Rechercher Titre/Auteur :



ACCUEIL




NOUVEAUTÉS




À PARAÎTRE




TITRES GRAND FORMAT




SW POCHE




AUTEURS




ACTUALITÉS




REVUES DE PRESSE  




RENCONTRES




RIGHTS/ÉTRANGER,
POCHE, CLUB




LETTRE
D'INFORMATION




CONTACT



Revue de presse Une vie entière
Robert Seethaler

 

Presse écrite

« Andreas Egger, le héros d’Une vie entière, n’a vraiment pas de bol : il est mal né. Dans son enfance orpheline, il en a reçu, des torgnoles. Cela ne va pas mieux à l’âge adulte : il faut s’engager dans la Wehrmacht, survivre au pain sec et aux prisons soviétiques. Puis trimer le restant de sa vie, sans se plaindre, car ce serait une perte de temps et d’énergie, alors qu’il faut faire attention à mettre un pied devant l’autre sans trébucher. Dans les montagnes, l’horizon reste le plus souvent bouché par le sommet d’en face. Les événements surviennent avec un temps de retard. Mais la "peste nazie" arrivera quand même à changer la vie des habitants dans les corps de ferme les plus reculés. De 1933, année d’ascension hitlérienne, à la décennie seventies de la révolution téléphérique, l’écrivain viennois Robert Seethaler brosse le portrait d’un homme "sans qualités", dont le seul désir de vivre se mue en une leçon de noblesse. C’est bourru, beau, raide et mutique. Egger, élevé dans une culture où l’on ne pose pas de questions, n’a jamais demandé à connaître sa date de naissance. Peu importe d’où l’on part, il faut "élever le regard" et tenter d’aller le plus loin possible. Il se confronte à la souffrance, à la joie, au manque, à la perte et à l’amour. Jusqu’à la fin, il supporte beaucoup de choses, mais n’est un poids que pour lui-même. La mort est souvent là, tapie sous la pureté des neiges. Elle surgit lors des avalanches. Ou quand le cœur d’un veau ne bat qu’une fois à sa naissance. Le manteau blanc recouvre alors de son silence les cris de désespoir des âmes alpines, rendues groggy par le schnaps, le patriarcat paysan et l’austérité des préceptes du catholicisme. Robert Seethaler est né en 1966. Aujourd’hui, il habite "en plaine", à Berlin. Mais il a joliment documenté sa description de la survie dans les hauteurs inhospitalières, ainsi que l’avènement soudain de la modernité et du tourisme. Avant de devenir, avec un premier livre paru en 2006, l’un des écrivains les plus suivis de la prolifique littérature autrichienne, il a été un acteur reconnu, notamment dans des séries télé très populaires. Dans cette expérience, il a sans doute puisé la force visuelle qui distingue ses romans. Elle donne un éclat original à sa langue, assez sobre et à la poésie très travaillée. L’œuvre qu’il construit se situe à une distance respectable du roman de terroir autrichien, qui a longtemps entretenu le romantique et idyllique mensonge d’une osmose entre l’homme et le paysage. En cela, elle s’inscrit dans la veine contemporaine viennoise d’un art sans complaisance esthétique, au service exclusif de la seule vérité nue. »

Voir l'article original

« Une vie entière à prendre de la hauteur », Blaise Gauquelin, Libération, jeudi 10 décembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« Cet écrivain autrichien, découvert avec son très beau roman Le Tabac Tresniek, s'impose à nouveau avec son deuxième livre, traduit en France grâce à son éditrice à l'instinct infaillible. […] Un décor âpre sert de toile de fond au court roman (166 pages) de Robert Seethaler que l'on dévore. L'écrivain a l'art de rendre ses personnages attachants et le destin de son héros, un cœur simple, est inoubliable. Un conseil : offrez-vous ce petit bijou et ne le gardez pas pour vous. »

« Notre livre préféré », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 29 novembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« Il n’a pas (encore) défrayé la chronique. Il n’a pas eu de prix. Pourtant Une vie entière, sorti en octobre, est un des plus jolis livres étrangers de cette rentrée littéraire. Signé de l’écrivain autrichien Robert Seethaler, également acteur et scénariste vivant à ­Berlin, il nous transporte sur les cimes d’une lointaine région alpine au siècle ­dernier (le vingtième…). En à peine plus de cent cinquante pages, on épouse la vie simple et rude d’Andreas Egger, montagnard costaud mais boiteux, qui ne quittera son village que huit années durant, pour combattre les Russes aux côtés de la Wehrmacht dans le Caucase.
Nonobstant cette parenthèse guerrière quasi somnambule, la vie d’Egger se résume à des souvenirs d’enfance douloureux (lorsque, orphelin, il est recueilli dans une ferme et que, battu par son père d’adoption, il a la jambe brisée) ; à des heures de labeur harassant (des travaux des champs à la construction d’un téléphérique), à une histoire d’amour tragique mais intense ; à la solitude de l’âge mur, rythmée par ses activités de guide.
Robert Seethaler nous offre à la fois un roman rural à l’ancienne, une chronique sociale presque ethnologique et une fable existentielle. Son héros ne se sent vraiment lui-même qu’à l’abri de ses montagnes. Il aime les aubes froides et enneigées, les couchers de soleil sublimes. Mais il ne mythifie pas pour autant la mère nature. Il sait combien elle est capricieuse… et qu’elle peut prodiguer autant de bienfaits que de fléaux – c’est une avalanche qui lui a ravi sa femme. Mais dans ces hauteurs, comme elle paraît loin et floue la grande Histoire… et comme apparaît petit le destin d’un homme, de son arrivée dans la vallée jusqu’à son départ vers l’au-delà, dans les bras de la "Femme froide" – la Camarde portant vêtements d’hiver.
Andreas Egger n’est pas un intellectuel, mais il a l’âme d’un poète. Le cadeau flamboyant qu’il offre à son amoureuse pour la demander en mariage est plus beau qu’une rivière de diamants. Et l’on vibre avec lui lorsqu’il s’étend sur le sol, et qu’il sent la montagne respirer sous son corps endolori. Roman élégant mais économe, presque taiseux dans sa concision, Une vie entière semble écrit dans l’encre bleu foncé des torrents. Ce livre simple et juste enchante et nous élève, il nous fait sentir enfant du ciel et de la terre.
Si la poésie peut redonner un peu de sens au monde… On en a bien besoin. »

Voir l'article original

« L'ivresse des cimes », Philippe Chevilley, Les Échos, lundi 23 novembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« L'histoire du XXe siècle contée par un homme brisé mais sans haine. Un roman vif et piquant.
Il suffit de fermer les yeux pour voir les alpages et les chalets de montagne autrichiens : grâce à la littérature, au cinéma et à l'imagerie populaire, le décor d'Une vie entière, le deuxième roman de Robert Seethaler traduit en français, est un paysage choisi que chacun connaît. S'y promener en rêve est un enchantement.
Dans les pas d'Andreas Egger, le héros au destin contrarié de Robert Seethaler, la randonnée dans les hauteurs est plus belle encore. Une vie entière, qui se lit d'une traite et avec envoûtement, est une façon de courte histoire du XXe siècle. Cent cinquante pages intenses et lumineuses suffisent à son auteur pour la faire défiler en toile de fond de son récit bucolique : la Première Guerre mondiale, le nazisme, la guerre germano-soviétique de 1941-1945, la paix, le stalinisme, l'avènement dans les alpages d'une société de consommation et de loisirs, avec téléphériques et remonte-pentes…
Entré dans le monde à la rencontre de deux siècles comme au confluent de deux fleuves, Andreas Egger assiste, du haut de sa montagne, au défilé d'un siècle voué aux idéologies meurtrières, à l'acier lourd, au béton armé et au carnage industriel. Mais Andreas est un cœur simple comme les aimait Flaubert. Il fait l'Histoire, en participant à de grands travaux dans les montagnes autrichiennes et en combattant sur le front de l'Est au sein de la Wehrmacht, mais il ne sait pas l'Histoire qu'il fait…
Comme les Compson dans Le Bruit et la Fureur, il endure. Le rapprochement avec William Faulkner s'arrête là. En quête d'émotions rares et de sentiments merveilleux, Robert Seethaler n'écrit pas avec l'encre noire de la mélancolie. S'il fallait une image pour évoquer son travail d'écrivain, la comparaison avec les artistes montagnards qui sculptent la neige et la glace avec une infinie délicatesse conviendrait mieux.
Son Andreas Egger est un drôle de bonhomme de neige dans son genre. Écrasé par le destin, cet orphelin recueilli dans une ferme par un oncle brutal trouve le moyen de s'ouvrir un sentier vers le bonheur.
Une des grâces du roman est l'évocation de son amour pour Marie, son épouse tuée par une avalanche peu de temps après leur mariage, sans avoir eu le temps de lui donner un enfant. Le cœur brisé, Andreas a un doute sur la responsabilité des entreprises de travaux qui abusent des pouvoirs de la fée TNT dans les montagnes. Mais cet homme est sans haine. L'amour seul occupe son cœur troué par de secrètes injustices.
Bien des années plus tard, dans la neige et la boue du front russe, c'est à son amour envolé qu'Andreas écrit une lettre pour la rassurer en lui jurant que tout va bien… Et à la fin de sa vie, dans les années 1970, Marie, morte quatre décennies plus tôt, est toujours là. Il repensait souvent à Marie. À ce qui avait été et ce qui aurait pu être. Mais c'étaient de brèves et fugitives pensées qui passaient aussi vite que les volutes des nuées d'orage devant sa fenêtre.
Un livre vif et piquant, habité par une paix qui plaît. »

Voir l'article original

« Un héros au cœur simple », Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire, jeudi 5 novembre 2015

 

Lire tout l'article au format PDF


« Le destin acharné d'un homme, celui d'Andreas Egger, conté d'une plume pleine de poésie.
Le premier roman traduit en France de Robert Seethaler, Le Tabac Tresniek, imposait déjà la manière tout en finesse de l'écrivain autrichien. Lequel se révèle aujourd'hui plus impressionnant encore dans ce petit chef-d'œuvre qu'est Une vie entière.
À nouveau, Seethaler choisit de ne jamais hausser le ton, d'affûter la pointe sèche qu'il utilise pour dessiner au mieux l'existence d'un cœur simple incroyablement incarné. Le lecteur découvre Andreas Egger un jour de février 1933. Infirme mais fort, le boiteux âgé de 29 ans gagne sa paye comme homme à tout faire ou comme garçon de ferme. […]
Andreas va continuer sa route, à son rythme et à celui des saisons. […]
On ne peut s'empêcher de penser à l'œuvre du grand écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz en dévorant Une vie entière. Un pur bijou dont le décor montagnard vous happe autant que le destin pas si minuscule du taiseux Andreas Egger. Sans effet, sans tambour ni trompette, Robert Seethaler a réussi là un grand livre sur l'intériorité, sur le silence et la solitude. Sur le rapport aux éléments, à la terre et à la neige. Une chose est certaine, le vibrant hommage de Seethaler, on ne l'oubliera pas. On le gardera à portée de main dans sa bibliothèque, on l'offrira autour de soi et on le relira. »

« Sur le chemin du silence », Alexandre Fillon, Lire, novembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« L'Autrichien Robert Seethaler traverse le XXe siècle pour raconter Andreas, qui ne quitta les Alpes que pour faire la guerre. Une épure.
Autant le dire tout de suite : ce livre est un ­petit bijou. En moins de 160 pages, Robert Seethaler redonne à la lecture ses plaisirs simples et ses grâces. Une vie entière commence par une scène insolite. Nous sommes en 1933, quelque part dans les Alpes autrichiennes. Andreas Egger ramène dans sa hotte le chevrier du village qu’il a trouvé presque inanimé dans sa cabane. La descente est difficile dans la neige profonde, mais Andreas n’a qu’une seule peur : que le chevrier vienne à mourir littéralement dans son dos. Il lui parle sans savoir s’il l’entend, l’adjurant de rester en vie, lorsque soudain il trébuche et tombe. Profitant de cet incident, le chevrier, qu’Andreas croyait à deux doigts du trépas, se dégage d’un coup de la hotte renversée et, après un bref instant d’hésitation, part en courant dans la montagne où il disparaît. Ils se reverront – presque un demi-siècle plus tard.
Andreas Egger est un bâtard, confié très tôt à un couple de paysans peu après la mort de sa mère aux mœurs légères. Ne sachant pas exactement la date de sa naissance, le maire du village décide de la situer le 15 août 1898. Dès qu’il est en âge de travailler, il est exploité, battu à la moindre incartade : un plat renversé, un bafouillement pendant la prière du soir… Pendant toutes ces années passées à la ferme, il demeura l’étranger, celui qu’on tolérait, le bâtard d’une belle-sœur châtiée par Dieu, qui devait la clémence du fermier au seul contenu d’un portefeuille de cuir pendu à son cou. En réalité, on ne le considérait pas comme un enfant. Un jour, un coup à peine plus fort que les autres lui casse le fémur. La blessure est mal soignée par un rebouteux. Andreas boitera toute sa vie. C’est cette vie que Robert Seethaler (né en 1966 à Vienne) retrace sous forme de chronique avec parfois des anticipations et des retours en arrière, mais sans jamais perdre de vue l’axe narratif qu’il a choisi et qui se reflète dans l’ambitieuse limpidité du ­titre. Une histoire épurée et merveilleusement racontée, dont l’atmosphère rappelle celle des récits d’Hermann Lenz (1913-1998), qui souvent met en scène des gens simples dont la simplicité même crée un rapport d’attachement et une impression de clarification du monde.
La vie d’Andreas se confond avec celle du village où il grandit, après s’être enfui de chez le paysan qui le battait. Ne sachant où aller, il travaille comme journalier, loue un coin de terre dans la montagne avant de se faire engager par la compagnie qui construit le premier téléphérique de la région et qui, du même coup, amène l’électricité jusqu’au fond de la vallée. Travailleur, taiseux, habile en dépit de sa boiterie, Andreas découvre même l’amour et épouse la serveuse du village. Les semaines et les mois qui suivirent l’inauguration de la station supérieure furent la période la plus heureuse de sa vie. Mais la montagne n’a pas dit son dernier mot : une avalanche détruit sa maison, emportant la femme qu’il aime. De nouveau seul, accablé de tristesse, il décide de s’enrôler dans la Wehrmacht – qui refuse cet éclopé. Elle fait moins la fine bouche, trois ans plus tard, et le rappelle en 1942 pour l’envoyer sur le front de l’Est. Seul voyage de sa vie. Fait prisonnier après la victoire de l’Armée rouge, il ne revient qu’en 1951. Seethaler ne consacre que douze pages aux années de guerre, mais quelle intensité ! Si la concision est l’un des points forts de l’écrivain, la justesse mâtinée d’une douce ironie en est un autre. Et s’il se paie parfois le luxe de clore un paragraphe de façon brusque, c’est une brusquerie qui, reliant soudain deux éléments éloignés ou oubliés, ouvre comme un tour de clé, un nouvel horizon.
Seethaler accompagne son personnage jusqu’à la fin. D’après son extrait de naissance qui, selon lui, ne valait même pas l’encre de son tampon, Egger atteignit l’âge de 79 ans. Il avait tenu plus longtemps qu’il l’eût jamais cru possible et, somme toute, s’estimait satisfait. Il avait survécu à son enfance, à une avalanche et à la guerre. La mort arrive doucement. Il semblait d’ailleurs l’attendre, la désirer, comme la désirait le chevrier qu’il avait voulu sauver au début du livre et dont le corps raidi par le froid sera un jour retrouvé au fond d’une crevasse par des touristes dont l’affluence a transformé le village d’autrefois en une pimpante station de ski. Il ne s’était jamais trouvé dans l’embarras de croire en Dieu, et la mort ne lui faisait pas peur, écrit Seethaler. Loin de tout flamboiement, la concision d’Une vie entière a la force du vrai. »

« Un destin simple dans l'air limpide », Pierre Deshusses, Le Monde des livres, vendredi 9 octobre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« […] Ce handicap lui vaudra bien des moqueries dans l’enfance, et de se sentir régulièrement exclu des petites bandes… autant que de la marche du monde. Marc Didier, le libraire de la rue Stanislas, est plein d’empathie pour ce personnage dont il découvre l’existence dans Une vie entière, roman de Robert Seethaler. Également auteur du Tabac Tresniek dont, dans cette même rubrique l’été dernier, nous étaient aussi vantés les mérites. Seethaler a le chic pour se faire lever une arcade sourcilière, avec une économie de moyens stylistiques qui précisément en font tout l’intérêt. En Allemagne, les libraires lui ont décerné le prix de "Meilleur auteur de l’année".
Mais revenons à Andreas Egger, le jeune estropié citadin envoyé dans ces montagnes autrichiennes où il va donc passer… une vie entière (à quelques années près, comme on le verra plus tard). Les années 30 marquent le début du développement des sports d’hiver, il en sera une cheville ouvrière, comme employé dans une entreprise fabriquant des remontées mécaniques, où il se fait incontournable. Entre-temps, en 1933, il a eu l’occasion de sauver un berger pris dans une tempête de neige, qu’il met à l’abri dans une auberge où il rencontre Marie la serveuse. Au moins aussi timide que lui. On est peu causant chez les montagnards. Mais ils finissent par se rapprocher. Sa déclaration d’amour fait d’ailleurs l’objet d’une des plus belles scènes du livre. On vous laisse la découvrir…
Ne nous emballons pas toutefois pour l’heureuse fin romantique qu’on lui prévoit déjà. Oui, la jeune serveuse répondra… oui. Mais la félicité n’est pas faite pour notre personnage condamné au destin mineur…
Sur les années 30 passe l’Anschluss, puis tombe le couperet de la Seconde Guerre mondiale, Andreas est envoyé sur le front de l’Est. Sa maudite boiterie ne suffit pas à l’exempter. Il tient les nazis pour de parfaits cinglés mais se résigne tout de même. Il est homme à faire le dos rond face à la rigueur des événements de toute façon, un survivant coûte que coûte, sans trop se poser de questions, et malgré tous les obstacles que la vie a pu lui opposer. Modeste personnage, à l’humanité simple et criante, une humanité résistante en cela qu’elle plie sous les coups mais ne rompt pas. Presque une sorte de fable philosophique, en conclut Marc Didier. Avec une qualité d’écriture sans esbroufe aucune, qui nous conduit à suivre le personnage absolument jusqu’au bout. Pour une vie entière… »

Voir l'article original

« L'été, on est livre ! » Lysiane Ganousse, coup de cœur de Marc Didier, librairie Didier (Nancy), L'Est républicain, lundi 22 août 2016


« Année 1933. Andreas Egger, suite à une intuition, se rend chez Jean des Cornes et le trouve agonisant sur sa paillasse. Sur le chemin, en descendant le mourant au village, les deux hommes ont une discussion sur la mort, la disparition totale de toute vie, l’inexistence d’une autre vie au paradis. C’est effrayant pour les deux hommes, insupportable pour le moribond qui, pour ne pas subir ce funeste sort, se sauve et disparaît dans les montagnes. Andreas va requinquer son âme mortellement effrayée à l’auberge du village. Il y rencontre la serveuse, Marie. Un regard, un sourire ; Andreas sent confusément un sentiment inconnu l’envahir. Il désire profondément cette jeune fille et l’épouse. Pour pourvoir à leurs besoins, il se fait embaucher comme ouvrier dans un chantier de construction du premier téléphérique. Le progrès, qui apporte la lumière même la nuit chez les habitants de la vallée, modifie le paysage et l’équilibre de la nature, favorise les accidents. Une avalanche va recouvrir la maison du couple, tuer Marie et, avec elle, son rêve de bonheur. Les mois passent. La vie continue. 1942, la guerre arrive…
Que de raisons d’aimer ce livre ! Le personnage d’Andreas en est une. C’est un homme ordinaire qui, après les malheurs de son existence, continue à vivre, tout simplement, avec un toit, de quoi manger, la chaleur du soleil, la beauté de la montagne et les souvenirs du passé comme uniques compagnons. Il vieillit, en prend conscience, l’accepte avec sagesse, se félicite même d’avoir durer aussi longtemps. Ce que raconte entre autre ce merveilleux roman, c’est qu’on ne peut échapper à la mort. Elle fait partie de la vie. Andreas le sait, le crie à Jean des Cornes en fuite. La mort de Marie va rendre cette vérité encore plus cruelle. Certains passages du roman sont particulièrement touchants. Le récit de la rencontre avec Marie est un pur bonheur de lecture, tout en sobriété. Il montre la naissance du désir, la sensualité cachée, à peine perceptible. Pas besoin de mot, c’est inutile. Le corps dit tout, avec pudeur, du désir naissant. Les pages relatant la captivité d’Egger pendant la guerre ne disent elles aussi que l’essentiel : la vie, la mort, la beauté du monde et des souvenirs des êtres aimés. Enfin, il y a celles sur l’apparition de la Femme Froide. La mort, puisque c’est d’elle dont il s’agit, se manifeste à Andreas lorsque les souvenirs qu’il a de Marie s’imposent, et deviennent plus importants pour lui que la beauté de la nature qui jusqu’alors le rendait heureux. Alors, il se détache des choses terrestres, lâche prise et s’éteint.
La sobriété du style est un miroir de la vie d’Andreas : simple mais puissante. L’atmosphère poétique du roman est propice à la réflexion : des mots empreints de vérité, aucun superflu, tout en délicatesse, dans la précision, la simplicité. Avec un rythme comme une respiration régulière, apaisée, proche de l’essentiel,
Une vie entière est un de ces livres qui respire l’amour de la vie… Un livre qui vous bouleverse et vous marque profondément. »

Voir l'article original

« Un livre riche et bouleversant », Véronique Heurtin, Nouvelle Vie magazine, décembre 2015


« Dans les années 1930, un orphelin est confié à une famille de paysans, dans une vallée autrichienne promise à se métamorphoser avec l'engouement pour les sports d'hiver. En 150 pages, tout sera dit d'Andreas Egger. Son enfance malmenée, son amour perdu, son existence besogneuse – c'est un compliment –, sa solitude allégée par la contemplation des gouttes tremblotantes qui s'accrochent, tenaces, aux brins d'herbe. L'Allemagne a réservé une ovation à ce petit roman de Robert Seethaler d'une délicatesse infinie. Preuve que les lecteurs ont du discernement et qu'on peut les rallier avec un récit qui narre l'accélération du monde mais se tient à l'écart des modes. Alors que cette vie s'achève comme elle a été vécue, discrètement et vaillamment, on a l'impression d'avoir repris du souffle à l'air piquant des sommets. »

« Si c'est un homme », Jeanne de Ménibus, Le Figaro magazine, vendredi 13 novembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« Quel bonheur de découvrir un nouvel auteur et d’attendre avec impatience son prochain roman. Robert Seethaler, d’origine autrichienne, par ailleurs acteur et scénariste, a l’art de nous plonger dans des histoires aux personnages attachants. Il nous livre à nouveau un petit bijou littéraire.
Beaucoup d’entre nous avaient pris plaisir à la lecture du Tabac Tresniek, paru en octobre 2014. Le héros, le jeune et naïf Franz Huchel, débarquait à Vienne en 1937, en pleine montée du nazisme, pour travailler chez le vieux Tresniek, dont l’un des fidèles clients n’était rien moins que le grand psychanalyste Sigmund Freud. Sur fond historique plutôt tragique, nous faisions alors connaissance avec la belle plume de Robert Seethaler, qui avait imaginé l’amitié pleine de finesse et d’humour née entre Franz et Freud. Il y avait déjà beaucoup de courage chez les personnes croisées au sein de ce premier roman. Le nouveau héros d’Une vie entière n’en manque pas non plus. Nous sommes en 1902 dans un village de montagne autrichien. Andreas Egger, qui est âgé de 4 ou 5 ans (personne ne sait exactement), est confié au gros fermier Kranzstocker contre son gré. Ce dernier passe son temps à lui donner des raclées, jusqu’au jour où il lui brise un fémur. L’enfant, mal soigné, restera boiteux pour le restant de sa vie. Heureusement pour lui, il est fort physiquement et psychologiquement, ce qui lui permet de se soustraire à la tyrannie de l’horrible Kranzstocker et de se donner une ligne de conduite. Selon lui, un homme doit élever le regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible. C’est ce qu’il va tenter de faire toute sa vie. Embauché par l’entreprise Bittermann & Fils malgré son handicap, il participe à la construction des téléphériques qui ouvrent sa vallée à la venue des skieurs. Alors qu’il vient de secourir le chevrier Jean des Cornes, découvert en train de mourir sur son grabat, il rencontre Marie à l’auberge où il est venu se restaurer et se remettre de ses émotions. Il en tombe amoureux et lui déclare sa flamme d’une manière peu ordinaire – vous vous régalerez à coup sûr à la lecture de ce passage ! Notre héros, travailleur, honnête, va croiser la mort à bien des occasions. Parce qu’il est devenu un homme des montagnes, aguerri et expérimenté, on l’envoie en 1942 dans le Caucase mener une bien drôle de guerre. Il passe plus de huit ans en Russie : deux mois sur le front de l’Est, le reste à l’intérieur d’un camp de prisonniers perdu au cœur de la steppe. À son retour au village, il découvre une station de ski à la mode. Il lui faut tout reprendre à zéro : trouver un domicile, subvenir à ses besoins… Il devient alors guide de montagne, cette montagne qui aura façonné sa vie. Ce roman, qui peut faire penser aux Vies minuscules de Pierre Michon par certains côtés, est rempli de poésie. Merci à monsieur Seethaler pour son imagination fertile, la puissance d’évocation de ses descriptions, la pureté de son écriture – merci également à la traductrice Élisabeth Landes. Impossible de ne pas s’attacher à Egger, qui, bien qu’il n’ait pas une vie facile, fait preuve de beaucoup de philosophie et d’une grande humanité. Le récit de sa mort ressemble à sa vie entière. »

Voir l'article original

Isabelle Theillet, librairie Mots et Motions (Saint-Mandé), Page des libraires, octobre 2015


« Ils s'aimaient. Dans les Alpes autrichiennes ou dans une ville italienne. La vie et la mort firent leur affaire de ces cœurs purs. Robert Seethaler et Antonio Moresco nous emportent dans leurs récits déchirant de pudeur et de sensualité.
En février 1933, quelque part dans les Alpes autrichiennes. C’est à l’auberge du Chamois d’or qu’Andreas Egger vient requinquer son âme effrayée après avoir tenté, en vain, de sauver un chevrier de la mort. C’est là que Marie, la servante de l’auberge, va lui effleurer l’avant-bras d’un pli de son corsage… et cet effleurement sera la cause d’une petite douleur aiguë qui ne va plus cesser de grandir, irradiant tout le corps d’Andreas, avant de se fixer quelque part au niveau du cœur. La plus profonde douleur que cet homme ait jamais connue.
Pourtant, la souffrance, Andreas connaît. Toute son enfance, il a été battu comme plâtre par Kranzstocker, sa brute de tuteur (sa mère est morte alors qu’il n’avait que quatre ans). Coups qui ont même rendu le gamin boiteux après une correction particulièrement démentielle…
Pour ses dix-huit ans, Andreas, devenu un colosse à force de trimer comme un esclave pour Kranzstocker, a fini par lui tenir tête, et par fuir l’enfer. Depuis, il loue ses bras en toute saison et à toute occasion.
Quand il rencontre Marie, Andreas a trente-cinq ans. Pour la conquérir, pour lui prouver son sens des responsabilités, il se fait embaucher par l’entreprise qui construit, au nom du progrès, les premières remontées mécaniques. C’est grâce à ses collègues qu’il va, dans une scène d’une émotion absolue, littéralement déclarer sa flamme à Marie. Et bientôt ces deux-là vont s’aimer d’un amour aussi pur que l’air de leurs montagnes. Une montagne qui saura se montrer bien cruelle… »

Voir l'article original

« Merveilles : L'immense étonnement de l'amour », Jacques Lindecker, L'Alsace, lundi 5 octobre 2015

Lire tout l'article au format PDF


« Parlons chiffres. 120 000 exemplaires vendus, livre de l'année pour les libraires, la publication en Allemagne d'Une vie entière, le cinquième roman de Robert Seethaler, fut en 2014 l'un des événements littéraires outre-Rhin. Cela prouve, une nouvelle fois, que le succès repose toujours sur un malentendu, tant ce livre, comme son auteur – un comédien autrichien vivant à Berlin depuis vingt ans – semblent éloignés de toute tentation tumultueuse et de la clameur du monde. Ces clameurs, qui sont aussi celles de l'Histoire, arrivent assourdies aux oreilles du héros mélancolique et discret de ce roman qui ne l'est pas moins. Lorsqu'on le découvre, dans ses montagnes, aux premiers jours de 1933, Andreas Egger a 35 ans et porte sur ses épaules un chevrier blessé et toute la tristesse du monde. Orphelin, boiteux, il n'a d'autre horizon que Marie, la serveuse de l'auberge de son village. Bientôt, il y aura l'avenir de la vallée, les premiers téléphériques et puis la guerre, le front de l'Est, d'autres montagnes, des lendemains comme à marche forcée. Andreas traversera cela en sachant qu'il faut vivre ; avec ou contre son temps, qu'importe.
On doit la découverte en France de l'œuvre de Robert Seethaler à Sabine Wespieser, qui a publié l'an dernier Le Tabac Tresniek. Ce nouveau roman, magnifiquement épuré, faussement simple, devrait permettre de l'imposer définitivement comme l'un des grands "paysagistes du sentiment" d'aujourd'hui. On songe, à sa lecture, aux drames sourds d'Erri De Luca ou, plus encore, au merveilleux film de Freddi Murer, L'Âme-Sœur. Le tragique y est joliment tenu à distance. L'émotion, en revanche, est bien présente. »

« Avant-critique : Andreas, par monts et par vaux », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 18 septembre 2015

Lire tout l'article au format PDF


Audio - Vidéo - TV

« C'est le portrait d'un homme simple, d'un homme de peu, très humble, qui était orphelin, élevé dans une famille de bourreaux dont il était le souffre-douleur – d'ailleurs il en est resté boiteux – et qui en fait, dans la vie, se contente de ce qu'on lui offre ou de ce qu'il trouve. C'est un récit très court, Une vie entière sur 160 pages, donc c'est très ramassé, et c'est vraiment l'essentiel de sa vie : comment il va un jour partir parce qu'il est devenu un homme […], il va se faire journalier […], et surtout il va tomber amoureux d'une jeune fille qui s'appelle Marie. Et, comme c'est un homme qui […] est un peu gauche et qui ne sait pas comment lui dire qu'il l'aime, il va inventer un stratagème avec ses compagnons de travail, et lui faire une déclaration magnifique dans la montagne – rien que pour ça, le roman vaut la lecture.
En plus, il travaille dans la construction du téléphérique, et il a un rapport très charnel avec la montagne, avec la nature, qui est très bien raconté dans les détails de ce roman. Parce que, finalement, de lui, on ne sait pas vraiment son caractère, sauf qu'il est placide, et patriote aussi : il veut s'enrôler pendant la Deuxième Guerre mondiale. […] La guerre est racontée en 12 pages […], simplement, avec les mots justes, la précision absolue du texte, où le moindre adverbe compte.
Il va dérouler sa vie, c'est la vie de tout un chacun : on naït, on meurt, sauf qu'elle est racontée de façon merveilleuse, avec une simplicité désarmante, et cette acceptation de la vie comme elle vient. […]
Ce qui est tout à fait étonnant, c'est que le roman s'ouvre avec une première scène où Andreas porte un homme sur son dos, parce qu'il va mourir et qu'il veut l'amener au village […], ils s'arrêtent, il neige, il fait froid et, tout d'un coup, l'homme disparaît […]. Et dans la fin du roman, Jean des Cornes – qui est ce personnage qui ouvre le roman, un personnage un peu comme un farfadet […] – réapparaît parce que c'est la fin de la vie d'Andreas – ça a aussi un petit côté conte d'Hoffmann quelque part, avec un côté très mystérieux : la neige qui est là, il va mourir, il fait froid comme dans la scène d'ouverture ; ça fait comme une ellipse, une boucle… Et, vraiment, quand on le referme, on se dit qu'il faudrait qu'on le relise pour retrouver cette magie. »

Écouter l'émission

Coup de cœur de Valérie Ohanian, librairie Masséna (Nice), « Le Temps des libraires », Christophe Ono-Dit-Biot, France Culture, vendredi 18 décembre 2015


« C'est une tâche difficile de parler de ce livre et de dire aux auditeurs combien il est poignant, somptueux, et d'une fabuleuse évidence, car le récit tient en aussi peu de choses que la vie de l'homme dont il est question : un homme simple, une "âme simple", aurait dit Tolstoï. C'est la vie d'un homme qui a été poussé dans l'existence comme s'il devait d'emblée en être chassé. Orphelin à quatre ans, il est confié à un oncle brutal qui le traite comme une bête de somme et le brise à coups de canne – il en restera estropié. Et pourtant jamais cet enfant, jamais cet homme ne se plaint de son sort. Il avance, sans désir, sans regret, avec un contentement de ce qui est. Il est personne, comme dirait Pessoa. Et Robert Seethaler nous donne à entendre le son que fait une vie qui avance sans bruit. Cette chronique de la vie qui passe est traversée pourtant par tout le siècle, elle est magnifique, bouleversante.
Cela se passe en Autriche, d'où est originaire l'auteur, dans les montagnes que découvre, ébloui, stupéfait, l'orphelin, et qui vont lui révéler la beauté, son seul réconfort avec l'amour qui lui tombe dessus à trente-cinq ans. Effleurant la manche d'une fille de ferme comme lui dans une taverne, il connaît la plus forte émotion de sa vie, enfin la seule qui pénètre en lui – parce que des émotions, il en a connu, et de rudes : la guerre de 39-45 sous l'uniforme nazi, la relégation dans un camp soviétique pendant cinq ans, la faim, le froid, la solitude –, mais rien ne semble devoir atteindre cet homme, sauf la beauté fragile de la nature et de l'amour.
Ce pourrait être un roman assez sombre, si l'on se dit que c'est le roman d'une vie ratée, mais ce serait mal le lire, car, oui, cet homme a la vie la plus humble, la plus anonyme qui soit, arrimée à son travail de bucheron, d'ouvrier sur le chantier du téléphérique qui pénètre sa région – il assiste au changement de la vallée, à sa modernisation, mais sans y prendre part.
Il vit de peu de mots, de peu de nourriture, dort dans un abri qu'on lui cède ou un autre, refuse de dévier de sa route, par habitude, avec une sorte de sagesse animale. Il n'a besoin que d'une fenêtre, pour regarder plus haut que sa propre vie. Mais cette vie-là est entière, pleine, simple, et l'aura mené de la naissance à la mort avec une forme de plénitude. Et c'est ce que récite magistralement cet auteur salué dans le monde germanophone pour ce livre qui coule en nous, cristallin, comme une petite source de montagne.
Alors, évidemment, à glisser impérativement sous le sapin ! » 

Écouter l'émission

« Musiq3 », chronique littéraire de Sophie Creuz, RTBF, lundi 14 décembre 2015


Le coup de cœur de Version Femina : Anne Michelet nous emmène dans les Alpes autrichiennes avec Robert Seethaler, Une vie entière.
« C'est l'éditrice Sabine Wespieser qui nous avait permis de le découvrir l'année dernière avec le fameux Tabac Tresniek. Cette fois-ci, c'est un petit livre, 160 pages, mais je vous assure, un grand grand roman. C'est une histoire d'homme, de solitude, une histoire d'amour, et c'est vraiment magnifique. Une destinée pendant la guerre, celle d'Andreas. Le livre débute en 1933, et cet homme en 1942 va être envoyé sur le front de l'Est pour combattre. Il sera fait prisonnier dans un camp soviétique et reviendra chez lui en 1951 pour devenir guide de montagne. En attendant, son village aura été transformé, parce que ce sont les premières stations de sports d'hiver, de ski — et il aura d'ailleurs participé à la construction du premier téléphérique. C'est concis, épuré, et c'est d'une force rare. Une très très belle histoire de destin, de nature aussi, avec cet hiver très présent, prenant, dur, âpre. Un très beau roman. »

Écouter l'émission

« Europe week-end », 17'39'' à 19'00'', Patrick Roger et Anne Michelet, Europe 1, samedi 28 novembre 2015


Le coup de cœur d'Alix Mutte, librairie La Lison (Lille) :
« C'est l'histoire d'une vie très simple, mais en même temps merveilleusement riche. On suit Andreas sur une période totalement nouvelle, c'est-à-dire l'arrivée de l'électricité dans cette vallée un peu perdue et ce village, l'installation des téléphériques. Et puis il y a la guerre qui arrive, qui bouleverse aussi énormément de choses. C'est l'histoire de la mutation d'un monde et d'un homme qui reste totalement immuable face à tout ça.
Le titre, c'est Une vie entière, mais c'est en fait l'histoire d'un homme entier, et c'est très beau, ce mélange entre les bouleversements dans sa vie, et en même temps on a l'impression qu'il traverse tout ça avec énormément de philosophie et une prestance simple, posée et sage. »

Écouter l'émission

« Les livres ont la parole : le coup de cœur du libraire », 5'35'', Bernard Lehut, RTL, dimanche 22 novembre 2015


Chaque mois, Hélène Des Ligneris (librairie La Machine à Lire à Bordeaux) nous propose ses coups de cœur du moment, des lectures originales.
« Une vie entière de Robert Seethaler, c'est la vie d'un Autrichien, du début jusqu'à la fin, toute simple, qui découvre la modernisation, la guerre, et qui exprime ça avec énormément de beauté et de finesse. »

Voir la vidéo

« Le 12-13 en Aquitaine », « La chronique littéraire », Sandrine Papin, 2'16'', France 3 Aquitaine, vendredi 20 novembre 2015


Robert Seethaler lit en allemand les premières pages de son dernier livre, Une vie entière, avec Jacques Leenhardt pour la traduction française.

Écouter l'émission

« Les Bonnes Feuilles », France Culture, vendredi 6 novembre 2015


Robert Seethaler vous présente son ouvrage Une vie entière aux éditions Sabine Wespieser. Traduit de l'allemand (Autriche) par Élisabeth Landes. Rentrée littéraire automne 2015.
« C'est l'histoire d'Andreas Egger, un homme simple qui vit dans les montagnes. Le livre s'intitule Une vie entière. C'est cette vie qui va nous être racontée presque en entier ; ça commence à peu près quand il a quatre ans, personne ne sait exactement, et j'ai essayé de raconter cette vie en une suite de coups de projecteurs jusqu'à sa mort. Ce n'est pas très spectaculaire, mais c'est comme n'importe quelle vie. […]
L'intention que j'avais en écrivant ce livre était qu'il ne devait pas s'adresser à l'intellect du lecteur, mais toucher son cœur. […] Ce n'est pas possible de raconter véritablement une vie entière. On peut à la rigueur aligner l'un après l'autre des moments biographiques. Mais il s'agit avant tout de rendre compte d'une vie de façon intuitive, de choisir les bons moments, un peu comme un peintre – on ne peut pas peindre le monde dans son intégralité. […] Ce qui touche, c'est le regard en arrière : dans le regard rétrospectif, la vie se réduit. […] Dans le regard des personnes âgées, la vie se ratatine, et ces événements qui semblent si dramatiques, cet amour immense, eux aussi se ratatinent, les choses s'égalisent ; on regarde en arrière, et on ne voit que l'immense plaine de la vie. […] Les petits événements côtoient les grands. […]
Quand on m'interroge sur la genèse d'un de mes livres, en tout cas c'est comme ça pour moi, je ne parviens pas à l'identifier comme ça… Il n'y a pas d'origine, pas de source, ce qui supposerait que l'esprit s'épanche, mais j'ai au contraire le sentiment que les histoires fictionnelles, comme les histoires de vie, coulent d'une multiplicité de sources, comme un fleuve qui devient toujours plus large et trouve son énergie dans la multiplicité de ses sources. […]
Les montagnes sont là, et agitent leur toute-puissance, dans l'arrière-plan. J'ai toujours gardé dans mon cœur ce pressentiment de la majesté des montagnes. La montagne n'est pas seulement belle, elle est terrifiante. Sa beauté s'allie à l'effroi qu'elle provoque, pour produire sa puissante majesté.
Le secret, c'est qu'il n'y a pas de secret. Je n'essaie pas d'écrire de façon poétique. C'est juste que je vois des images. Comme dans un scénario, je vois la vie de cet Andreas défiler lentement devant mes yeux, et puis j'essaie d'écrire ces images de la manière la plus précise possible. C'est tout. »

Librairie Mollat (Bordeaux) et Sabine Wespieser éditeur


« Une vie entière : c'est magnifique, de facture très classique au niveau du style, de la littérature autrichienne. Comme chez Maupassant, on va suivre le personnage de sa tendre enfance à son décès. Ça se passe dans les montagnes autrichiennes – ça fait un peu Frison-Roche, parce que c'est aussi les prémices des téléphériques, leur construction. Il va rencontrer sa tendre épouse, Marie, et ils vont vivre reclus dans une petite forêt – ça fait un peu Regain à la Giono, une pastorale morose magnifique. C'est très beau, un livre passerelle à offrir à Noël. Vraiment tout simple, tout beau, vraiment magnifique ! »

Voir la vidéo

Chronique de David Goulois, Cultura (Chambray-les-Tours), de 11'44'' à 12'31'', « Tout sur un plateau », TV Tours, mercredi 28 octobre 2015


Sabine Wespieser vous présente l'ouvrage de Robert Seethaler Une vie entière. Parution le 1er octobre 2015 aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire automne 2015.
« Ce qui se passe dans ce livre, c'est la trajectoire rectiligne d'un enfant qui se construit lui-même et qui, tout seul, au contact de la nature, découvre les vraies valeurs de la vie. C'est un livre absolument merveilleux, qui se lit comme une parabole – un peu comme un livre de Erri de Luca, dans cette limpidité de la langue, et cette foi en l'homme qu'a Robert Seethaler, en disant, quelles que soient les origines et quelles que soient les difficultés d'une éducation, on peut s'en sortir. »

Voir la vidéo

Librairie Mollat (Bordeaux) et Sabine Wespieser éditeur


Coup de cœur des libraires

« Étoile humaine des neiges éternelles… Simplicité, pureté, humanité !!! »

Coup de cœur de la librairie Passages (Lyon IIe)

Lire tout l'article au format PDF


« Le portrait d'un homme simple et honnête, une vie entière qui défile sous nos yeux et nous charme à chaque page… »

Coup de cœur de Joachim Boitrelle, librairie La Procure Largeron (Reims)


« Une vie entière, c’est l’histoire d’un homme simple, avec ses tragédies et ses joies infimes. Andreas Egger, orphelin, recueilli à 4 ans par un oncle violent, mène une vie de labeur, grandit au contact de la terre, commence à travailler pour l’entreprise des téléphériques, rencontre Marie, l’amour de sa vie. Mais les choses peuvent-elles en rester là ? Andreas, sans jamais se plaindre, n’a que le choix d’avancer, tracer sa route, apprécier le peu qui lui est donné. C’est un portrait bouleversant d’un homme humble, débordant d’émotions et de délicatesse. »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie À livre ouvert (Bruxelles)


« Andreas Egger est confié enfant au fermier Kranstocker. Il passe son enfance à se faire battre jusqu’au jour où ce dernier lui brise un fémur. Il restera boiteux toute sa vie. Mais il garde pour principe de toujours regarder loin devant soi pour dépasser les épreuves de la vie. Étant fort, il est embauché par l’entreprise Bittermann & fils pour construire des téléphériques. Il rencontre Marie, qu’il épouse. Envoyé à la guerre dans le Caucase en 1942, il va passer huit ans dans un camp de prisonnier en Russie. De retour au village, la station de ski est à la mode. Il va devoir trouver un travail, une maison. C’est alors qu’il devient guide de montagnes.
Avec la pureté de son écriture, Robert Seethaler nous ravit à nouveau avec la destinée d’un homme qui a connu de nombreux coups durs, mais qui a toujours élevé son regard le plus loin possible pour surmonter les épreuves. Un petit bijou. »

Voir le site

Coup de cœur de Marie Nawrot, librairie 47° Nord (Mulhouse)


« On pourrait penser que 150 pages ne pourraient suffire à raconter la vie d’un homme. Dire une vie bien remplie, celle d’un humble parmi les humbles.
L’existence c’est du temps, et le temps est la matière de ce beau livre, construit, et c’est sa grande force, sur des ellipses.
Condensation et dilatation. Condensation des sentiments, de la présence au monde de Egger, le héros du roman, et dilatation quand sa vie s’inscrit dans un temps long, celui de l’histoire ou du progrès. Qui est cet Egger ? Un orphelin très jeune, recueilli par une brute qui le rendra boiteux, qui finira par trouver l’amour, survivra à une avalanche, sauvera un homme de la mort, fera la guerre sur le front russe, participera à la construction des premiers téléphériques, vieillira dignement et finira par mourir de sa belle mort.
Rien de plus simple mais rien de plus beau sous la plume de Robert Seethaler. On referme le livre avec le sentiment d’avoir vu défiler sous nos yeux – un peu comme on prétend voir défiler la sienne au moment du dernier instant – une vie bien remplie, celle d’un homme qui va droit par des chemins sinueux, mais n’est-ce pas le propre de toute vie ? »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Les Saisons (La Rochelle)


« Après la merveille qu’était Le Tabac Tresniek (son premier livre traduit en français), voici enfin le nouveau roman de Seethaler : l’histoire de ces hommes qui, n’ayant connu que l’isolement de leur montagne, se sont vus projetés dans le fracas du monde. C’est surtout la vie d’une âme sensible, cachée dans une carcasse de bûcheron. Un homme que l’existence a maltraité, tout au long du XXe siècle, mais qui ne garde au cœur, à la toute fin, que les moments de plénitude, les moments de grâce. »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Lucioles (Vienne)


« Le Tabac Tresniek parlait d'une jeune homme qui partait faire son éducation à Vienne dans les années 30. Dans Une Vie entière, le nouveau roman de Robert Seethaler, nous sommes toujours dans les années 30. Ici c'est un enfant qui va passer de la ville à la campagne pour y être adopté. C'est la vie, la trajectoire rectiligne de cet homme qui va traverser beaucoup d'obstacles, mais qui va rester toujours droit et mener sa vie jusqu'au bout – on le suit de son enfance jusqu'à sa mort. […]
Ce livre est en lice pour le prix Médicis étranger. C'est un bijou, une merveille que je recommande. »

Voir le site

Coup de cœur de Marie-Joseph Biziou, librairie La Procure (Paris VIe)


« Andreas Egger est un homme de la montagne, un taiseux. On le suit durant les grandes étapes de sa vie, son enfance difficile, ses débuts d’adulte et de travailleur, son mariage… S’il n’est pas de ceux qui savent dirent les choses, Egger les vit. Il est discret, proche de la nature et des éléments. Il mène une vie simple mais pleine, authentique. Une vie entière est un roman vibrant et poétique, d'une écriture sobre et limpide. Le portrait de cet homme nous ramène à l’essentiel et touche en plein cœur. Un livre de ceux qu'on n'oublie pas. »

Voir le site

Coup de cœur de Frédérique Franco, librairie Le Goût des mots (La Mortagne-au-Perche)


« Si peu de mots pour dire toute une vie ? Quand ce sont les mots justes, oui ! Ici ni trop ni pas assez pour raconter la vie d'un homme simple, la transformation d'un village de montagne, le passage de la grande histoire, et la fragilité de toute chose… L'ensemble est saisissant de vérité, un concentré d'émotions ! »

Voir le site

Coup de cœur de Sophie Garaoya, Nouvelle Librairie Sétoise (Sète)


« Oh ! La petite merveille venue d'Autriche ! »

Coup de cœur de la librairie Millepages (Vincennes)

Lire tout l'article au format PDF


« Un très bon texte, rude comme l'hiver et doux comme une plume.
Une histoire d'homme, de solitude, d'amour.
Un roman que je compare à Ramuz, La Grande Peur dans la montagne.
Magnifique ! »

Voir le site

Coup de cœur de Laurence Gilardi, librairie La Rose des vents (Dreux)


« Lu d'une traite cette nuit, Une vie entière possède la force tranquille de ces petits livres qui avec peu de pages, peu de mots, peu de vacarme, font des romans étonnamment grands. »

Coup de cœur d'Alice, Filigranes Corner (Bruxelles)


Lu et conseillé par : 
Margaux Hénin, librairie Passion Culture (Orléans)
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume (Limoges)
Véronique Marchand, librairie Le Failler (Rennes)
Laurence Quenard, librairie Garin (Chambéry)
Marie Godel, librairie Hartmann (Colmar)
Sandrine Maliver-Perrin, librairie Sauramps (Montpellier)
Marie-Aube Nimsgern, librairie La Carline (Forcalquier)
Michel Edo, librairie Lucioles (Vienne)
Chloé Dolain, Librairie Nouvelle (Orléans)

Voir le site

Page des libraires, octobre 2015


« Andreas Egger est un homme ordinaire qui a vécu sa vie entière dans un village austère des Alpes autrichiennes en acceptant le destin. Le tour de force de l'auteur, c'est de dire avec une économie de mots tout ce qui fait la vie d'un homme, avec ses joies et ses drames. La langue est délicate, poétique, et le texte est truffé de belles citations et métaphores. Cette histoire toute simple et émouvante est un bijou de sensibilité et d'humanité. »

Coup de cœur d'Arnaud Page, Fnac Angers


« Cette histoire courte, mais qui résume la vie d'Andreas Egger avec une grande simplicité d'écriture, est une pépite d'une grande force. L'histoire m'a touché. Les épreuves de la vie qu'il faut affronter, les blessures, le courage de dépasser les difficultés ou la mort de l'être aimé… et vivre encore… Et puis ce pas en avant ou de côté qu'on n'est plus en mesure de faire… C'est tout cela, la vie d'Andreas Egger. Tout simplement beau. »

Coup de cœur de Daniel Cuny, Librairie du Marché (Fontainebleau)


« Andreas Egger a 79 ans quand ses propres paroles planent devant lui avant d’éclater à la lueur de la lune et que la mort l’emporte. Ce boiteux qui s’est souvent considéré comme un épineux rabougri n’a pourtant pas à rougir de la vie qu’il a menée, tentant toujours de se redresser vers le soleil. Dans une langue sobre, tutoyant les chuchotements intimes, Robert Seethaler sait rendre toutes les nuances de l’âme humaine tourmentée par l’Histoire. Il livre un récit bruissant d’éclats de lumière et de nuit : les montagnes chantent, les canonnades s’épanouissent et les mots laissent une trace. Et, au milieu, un homme poète et philosophe, ordinaire et inoubliable. »

Coup de cœur de Nadège Badina, librairie Le Square (Grenoble)


« Allez, allez, plus que 1 mois et 13 jours et vous pourrez enfin vous délecter du dernier Robert Seethaler qui va sortir chez Sabine Wespieser ! En attendant, nous, on l'a déjà lu (ne soyez pas jaloux, hin, hin...) et on a (presque) plus que lui en tête… »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Le Bal des Ardents (Lyon Ier), mardi 18 août 2015


Presse Web

« Il est entré dans nos vies de lecteurs, l’an dernier, grâce à son Tabac Tresniek, qui racontait, à la veille de la guerre, l’improbable amitié entre un jeune homme descendu de la montagne pour travailler à Vienne et Sigmund Freud. Un récit original, sensible. On pourrait recourir aux mêmes qualificatifs pour Une vie entière, l’histoire sans fracas d’Andreas Egger, qui construit des téléphériques et vit pour Marie, la jeune serveuse de l’auberge villageoise. Dans ce cinquième roman (le deuxième traduit en français), il n’y a pas un mot de trop ; l’écrivain autrichien a à cœur d’aller au plus près de l’épure. Andreas Egger mène une existence apparemment bien terne, et pourtant, il nous embarque sur ses traces, nous séduit par sa modestie et les ressources insoupçonnées qui l’empêchent de s’effondrer lorsque le drame qui va faucher son bonheur tout neuf survient. "Je suis un mauvais architecte, je ne fais pas de plan", s’amuse Robert Seethaler. "Je voulais raconter l’histoire d’une personne qui subit une très grande perte, tenter de deviner ce qu’un humain était capable de supporter. Andreas Egger est quelqu’un de très pragmatique et c’est dans la montagne qu’il se trouve lui-même." Ceux qui apprécient l’écrivain suisse Ramuz, trouveront probablement un certain air de famille entre les deux auteurs. Dans l’atmosphère, dans le rapport entre l’homme et la nature qui, même si elle peut se montrer traîtresse, est aussi là pour consoler et apaiser. »

Voir l'article original

« La grande peur dans la montagne », Pascale Frey, www.onlalu.com


« Pourquoi l’histoire d’un homme qui vit de façon simple, jusqu’au dénuement, au cœur des Alpes autrichiennes des années 1930 aux années 1970 nous intéresserait-elle ?
Pourquoi une vie arrachée à l’humiliation, au deuil, à la guerre, à la déportation (dans les camps soviétiques), à la solitude nous fait-elle cet effet d’envoûtement et de vertige ? Pourquoi un livre dont la facture est classique nous toucherait, nous, lecteurs post-post-modernes ? Pourquoi un auteur né en 1966 écrit-il de cette façon, lumineuse, épurée, sans chercher à tout prix une forme nouvelle, qui emprunte à nos modes ou à nos recherches du moment ? Comment un livre de cent cinquante pages déploie-t-il le sentiment de l’infini ? Pourquoi prend-on conscience de l’humilité que représente une vie entière ?
Peut-être parce que le parcours d’Andreas Egger, si loin de nos modes de vie — du moins pour les lecteurs citadins, suractifs pour ne pas dire surexcités, car les autres se sentiront peut-être voisins de cet homme courageux et discret —, cette vie nous renvoie à ce que nous sommes derrière nos masques, notre sociabilité excessive, les jeux de nos ego pour survivre dans un monde de rivalités et de pouvoir ?
Que sommes-nous ? Des êtres de chair et de blessures, accrochés à la vie tant qu’elle ne nous déserte pas, des êtres en mal d’amour, plus impuissants que souverains.
J’ai ouvert Une vie entière et l’ai lu sans m’arrêter. Prise par la prose ordonnée, sobre et rigoureuse de Robert Seethaler.
Le titre m’avait attirée. Presque trop parfait, presque trop imposant. Si beau que le soupçon de prétention en était effacé.
Au commencement du livre, Andreas Egger secourt dans la nuit d’hiver un chevrier mal en point. Au gré d’une chute, l’homme s’échappe. C’est presque une apparition. Ce livre est hanté, hanté par la solitude, par la beauté sans complaisance de la montagne, par le simple fait de vivre et, au fond, de ne rien faire d’autre que cela. Vivre presque malgré soi. Que fait-on dans une vie entière ? Andreas Egger aime, travaille, marche. C’est rien et beaucoup. Fait-on davantage ? On croit faire davantage, on veut faire davantage. Et puis on lit ce livre et on se dit qu’on est une silhouette, pleine de joie et de lumière, rescapée au fil des années, une silhouette de passage.
C’est un livre exemplaire, qui ne délivre aucune leçon, mais qui, dans une langue ample, profonde, sans poses, sans pathos, attentive aux sensations, aux mouvements intérieurs que provoquent les émotions, raconte le cheminement de l’humanité en la personne de Andreas Egger.
L’époque est de toujours, la modernité y affleure mais ne change rien à l’intérieur des émotions. L’amour ne dure pas. Mais il est immense et Andreas Egger le connaîtra. Ce taiseux l’exprimera d’une façon sidérante.
Robert Seethaler a trouvé une image pour dire l’amour comme on en lit peu à travers les siècles.
Au fond, la vérité habite ce livre, et ce n’est pas fréquent.
Merci à la traductrice, Élisabeth Landes, qui nous la fait parvenir. »

Voir l'article original

« Robert Seethaler, l'éternité de passage », Claudine Galea, remue.net, mercredi 18 novembre 2015


« Après le très réussi Le Tabac Tresniek, Robert Seethaler nous est revenu lors de la dernière rentrée littéraire d’automne avec Une vie entière, un petit bijou littéraire étonnant de simplicité.
[…] L’auteur nous invite à suivre le court d’une existence d’un homme humble, Andreas Egger, dans les montagnes autrichiennes, de son enfance pas si tendre jusqu’à son dernier souffle. […]
L’auteur adopte le ton juste, chaque mot est à sa place, pas un de trop ne venant alourdir la narration classique, sobre et magnifique. La qualité de soin apporté par la traduction d’Élisabeth Landes est à saluer tant elle restitue la poésie et l’émotion à fleur de peau qui se lit entre les lignes, les bonheurs simples, mais les peines aussi, qui constituent le caractère de chacun d’entre nous au bout du compte. Il faut se laisser emporter par les descriptions de cette nature omniprésente et omnipotente. En filigrane, l’auteur nous interroge sur cette course au progrès, cette construction de ces lignes téléphériques qui va défigurer un écosystème immuable, n’est-elle pas le chant du cygne d’une époque où les hommes savaient écouter la nature et la préserver ? La montagne et la forêt sont dans ce roman des personnages à part entière magnifiés et personnifiés pourrait-on dire, par la belle écriture de notre auteur nous invitant à les contempler et à nous en imprégner tout simplement, à l’instar d’Andreas. »

Voir l'article original

David Goulois, www.addict-culture.com


« La vie peut-elle être désespérante ? Et dans ce cas, pourquoi s’accrocher à elle ? Ces questions trouvent des réponses dans le roman, saisissant, de Robert Seethaler, Une vie entière. […] »

Voir l'article original

Stéphane Bret, www.lacauselitteraire.fr, jeudi 15 octobre 2015



 

© swediteur.com 2007