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Revue de presse La Couleur de l'aube (SW Poche)
Yanick Lahens

 

Presse écrite

« À travers le mal existentiel de deux sœurs, Yanick Lahens donne à voir, entendre et ressentir la solitude d’Haïti. Réédition.
Comme imprégnées de l’encre de la nuit haïtienne, des voix surgissent pour dire l’insoutenable de l’attente, le poids de la haine et l’impuissance des corps abandonnés à la cruauté vertigineuse du dehors, de la faim. À l’affût des blessures embryonnaires de l’aurore, deux sœurs – Angélique et Joyeuse Méracin – tentent de conjurer l’angoisse d’une perte annoncée. Chacune, dans l’espoir du retour de leur frère Fignolé, raconte alternativement la rage contenue et la trahison, la survivance du désir féminin sur une île où la mort voyage plus vite que les nouvelles, dépêches et flashes de dernière minute.
[…] Yanick Lahens s’engouffre dans les bas quartiers du noir-humiliation. Et pénètre le cœur de cette barbarie qui prend le visage de la Loi.
À Port-au-Prince, là où les vies se tiennent en équilibre instable entre bouges, immondices et cadavres, le jour se lève à peine que, déjà, des scènes d’émeute sont redoutées. Jean-Claude Duvalier, fils de Papa Doc, règne ; des femmes se battent, toutes griffes dehors, pour quelques litres d’eau. Dans l’une des maisons en dur, tordues, à moitié achevées, à moitié peintes et qui exhibent leurs tripes de métal, Angélique Méracin psalmodie quand, bientôt, Joyeuse exhalera des senteurs de jasmin et d’ylang ylang. Tout semble concourir à ce que chaque chose consente à l’ordinaire. Gabriel, le fils bâtard d’Angélique, dort encore. Leur mère, souveraine en déclin désormais bien au-delà des abîmes d’une existence pleine de pluie, de feu, de sang et d’apparitions, ignore encore que Fignolé s’est absenté la nuit durant. Qu’il n’est pas rentré…
Jeune rebelle habité de poésie, fou de musique, ce dernier rêve de la Révolution, cite Maïakovski et s’adonne au pillage de maisons cossues avec une bande d’amis. Jadis, âgé de 13 ans, ne fut-il pas le témoin malencontreux d’un incident opposant l’aide-comptable d’un journal censuré et un tonton macoute passé maître dans l’art de la torture ? Angélique et Joyeuse, femmes de trop de mots, grosses de silence, savent ça, le commencement de la fureur, de la révolte, chacune à leur manière. Elles qui, pour mulâtres et fils naturels du conquérant fornicateur, sont réduites à un simple appareil distinctif : deux seins et un vagin. C’est qu’en Haïti soumis et perdants se [croisent] dans une commune humiliation.
Par son extrême poéticité, au gré du chassé-croisé de monologues intenses, La Couleur de l’aube, n’est pas sans rappeler Au cœur de ce pays. À l’instar de J.-M. Coetzee, le récit de Yanick Lahens sonde le corps féminin, ses pulsions contradictoires. Le silence de Fignolé, cet enfant têtu d’une terre qui entend fermer les yeux sur ses forfaits, est le vide à partir duquel et Angélique et Joyeuse vont s’autoriser la parole. Toutes deux, qu’a priori tout oppose – l’une, austère, s’enlisant dans la misère quotidienne de l’unique hôpital public de Port-au-Prince ; l’autre, lascive, travaillant dans un magasin de luxe –, traverseront ensemble le visage de la nuit pour célébrer la mort qui est éternelle et encercle à jamais la ville.
Une communauté de douleurs et de deuil : voilà bien ce dans quoi vont se rejoindre les différents protagonistes de La Couleur de l’aube, le lecteur avec, peut-être. »

« Douleurs sororales », Jérôme Goude, Le Matricule des anges, mai 2016

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« La parution en collection poche Sabine Wespieser de La Couleur de l’aube est à saluer et à lire ou à relire. Pénétrer dans un texte de Yanick Lahens, et notamment dans celui-ci, est un ravissement de lecture précieux et rare. C’est une nouvelle fois la terre d’Haïti qui y est chantée dans toute son âpreté et sa beauté mêlées. Le titre seul est déjà évocateur, signifiant et déterminant. Il convoque à la fois l’attente et la détermination, le refus de la docilité face à l’absence et à l’inquiétude. Il évoque les rêves jusqu’alors inaccomplis de Joyeuse et Angélique, les deux sœurs, les douces et enveloppantes folies poétiques et engagées de leur frère Fignolé dans une société ballottée au gré des vents et de gouvernements instables et mortifères. Ces femmes, comme leur mère, combattent à leur manière, dans le silence, dans l’ombre. Elles ne peuvent se résigner à l’innommable, à la tragédie qui fondent leur quotidien. Elles sont. Elles quêtent la couleur de l’aube, invoquent les loas, ces divinités vaudou qui amenuisent les tourments de leur condition. C’est beau et tragique comme la couleur d’une aube. »

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Betty Duval-Hubert, librairie La Buissonnière (Yvetot), Page des libraires, avril 2016


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« […] C’est un livre construit autour de deux voix de femmes, qui de chapitre en chapitre […] racontent leur vie au quotidien, le temps d’une journée […]. Ce sont deux sœurs que tout oppose […]. On va partir avec ces deux sœurs […] dans les rues de Port-au-Prince, on va découvrir les différentes strates de la société […]. On apprend plein de choses sur la vie à Port-au-Prince […]. C’est un livre entièrement tiré vers son final […]. Je l’avais lu en 2008, j’avais été ébloui par la lecture, je voulais savoir si une nouvelle lecture à l’occasion de la parution en poche allait tenir, je l’ai re-dévoré alors que j’en savais déjà la fin […]. Ce qui m’a touché, vraiment, c’est la langue de Yanick Lahens […], une langue qui sait tout dire […], qui ne tourne pas autour du pot, qui appelle les choses les plus sales par leur nom mais qui sait aussi basculer, en un instant, en une phrase, sur une sensualité absolument saisissante, et aussi sur beaucoup de poésie et de tendresse […]. »

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« Le Temps des libraires », Christophe Ono-Dit-Bio, chronique de François Reynaud, librairie Les Cordeliers (Romans-sur-Isère), France Culture, mercredi 4 mai 2016


Coup de cœur des libraires

« Il est des livres dont l’écho résonne encore en nos mémoires longtemps après les avoir refermés. Des livres qui nous bouleversent, nous transportent, nous attachent, sans que l’on puisse forcément dire pourquoi. Des livres que l’on voudrait ne jamais terminer et qui nous font nous sentir un peu orphelins lorsque la dernière page se tourne. La Couleur de l’aube de Yanick Lahens est de ceux-là ; de ces romans qui ont la grâce et laissent en nous une sorte d'empreinte indélébile. Si vous l’avez raté à sa parution en 2008, une seconde chance de découvrir ce texte somptueux vous est donnée, puisqu'il vient de sortir en poche dans la petite collection de son éditrice, Sabine Wespieser (oui, encore elle, et vous n'avez pas fini d'en entendre parler…).
Née en Haïti en 1953, la belle Yanick Lahens fait partie de ces écrivains haïtiens soucieux de dire au monde la vie quotidienne en leur pays et les aspirations déçues de tout un peuple, mais aussi son incroyable vitalité, sa rage de vivre. Haïti, terre de feu et de sang, envoûtante et terrifiante, fascine ; lorsque la terre tremble, lorsque le pouvoir s'effondre, lorsque les hommes se battent pour vivre mieux ou pour vivre tout court… Figure éminente de la misère contemporaine, lieu de toutes les infamies coloniales, oubliée des hommes et des dieux… Haïti à l’histoire tourmentée et cruelle, qui semble étrangement toujours recommencée… L'Apocalypse a déjà eu lieu tant de fois (…) dans cette île. […] Vous l’aurez compris, dans ce roman il y a donc, avant toute chose, Haïti – et plus précisément la ville de Port-au-Prince – en proie à la misère et à la folie des hommes. Un étudiant, blessé à mort m’a fixée de ses yeux révulsés. Celui qui l’a tué était debout, en face de moi. En guenilles, ensauvagé jusqu'à la moelle, il avait à peine seize ans : sans passé, sans avenir, sans parenté, une nature à nu, une plaie frottée à sang.
Il y a également deux sœurs que tout oppose, sauf leur amour pour leur frère, qui va ici les réunir : Angélique et Joyeuse. Aussi différentes qu'indissociables, comme les deux faces d’une pièce de monnaie. Deux personnalités, deux visages, deux regards pour une seule réalité, pour un même désespoir. […]
Il y a aussi Fignolé, le frère tant chéri, le fils tant aimé, rêveur et musicien, militant déçu du Parti des démunis dont le leader a trahi. Cette disparition est d'autant plus inquiétante que la veille, des émeutes sanglantes – auxquelles il semble avoir participé – ont éclaté dans les rues de la capitale… L'histoire qui nous est contée se déroule sur une seule et unique journée, durant laquelle les deux sœurs vont mener leur enquête, chacune à leur manière. En trente courts chapitres, merveilleusement fluides et poétiques, leurs voix poignantes vont ainsi nous livrer à tour de rôle la terrible angoisse qui les étreint et par-là même le quotidien misérable des habitants de l'île et son histoire tourmentée.
Il y a encore John, le journaliste américain, porteur de toute la morale occidentale, qui gagne sa vie "à aimer les pauvres"... Gabriel, auquel la vie vole son innocence dans ce monde plein de fureur et de bruit… Mme Jacques, la riche propriétaire de la boutique dans laquelle travaille Joyeuse, illustration parfaite de la classe supérieure méprisable de l’île ; Lolo, la jeune courtisane intéressée par "l’argent qui ouvre les frontières". Et bien d'autres personnages, que je vous laisse découvrir.
Il y a surtout l'écriture de Yanick Lahens, économe, finement ciselée, magnifique. L'amour inconditionnel qu'elle porte à ses frères et à sa terre natale, qui transparaît à chaque ligne. Sa prose, poétique et hypnotique, est un enchantement ; ses personnages, tellement humains, profondément incarnés, sont extrêmement attachants. L'orchestration du récit est parfaite et la fin, où nous est révélé le véritable sens du titre, est absolument magistrale. Ce roman engagé dit à la fois le silence et la nécessité de le briser. Il dit les hurlements des voix noyées de désespoir et la stupeur muette de ceux qui ne peuvent que contempler le désastre. Il dit l'injustice et l'impuissance. Il dit le chagrin et la force des mères, des sœurs, des épouses. Il dit le combat, le courage, la dignité et le profond désir de vivre du peuple haïtien. Yanick Lahens récuse ici magnifiquement l'image de "déesse pétrifiée" à laquelle on assimile trop souvent Haïti, tout en mettant à mal ceux qui, parmi les siens, se prennent pour des héros et ceux qui, parmi les nôtres, sont aussi incapables que les autres d’apporter des solutions. Et du fond des abysses surgit ce roman puissant et inoubliable, qui reste à mon humble avis le chef d'œuvre de son auteur.
Il y a donc, pour finir, mille et une raisons de lire La Couleur de l'aube, alors lisez et relisez ce texte incandescent. Écoutez les voix de ces deux femmes et, à travers elles, le cri de souffrance et de révolte de tout un peuple. Laissez-vous porter par cette mélopée lancinante et envoûtante venue d'un lointain ailleurs. Entendez le chant de vie et d’amour que Yanick Lahens compose avec une incroyable maestria, construisant l'allégorie d'une terre où la monstruosité voudrait faire loi mais où, à chaque pas, éclate pourtant une incroyable volonté de vivre. »

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Blog Le Triangle masqué, dimanche 15 mai 2016


« Son roman Bain de lune ayant remporté le Prix Femina en 2014, Yanick Lahens est désormais connue des lecteurs français. Autant vous dire que nous sommes ravis que cette grande dame des Lettres haïtiennes soit enfin reconnue à sa juste valeur. Si vous aussi vous étiez passé à côté de La Couleur de l'aube lors de sa parution en 2008, faites-nous confiance et précipitez-vous sur ce magnifique roman maintenant qu'il est disponible en poche !
Concentré sur une seule journée qui commence tôt le matin et s'achève tard dans la nuit, La Couleur de l'aube raconte une tragédie familiale qui a pour cadre un quartier défavorisé de Port-au-Prince, ce poste avancé du désespoir. Il était une fois une étroite maison dans laquelle vivaient Mère, ses trois enfants âgés d'une vingtaine d'années (soit Angélique, Joyeuse et Fignolé), Gabriel, le petit garçon illégitime d'Angélique, et Ti Louze, la domestique. En se levant ce jour-là, Angélique remarque que son frère n'est pas là, et semble ne pas être rentré de la nuit. Elle commence néanmoins sa journée comme tous les matins du monde, essayant d'occuper son esprit ailleurs. Puis c'est au tour de Joyeuse, qui, elle non plus, ne manque pas de relever cette absence inhabituelle. Alors que s'égrènent ces heures grises, les deux jeunes femmes prennent tour à tour la parole pour détailler le récit de cette journée interminable qui pourrait n'en être qu'une parmi tant d'autres, ne fût-ce l'absence de Fignolé qui non seulement se prolonge, mais s'obstine à demeurer inexpliquée. Ces deux soeurs, que d'ordinaire tout sépare – Angélique, l'aînée, la mère, la dévote, la raisonnable, la renfermée, la frigide, s'oppose diamétralement à Joyeuse, qui met un point d'honneur à cultiver sa liberté (en dépit du regard des hommes et du poids de la religion) – partagent aujourd'hui cette même volonté de ne pas céder à l'inquiétude. Pourtant, lorsqu'on apprend qu'il y a eu une émeute la veille dans le centre ville, ne pas se laisser aller aux conjectures les plus tragiques finit par relever de l'exploit. 
Avec sa construction narrative impeccable, sa prose extrêmement imagée et poétique mais néanmoins violente et directe, La Couleur de l'aube se lit en une seule respiration, le souffle coupé, tandis que s'enchaînent les analyses percutantes et sans concessions de la misère qui gangrène l'île. On comprend que le ressentiment y est cultivé en même temps que la canne à sucre, que les rapports humains y sont d'une violence inouïe, et que la vue du sang a cessé d'émouvoir ses habitants depuis longtemps. 
Avec La Couleur de l'aube, Yanick Lahens conjugue avec brio sensibilité et pertinence pour nous offrir une partition exemplaire. »

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Coup de cœur de la librairie Mollat (Bordeaux)


Lu et conseillé par :
Émilie Pautus, librairie La Manœuvre (Paris XIe)
Alain Bélier, librairie Lucioles (Vienne)
Anne Lesobre, librairie Entre les lignes (Creil)
Béatrice Leroux, librairie Gibert Jeune (Vitry-sur-Seine)
Betty Duval-Hubert, librairie La Buissonnière (Yvetot)
Lydie Baillie, librairie Aux lettres de mon moulin (Nîmes)

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Page des libraires, avril 2016


Presse Web

« Huit ans après sa parution, La Couleur de l’aube est réédité en poche, et c’est une excellente initiative.
Une grande humanité se dégage de ce roman.
Que Yanick Lahens décrit bien son pays ! Dès les premières pages on est pris dans un tourbillon de couleurs, de senteurs, de violence, au milieu d’une population sans espoir, démunie et désorganisée. Pour se faire l’écho de son peuple, elle utilise deux sœurs inquiètes de la disparition de leur jeune frère, Fignolé, qui mène sa vie "à fleur de mal".
Angélique, l’aînée, fait partie des vaincus, des résignés.
Joyeuse, la cadette est tournée vers la vie, la joie, la rébellion.
Leur mère les protège tous trois d’un amour inconditionnel et bienveillant.
Misère, incertitude, violence et peur sont le quotidien des personnages. Paradoxalement, à tous les rêves déçus se mêle la joie de vivre.
L’écriture est poétique et envoûtante. Il y a, chez Yanick Lahens comme chez Dany Laferrière, un amour et une désespérance de leur pays qui sont traduits par une écriture forte et poétique. Les lire, c’est s’éprendre d’Haïti, c’est ressentir une compréhension et une compassion sincère pour les Haïtiens. »

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Elizabeth P., www.leslibraires.fr, lundi 23 mai 2016



 

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