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Revue de presse Moze (SW Poche)
Zahia Rahmani

 

Presse écrite

« Les romans de Zahia Rahmani sont brefs, denses et saisissants. Si leur prose est âpre, d’un lyrisme blessé, c’est que les récits qu’il s’agit de faire ici n’ont pas encore de langue, pas encore de loi. Ils touchent une zone grise de l’histoire, dont les sujets ont été relégués dans un non-lieu, sans être ni nommés ni racontés. "Musulman" roman (Sabine Wespieser, 2005) donnait à lire, dans leur violence nue, les répercussions politiques et humaines de la réapparition, au début de ce siècle, de l’adjectif "musulman" érigé en nom et appliqué sans distinction à une population pourtant française. Moze (Sabine Wespieser, 2003), premier roman de Zahia Rahmani, qui revient sur la figure du père, reparaît en poche.
J'avais un nom. Un nom. Depuis ce temps, j'attends qu'on me réclame, dit la narratrice en toute fin de "Musulman" roman. Avoir un nom à soi, un nom propre, c'est, non pas l'assurance d'être reconnu ou identifié, mais l'espoir, la promesse d'être un jour nommé, appelé à une destinée et d'avoir une place à soi parmi les autres : une vie, une histoire.
"Moze" est le nom du du père ou du moins le nom que Zahia Rahmani met tout un roman à édifier pour un père, qui subitement, n’a plus eu, frappé du nom commun de "harki", au titre supplétif de l’armée française, ou de soldat fantôme né d’une "guerre sans nom" et voué à une vie devenue innommable, à une inexistence : au destin de banni. Le roman s’ouvre sur le suicide du père et sur un cri encore sans voix.
"Moze" consonne avec "musulman", mais aussi avec "Moïse", prophète investi de l’idée de Dieu et dont le verbe défaille pour la propager. Comme Moïse, Moze ne parle plus. Sa parole s’étrangle dans la honte. À Zahia Rahmani, l’écrivaine, de puiser dans les langues pour délivrer cette vie refusée. Le récit biographique se révèle impuissant, le langage de la justice aussi. Reste celui de la fable dit, chanté par la mère dans une langue orale ancestrale en symbiose avec les éléments… Elle n’explique ni ne raconte rien, elle transmet la vie, la rédime… »

Marianne Dautrey, Le Monde, vendredi 6 mai 2016

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Coup de cœur des libraires

« Qui pour se souvenir du drame des harkis ?
Parce que la littérature sert aussi à titiller la mauvaise conscience de l'histoire nationale, il faut absolument lire ce roman. Une lecture indispensable et salutaire pour mettre une réalité souvent mal perçue derrière le mot de "harki"... et comprendre la colère encore vive de cette communauté. Ainsi nombreux ont vu comme un nouvel abandon l'initiative présidentielle de commémorer le cessez-le-feu du 19 mars 1962 suite aux accords d'Évian. Mais qui pour rappeler que ce 19 mars 1962 marque aussi le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis ? »

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Coup de cœur de Sébastien Lebenoist, blog de la librairie Quai des brumes (Strasbourg), dimanche 29 mai 2016


Presse Web

« Moze est le père de la narratrice. Moze est un harki.
La narratrice porte une marque, péjorative, qu’elle ressent comme lourdement infâmante : elle est "fille de harki".
"Fille de harki"… Telle est son identité.
Moze s’est suicidé un 11 novembre, après être allé saluer le monument aux morts du village de France où il s’est réfugié, où il s’est isolé avec sa famille.
L’ouvrage prend la forme, le plus souvent, d’un monologue intérieur intense, entrecoupé de dialogues, d’entretiens avec le père défunt, avec la mère, avec les membres d’une Commission nationale de réparation incapables de comprendre, et a fortiori de mesurer l’injustice historique subie par les harkis. Les éléments narratifs, l’histoire terrible de Moze, de ses frères, de sa famille, apparaît dans ces monologues et dialogues en pointillés, en fragments, en pièces d’un puzzle que le lecteur reconstitue au fil des pages.
Le livre de Zahia Rahmani est un réquisitoire théâtral, violent, déchirant, atteignant parfois, par la souffrance criée, les limites du supportable pour le lecteur chez qui, par le caractère irrésistible de l’empathie suscitée, doit naître de manière récurrente, en cours de lecture, l’envie de vomir, le besoin de manifester son propre écœurement, la tentation de joindre ses hurlements de révolte à ceux de la fille de Moze.
Le réquisitoire accumule les reproches, les insultes à peine retenues, les faits bruts, vécus, que la narratrice jette à la face de la France coloniale, à cette république sans scrupule qui a enrôlé dans son armée de "pacification" des dizaines de milliers de supplétifs indigènes qu’elle a chargés de combattre contre leurs frères dans les missions les plus ignobles de "nettoyage" et, dénonce amèrement Zahia Rahmani, qu’elle a abandonnés à la vengeance populaire après les accords d’Évian et le rapatriement précipité des pieds-noirs. […]
La narratrice raconte la honte, le remords, la certitude lancinante qui taraude Moze d’être responsable de la mort de plusieurs membres de sa famille, d’avoir trahi les siens pour servir un pays qui, pendant des années, nie son existence, son identité, les services rendus, les faits d’armes.
Elle dit le dégoût de soi, l’obsession de la faute, que Moze communique à sa femme, à ses enfants. Elle décrit l’enfer de sa coexistence avec un père qui s’enfonce dans la folie. […]
Le verbe est poignant, de la première à la dernière page. La parole est toute de véhémence. La fonction expressive du discours est d’une puissance inouïe.
Résultat : la révolte est communicative.
Le lecteur adhère, s’associe, partage, épouse.
À ne surtout pas manquer ! »

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Patryck Froissart, www.lacauselitteraire.fr, vendredi 29 avril 2016



 

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