimé, librairie M'Lire Anjou (Château-Gontier)
Manuel Hirbec, librairie La Buissonnière (Yvetot)
Laurence Quenard, librairie Garin (Chambéry)
Antoinette Brunier-Roméo, librairie Le Cadran lunaire (Mâcon)
Valérie Barbe, librairie Au brouillon de culture (Caen)
Véronique Bagarry, librairie Points communs (Villejuif)
Marie Godel, librairie Hartmann (Colmar)
Linda Pommereul, librairie Doucet (Le Mans)
Pascal Lionetti, librairie L'Écriture (Vaucresson)
Hélène Reynaert, librairie Le Bateau Livre (Lille)

Voir le site

Page des libraires, octobre 2015


« Quelle merveille !
Eka Kurniawan, en maître conteur, nous emmène avec lui dans ces intrigues patiemment façonnées et nous laisse glisser dans cette admirable spirale dont on sort avec nostalgie, étonné, émerveillé. C'est un coup de cœur ! »
« Magique. »

Coup de cœur de la librairie Passages (Lyon IIe)

Lire tout l'article au format PDF


« L'Homme-Tigre, une plongée au cœur de la société indonésienne, provinciale, avec la dureté des relations humaines et la situation des femmes, les difficultés de vivre et de s'épanouir, cette misère qui ne fait que rendre plus difficiles les relations entre les êtres, s'ajoutant au poids de la tradition, des croyances… Et pourtant, malgré la dureté, il faut vivre, survivre, et les personnages font preuve de débrouillardise. L'histoire est envoûtante par les couleurs, les senteurs… Eka Kurniawan nous offre quelques passages d'une grande sensualité. La vie pourrait triompher, le tigre pourrait rester dans sa forêt, mais il manque une chose essentielle avec un grand A…
Ce roman devrait en toucher plus d'un, et en plein cœur, car l'essence même de ce livre touche toutes les sociétés. Et la traduction est belle… »

Coup de cœur de Daniel Cuny, Librairie du Marché (Fontainebleau)


« Le roman s’ouvre sur le meurtre sauvage d’un homme âgé par un jeune homme, qui dit l’avoir attaqué car un tigre habite en lui. De fil en aiguille, l’auteur nous fait remonter le temps afin de nous permettre d’entrevoir les événements précurseurs qui ont menés au drame. On repart de chapitres en chapitres plus loin dans le passé, découvrant une famille que la pauvreté et la violence du père a brisée, et que nous suivons dans son quotidien. Jusqu’à ce que la boucle soit bouclée…
La construction est intéressante, cyclique, avec un va-et-vient permanent dans le temps qui, même s’il l’on se perd parfois un peu, garde son fil directeur de façon très solide. La façon de vivre de ces personnages, les coutumes et traditions de ce village sont très bien décrites, ce qui en fait un excellent roman empreint d’exotisme. »

Voir le site

Coup de cœur des librairies Initiales - Comme un roman (Paris IIIe) - Le Bateau Livre (Lille)


« L'Homme-Tigre nous est offert sur un plateau étincelant : un travail de traduction splendide et généreux, qui hurle son amour pour l'Indonésie, ses croyances, son histoire culturelle.
Chacune des pages de cette tragédie familiale fascine, essouffle, transport !
Sublime ! »

Voir le site

Coup de cœur d'Alison, librairie Comme un roman (Paris IIIe)


« Un roman qui nous plonge dans un village indonésien avec ses légendes et ses croyances animistes, au cœur d'une tragédie. Un jeune homme commet un crime terrible et l'auteur remonte le passé pour comprendre ce geste fou. Un tigre blanc le hanterait… Un sens de la narration réjouissant, une galerie de personnages pittoresques, de l'humour et des associations inédites d‘images. Gros coup de cœur. »

« Les avant-premières des libraires », Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe), Page des libraires, mardi 8 septembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« L'animal blessé.
Le jeune Margio est-il responsable du crime bestial de son voisin, l'élégant Anwar Sadat, ou n'est-ce pas plutôt le tigre qui est en lui le coupable ? Cette belle et dépaysante découverte romanesque nous plonge au cœur d'un petit village indonésien, à l'étonnante galerie de personnages, où se mêlent légendes et croyances animistes, vies familiales et conjugales, relations de voisinage.
Après un premier chapitre ébouriffant où l'humour narratif répond à un profond tragique, la réjouissante et belle narration d'Eka Kurniawan remonte le fil de la vie de Margio à la découverte du tigre blanc qui est en lui… »

Voir le site

Coup de cœur de Manuel Hirbec, librairie La Buissonnière (Yvetot)


« Coup de cœur littérature étrangère.
Le roman s'ouvre sur le meurtre sauvage d'un homme âgé par un jeune homme, qui dit l'avoir attaqué car un tigre habite en lui. De fil en aiguille, l'auteur nous fait remonter le temps afin de nous permettre d'entrevoir les événements précurseurs qui ont mené au drame. On repart de chapitres en chapitres plus loin dans le passé, découvrant une famille que la pauvreté et la violence du père ont brisée, et que nous suivons dans son quotidien. Jusqu'à ce que la boucle soit bouclée…
La construction est intéressante, cyclique, avec un va-et-vient permanent dans le temps qui, même s'il l'on se perd parfois un peu, garde son fil directeur de façon très solide. La façon de vivre de ces personnages, les coutumes et traditions de ce village sont très bien décrites, ce qui en fait un excellent roman empreint d'exotisme. »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Le Bateau Livre (Lille)


« La rentrée littéraire nous promet déjà quelques pépites.
L'Homme-Tigre (Sabine Wespieser éditeur) en fait partie.
L'auteur, Eka Kurniawan, est considéré comme un écrivain majeur en Indonésie‬.
Il dénoue les fils d'une tragédie qui va lier irrémédiablement la destinée de deux familles et provoquer le surgissement du tigre blanc… Un petit bijou !! »

Coup de cœur de Claudia Fleischner, librairie La Parenthèse (Strasbourg), samedi 4 juillet 2015


Presse Web

« Le lecteur, l’heureux lecteur (insistons !) de L’Homme-Tigre apprend dès la toute première phrase du roman que Margio a assassiné Anwar Sadat. Il lira (une demi-douzaine de pages de description calme et méticuleuse) comment Margio a tué (est-ce le mot approprié ?) sa victime. À la fin de ce premier chapitre, Margio expliquera calmement aux policiers que ce n’est pas lui qui a commis cet acte mais un tigre qui est dans son corps. Ce tigre était blanc comme un cygne, cruel comme un chien féroce. Il faut reconnaître à Margio… comment dire ? la bonne foi d’avoir annoncé avant l’assassinat que le tigre en lui avait envie de commettre un meurtre. Ceux qui l’on entendu dire cela à plusieurs reprises, copains ou voisins, au pire ont pensé qu’il manifestait là une haine bien compréhensible contre son père, homme très violent dans son foyer. Mais ce père (Extraordinaire réussite d’un personnage ; sans doute le meilleur du roman de ce point de vue. Un concentré de souffrance et de cruauté. Une agonie humainement grandiose), ce père donc est mort récemment et enterré ; c’est d’ailleurs ce qui a fait réapparaître Margio qui avait disparu du village sans laisser d’adresse. […]
Eka Kurniawan est un conteur minutieux et patient. D’entrée de jeu si l’on ose dire, tout le monde sait qui a tué qui et comment. Au reste, des policiers, du major Sadrah qui arrivent aussitôt sur les lieux, il ne sera plus question au-delà de ce premier chapitre. Toute la suite du roman concernera les temps et les faits antérieurs au meurtre. Un flash-back complexe mais limpide qui couvre plusieurs décennies et développe de nombreux autres personnages. Pourquoi Margio, garçon posé et raisonnable comparé aux autres jeunes du coin, tue-t-il soudain et d’une façon si primitive son voisin Anwar Sadat, homme doux, peintre raté dont le seul "défaut" est d’aimer beaucoup les femmes ? Qui est Anwar Sadat ? Et Margio lui-même ? Qui sont ceux qui les entourent ? Tout et tous seront présentés, exposés, décortiqués. Se dégagent peu à peu deux familles que rien ne rapproche si ce n’est le hasard du voisinage. Mais l’humain et ses actes ne sont jamais simples. De sorte que ce meurtre étonnant de barbarie n’est peut-être pas aussi inhumain qu’il en a l’aspect. Notre présentation grignote déjà le droit et le plaisir du lecteur de découvrir par lui-même. Arrêtons-nous donc ici. Redisons juste que L’Homme-Tigre est simplement une œuvre magnifique, et que la qualité de l’art narratif qui est déployé avec une maîtrise naturelle et paisible est rare. À la fin du roman, le lecteur se retrouve avec un puzzle soigneusement reconstitué. Un long et lent processus imprévisible qui conduit un jeune homme désœuvré jusqu’au meurtre d’un de ses voisins dans une localité mi-urbaine d’Indonésie. Magistral ! »

Voir l'article original

Theoh Ananissoh, www.lacauselitteraire.fr, vendredi 6 novembre 2015


« Sans doute un des plus étranges romans de cette rentrée littéraire. Rien que le titre…
Le roman commence comme un polar, avec un meurtre, celui d'Anwar Sadat, un notable local inoffensif. De plus l'on connaît le coupable, Margio. Interrogé par les autorités, celui-ci va juste répondre : Ce n'est pas moi, il y a un tigre dans mon corps.
Ce ne sont que les premières pages de ce roman foisonnant et parfois hypnotique qui entraîne le lecteur dans la culture indonésienne. […]
Eka Kurniawan, écrivain majeur en Indonésie, va nous faire partager le passé de Margio, le meurtrier. Un tel geste provenant souvent des profondeurs du passé. Un passé marqué par un passage de la campagne à la ville, par la mésentente entre ses parents, par un foyer devenu oppressant... Peu à peu, avec une grande subtilité, l'auteur nous fait découvrir la vie passée de Margio. En particulier son père, personnage assez repoussant. Une certaine tristesse se dégage de sa vie, une vie sous le signe de la violence conjugale vécue par ses parents.
Roman psychologique puissant, L'Homme-Tigre nous offre également une belle immersion dans les coutumes et la géographie indonésienne. Un roman se situant au carrefour de l'enquête, de l'analyse psychologique et du conte. Ce qui est assez rare. Un voyage souvent poétique et mystérieux, avec toujours en toile de fond, ce fameux tigre, déjà vu par le passé chez le grand-père de Margio. […] La colère couve parfois longtemps, puis elle surgit… comme un tigre blanc !
[…] Le lecteur ensuite se laisse subjuguer par la narration, par l'ambiance, par les personnages.
Eka Kurniawan, un nom à retenir, dans l'attente de son prochain roman. »

Voir l'article original

Le blog de Danactu-résistance, lundi 26 octobre 2015


« Tête chercheuse insatiable, Sabine Wespieser a déniché Eka Kurniawan par l’entremise d’un autre de ses auteurs, Tariq Ali. Elle a été séduite par la qualité d’écriture et "l’impeccable construction" de ce roman qui se lit comme un polar psychologique. Sa spécificité tient au fait que le meurtrier est connu dès la première page. Margio, un jeune homme réputé calme, a mordu sauvagement au cou Anwar Sadat, le laissant presque décapité. Quand on lui demande pourquoi il a tué cet homme, Margio explique que ce n’est pas lui mais un tigre blanc qu’il abrite à l’intérieur de lui depuis des années. Au-delà de son suspense et de ses qualités littéraires, ce livre est aussi une ouverture sur un pays et sa culture méconnue en France. Rencontre avec un écrivain modeste et non moins bourré de talents.[…]

N. S. – L’Homme-Tigre raconte l’histoire d’un jeune homme, Margio, arrêté pour un meurtre particulièrement atroce et sanguinaire. Ce récit s’inspire-t-il d’un fait réel ?
E. K. – Dans la mythologie indonésienne, le tigre est un peu différent de celui que j’ai mis en scène dans mon livre qui est blanc. En Indonésie, il existe en effet une croyance qui dit que les gens peuvent abriter en eux un tigre. La première fois que l’on m’en a parlé, j’étais étudiant. J’étais dans ma chambre et j’ai entendu un drôle de bruit dans celle de mon voisin, comme s’il se battait avec quelqu’un. Je suis allé toquer à sa porte et il m’a expliqué que c’était son tigre : il était sorti de lui et avait rugi. Il m’a dit cela naturellement, je n’ai pas contesté sa version.  
N. S. – Le tigre blanc à l’intérieur de Margio était celui de son grand-père. C’est à la fois un animal familier, protecteur, mais c’est aussi incontrôlable et dangereux. Est-ce une métaphore de la colère ?
E. K. – Le tigre est un symbole psychologique : il protège celui qui l’abrite et peut tuer les personnes qui mettent en danger son propriétaire. C’est le signe d’une colère qui explose. Dans le cas de Margio, son tigre blanc est à l’exact opposé du caractère du jeune homme.
N. S. – Certains lecteurs ont pu voir dans la colère du tigre, un message politique. Est-ce exact ?
E. K. – Chacun peut interpréter ce qu’il a envie de voir dans mon roman. Quand j’ai écrit ce roman, en 2004, Soeharto n’était plus au pouvoir depuis 1998. La colère du tigre peut être lue comme la révolte du peuple indonésien contre son dictateur même si ce n’était pas mon intention quand j’ai écrit mon roman. J’ai davantage voulu m’attacher à décrire le carcan familial et l’autoritarisme brutal du père de Margio. En ce sens,L’Homme-Tigre est un roman social et psychologique. […] »

Voir l'article original

« Être écrivain, c'est prendre des risques », propos recueillis par Nathalie Six, www.onlalucom


« Le soir où Margio assassina Anwar Sadat, Kyai Jahro était captivé par ses poissons dans leur bassin. C’est par cette phrase explicite et mystérieuse que s’ouvre le roman. Explicite parce qu’on sait d’entrée de jeu qu’un meurtre a été commis et qu’on connaît les noms de l’assassin et de la victime. Bien des policiers aimeraient avoir cette certitude pour s’éviter de fastidieuses et incertaines enquêtes. Mais, pour le lecteur, le mystère reste entier. Qui sont ces deux personnages et pourquoi le premier a-t-il tué le second ? C’est ce que nous révèle la suite du roman même si le pourquoi reste longtemps énigmatique.
La dernière phrase du premier chapitre, prononcée par Margio, ne va pas nous éclairer beaucoup plus. Ce n’est pas moi, dit ce dernier avec calme, en protestant de son innocence. Il y a un tigre dans mon corps. Ce n’est pas un mobile très convaincant mais on comprend qu’on est en Indonésie, plus précisément sur l’île de Java, dans un village où les légendes et les croyances sont aussi fortes que la réalité. Et celle de la transmission par héritage du tigre familial n’a pas échappé à Margio. […]
Les rapports père-fils sont rapidement placés sous le signe de la colère et de la violence.
Devenu adulte, Margio ne cesse de se retenir de tuer son père, quitte à s’en éloigner pour mieux résister à la tentation.
Mais c’est Anwar Sadat qu’il va assassiner et il est difficile d’en dire plus sur les raisons de ce meurtre sans trop dévoiler l’intrigue savamment construite par l’auteur qui, de chapitre en chapitre, remonte dans le passé des deux familles pour révéler les liens qui les unissent et dont la mort scellera le destin pour l’éternité comme dans une tragédie grecque.
L’Homme-Tigre nous emmène au cœur de l’Indonésie, au milieu des rizières, des cocoteraies et des plantations de cacaotiers, dans un village où la famille de Margio vit dans une maison  rafistolée. […]
Entre légendes et réalité sociale, ce roman alterne les pages sombres avec d’autres beaucoup plus lumineuses, la violence de Komar avec l’amour de Margio pour la jolie Maharani, et nous plonge dans un univers rural où l’on chasse le sanglier, non pour le manger puisque la religion l’interdit, mais pour le faire combattre contre les chiens et où l’on déménage dans une charrette tirée par des bœufs. Voilà un auteur à découvrir puisque ce roman est son premier traduit en français mais l’éditeur en annonce un autre à venir, beaucoup plus épais et foisonnant. À suivre… »

Voir l'article original

Blog Encres vagabondes, Serge Cabrol, jeudi 1er octobre 2015


Voir l'article original

« 15 romans de la rentrée qu'il serait dommage de laisser passer inaperçus », blog Ça sent le book…, samedi 29 août 2015



 

© swediteur.com 2007