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Revue de presse Ainadamar (La Fontaine aux larmes)
Serge Mestre

 

Presse écrite

« […] Ce roman, c'est un regard différent sur une page d'histoire de l'Espagne, celle des années 1920-30 et sa situation sociale, artistique et politique. Il y est question de royalistes, de républicains, de phalangistes, de syndicalisme ; on assiste à des corridas, on fait des incursions dans le Madrid de la fin du XIXe siècle, on savoure la nature bucolique de Grenade dans un été 36 plein de fusils et de violence ; on croise Dalí, Buñuel, Pablo Neruda… et même Jorge Semprún dans un aparté de l'auteur qui, considérant que le lecteur lambda aime se perdre dans les arcanes du récit, ouvre à l'occasion des parenthèses expliquant le cheminement de sa pensée. Avec érudition mais sans pédantisme, avec grâce et légèreté, Serge Mestre, par petites touches et multiples détails, pose les lieux, les faits, les personnages, et porte sur eux un regard bienveillant non dénué d'ironie.
Puissance évocatrice des mots, bouillonnement des sentiments et des émotions, poésie de la langue et rythme du récit : ce roman enlevé et poignant tient jusqu'au bout le lecteur sous son charme. »

« Un poète grenadin dans la tourmente de l'Histoire », Sophir Guinard, Luxemburger Wort, samedi 23 avril 2016

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« Pérégrinations, en compagnie de l'écrivain Serge Mestre, sur les traces du destin tragique du poète et dramaturge espagnol assassiné en Andalousie par les phalangistes.
Son souvenir hante l’Espagne, en particulier Grenade et sa région, ce coin d’Andalousie où il était né. L’aéroport porte son nom, comme le parc central de la ville, comme de nombreuses places un peu partout en Espagne… Serge Mestre, fils de républicain espagnol, a rencontré Federico García Lorca à 15 ans en se plongeant dans la lecture des poètes de la lutte et de la liberté. Éluard, Aragon et surtout Lorca lui ont donné envie d’écrire. Son dernier roman revisite à sa manière la vie du poète andalou, en forçant le trait sur des épisodes méconnus, décrivant un personnage engagé et joyeux. L’écrivain et traducteur l'a écrit sans se rendre sur les lieux. Découverte avec lui de la Grenade de Federico García Lorca. […] »

« Grenade : Federico García Lorca revisité », Frédérique Roussel, Libération, samedi 11 juin 2016

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« Federico García Lorca, le plus important poète et dramaturge espagnol du XXe siècle, fut assassiné par la garde franquiste en 1936. Serge Mestre n'a pas écrit une biographie, même si le titre de son très beau livre, Ainadamar, est celui du lieu, sur les hauteurs de Grenade l'andalouse, où le poète fut abattu avec trois autres hommes épris, comme lui, de liberté. L'auteur retrace ses sept dernières années, de la rupture du poète avec Salvador Dalí et Luis Buñuel, son voyage triomphal aux États-Unis et à Cuba, à son retour en Espagne pour défendre la cause républicaine. Avec son style foisonnant, il fait revivre García Lorca en proie aux démons de la création sans masquer ses crises dépresives, ses amours et ses amitiés si complexes. Serge Mestre, traducteur réputé, notamment de Jorge Semprun, alongtemps porté en lui ce sujet et il lui a fallu sept ans pour écrire ce livre. Le résultat brillant est à la hauteur de l'attente et offre une nouvelle vision d'un artiste passionné. »

« Actu Livres : Notre livre préféré », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 24 avril 2016

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« Serge Mestre conte les derniers jours du poète Federico García Lorca et les rêves de révolution espagnole.
Alors qu'il est habite depuis longtemps par son personnage, Serge Mestre n'avait jamais mis les pieds à Grenade où Federico García Lorca a été assassiné en 1936, mais il est hanté par la colline où il fut tué à Ainadamar, ce qui signifie en français "la fontaine aux larmes". Un nom prédestiné. Mais pas de plaque commémorative, pas de tombeau non plus, puisqu'il fut enterré dans une fosse commune, dont on ignore la localisation. "C'est un poète que j'ai découvert à l'école, se souvient Serge Mestre, et qui symbolise l'horreur que fut la guerre civile espagnole. Son histoire entre aussi en résonance avec celle de mon père, espagnol et républicain et qui fut obligé de fuir son pays." Traducteur, écrivain, Serge Mestre tournait autour de ce livre depuis plusieurs années : "Je voulais donner une autre image de Lorca que celle de l'homosexuel évaporé. Ce fut aussi un homme engagé, humaniste, et son assassinat est politique." Serge Mestre s'est imprégné des mots de Lorca pour "trouver une écriture qui soit digne de lui". Pari réussi. Il a également enrichi son histoire de personnages imaginaires et a voulu donner une sépulture digne de ce nom à cet homme éclectique, fou de musique (sa vocation), ami de Dalí et de Buñuel, et dont l'œuvre et le nom restèrent interdits en Espagne jusqu'à la mort de Franco. »

« Lorca retrouvé », Pascale Frey, Elle, vendredi 15 avril 2016

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« Juin 1929. À bord d'un paquebot, Federico García Lorca contemple l'Océan. C'est un homme meurtri qui s'apprête à quitter l'Andalousie pour l'Amérique. Il laisse derrière lui des souvenirs douloureux, des amitiés trahies, celles de Buñuel et de Dalí. À Harlem, il puise une nouvelle inspiration dans la musique des Noirs, ce "chant majeur". Après une tournée triomphale à Cuba, Federico rentre à Madrid, où la République est procalmée. Il fonde alors la Barraca, une troupe de théâtre itinérante. Le 18 août 1936, il est assassiné par des phalangistes à Ainadamar, la "fontaine aux larmes". Fervent hommage au poète, ce livre sur la liberté célèbre aussi la vague d'espoir qui souleva l'Espagne avant la dictature. »

Claire Julliard, L'Obs, jeudi 24 mars 2016

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« Ainadamar. La fontaine aux larmes. C’est là, au bord d’une route, dans un champ, qu’ont été abattus le poète Federico García Lorca et trois autres hommes qui avaient le tort de croire à la République et à la liberté de conscience. Ce n’est donc pas seulement le destin du poète que Serge Mestre a choisi de mettre en lumière – même s’il demeure la figure centrale du roman –, mais les trajectoires de ces hommes de conviction et de combat qui étaient prêts à en payer le prix. Dioscoro Galindo était instituteur, militant et artisan de l’émancipation de tous, grâce à l’accès à la connaissance. Francisco Galadí et Joaquín Arcollas étaient des banderilleros, héros des arènes et syndicalistes anarchistes. Ils furent réunis par le hasard pour leur dernier voyage. Avec eux, le célèbre poète et dramaturge, dont Serge Mestre retrace les sept dernières années, de sa rupture douloureuse avec Dali et Buñuel, à son retour en Espagne pour la grande aventure républicaine, en passant par son voyage aux États-Unis et son triomphe à Cuba. Grâce au foisonnement de détails et à un style riche et brillant, il fait revivre le poète dans sa complexité, entre dépression, exaltations, amours complexes, amitiés inaliénables et aléas de la création, animé par l’engagement politique qui le conduira jusqu’à ce matin d’août 1936 où il fait résonner quelques vers du Dormeur du val. »

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« Il est mort le poète », Marie Michaud, librairie Gibert Joseph (Poitiers), Page des libraires, avril 2016

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« Il a commencé par écrire des poèmes parce qu’il avait lu ceux des autres et notamment ceux de Federico García Lorca : "Cette poésie m’a parlé tout de suite." Serge Mestre est né et a grandi au pied de la Montagne noire à Castres. Il assume sans atermoiements l’héritage républicain de ses parents réfugiés politiques de la guerre civile espagnole et les souffrances de leur exil. Il est devenu un traducteur émérite […] et navigue désormais entre quatre langues : le castillan, le catalan, le galicien et le français. "Nous parlions espagnol à la maison, j’ai donc appris le français à l’école comme une langue étrangère."
[…] Quand il prend la plume pour son compte, c’est en français qu’il écrit mais c’est à l’Espagne qu’il revient. Son dernier livre paru ces jours-ci chez Sabine Wespieser Ainadamar, la fontaine aux larmes est l’hommage qu’il rend au poète assassiné et à ceux qui ont partagé ses derniers instants de vie. […] Leurs destins croisés incarnent l'itinéraire d'une Espagne qui rêvait de liberté, d'égalité et de fraternité. Le livre de Serge Mestre est un formidable hymne à la vie ; aux musiques du flamenco et du negro spirituals toutes deux issues des peuples opprimés, les gitans pour les premières, les noirs pour les deuxièmes. Leur inspiration plonge ses racines profondes dans les mêmes eaux amères. Après Les Plages du silence sur le thème des camps du littoral et La Lumière et l’Oubli sélectionné pour le Goncourt 2009 et qui évoque la cruauté de l’après guerre civile, Serge Mestre clôture son triptyque consacré à l’Espagne libertaire qu’il aime. […] "Je n'ai pas voulu écrire une biographie de Lorca […] mon livre est un roman, j'ai voulu rétablir certains faits, rappeler que la République était morte à la suite d'un coup d'état du dictateur, lequel nous a laissé une monarchie. J'ai voulu aussi réhabiliter l'image politique de Lorca, parler de son courage quand il lâchait tout pour partir sur les routes avec La Barraca pour alphabétiser les campagnes. Sa mort ordonnée par Queipo de Llano, il y aura 80 ans en août prochain, est un acte politique." »

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« Serge Mestre raconte les derniers jours de Federico García Lorca », Marie-Louise Roubaud, La Dépêche du Midi, dimanche 6 mars 2016

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« Avec Ainadamar, récit des dernières années de García Lorca, Serge Mestre redonne au poète la force de son engagement et celle de sa liberté.
Ils sont quatre. Deux banderilleros anarchistes, un instituteur qui croit un peu trop au progrès et un poète homosexuel, Federico García Lorca. Quatre rêveurs, quatre combattants, suppliciés et abattus au petit matin du 18 août 1936, quelque part sur les hauteurs de Grenade, en un lieu nommé "Ainadamar", la fontaine aux larmes.
Bien qu'il prétende avoir mis sept ans à l'écrire, la vérité c'est que Serge Mestre aura mis toute sa vie à "accoucher" d'Ainadamar. Ce fils de modestes républicains espagnols (son père, figure tutélaire, fut "résident" du camp d'Argelès…) installés à Castres a rencontré Lorca dès son adolescence. C'était 1968 et la découverte, avec Aragon et Éluard, du risque de sa liberté. […]
Trente ans après, Serge Mestre est considéré comme l'un de nos grands traducteurs. On lui doit la découverte de Manuel Rivas ou de César Aira, quelques-uns des plus beaux livres de Jorge Semprun ou la redécouverte de textes eseentiels de Lorca ou de Josep Pla. Il dit, et cela ne semble pas chez lui être une pose, que traduire est une école de l'humilité. Assurément, ce n'est pas la vertu dont cet homme discret, ami proche de Christian Thorel ou de Jean Échenoz, est le plus dépourvu. À tel point que, requis par son travail de traducteur et celui d'enseignant à l'IUFM de Paris, il arrêtera d'écrire pendant quinze ans.
Il faudra là aussi deux rencontres, celles d'Olivier Rubinstein, alors chargé de Denoël, et de Sabine Wespieser pour que la "machine romanesque" redémarre. Avec quel panache si l'on en juge par cet Ainadamar, fraternel et empathique, qui offre un Lorca politique et combattant, loin de la caricature gay dans laquelle on a trop souvent voulu enfermer ce Pasolini avant la lettre. En attendant la sortie de son livre, Serge Mestre est parti à Grenade, pour la première fois, sur les traces de son héros ; et pêcher en Méditerranée au large de Sète où il a en partie élu domicile. »

« Avant-portrait : Prendre les larmes », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 19 février 2016

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Audio - Vidéo - TV

« Ilana Moryoussef : Il y a au moins deux mystères au sujet de Lorca : on ne possède aucun enregistrement de sa voix et on ne sait pas exactement où il est enterré. Il a été exécuté par la milice phalangiste une nuit d’août 1936, vers Ainadamar, du côté de Grenade, mais on n’en sait pas plus. C’est sur les lieux de ce mystère que Serge Mestre, fils de réfugiés espagnols, nous a emmenés.
[…] Cette évocation romanesque des dernières années de Lorca, Serge Mestre la consacre aussi à ses compagnons d’infortune : l’instituteur et les deux militants anarchistes, assassinés en même temps que lui.
Serge Mestre : Avec les mots de la littérature, c’était une façon de rouvrir moi-même cette tombe […], c’est une façon de récupérer une histoire qui a été volée à beaucoup d’Espagnols, et de façon plus cruelle qu’à moi, puisque beaucoup […] ne savent pas très bien comment ont fini leurs grands-parents, comment ils ont été arrêtés, comment ils ont été assassinés. C’est la chose la plus cruelle, finalement.
I. M. : Ces destins sacrifiés, Serge Mestre les ramène à la vie dans des pages nourries de la poésie de Lorca et de l’insolence joyeuse de ceux qui ont cru un jour à l’espérance révolutionnaire. »

Écouter l'émission

« Journal de 18 h » (de 12'30'' à 14'12''), Ilana Moryoussef, France Inter, vendredi 4 mars 2016


Coup de cœur des libraires

Lu et conseillé par :
Caroline Sauvage, La Grande Librairie (Vichy)
Muriel Gallot, librairie L'Intranquille Plazza (Besançon)
Marie Michaud, librairie Gibert Joseph (Poitiers)
Marie Boisgontier, librairie M'Lire (Laval)
Betty Duval-Hubert, librairie La Buissonnière (Yvetot)
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume (Limoges)
Antoine Tracol, librairie Lucioles (Vienne)
Isabelle Verlingue, librairie Nicole Maruani (Paris XIIIe)

Voir le site

Page des libraires, avril 2016


Presse Web

« Serge Mestre n’avait pas l’ambition d’écrire une biographie de Federico García Lorca , non, son projet était bien plus original. En rendant justice aux trois autres assassinés par la garde franquiste la nuit du 17 août 1936, il peint l’Espagne du début des années 30, qui se permet un rêve et un espoir fous : devenir une république par la seule volonté de son peuple. […]
Pendant  cette époque trouble, à la fois pleine de crainte et d’espérance, nombreux sont ceux qui s’exilent ; García Lorca, lui, reste, fidèle à son Andalousie qu’il poursuit partout où il se trouve, à l’affût de ses couleurs, de ses parfums et de son chant. Car là réside le mystère de son œuvre, nourrie de la modernité des ailleurs et enracinée dans les traditions populaires du pays natal.
Les compagnons d’infortune de García Lorca auraient pu être des personnages de son théâtre, que l’amour de la liberté a conduit à la mort. Avec leur assassinat, c’est la parole solaire et terrienne de tout un peuple qui est muselée. Serge Mestre l’a ressuscitée : écoutez-la, elle court comme l’eau d’une source, ensanglantée mais intarissable et éternellement belle. »

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« C'est le poète qu'on assassine », Aline Sirba, www.onlalu.com, mardi 15 mars 2016


« Ouvrant la fosse où reposent, depuis un mois après le début de la guerre civile espagnole, les corps sommairement exécutés de ceux qui symbolisaient la haine du fascisme pour leur implication dans le renouveau républicain — celui de l’artiste (Federico Garcia Lorca), de l’enseignant (un instituteur public), de militants anarchistes (deux ouvriers, l’un plombier et l’autre agricole) — Serge Mestre remonte le temps et suit les sept dernières années de leurs courtes et dissemblables vies.
[...]
Ni historique, ni biographique, Ainadamar, La Fontaine aux larmes est un magnifique roman qui donne une chair aux événements, restituant une ambiance, des émotions, des couleurs. C’est un Chant profond de l’Andalousie et un bel hommage à Lorca. Miracle du rythme, prose inventive et joyeuse, sensuelle et poétique. Bouillonnement des sentiments, de la souffrance, du courage et de la rage, de l’amour déchirant, et de la mort… »

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Pascale Arguedas, blog « Calou, l'ivre de lecture »


« […]– Le récit des dernières années de la vie de ce grand écrivain [Lorca] révèle un caractère qui ensorcelait ses amis, son public, ses compagnons de la Barraca : quelle est selon vous la cause de cette impressionnante capacité d’attirer l’intérêt et les passions ?
Serge Mestre – Le Duende bien sûr ! Comme il le disait dans sa fameuse conférence donnée à Cuba Théorie et jeu du duende : "La véritable lutte est avec le duende", avant d’ajouter quelques lignes plus loin : "Pour chercher le duende, il n’y a ni route ni exercice. On sait juste qu’il brûle le sang […]."
Lorca était un être simple et complexe à la fois, comme tous les êtres simples et frais, il n’avait tout simplement pas de bornes et son œuvre comme sa vie est rythmée par la fraîcheur et la générosité, par la mort aussi, l’obsession qui le rongera sa vie entière : ne dit-il pas dans la même conférence, "le duende, il faut le réveiller dans les dernières chambres du sang" ?
Le duende niche là où la tension est sur le point de rompre, mais comme le roseau il plie, entre le vécu et la mort. Tout Lorca est un roseau qui avale le vent, la bourrasque et ne répète jamais sa ligne élancée, qui la multiplie, comme le duende, parce que "le duende ne se répète pas comme ne se répètent pas les formes de la mer dans la bourrasque", elles se multiplient a-t-on envie d’ajouter.
Il y a de quoi fasciner ses compagnons, non ?
– Un sujet qui découle du récit est la relation entre la culture et le politique : quel est votre point de vue à ce sujet ?
S.M. – Dire que sans culture, il est impossible d’accéder à la démocratie et à l’égalité des citoyens, c’est enfoncer les portes ouvertes, bien entendu. Mais mettre en œuvre l’accès à la culture, c’est une autre paire de manches où intervient forcément le politique, autrement dit, la politique des gouvernements et le politique que chacun porte en soi.
En cela Federico García Lorca et la compagnie de La Barraca ont fait preuve d’un engagement exemplaire en 1936, en Espagne, en trempant les mains dans le cambouis, comme on dit, et en parcourant les chemins de leurs pays pour faire venir la culture jusque dans les villages les plus éloignés, avec des pièces qui ébranlaient quelque peu les certitudes des habitants, mais ne comprenaient pas toujours l’intérêt de la démarche.
Et c’est parce que culture et éducation font bon ménage que la deuxième république avait troqué l’enseignement qui était réservé auparavant à l’Église pour celui des instituteurs de la République, qui se chargèrent en plus de leur travail quotidien d’animer les missions pédagogiques.
Culture et éducation, c’était un beau programme. Mieux que dictature et répression, non? […]
– Votre livre est-il un hommage à la mémoire des vaincus ?
S.M. – Absolument ! Ce qu’il y a eu de terrible en Espagne, qui en porte encore lourdement les séquelles et qui n’a jamais réglé ce problème, c’est que Franco ne s’est pas contenté de gagner la guerre civile en 1939, il a tenté d’effacer les vaincus de la mémoire collective du pays et, d’une certaine façon, il y est arrivé. Mais on ne peut pas impunément voler l’Histoire d’un individu : les générations qui viennent voudront savoir qui étaient leurs grands-parents, ils voudront connaître leurs aspirations, s’ils étaient vraiment les criminels que les franquistes décrivent, ils voudront tout simplement savoir d’où ils viennent et il ne manque pas de corps et de mémoire à déterrer en Espagne. […] »

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Interview de Serge Mestre, New Spanish Books


« Serge Mestre, comme les "anatifes" ou autres "cirripèdes" dégustés dans son roman qui ont pour particularité de se développer accrochés à leur support, étoffe inlassablement de l’intérieur sa proximité avec les événements de la guerre d’Espagne depuis ses précédents romans (La Lumière et l’Oubli ou Les Plages du silence) ; ce fils de républicain réfugié dans le Sud-Ouest aime les mots peu usités, en abuse parfois – au bonheur de "l’immarcescible" ! – et c’est sans doute ce qui intrigue le plus dans ce récit des sept dernières années de quatre hommes assassinés par les phalangistes le 18 août 1936 au lieu-dit Ainadamar. L’un d’eux est Federico Garcia Lorca et il constitue forcément la clé de voûte d’un édifice solidement bâti sur de courts chapitres, denses, innervés de l’œuvre du poète dont l’auteur a retraduit des extraits ; le roman est fait de divers moments à "cloche-pied sur la chronologie" vus au travers d’une loupe, de détails en gros plans qui campent un ensemble (la mécanique d’un pédalier, les articulations des doigts de la main dans un geste significatif…) entre BD et macrophotographie ; de discours imbriqués avec l’hétérogénéité des langages, inclus dans une narration explicitement et malicieusement commentée par un narrateur omniprésent ("ça rappelle quelque chose n’est-ce pas ?" "on en a parlé quelques pages en amont") et d’une syntaxe fantasque qui perd parfois en route son sujet ou le fait revivre sous un autre thème. […] Le plus réussi est sûrement l’évocation du rapport de Garcia Lorca à la musique aussi bien à Grenade qu’à New York et à Cuba, et dans ces pages-là la prose libre et bondissante de Serge Mestre prend tout son sens. »

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« Chant profond », Marie-Jo Dhô, Zibeline, jeudi 21 avril 2016



 

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