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Revue de presse Les Petites Chaises rouges
Edna O'Brien

 

Presse écrite

Dans les années 1960, ses livres étaient brûlés par le prêtre de son village irlandais. Aujourd'hui, Edna O'Brien est l'une des romancières les plus admirées du monde des lettres. L'écrivain Marc Weitzmann retrace le parcours de cette scandaleuse indocile.
« […] La France a tardé à découvrir Edna O'Brien, dont l'œuvre – seize romans, cinq recueils de nouvelles, des mémoires et une poignée d'essais – n'a commencé à être traduite qu'à la fin des années 1990. Certains livres empruntent au thriller politique […] ou dénoncent les préjugés […]. La plupart ont l'Irlande pour terreau, tous sont écrits avec le même mélange de lyrisme et de brutalité sauvage, "a-romantique", un style immédiatement reconnaissable qui fait d'Edna O'Brien, selon les mots de Roth, "la plus talentueuse romancière contemporaine de langue anglaise". Ses livres parlent de l'archaïsme des pères, de la résignation des mères, de la rébellion des filles ; de l'amour, de la haine et de la terreur qui unissent hommes et femmes. Du prix que l'on doit payer – les femmes surtout – pour être libre. Autant de thèmes qui ont pu paraître dépassés mais qui résonnent curieusement en ces temps de régression. Voyez-vous, dit Edna O'Brien, la voix douce et rocailleuse, les gens confondent souffrance et masochisme. Plusieurs critiques m'ont accusée de masochisme à cause de mes livres. Mais je suis quelqu'un d'assez fort et j'écris sur des personnages forts. Mes héroïnes vivent des épreuves, c'est certain, mais elles y trouvent leur voie. Elles ne renoncent pas.
Fidelma, l'héroïne de son nouveau livre Les Petites Chaises rouges, s'inscrit dans cette lignée de femmes dont une tragédie va révéler la puissance insoupçonnée. Par son ambition, par l'intérêt constant qu'il porte à notre époque, ce récit est stupéfiant, d'une totale originalité, un extraordinaire roman de compassion et de violence sur le monde en train de se défaire qui est le nôtre.
Il est né d'une apparition : celle du criminel de guerre serbe Radovan Karadzic sur CNN lors de son arrestation en 2008, voyageant incognito dans un autobus en partance pour la mer Noire. C'était la métamorphose la plus remarquable que j'ai jamais vue, dit O'Brien. Les images le montraient vêtu d'une robe noire, avec une queue-de-cheval, une barbe blanche, un cristal de guérisseur. Méconnaissable. Un saint. Il n'avait plus rien du bouffon massacreur en costume militaire qui avait assassiné et fait tuer des milliers de gens dans les années 1990. Pour moi, ça a été le déclic. Après des années passées à écrire sur les relations entre hommes et femmes, sur l'amour, je cherchais depuis quelque temps à témoigner, par la fiction, de certaines des horreurs qui nous entourent, des conséquences de la barbarie et de notre impuissance face à elle comme êtres humains, comme écrivains, comme citoyens. Quand je suis tombée sur ces images fascinantes de Karadzic, j'ai su que j'avais un point de départ.
Le roman s'ouvre dans une atmosphère de conte – un crépuscule, une forêt, la brume, un petit village d'Irlande où surgit le guérisseur en fuite. Karadzic, rebaptisé Vladimir Dragan, devient le gourou des habitants et séduit la naïve et mal mariée Fidelma. L'idylle s'achève avec l'arrestation de Dragan pour génocide à l'instant même où Fidelma se découvre enceinte. De fablelyrique, le roman devient réaliste, révélant, dans un épisode d'une rare violence, son véritable sujet : le destin d'une femme prise dans les filets de l'histoire. Chassée de son village pour adultère, exilée à Londres dans le monde souterrain des réfugiés, survivant de petits boulots, hantée par la haine, la terreur et la honte, jusqu'au jour où elle se rend au tribunal de La Haye pour le procès de son ex-amant. Ce n'est pas la première fois qu'Edna O'Brien parle de violence. Décembres fous, Les Victimes de la paix ou Dans la forêt exploraient déjà ce territoire. La violence, y compris la violence politique, résonne en moi de façon particulière. Elle réveille une trreur intérieure qui me vient de loin, de ma constitution psychique et de certaines de mes expériences d'enfant.
[…] Elle rappela [à Beckett] qu'il avait un jour écrit, en préface d'un livre de peintures de l'artiste irlandais Jack Yeats : L'artiste qui joue son être n'est de nulle part et n'a pas de parents.
Que peut-elle penser de cette phrase, elle dont l'œuvre résonne si obstinément de l'écho des murder ballads irlandaises, elle qui ne peut concevoir d'écrire sans l'Irlande mais ne peur rien écrire en Irlande, qui s'est construite dans le rejet de sa famille mais dont la famille hante presque tous les livres ? De mon ascendance, répond-elle, j'ai hérité trois qualités : le talent, car ma mère savait écrire, le désespoir et une furie permanente. Elles ont contribué à faire de moi un écrivain même si, ironiquement, j'ai le sentiment qu'elles m'ont étranglée. C'est un parfait exemple de division intérieure. Ma mémoire nourrit ce que j'écris parce que ce que j'écris est sous-tendu par la rage et la culpabilité.
À ces qualités, elle pourrait ajouter la robustesse et la détermination. Il se dégage d'elle une telle force que l'on n'est pas surpris d'apprendre que, pour écrire son nouveau livre, Edna O'Brien s'est rendue à La Haye, à 84 ans, pour y suivre le procès de Karadzic. Elle a interviewé plusieurs survivants du siège de Sarajevo et, à Londres, des réfugiés d'Afrique, d'Europe et du Moyen-Orient, des gens dont l'un des seuls points communs était de ne pouvoir rentrer chez eux. L'autre, c'est qu'ils sont des fantômes. Ils travaillent la nuit, ils n'appartiennent pas à la lumière du jour.
Qui mieux qu'Edna O'Brien pouvait saisir, comme elle le fait dans Les Petites Chaises rouges, l'univers des réfugiés dans ce monde qui est le nôtre, où la religion, le fanatisme et l'exil reviennent en force ? Vous ne croiriez pas le nombre de mots qui existent pour dire home et la musique sauvage qu'on peut leur arracher, écrit-elle. »

« La fureur d'écrire », Marc Weitzmann, Vanity Fair, novembre 2016

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« À Cloonoila, tous succombent au charme du "Dr Vlad", un criminel de guerre en exil déguisé en guérisseur. De leur union diabolique, Fidelma ne se relèvera qu'au terme d'un long chemin sacrificiel.
Poignant et hardiment imaginé, le nouveau roman d'Edna O'Brien, Les Petites Chaises rouges – sa 23e fiction depuis Les Filles de la campagne (1960) –, marque à la fois un retour vers cette peinture de l'Irlande rurale considérée du point de vue féminin qui lui a valu tant de louanges et un tournant radical : le texte conte un morceau d'une autre histoire, où la dévastation d'un pays d'Europe centrale déchiré par la guerre entre en collision avec l'innocence primordiale, perdue dans la plupart des lieux du monde, caractéristique de l'Irlande provinciale. Ici, aux dons célébrés d'Edna O'Brien pour le lyrisme et la précision mimétique, se superposent les talents d'une fabuliste aux visions nouvelles et dérangeantes, plus proche de Kafka que de Joyce, tandis que son portrait du "poète-guerrier" psychopathe Vladimir Dragan rappelle, lui, le Nabokov le plus sombre et le moins joueur. […] »
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« Le mal descend en ville », Joyce Carol Oates, Le Magazine littéraire, octobre 2016

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« Une Irlandaise se révèle après avoir été séduite et trompée par un criminel de guerre serbe en fuite. Les Petites Chaises rouges est un splendide roman sur le mensonge et l'innocence.
On aurait dit une longue rivière de sang. Le 6 avril 2012, pour commémorer les vingt ans du siège de Sarajevo, des milliers de chaises rouges ont été alignées, les unes derrière les autres, dans la grand-rue de la capitale bosniaque. 11 541 "sièges" – c’est étrange comme les mots et les choses parfois coïncident –, soit un par victime, avec 643 petites chaises vides pour symboliser les enfants morts. Un grand ruban macabre.
C’est à cette image terrible que renvoie le titre du nouveau – et splendide – roman d’Edna O’Brien. On s’étonne un peu tout d’abord. N’est-il pas surprenant que cette très grande et très irlandaise romancière – qui a ravi des générations avec ses Filles de la campagne (1960 ; Fayard, 1988), son essai sur James Joyce (Fides, 2001) ou ses propres mémoires (Fille de la campagne, Sabine Wespieser, 2013) –, n’est-il pas surprenant donc, qu’Edna O’Brien s’intéresse soudain à la guerre de Bosnie ? Et à la figure de son triste héros, Radovan Karadzic, le "boucher de Sarajevo" ?
Pas vraiment. Car loin d’une "exofiction" dans l’air du temps, l’écrivaine fait de cette histoire un roman véritable. Un conte bien à elle, une tragédie féminine, qu’elle ancre loin des Balkans, dans un trou perdu d’Irlande. C’est là, dans l’unique pub du coin, que s’ouvre le récit. Un inconnu est penché sur son brandy. Un drôle de type. Barbe énorme, chevelure de neige. Avec son long manteau noir et ses gants qu’il retire doigt par doigt, regardant à l’entour d’un air gêné, comme s’il était observé, il fait penser à un moine. Ou à un saint.
Plus tard, dans le village, on se souviendra qu’à son arrivée les chiens hurlaient à la mort. Comme si le tonnerre approchait. Mais pour l’instant, Vladimir Dragan fascine. Il vient du Monténégro et excelle dans les soins holistiques. C’est du moins ce qu’il dit. Il se fait expédier des herbes de Chine. Des potions qui sentent la bouse de vache. Moyennant quoi, il fait des miracles. Bientôt, on se presse dans son cabinet. En particulier la jolie Fidelma, qui se languit dans son couple et désespère d’avoir un jour un enfant.
Jusqu’alors, l’histoire de Dragan reflète parfaitement celle de Karadzic. Lorsque, après la guerre en ex-Yougoslavie, ce dernier – qui est à l’origine psychiatre et poète – s’est tranquillement "réincarné" en un certain Dragan Dabic, spécialiste de médecine alternative. Caché sous une barbe foisonnante et des cheveux blancs remontés en chignon sur le haut de son crâne, le bon docteur Dabic donnait des conférences épatantes. Il écrivait des articles dans Zdrat Zivot ("La vie saine"). Il était adulé par maintes familles serbes ! Tout cela a duré douze ans…
Mais le parallèle s’arrête là. Car ce qui intéresse avant tout O’Brien, c’est le destin de Fidelma. Comme on pouvait s’y attendre, cette "country girl" un peu candide est tombée dans la gueule du loup déguisé en agneau. Histoire d’amour, début d’une grossesse tant désirée : l’idylle s’interrompt pourtant quand Dragan est arrêté. Fidelma découvre qu’il est inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, torture et massacres – celui des 8 000 Bosniaques musulmans de Srebrenica notamment. À ce moment, Edna O’Brien congédie le réel et le "vrai roman" commence. Celui d’une femme qui a trompé et s’est trompée. Une femme qui, bien que "déchue" aux yeux de tous dans un pays catholique très conservateur, va chercher par tous les moyens à dépasser sa honte et sa culpabilité.
Le livre, au fond, pourrait se résumer à ses interrogations. Que se passe-t-il quand l’Innocence rencontre le Mal absolu ? Doit-on faire confiance ou se méfier ? Et quelle est la meilleure manière de vivre avec l’Autre lorsqu’on a compris qu’il demeurera à jamais une énigme ? La grande force de Fidelma, c’est ça. Se dire qu’elle n’aura peut-être pas les réponses. Mais que cela n’empêche pas de se poser les questions… À Londres, où elle a échoué parmi les migrants et les sans-papiers, elle fait des ménages, nettoie la crotte dans un chenil. Chaque tableau d’elle est comme une station sur un chemin de croix. Pourtant, elle ne lâche pas. Elle a la rage au ventre. Ce chien sanguinaire. Cet enfant qu’elle n’aura jamais… Elle ne supporte plus la douceur d’une fleur. J’aimerais que tu aies été fou, mais tu n’es pas fou, dira-t-elle à Dragan. Elle veut se retrouver. Et elle se retrouvera… devant lui, le monstre, quand son procès, enfin, s’ouvrira à La Haye.
Montrer sans démontrer. C’est ce que font tous les bons livres. Regardez la Bible, disait Isaac Bashevis Singer. On ne vous explique pas ce que les gens pensent. Vous les voyez agir… Edna O’Brien sait cela mieux que personne. Elle n’analyse pas, elle accumule. Les faits, les notations, les couleurs, les détails. N’interprétant pas ou à peine. N’insistant jamais sur les métaphores. Titillant sans cesse l’imagination mais respectant scrupuleusement la liberté du lecteur. Au fil des pages, le miracle se produit. Comme devant une peinture pointilliste. On recule de trois pas et l’image saute aux yeux. A Portrait of a Lady. Un profil de femme. Contemporaine et sans âge. Aussi forte qu’Iphigénie. Aussi déterminée qu’Antigone. Mythique déjà. Inoubliable. »

« Une rédemption », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 23 septembre 2016

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« Sans le savoir, une Irlandaise s'éprend d'un génocidaire de Bosnie. Un portrait de femme bouleversant qui vacille de la honte à l'expiation.
Quand il apparaît dans le petit village irlandais, Vladimir Dragan en impose, avec sa silhouette de Raspoutine. Il s'affirme guérisseur, venu du Monténégro, et parvient rapidement à calmer les méfiants en soignant sœur Bonaventure, l'une des quatre nonnes du couvent tout proche. Quant à la belle Fidelma, on peut parler de coup de foudre. La jeune femme, mariée à un homme âgé, tombe dans les bras de Dragan, aveuglée par le plaisir et d'aléatoires promesses. Peu de temps après, l'homme est arrêté, inculpé pour génocide et nettoyage ethnique durant la guerre de Bosnie. Ce n'est pourtant pas cette histoire de duperie et de criminel en cavale qui intéresse ici Edna O'Brien. Depuis ses premiers livres – le tout premier, Les Filles de la campagne, a paru en 1960 –, cette grande romancière (née en 1930) s'attache aux héroïnes bravaches. Celles qui refusent les carcans, brisent les tabous, telles des sorcières trop libres, dans un pays contraint par la religion et où les femmes comptent moins que les bêtes. Fidelma est victime de sa naïveté, de son désir pour un effroyable menteur. Elle n'a d'autre choix que la fuite vers Londres. Là-bas, elle est une moins que rien, travaillant la nuit pour un salaire de misère, hantée par son passé, entourée de réfugiés qui, comme elle, subissent un quotidien dévasté par la barbarie sociale.
Depuis la publication, voici quatre ans, de ses mémoires, parus en France sous le titre Fille de la campagne, on pensait qu'Edna O'Brien s'était écartée du roman. Avec ces Petites Chaises rouges, elle y revient avec maîtrise et puissance, offrant une histoire de honte et de rédemption, multipliant les voix et les points de vue, tout en préservant sa belle écriture lyrique. Cette Irlandaise en colère réussit un livre bouleversant et contemporain, traversé par la souffrance d'un peuple, la force du Mal et sa dualité, qui est aussi le portrait d'une femme qui se bat seule, et jusqu'au bout. »

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TTT, Christine Ferniot, Télérama, mercredi 21 septembre

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« […] Cette Irlande encore confite et traditionnelle, au point d’en être tendrement drôle, c’est bien celle d’Edna O’Brien, l’écrivain de bientôt 86 ans, exilée depuis longtemps à Londres. C’est une Irlande des paysages en clair-obscur, à la nature ondoyante en phase avec les saisons et les cœurs, décrite d’une patte douce et précise. Son décor a été si intériorisé. Mais pour la première fois, Edna O’Brien introduit un élément puissamment allogène. Dans Fille de la campagne, son livre précédent, mémoires titrées en écho à son tout premier roman Filles de la cam- pagne (1960), elle racontait que Norman Mailer, rencontré à New York, lui avait dit : "T’es trop intérieure, c’est ça ton problème." Ce jugement à l’emporte-pièce a sans doute parfois hanté cette grande dame racée et flamboyante. Si dans Les Petites Chaises rouges, il est question d’"inté- rieur", de l’amour d’une Bovary irlandaise (insaisissable, comme un duvet de chardon) pour l’homme qu’il ne faudrait pas, le roman se saisit aussi de quelque chose de plus vaste, d'"extérieur", de politique. […] Jusque-là, le roman a emporté dans un conte pastoral, attentif à une poignée de personnages, aux menus événements de la bourgade, un ensemble merveilleusement troussé de main de maître(sse) auquel s'ajoute un soupçon grandissant de tension. […]
Le lecteur apprend tôt que Vlad n'est pas ce docteur bienveillant et romantique que les ouailles de Cloonoila veulent bien croire, mais un criminel de guerre, double fictionnel de Radovan Karadzic […] Vladimir Dragan est l'homme le plus recherché d'Europe. C'est une sorte de vampire, tueur de masse, un loup sanguinaire […].
Dans la deuxième partie, Edna O'Brien confronte Fidelma à la terrible réalité de la société des déclassés. […] Pour Fidelma, qui a appris en même temps que tous les habitants l’identité monstrueuse de son amant, le monde s’est effondré. Rongée par la honte, Fidelma s’exile à Londres, trouve un job de femme de ménage, vivant avec d’autres réfugiés. Dans une veine sociale, l’auteur la plonge dans le bouillon de la misère psychologique et physique des migrants. […]
Edna O’Brien s’était déjà emparée par la bande de sujets politiques, la guerre en Irlande du Nord, et exploré des faits divers comme dans Tu ne tueras point (1996) sur l’histoire vraie d’un inceste. Dans Les Petites Chaises rouges (référence aux commémorations du début du siège de Sarajevo, le 6 avril 2012 : 11 541 chaises rouges, une pour chaque victime, avaient été alignées sur la grande rue de la ville), elle a voulu toucher du doigt la complexité du rapport au mal. Comment Fidelma a-t-elle pu s’enticher d’un monstre ? Comment celui-ci peut-il séduire et continuer à vivre tranquillement après avoir causé la mort de milliers de personnes ? Qu’est-ce qui crie aujourd’hui et que nous n’écoutons plus ? En funambule aguerrie, Edna O’Brien a mis dans ce roman toute la dextérité de l’expérience, jouant à saute-mouton avec la narration pour un prisme plus large – le je, le il, le nous –, décrivant des rêves, monologuant, chantant et déclamant des poèmes. Aventurière, encore, Edna O’Brien a forcé l’accouplement de l’intérieur et de l’extérieur. "C’est la maison qui offre", fit le barman, qui posa un verre de vin devant elle et se retira. »

« Le monstre de Cloonoila : Un double de Karadzic secoue l'Irlande, par Edna O'Brien », Frédérique Roussel, Libération week-end, samedi 10 septembre 2016

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SÉLECTION JDD / FRANCE INTER DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2016

« La romancière irlandaise dresse le portrait d'une femme hantée par la honte pour avoir aimé un criminel de guerre.
[…] À l'origine, il y a ces 11 541 petites chaises rouges installées à Sarajevo en 2012 en mémoire des victimes du siège, qui donnent son nom au roman, et la figure de Radovan Karadzic dont le personnage de Dragan s'inspire directement. Bien que coutumière des thèmes historiques et politiques, Edna O'Brien n'a pas voulu écrire sur la guerre de Bosnie, elle s'intéresse à l'histoire d'une femme ordinaire dont le destin bascule à la suite d'un adultère, banal en apparence, mais vécu comme un déshonneur dans une Irlande encore conservatrice. À travers ses personnages, au parcours souvent chaotique et marqué par le déracinement, l'auteure dresse un portrait réaliste de ce que c'est qu'être, aujourd'hui, un immigré, quelle que soit la raison pour laquelle on se résout à quitter son pays d'origine. Aux récits des horreurs vécues se superpose la beauté d'un paysage, à la prose poétique le réalisme le plus glaçant, le tout exalté par une grande liberté de ton et de style, par un sens inné de l'empathie et de la compassion, qui donnent aux romans d'Edna O'Brien cette saveur si particulière. »

« La mémoire assiégée », Laëtitia Favro, Le Journal du Dimanche, dimanche 4 septembre 2016

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« Après de remarquables mémoires (Fille de la campagne), l'extraordinaire Edna O'Brien, jeune femme de 86 ans, signe un roman prodigieux. C'est d'un village perdu d'Irlande au Londres des démunis, l'histoire de Fidelma la naïve, laquelle, déçue par son mariage, se laisse ensorceler par un soi-disant guérisseur, le Dr Vlad, en réalité un génocidaire recherché dans toute l'Europe et qui sera bientôt arrêté. C'est, écrit avec amour et abjection, un superbe portrait de femme hanté par la question du mal. Un autre jeune écrivain, un certain Philip Roth, qui a toujours admiré Edna, parle de "son chef-d'œuvre". Vous pouvez le croire sur parole. »

« Notre palmarès des 25 livres de l'année », Le Point, jeudi 1er décembre 2016

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« Un étranger charismatique arrive dans un bourg d'Irlande. La belle Fidelma, en mal d'enfants, succombe à son charme. Mais ce Vladimir Dragan se trouve être un ancien dictateur sanguinaire. Quelle honte ! Fidelma fuit et trouve, auprès de femmes démunies, une raison de se regarder à nouveau en face… Un livre puissant par une grande dame de la littérature irlandaise. Le prochain prix Femina étranger ? »

A.D., Télé 7 jours, samedi 29 octobre 2016

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« Dans un bled perdu de l'ouest de l'Irlande arrive un étranger, manteau noir et barbe blanche, qui fascine toute la communauté. Sorte de guérisseur et prophète érudit, le docteur Vladimir Dragan a la beauté du diable : il a été clairement inspiré par le Serbe Karadzic, le bourreau des Balkans, qui s'était planqué sous une fausse identité de sexo-thérapeute pendant plus de dix ans, avant d'être démasqué et jugé pour ses crimes dans l'ex-Yougoslavie. Mais Edna O'Brien, la grande romancière qui avait secoué l'Irlande des années 1960 avec l'insolence d'un premier livre devenu culte (Les Filles de la campagne) et qui a renoué depuis avec la foi catholique, fait passer le personnage au filtre de son inspiration singulière. Ce qui l'intéresse, c'est de sonder le mal, de radiographier ses masques, sa dualité, son charme et son pouvoir, en le confrontant avec la figure de l'innocence : ici incarnée par Fidelma, la jolie jeune femme pleine d'audace, dans une Irlande éternelle qu'Edna O'Brien porte au cœur – humble et bucolique, pauvre et étroite, aussi mesquine qu'affectueuse, aussi crédule que bienveillante. Fidelma, si vivnate, en mal d'enfnat, mariée à un brave homme plus âgé, n'est pas seulement la Bovary des tourbières, qui succombe au charme du monstre. Elle est la pécheresse, celle qui va expier dans une scène d'une violence à couper le souffle (l'acmé du roman), celle qui, mise au ban de la communauté, trouvera dans la Babylone londonienne la rédemption, parmi les laissées-pour-compte et les migrantes. Un formidable itinéraire de femme. »

« La Vie aime passionnément : Les Petites Chaises rouges », Marie Chaudey, La Vie, jeudi 27 octobre 2016

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« Venu se terrer sous un faux nom dans un recoin d’Irlande, un chef de guerre sanguinaire y est démasqué. La femme qui l’a aimé doit désormais porter un fardeau trop lourd pour elle. Comment (sur)vivre dès lors ?
Vladimir Dragan est arrivé à Cloonoila vêtu d’un long manteau noir et de gants blancs – la curiosité des habitants ne l’a pas empêché de s’installer dans cette petite bourgade tranquille de la campagne irlandaise. Il s’est présenté sous un faux nom comme médecin adepte des voies alternatives et a bientôt ouvert une clinique dispensant des soins holitiques suivant des disciplines orientales et occidentales. Rapidement, cet homme infiniment courtois mais mystérieux et incrustable a fasciné les uns, charmé les autres. Jusqu’à Fidelma, une femme ordinaire douloureusement en manque d’enfant. Éprise, elle pense qu’il fera d’elle la mère qu’elle rêve de devenir. L’arrestation de Dragan mettra brutalement fin à leur histoire.
Sur les écrans de télévision, la vérité éclate dans toute son horreur : le faux guérisseur y est appelé la "Bête de Bosnie". Dragan (personnage librement inspiré de Radovan Karadzic) est inculpé de génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, détention arbitraire, déplacement de population : il doit comparaître à La Haye. Pour Fidelma, le choc est inqualifiable. Anéantie par ce qu'elle doit endurer, elle décide de fuir. J'ai le sentiment que, ayant été avec lui, je suis complice de ces choses effroyables.
À Londres, elle trouve refuge auprès d'une communauté de destins brisés. La main tendue de Jasmeen, la tendre amitié de Misletoe, lui apportent un peu de réconfort. Mais ses plaies cicatrisent mal, la culpabilité et la honte la rongent.
Née dans l’ouest de l’Irlande en 1930, Edna O’Brien signe avec Les Petites Chaises rouges (pour commémorer la mémoire des victimes du siège de Sarajevo, 11 541 chaises rouges avaient été installées dans la ville martyre en 2012) une intense fresque humaine. Une victime collatérale de la guerre est ici saisie au plus près de son effondrement. La majesté de l’écriture est d’autant plus redoutable qu’elle fait s’alterner moments de douceur et barbarie, élans de communion et sidération, éclats de poésie et descriptions crues. Prise au piège de l’Histoire, une femme tente de se retrouver. Sa terrible trajectoire laisse sans voix. »

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« Comment vivre après avoir découvert que l'homme aimé est un chef de guerre sanguinaire », Geneviève Simon, La Libre Belgique et www.lalibre.br, lundi 24 octobre 2016

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« 1. Des personnages forts
Vladimir Dragan débarque dans un village paumé d'Irlande. Les villageois l'ignorent, mais nous, nous savons d'emblée qu'il a activement participé à la guerre en ex-Yougoslavie et qu'il est recherché. L'étranger se montre charmant, prévenant et possède même des dons de guérisseur. Alors il devient la coqueluche de tous.
2. Une histoire qui en cache une autre
Le personnage central est en fait Fidelma, la femme adultère qui va s'éprendre de cet homme. Sa vie tient moins dans la révélation du passé criminel de son amant que dans sa capacité à se reconstruire. Car le village se referme sur elle comme un étau. Un joli portrait de femme se dessine alors.
3. La couleur du mensonge
Pour commémorer le siège de Sarajevo, 11 541 chaises rouges ont été disposées en rangs dans les rues de la ville. C'est à cela que le titre fait référence, cette cruelle symbolique, et aussi au mensonge de Dragan, qui s'avère être le double de Radovan Karadzic. Peut-on aimer un homme qui a la tête de Janus ? »

« Lire : 3 bonnes raisons de dévorer… Les Petites Chaises rouges », Marc Gadmer, Femme actuelle, lundi 17 octobre 2016

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« La grande romancière irlandaise signe une fresque éblouissante sur le bien et le mal à travers le portrait d'une femme.
À Cloonoila, petit village d'Irlande, un étranger barbu aux longs cheveux blancs s'installe comme guérisseur. Vladimir Dragan, à l'allure de Raspoutine, dit venir du Monténégro et surmonte rapidement la méfiance des habitants en les soignant avec des plantes. La jolie Fidelma, mariée mais en mal d'enfant, tombe amoureuse de lui. Quelques mois plus tard, cet homme, double de Karadzic, est arrêté et inculpé pour génocide et nettoyage ethnique pendant la guerre de Bosnie. Fidelma, victime de sa naïveté envers ce loup sanguinaire, rongée par la honte, s'enfuit à Londres où elle travaillera de nuit, survivante parmi les réfugiés. Les petites chaises rouges, ce sont les 11 541 chaises rouges, une par victime, dont 643 enfants, alignées le 6 avril 2012 dans la capitale bosniaque pour commémorer les vingt ans du siège de Sarajevo. Edna O'Brien s'attarde sur la beauté de la nature irlandaise, en contraste avec les horreurs subies par une population, et aussi sur le combat d'une femme en quête de rédemption. Son livre âpre, au style lyrique et poétique, est déchirant et inoubliable. Le talent a un nom, celui d'Edna O'Brien. »

« Notre livre préféré : Les Petites Chaises rouges », Anne Michelet, Version Femina, samedi 8 octobre 2016

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« L'audace n'est pas une denrée qui s'épuise forcément avec l'âge. Prenez Edna O'Brien. Il y a quatre ans, l'indomptable romancière nous entraînait dans un tourbillon d'aveux et de souvenirs riches en sensations fortes. L'ennui avec les mémoires, c'est leur côté testamentaire. Fille de la campagne jetait sa flamboyance crépusculaire sur les lecteurs, ex-fans des sixties. Un adieu aux armes, pensaient-ils. À tort. À 85 ans, Miss O'Brien est encore loin de la retraite, pour preuve, cette fascinante histoire d'une femme douce amoureuse d'un monstre. Un conte moderne qui s'ouvre dans l'enclos rassurant d'un pub de province, se déploie de sous-bois en hôtels pour rencontres discrètes, jusqu'au Londres misérable des laissés-pour-compte pour s'achever, trois cents pages plus loin, à La Haye, au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, dans les lieux mêmes où Radovan Karadzic dut répondre des barbaries qu'il déchaîna en Bosnie. L'ancien psychiatre, surnommé le "boucher des Balkans", prête-t-il son insondable caractère à l'inquiétant Dr Vlad, le gourou guérisseur dont s'éprend la confiante Fidelma ? En partie seulement. Edna O'Brien est trop artiste pour tomber dans le piège de l'actualité. Subjuguée, trahie, puis mise au ban de sa communauté, Fidelma garde l'angélique puissance des êtres capables de voir le mal en face. Il est vrai que dans ces pages, tantôt lyriques, tantôt brutales, le mal n'est pas une fatalité, c'est un territoire. »

« Le Mal en face », Élisabeth Barillé, Le Figaro magazine, samedi 8 octobre 2016

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« Le portrait d'une Irlandaise séduite et abusée par un criminel de guerre serbe en cavale. Magnifique.
À la fin de la fille de Ryan, une jeune femme, accompagnée de son mari, Robert Mitchum, quitte son village d'Irlande sous les huées, car elle a eu une liaison avec un officier anglais, et part se réfugier à Londres.
L'Irlandaise Edna O'Brien, qui a bien connu Mitchum, a sans doute pensé à cette séquence en imaginant le destin de son héroïne, Fidelma, elle aussi containte d'émigrer, et pour des raisons similaires. […]
Passé un bref et surprenant prologue, qui fait allusion aux 11 541 chaises rouges alignées le 6 avril 2012 le long de la grand-rue de Sarajevo, pour commémorer le vingtième anniversaire du commencement du siège de la ville par les forces serbes, les familiers de l'œuvre se retrouvent en pays connu : une bourgade d'Irlande ; un jeune prêtre maladroit, quelques nonnes dans un couvent à demi désaffecté ; un pub souvent désert, un grand hôtel-restaurant fréquenté par les notables. Et une jeune femme qui s'ennuie, sans le savoir. […]
Mais voilà que s'installe au village un mystérieux docteur qui, ses longs cheveux blancs retenus par un catogan, pratique la sexothérapie et la médecine par les plantes, et devient vite, la curiosité et la méfiance passées, la coqueluche des dames de Cloonoila. […]
[…] On est […] impressionné par la description de la vie d'une nouvelle Madame Bovary dans une Irlande étouffée, par cet amour fou, soudain, qui la fait tomber dans les bras d'un inconnu qui représente l'Ailleurs, la Vie, la Vie tout court, qu'elle ne connaît plus depuis longtemps.
Edna O'Brien a réussi, une fois de plus, un portrait de femme profond, sensible, une nouvelle variation sur les motifs qui lui sont chers, écrite dans une langue admirable de diversité et de souplesse. »

« Dans la gueule du loup », Christophe Mercier, Le Figaro, jeudi 6 octobre 2016

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« Mensonges, sentiments éperdus et culpabilité hantent le récit poignant d'une paria.
En 2013, l'Irlandaise Edna O'Brien publiait Fille de la campagne, des mémoires dépourvus de toute nostalgie, le récit d'une vie tourmentée autant que passionnelle, peuplée de fantômes mais aussi de belles amitiés et de tourbillons amoureux dans un Swinging London qui savait s'amuser. Elle, la révoltée, la courageuse, rappelait que, dans les années 1960, elle fut traitée de sorcière par des compatriotes qui ne supportaient pas sa liberté de ton. Parler de sexualité à de jeunes Irlandaises qui, comme elle, voulaient fuir ce pays médiéval était très mal vu. On croyait alors que cette autobiographie était la ponctuation d'une belle carrière d'écrivain. Or, à 86 ans, Edn O'Brien n'en a pas fini avec le roman et elle le prouve magnifiquement dans ces Petites Chaises rouges, une histoire de mensonge, d'exclusion et de tourments infinis.
[…] Edna O'Brien ne se contente pas de narrer cette histoire tragique, voire effrayante. Elle veut accompagner la détresse de Fidelma, sa fuite vers Londres, sa vie de paria, car c'est le personnage dupé, exclu et ravagé par la culpabilité, qui intéresse la romancière. Fidelma est la victime d'une passion impossible qui bravait les interdits. Elle va en subir les conséquences et payer pour l'amour d'un monstre qui savait caresser son corps. On retrouve les obsessions littéraires de cette grande écrivaine des laissés-pour-compte, des amoureuses insatiables et aveuglées qui choquent le paysan borné et le bourgeois radical. En passant d'un point de vue à l'autre, elle pointe du doigt le désir et la honte, la beauté d'un paysage et les bas-fonds de la capitale. Fidelma est une grande héroïne à la russe, sauvage et naïve, mais capable de se relever pour reconstruire une vie en miettes. »

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« Amour des feintes », Christine Ferniot, Lire et www.lexpress.fr, octobre 2016

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« Une femme mystifiée est l'héroïne du dernier roman d'Edna O'Brien.
Chacun a sa part de lumière et d'ombres. De bien et de mal. De naïveté et de cynisme. Fidèle à son thème de prédilection – les femmes et leurs relations aux hommes dans une société marquée par l'Histoire – la grande dame de la littérature irlandaise explore dans un gros et beau roman la gamme des émotions humaines. Jusqu'à la monstruosité. […]
D'emblée on est sous le charme : le style de l'écriture, l'histoire qui peu à peu se révèle, le caractère mystérieux du personnage de Vlad, la fluidité avec laquelle tout s'enchaîne, avec, saupoudrés, des indices qui induisent un dénouement inexorable.
Prenant pour toile de fond la guerre de Bosnie et son génocide, comme personnage secondaire un Radovan Karadzic plus ou moins imaginé, Edna O'Brien colle au fil directeur de son œuvre en explorant la complexité de l'âme féminine. À travers le beau portrait de Fidelma, grande naïve qui paie très cher la confiance et l'amour, elle nous parle aussi d'adultère, de culpabilité, de honte, de déchéance, de regrets… Entre imaginaire et réalité historique, poésie de la langue et extrême violence des situations, barbarie et délicatesse, voilà le roman poignant d'une vieille dame de quatre-vingt-six ans à l'écriture magnifique, d'une merveilleuse modernité. »

« Vice versa », Sophie Guinard, Luxemburger Wort, samedi 1er octobre 2016

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« Edna O'Brien se met à l'écoute des convulsions balkaniques et observe leurs conséquences jusque dans son Irlande natale.
Des petites chaises rouges, il y en a exactement 11 541. Elles ont été installées en avril 2012 à Sarajevo, à la mémoire des victimes du siège de cette ville, et elles ont inspiré à Edna O’Brien – la grande dame des lettres irlandaises – un roman magnifique. Lequel se situe pourtant bien loin de la capitale bosniaque puisque nous sommes dans un "trou perdu" d’Irlande, Cloonoila, près de Galway, où débarque un matin un inconnu vêtu d’un long manteau noir. […]
Au fil des jours, les villageois en sauront un peu plus sur leur bienfaiteur. Qui agite son pendule de cristal comme un graal miraculeux. Qui dit venir du Monténégro. Qui prétend être né à Alexandrie et avoir longtemps vécu dans les pays Baltes. Qui cite Ovide ou les poètes latins à la moindre occasion. Qui clame haut et fort que l’homme moderne a perdu son âme, et qu’il a besoin d’un nouveau messie. Qui, le dimanche, s’occupe des jeunes sur le terrain de foot avant de les entraîner dans les bois, sur les traces des druides […].
C'est alors sur l’une des femmes de Cloonoila, Fidelma, que la romancière pose son regard, d’une tendresse poignante. Mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, frustrée de n’avoir jamais eu d’enfant, contrainte de vendre sa modeste boutique à cause de la crise, elle rêve d’une autre vie, telle une Bovary irlandaise. Aussi ne tardera-t-elle pas à se laisser séduire par Vladimir […], dont elle tombera enceinte avant que tout bascule. Car, au comble de l’effroi, Fidelma va bientôt découvrir – comme tous les autres habitants – que le prétendu guérisseur se cache sous une fausse identité. Et qu’il est un monstre, celui que l’on surnomme "la bête de Bosnie", l’homme le plus recherché d’Europe, dont la tête a été mise à prix. […]
Librement inspirées de la figure de Radovan Karadzić – qui a passé douze années de cavale en exerçant la médecine alternative avant d’être arrêté en juillet 2008 –, ces Petites Chaises rouges racontent aussi comment Fidelma s’escrimera à survivre […].
Portrait de l’Irlande profonde, évocation du chaos qui a secoué l’Europe centrale à la fin des années 1990, ce roman mêle l’innocence et l’horreur pour dépeindre la guerre sous un double visage. Celle des Balkans mais, aussi, celle que doit livrer une femme égarée dans son amour, prise dans l’étau de la culpabilité, du dégoût de soi et de l’humiliation. Une femme qui a côtoyé le Mal jusque dans sa chair et qui finira par l’affronter dans les dernières pages. Une femme outragée mais jamais vaincue. Comme toutes celles que met en scène Edna O’Brien depuis son premier roman, Filles de la campagne, publié il y a plus de cinquante ans. »

« Une Bovary irlandaise dans les filets d'un criminel de guerre », André Clavel, Le Temps, samedi 24 septembre 2016

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« L'Irlandaise Edna O'Brien signe une fresque sur le bien et le mal. Petites Chaises rouges, certes, mais grand livre.
Les Petites Chaises rouges signent le retour d'Edna O'Brien à 85 ans, après de magnifiques mémoires. L'auteur du scandaleux Les Filles de la campagne, qui marqua les années 60, et plus récemment de Crépuscule irlandais, signe cette fois un ambitieux mélange de romance et de politique, un texte librement inspiré de Radovan Karadzic, le génocidaire serbe qui publiait des vers. Un moyen pour elle de décrire la déflagration de la grande histoire sur une communauté innocente. Dans un village d'Irlande, un étranger à l'allure de druide s'installe comme guérisseur. D'abord méfiants, les habitants sont bientôt charmés par sa connaissance des plantes et des poètes anciens. Une femme mariée tombe amoureuse de lui. Quelques mois plus tard, il est arrêté et jugé à La Haye pour génocide, en tant que responsable du siège de Sarajevo. Sublime dans sa première partie, qui s'écrit au cœur du village […], Edna O'Brien se montre une fois encore magicienne du style, maniant une langue en même temps âpre et lyrique. Elle est surtout et plus que jamais une extraordinaire observatrice de l'humain. »

« Se méfier des guérisseurs », Romain Charbon, Grazia, vendredi 23 septembre 2016

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« Un homme débarque à Cloonoila. Il est séduisant, charismatique, et travaille comme thérapeute pour redonner espoir et désir à ses patients. Il s'appelle Dragan. En quelques jours, toutes les femmes du village tombent amoureuses de lui. Qui se cache derrière cet homme à l'allure de sauveur ? Un fou sanguinaire, coupable d'un génocide. Le titre de ce roman rappelle les 11 541 petites chaises rouges installées à Sarajevo, en 2012, pour honorer la mémoire des victimes du siège. C'est un livre éblouissant, dont la violence est adoucie par une écriture d'une infinie poésie. »

« Une monstrueuse séduction », Pascale Frey, Elle, vendredi 23 septembre 2016

 

« Après ses mémoires, Edna O'Brien revient à la fiction, en publiant un roman intimiste et engagé, que son ami Philip Roth a qualifié de chef-d'œuvre. Rencontre avec la star de la littérature irlandaise.
Elle – Quelle est l'étincelle à l'origine de ce roman ?
Edna O'Brien – J'avais envie, depuis longtemps, d'écrire un livre qui soit à la fois personnelet ouvert sur le monde. Un soir, à la télévision, j'ai vu l'arrestation de Radovan Karadzic, le "boucher des Balkans" […]. Pendant sa cavale, il était devenu une sorte de thérapeuthe spécialisé dans le sexe, et était presque considéré comme un saint ! Cette dualité monstre-saint m'a intéressée.
Elle – Pourquoi l'avoir transposée en Irlande ?
E. O. – Tolstoï affirmait qu'il n'y a que deux sortes d'histoires à raconter : un homme qui voyage, et un étranger qui arrive dans une ville. J'ai alors pensé que je ferais débarquer mon personnage dans un village irlandais, parce que c'est un pays que je connais, et qu'il allait charmer. Il fallait aussi une histoire d'amour, avec une femme, aussi intelligente soit-elle, capable de tomber amoureuse d'un meurtrier. L'amour est vraiment aveugle ! Par ailleurs, mon héroïne, Fidelma, deviendra l'une des victimes collatérales de cette guerre de Bosnie qui a pourtant lieu à des kilomètres de chez elle.
Elle – Les Petites Chaises rouges est divisé en trois parties, un peu comme s'il s'agissait de trois romans différents.
E. O. – Ce sont plutôt trois mouvements d'un même concerto. Je voulais que la première partie, qui se déroule en Irlande, ressemble à un conte de fées. La deuxième raconte l'errance de Fidelma, qui a dû fuir son village (elle fut la maîtresse du monstre), et se retrouve à Londres, en compagnie de personnes encore plus démunies qu'elle. Cela va lui permettre de trouver le chemin vers la sérénité. Et la troisième partie est sa confrontation avec le génocidaire Dragan, lorsqu'il comparaît devant le tribunal de La Haye. […] »

« L'amour est vraiment aveugle ! », interview par Pascale Frey, Elle, vendredi 23 septembre 2016

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« Edna O'Brien. On adore l'écrivaine irlandaise de Fille de la campagne et l'on savoure déjà la découverte des Petites Chaises rouges. Ce roman évoque le destin d'une femme qui croise l'un des monstres de l'Histoire du XXe siècle. Impressionnant. »

« Des romans attendus », Version Femina, dimanche 28 août 2016

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« Portrait de femme autant que libre variation autour de la figure de Radovan Karadzic, Les Petites Chaises rouges permet de retrouver une Edna O'Brien au mieux de sa forme romanesque.
Il faut se méfier des œuvres ultimes autant que de la romancière qui dort. Après la publication de ses somptueux mémoires Fille de la campagne, ses lecteurs les plus fidèles crurent que l'octogénaire Edna O'Brien, ayant bien mérité de la littérature, en avait fini avec elle ou au moins avec les chausse-trapes de la fiction. Or, voici qu'en cette rentrée, toujours à l'enseigne Wespieser, paraît Les Petites Chaises rouges, l'un des romans les plus puissants et enténébrésde colère qui soient, œuvre qui pourrait être inaugurale sans que cela surprenne quiconque.
De quoi s'agit-il ? De nos vies errantes, encore une fois. C'est-à-dire aussi bien de la guerre en Bosnie […] que de l'Irlande, de solitude, du désir, des impasses du charisme, de la superstition et surtout, comme souvent chez O'Brien, du sort funeste que l'Histoire réserve aux femmes.
Soit, de nos jours, dans un coin perdu d'Irlande, l'arrivée par un soir d'hiver d'un voyageur. Il s'appelle Vladimir, il est grand, étranger, porte beau, crinière blanche et talent de guérisseur. Peu à peu, tout le village, des piliers de pub au curé de la paroisse, qui avait perdu l'idée même de communauté, se laisse séduire. Surtout la belle Fidelma, une Bovary de la verte Erin, mal mariée et le cœur à marée basse, qui va entamer une aventure avec le nouveau venu. Jusqu'à ce que celui-ci soit arrêté, sa véritable identité révélée, convaincu dans sa Bosnie natale de crime contre l'humanité, transféré vers le Tribunal pénal international de La Haye, et que Fidelma, mise au ban des siens, ne doive partir aussi vers Londres, un monde de laissés-pour-compte, la peur, la honte et le regret. Edna O'Brien orchestre cette symphonie du déclassement avec une tendresse, une capacité d'incarnation dans laquelle la colère, cette vieille colère qui l'accompagne depuis ses débuts, a toute sa part. »

« Par une nuit d'hiver, un voyageur… », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 26 août 2016

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« D'emblée, le ton est donné. Les petites chaises rouges du titre sont celles des centaines d'enfants morts durant le siège de Sarajevo et alignées en commémoration du vingtième anniversaire du drame. Un jour, un étranger débarque dans le village irlandais de Cloonoila. Il s'installe comme guérisseur. Les habitants sont fascinés par lui. La belle Fidelma, bien que mariée, en tombe amoureuse. La tragédie est en route. Car Dragan, arrêté, se révèle être l'un des pires criminels de guerre, ayant dirigé massacres et tortures durant la guerre civile. Fidelma perd l'enfant qu'elle portait dans d'atroces circonstances, et s'exile pour mener une vie de misère, terrifiée et terrassée par la culpabilité. Comment survivre à cela, et retrouver le sentiment d'humanité ? C'est le miracle de la prose d'Edna O'Brien, qui jamais ne lâche l'amour pour les humains ni la beauté de la nature. »

« Edna O'Brien n'oublie rien », Christilla Pellé-Douël, Psychologies magazine, septembre 2016

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« Avec Les Petites Chaises rouges, la romancière irlandaise poursuit ses variations sur la condition féminine à travers l’histoire d’une jeune femme dont l’existence est ravagée par une rencontre dramatique. Splendide !
Edna O’Brien a 85 ans et elle écrit des chefs-d’œuvre depuis 1960, date de publication de son premier roman, Fille de la campagne. Les Petites Chaises rouges ne fait pas exception et surprend par sa faculté à se métamorphoser sans cesse, de l’amour au tragique, de l’intériorité la plus profonde au réalisme le plus nu. Son écriture sensible, où la surprise se cache dans les détails les plus ordinaires, s’accorde avec délicatesse à l’intrigue du roman qui commence comme un conte. Un jour, dans un village irlandais arrive un étranger charismatique, barbe blanche, chevelure blanche et long manteau noir. Originaire du Monténégro, il se prétend guérisseur. Les habitants tombent sous le charme, notamment la belle Fidelma, mariée à un homme plus âgé. Après des semaines de rendez-vous clandestins, tout bascule précipitamment. Recherché par toutes les polices du monde, Vladimir Dragan est arrêté pour avoir commis des atrocités pendant la guerre civile de Bosnie. Il sera transféré et jugé au tribunal de La Haye. C’est ainsi que le titre du roman s’éclaire, rappelant que 11 541 chaises avaient été installées à Sarajevo en 2010 pour commémorer le vingtième anniversaire du début du siège de la ville et la mémoire des victimes. Après cette épreuve, Fidelma devra se reconstruire à l’ombre des regards, quittant son pays natal et côtoyant le monde caché des laissés-pour-compte que la grande ville exploite et broie. À travers le portrait d’une femme exclue de la société pour avoir approché le mal, Edna O’Brien signe une œuvre ambitieuse et polyphonique, qui mêle à la fois le récit de la culpabilité, de l’innocence perdue et de la reconstruction. Les Petites Chaises rouges est aussi un magnifique manifeste pour ceux qui vivent dans les marges ou que la solitude tourmente. »

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Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe), Page des libraires, août-septembre 2016

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SÉLECTION JDD / FRANCE INTER DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2016

« […] Nous allons aussi dans l'ex-Yougoslavie : l'irlandaise Edna O'Brien évoque le destin d'une femme ordinaire qui a vécu sans le savoir une brève histoire d'amour avec un homme qui sera inculpé de génocide. Le roman s'appelle Les Petites Chaises rouges parce que, en 2012, 11 541 chaises rouges avaient été installées à Sarajevo à la mémoire des victimes du siège de la ville. »

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« Le journal de 8 heures », de 2'47'' à 3'09'', Ilana Moryoussef, France Inter, vendredi 26 août 2016


« Sur le principe, on pourrait dire que c'est une histoire d'amour. […]
C'est un roman qui est absolument captivant, parce qu'il est vraiment basé sur les personnages, sur la force de la romancière à créer un personnage et à en décrire le magnétisme. C'est comment un nomme peut créer tout un élan autour de lui, des gens qui vont accepter sa part de mystère, et donc s'éloigner de la vérité. […]
C'est un roman qui est très étonnant par cette écriture très précise – à signaler la traduction absolument magnifique d'Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat –, qui finalement arrive toujours à trouver des mots justes, qui résonnent parfois pour un réalisme très appuyé […], et parfois amènent à une certaine poésie. […] Il y a le mystère qu'apporte cet homme qui vient d'une autre culture, qui arrive en Irlande et bouleverse d'un seul coup la vie de ce village, et aussi l'honneur de cette femme, Fidelma. Et c'est un roman qui est d'autant plus passionnant qu'on s'attend à ce que le personnage principal soit toujours ce fameux Vladimir, et en fait ce qui compte, c'est cette femme, qui est à côté, qui supporte […] et qui doit assumer ses sentiments même bien après qu'ils ont eu lieu, après que toute la vérité a été faite sur cet homme-là. »

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« Le casque et l'enclume », de 4'08 à 9'10'', Julien Leclerc, RCF Loiret, lundi 21 novembre 2016


« Les Petites Chaises rouges est un roman signé par une grande dame des lettres irlandaises, Edna O'Brien, […] qui revient à la fiction avec ce livre qui commence un peu comme commencerait un conte, c'est-à-dire qu'on voit une haute silhouette noire qui sort de la forêt, un homme qui est vêtu d'un long manteau, qui marche vers un village, le village d'un coin perdu d'Irlande […]. Il s'appelle Vladimir Dragan, "Vuk", comme il dit se surnommer. […]
Toutes les femmes sont très séduites par cet homme, et parmi les femmes la plus belle d'entre toutes, qui s'appelle Fidelma McBride et qui aurait pu s'appeler Emma comme Mme Bovary, parce qu'elle est une romanesque dans l'âme aussi […]. Et, oui, elle s'éprend de cet homme aux longues mains fines, au regard de poète, qui connaît le secret des plantes et qui parle avec sagesse. Sauf qu'elle ignore que "Vuk", cela veut dire "loup". […]
Et sous ce masque du saint charismatique, se chache tout simplement le diable. […]
C'est un roman d'un poignant lyrisme, qui est d'une puissance rare, et qui est une réflexion bien évidemment sur le Mal, sur la dualité. Comment peut-on être à la fois amateur de vers et l'un des plus grands tueurs de l'Histoire ?
C'est surtout un livre sur une femme, ce qui est l'habitude d'Edna O'Brien qui a toujours écrit justement sur les femmes irlandaises courageuses. Parce que bien sûr Fidelma, qui a aimé cet homme, va être une paria, parce que le crime insoupçonné de cet amant va rejaillir sur elle. Elle n'aura d'autre choix que de fuir. Elle va partir à Londres, se mêler à d'autres déchus, des migrants, des immigrants comme elle, et essayer de se reconstruire. C'est un livre extrêmement fort, extrêmement beau […]. »

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« La chronique culture d'Élodie Fondacci », « L'invité culture », Patrick Poivre d'Arvor, Radio Classique, lundi 3 octobre 2016


« La déchéance d’une femme magnifiée par la prose éblouissante de l’Irlandaise Edna O’Brien. »
Sabine Wespieser est l'invitée de Malou Bernasconi.

Écouter l'émission

« Fréquence Livres », Malou Bernasconi, Fréquence protestante, samedi 10 septembre 2016


Sabine Wespieser vous présente l'ouvrage d'Edna O'Brien Les Petites Chaises rouges. Parution le 8 septembre 2016 aux éditions Sabine Wespieser.

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Librairie Mollat (Bordeaux) et Sabine Wespieser éditeur


Coup de cœur des libraires

« On attendait impatiemment le nouveau roman de l'irlandaise Edna O'Brien, que l'on avait quittée en 2012 sur le somptueux Fille de la campagne, mémoires d'une jeune fille peu rangée dans l'Irlande catholique du milieu du XXe siècle. Depuis lors, la dame était en silence et ses lecteurs commençaient à croire que ce livre rare et précieux, véritable manifeste littéraire, avait mis un terme à son œuvre. La voici pourtant, ou devrais-je dire enfin, de retour sur la scène littéraire en cette rentrée 2016, avec un ouvrage dont Philip Roth dit qu’il est "son absolu chef d'œuvre". […]
C'est un roman d’une puissance magnétique, aussi beau que dévastateur, qui explore avec une infinie beauté les recoins les plus sombres de l’âme humaine. On ne peut qu'être subjugués par la perfection de la prose et l'apparente facilité à écrire de cette grande dame […]. Comment Edna O'Brien continue-t-elle à garder une telle flamme? Quel est son secret? Sans doute vient-il de sa capacité à aimer l'Humanité, à continuer à regarder le monde qui l'entoure et à s'y intéresser […] De cette passion pour l'écriture qui la porte et l'anime depuis toujours. Il y a, chez elle, cet amour de la vie et des autres, envers et contre tout. Cette aisance et ce talent remarquables "à passer de la romance à l'horreur, d'un lyrisme tremblé au réalisme le plus cru, de la beauté à l'effroi le plus pur", jonglant avec les différents registres de langue, glissant d'une émotion à une autre, d'une voix à une autre, d'un univers à un autre... Il y a cette écriture éblouissante, tour à tour paisible, tourmentée ou rageuse, comme l'eau changeante des rivières du pays natal. Et toujours, cette poésie et ce lyrisme bouleversants, qui donnent lieu à des descriptions somptueuses. […]
Vous qui aimez la grande et belle littérature, permettez-moi donc ce conseil : lisez et relisez Edna O'Brien pour entendre ce qu'elle a à dire de l'Irlande et des siens, du monde d'aujourd'hui et de l'humanité toute entière, dans ce roman d'une puissance et d'une justesse rares qui parle d'amour, de mort, de sacrifice et de tolérance. S'agit-il vraiment de son chef d'œuvre ? Je ne saurais répondre, un "oui" sous-entendant que je n'attends plus rien de cette immense écrivaine. Mais il est certain que ce livre magistral et bouleversant, terriblement contemporain, ne peut laisser indifférent et vous hantera longtemps. Chapeau bas, Mrs O'Brien ! »

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Blog Le Triangle masqué, samedi 17 juillet 2016


« Fidelma, belle endormie, tombe amoureuse du mystérieux étranger venu s'installer dans son petit village irlandais. Ces quelques moments de bonheur vont faire d'elle une paria rejetée de tous. Car cet homme est un criminel de guerre, responsable de milliers de morts pendant la guerre en Bosnie.
En s'emparant de ce sujet douloureux, Edna O'Brien en fait un superbe roman, sur l'espoir d'une femme de vivre le grand amour, les risques pris, le remords et la culpabilité qui la rongent.
Bouleversant ! »

Coup de cœur de Valérie, librairie Ravy (Quimper)


« Roman vertigineux, style sublime.
Roman vertigineux, lyrique et très contemporain autour de l'innocence amoureuse et de la culpabilité engendrée face à la vérité crue, insensée, guerrière et mortifère. Avec justesse, Edna O'Brien déploie les méandres amoureux d'une femme pour un étrange inconnu à l'identité falsifiée nouvellement installé dans un village irlandais, recherché par toutes les polices internationales. Fidelma, femme trahie, égarée dans son amour, rongée de culpabilité saura être tenace et forte dans l'adversité, dans la monstruosité des actes perpétrés par le commun des mortels. Pages sublimes déclinées autour de la reconstruction de soi dans le malheur et dans la folie des hommes. »

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Coup de cœur de Betty Duval-Hubert, librairie La Buissonnière (Yvetot), www.leslibraires.fr, jeudi 1er septembre 2016


Rentrée 2016 : la sélection de la librairie Obliques (Auxerre)

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« Venant du Montenegro, Vladimir Dragan arrive en Irlande où il s’installe guérisseur dans un trou perdu. Dès sa 1ère cliente, une nonne du coin, il fascine celle-ci qui ressort revigorée de cette consultation. Fidelma, belle et mariée à un homme beaucoup plus âgé qu’elle tombe sous son charme. Mais l’idylle aura une fin rapide car Dragan est arrêté : il a vécu sous un faux nom à Cloonoila et est immédiatement inculpé de crimes contre l’humanité en Bosnie. Le titre du livre n’est pas sans rappeler les 11 541 petites chaises rouges installées en 2012 à Sarajevo pour commémorer les victimes du siège de cette ville. Mais le vrai sujet de ce roman, c’est le destin de Fidelma, femme ordinaire, dont l’existence a été ravagée par cette brève histoire d’amour, sans jamais deviner que son amoureux éphémère était l’un des monstres les plus sanguinaires du  XXe siècle. Elle s’exilera à Londres où elle finira par vivre de petits boulots. Écrit avec beaucoup de tendresse et de compassion, ce roman de la culpabilité et de la déchéance est un petit chef-d’œuvre. »

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Coup de cœur de François-Régis Sirjacq, librairie Forum du livre (Rennes), www.leslibraires.fr, mardi 16 août 2016


« […] La prose éblouissante d’O’Brien éclaire le destin de cette femme, Fidelma, prise dans l’étau de cette société irlandaise conservatrice, qui devra fuir vers Londres pour y vivre honteuse et apeurée, se reconstruisant comme elle le peut. Entre clarté et obscurité, entre poèmes lyriques et scènes crues, entre amour et horreur, Les Petites Chaises rouges est un roman d’une grande finesse qui raconte la violence d’une société et la culpabilité d’une femme. Intense et flamboyant. »

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Coup de cœur de la librairie Le Grenier (Dinan), mardi 16 août 2016


SÉLECTION DES LIBRAIRES ENSEMBLE - CATALOGUE DE RENTRÉE LITTÉRAIRE 2016 « S'IL N'EN RESTAIT QUE 100 »
« La femme du monstre.
Irlande, époque contemporaine. Une belle endormie, Fidelma, va sortir de sa torpeur pour aimer le beau ténébreux qui séduit toutes les femmes d'un petit village d'Irlande. Mais derrière Vladimir Dragan, le bel étranger du Monténégro, se cache un monstre. Seule Fidelma aura le malheur de l'attendrir, elle seule devra payer le prix pour ce moment d'égarement. Car Dragan est un boucher, recherché par toutes les polices, coupable de crimes contre l'humanité. Aimer ce monstre a livré Fidelma à la vindicte de la population, elle a été souillée par l'amour. Elle s'enfuit à Londres. Pourra-t-elle survivre et se construire un avenir ?
Edna O'Brien signe son meilleur livre en embrassant ce sujet historique et douloureux. Quelle virtuosité pour dire l'indicible, les charniers de Bosnie ! Et en même temps quelle douceur dans son appréhension des sentiments humains ! Et quelle pureté pour décrire les paysages irlandais ! Car Edna O'Brien n'abandonne pas ses thèmes de prédilection et centre aussi son roman sur les émotions intimes des femmes, et sur les problèmes de relation aux hommes et à la société dans son ensemble. Bouleversant, une pépite ! »

SÉLECTION GUIDE DE RENTRÉE LITTÉRAIRE FURET DU NORD

SÉLECTION GUIDE DE RENTRÉE LITTÉRAIRE DECITRE

SÉLECTION GUIDE DE RENTRÉE LITTÉRAIRE DES ESPACES CULTURELS LECLERC
« Des chaises rouges en mémoire des victimes du siège de Sarajevo… La grande romancière Edna O’Brien raconte le destin d’une femme irlandaise qui a vécu une brève histoire d’amour avec un monstre sanguinaire, sans savoir qui il était. Le roman d’une vie ravagée. »

Lu et conseillé par :
François Michel, librairie Livres in room (Saint-Pol-de-Léon)
Nathalie Claudel, librairie La Compagnie des livres (Vernon)
Élody Ballanger, librairie L'Écriture (Vaucresson)
Coline Hugel, librairie La Colline aux livres (Bergerac)
Geneviève Gimeno, librairie Maupetit (Marseille)
Julie Uthurriborde, librairie Montmartre (Paris XVIIIe)
Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe)
Christophe Aimé, librairie M'Lire Anjou (Château-Gontier)
Stéphanie Fontaine, librairie Le Furet du Nord (Lille)
Nadia Sendin, Espace culturel (Moisselles)
Sylvie Vacher & Valérie Ohanian, librairie Masséna (Nice)
Brice Vauthier, librairie L'Étagère (Saint-Malo Paramé)
Véronique Marchand, librairie Le Failler (Rennes)
Jean-Baptiste Hamelin, librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)
Christine Milhès, librairie Privat (Toulouse)
Claire Lesobre, librairie Entre les lignes (Creil)
Emmanuelle George, librairie Gwalarn (Lannion)
Sarah Mossman, librairie Le Bel aujourd'hui (Tréguier)
Pascal Pannetier, librairie du BHV Marais (Paris IVe)
Marie Boisgontier, librairie M'Lire (Laval)

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Page des libraires, août-septembre 2016


« Un petit village irlandais dans lequel il ne se passe plus grand-chose depuis qu'une voie à grande vitesse le contourne. Un jour, y arrive un étranger au charme un peu vénéneux. Il dit s'appeler Vladimir Dragan, arriver du Monténégro et se prétend guérisseur, herboriste, sexologue, étonnant thérapeute qui finit par convaincre tout le monde. Fidelma, qui s'ennuie auprès d'un mari plus âgé, est la plus charmée par cet homme énigmatique. Ne pensez surtout pas que ce roman soit une nouvelle version de Madame Bovary. Vladimir Dragan est bien plus qu'un cynique que séduire la plus belle femme d'un village perdu amuse, c'est un assassin de la pire espèce, accusé de génocide, massacres et tortures, recherché par toutes les polices afin d'être jugé au tribunal international de la Haye. Un des plus grands monstres du XXe siècle inspiré par Radovan Karadzic. Ce n'est pas son histoire qu'Edna O'Brien nous raconte mais celle de Fidelma, sa dernière victime. Obligée de fuir son village après l'arrestation de l'homme monstrueux dont elle attendait l'enfant, elle se réfugie à Londres. Anéantie par l'horreur, la culpabilité et la honte, elle va errer dans cette ville inconnue et y faire des rencontres qui l'aideront peut-être à se reconstruire.
Un roman saisissant et d'une grande puissance porté par un savant équilibre de beauté et d'effroi.
Edna O'Brien ne se complaît jamais à écrire l'horreur, elle en dit juste ce qui est nécessaire pour atteindre la conscience du lecteur. Un réalisme cru temporisé par le lyrisme d'une écriture parfaitement maîtrisée. »

Coup de cœur de Véronique Marchand, librairie Le Failler (Rennes), www.babelio.com et www.placedeslibraires.fr, mercredi 10 août 2016


Presse Web

« Que se passe-t-il quand, sous les traits d’un homme venu d’ailleurs, l’Histoire fait irruption dans un petit monde clos ? L’Irlandaise Edna O’Brien, dans son dernier livre Les Petites Chaises rouges, a voulu explorer cette énigme. Dans le coin retiré de l’Ouest de l’Irlande où s’ouvre le roman, un étranger débarqué du Monténégro surgit au cœur de la communauté du village de Cloonoila et sème le trouble dans les existences routinières des habitants. Parmi les femmes séduites par sa présence, l’une d’elles – la plus belle – paiera cette rencontre au prix fort, suivant l’un de ces destins féminins accidentés forgés par Edna O’Brien dans son œuvre.
Quand Vladimir Dragan arrive à Cloonoila, Fidelma mène avec Jack son mari, beaucoup plus âgé qu’elle, une vie quelconque, marquée par le vide et l’ennui. Sans enfant. Comme pour d’autres au village, l’étranger, poète, mi-gourou mi-guérisseur, mi-sage mi-sorcier, joue à son égard un rôle de révélateur et d’agent perturbateur. Depuis qu’il s’est installé chez les gens du village pour exercer la médecine parallèle, le manque ancien qui hante Fidelma et la fait envier les mères autour d’elle, se fait plus prégnant ; elle croit y remédier grâce à Dragan et noue avec lui une liaison dangereuse, brève, inévitablement entachée d’opprobre.
Le scandale déclenché par cette aventure prend une dimension gigantesque, monstrueuse, quand la haute silhouette et la barbe blanche de Vlad font leur apparition sur tous les écrans de télévision pour annoncer au monde l’arrestation d’un criminel de guerre recherché pour génocide, nettoyage ethnique, massacres et tortures, et appelé à comparaître devant le Tribunal international de La Haye. Derrière l’homme qu’elle a aimé, dissimulé sous un faux nom depuis des années, derrière le poète qui l’a séduite, Fidelma découvre un nationaliste fanatique et un bourreau, celui qu’on nomme la "bête de Bosnie", dont le personnage a été inspiré à O’Brien par la figure de Radovan Karadzic, psychiatre et lettré lui aussi. La stupeur et l’effroi, l’extrême culpabilité dans lesquels Fidelma est plongée à la suite de cette révélation, culminent avec l’agression sauvage dont elle est l’objet de la part d’anciens acolytes de Dragan venus à sa poursuite, qui lui fait perdre l’enfant qu’elle porte et la marque à jamais dans sa chair.
Cet événement – véritable pivot du livre – signe la chute de Fidelma qui, brisée, déchue, part se réfugier dans le Londres cosmopolite et déshérité des migrants de toutes origines, et erre d’un foyer à l’autre, passant de rencontres solaires en déceptions ordinaires. Les épreuves traversées, la barbarie croisée au cours de son chemin, semblent désormais faire de Fidelma une sœur des victimes du siège de Sarajevo, symbolisées par les 11 541 petites chaises rouges alignées par la population de la ville sur la grand-rue en 2012, et auxquelles renvoie le titre du roman.
Par le personnage sensible de Fidelma l’Irlandaise, O’Brien nous raconte aussi bien les milliers d’histoires des massacrés de Bosnie et des habitants de Sarajevo sous les bombes, que les trajectoires heurtées des sans-logis de Londres venus de toutes les zones en conflit et de tous les territoires en désordre de par le monde. Dans sa langue imagée, tantôt poétique, tantôt volontairement triviale, les uns et les autres, elle les fait vivre, en contrepoint de la figure maléfique de Dragan, à travers des lieux – l’Irlande, les Balkans, Londres – avec lesquels elle a elle-même noué au cours de sa vie des liens intimes et profonds.
La solitude des grandes capitales, la désespérance des hommes déracinés par les soubresauts des grands drames contemporains, rencontrent pêle-mêle dans ce livre multiple aussi bien l’angoisse maternelle immémoriale de l’enfant-monstre que les idéaux de pureté raciale, portes éternellement ouvertes sur la folie et le crime. »

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« Accident du destin », Stéphanie de Saint-Marc, En attendant Nadeau


« Lorsque, avec ensemble, la presse anglo-saxonne a salué la parution des Petites Chaises rouges comme une œuvre majeure (avec appel du pied pour le Nobel), Edna O’Brien, irlandaise, 84 ans, pas mal de prix littéraires à son actif, a sobrement commenté : l’était temps. De la lire, surtout, si ce n’est déjà fait.
Les Petites Chaises rouges débute comme un de ces récits dans lesquels on se carre avec délice, tombée de nuit à Clooinoila, Irlande, arrivée d’un étranger, aboiements fous de chiens. Au pub, où sert Dara, cheveux-enduits-de-gel, où déboulent les filles au verbe cru, l’étranger fait de l’effet. Ne pas se fier à ce classicisme apparent, le propos d’Edna O’Brien ne l’est pas, tout comme son enracinement revendiqué en Irlande n’est pas repli, mais ouverture sur le monde. D’entrée, le lecteur est averti. L’exergue évoque les 11 541 chaises rouges qui, en avril 2012, figurèrent, dans les rues de Sarajevo, les morts du siège. Les petites chaises représentaient les enfants : 643. Le lecteur a aussi pu lire une citation de Roberto Bolaño : Un individu ne fait pas le poids face à l’Histoire.
Edna O’Brien est une affranchie et, octogénaire ou pas, elle continue de l’être. Politiquement, intimement comme toujours. […]
Les Petites Chaises rouges est un roman à double révolution qui mêle et télescope l’intime d’une brève histoire d’amour et l’Histoire tout court, à savoir la vie clandestine de Vlad Dragan. Le nom a été changé pour la bonne forme, il s’agit de Radovan Karadzic, premier président de la République serbe de Bosnie, dit "le Boucher des Balkans" (nous parlons ici, entre autres, du massacre de Srebrenica), recherché pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Condamné depuis à quarante ans d’emprisonnement par le Tribunal international de La Haye.
Fidelma, marchande de nouveautés en cale sèche depuis qu’une nouvelle autoroute permet au villageois d’acheter en ville, et qui est aussi une beauté, ne sait rien de tout cela. Elle voit ce que chacun voit à Clooinoila. Vlad, ce médecin tout ce qu’il y a d’alternatif, aux airs de pope, le catogan sur la nuque, fait, dit-on, des miracles. Même la nonne Bonaventure le clame. Fidelma à son tour ira le consulter, pour les nerfs, et le diagnostic sera limpide. Au risque d’être brutal, Mrs McBride, il me semble... que ce que vous désirez, c’est un amant. Exact, fit-elle surprise de sa hardiesse, l’imputant à cette soirée chaotique.
Mariée à un homme bien plus âgé, Jack, qu’elle aime beaucoup, c’est-à-dire qu’elle n’aime pas, en mal d’enfant, elle va vivre une passion qui la dépassera, genoux tremblants de désir pour cet homme […]. Elle n’aura même pas le temps de s’interroger lorsque la télévision montrera l’arrestation et l’"autre" visage de Vlad. La sanction vient, et ce n’est pas paradoxal, de ceux-là même qui furent les amis de Vlad. Elle est terrible et immédiate.
Ce pourrait être la fin du livre, c’en est presque le début. Fidelma est à la fois femme doublement coupable, victime à son tour. Anéantie socialement. Avec une obstination quasi muette, grandiose, presque sans paroles, devenue ombre parmi les ombres londoniennes, elle cherche. Des réponses, sans doute, à se reconstruire, c’est sûr. Même si cela veut dire ménage nocturne dans les tours de la City, hébergements compliqués ; c’est presque naturellement qu’elle va rencontrer réfugiés et émigrés en tous genres, dont des Bosniaques, une question de géographie urbaine et sociale. C’est l’autre visage de Londres, emmené par l’écriture à la fois violente et légère d’Edna O’Brien, lyrisme tenu court, un portrait de l’autre Angleterre, qui sut recevoir dignement des réfugiés de partout.
Fidelma nettoie les bureaux, mais les places sont chères, Fidelma nourrit les lévriers de course mis au rencard, et Fidelma ira à La Haye, se confronter à son ex-amant. Et peut-être n’y a-t-il pas grand-chose à voir, les bourreaux sont ordinaires. Edna O’Brien, qui pour écrire ce livre est allée suivre des audiences, a vu pas mal de choses, elle.
D’où vient la charge émotionnelle d’un roman qui joue la sobriété absolue, y compris dans les descriptions des exactions commises – un détail cruel dit l’ensemble –, et ne concède rien aux conventions sentimentales ? Peut-être de ce qu’il est irrigué souterrainement, comme toute l’œuvre d’Edna O’Brien, par l’enfance. Sa matière première, a-t-elle dit, et on peut penser que le criminel de guerre serbe, qui jamais ne mit un pied en Irlande, est peut-être le successeur romanesque de criminels collaborateurs condamnés à la Libération qui trouvèrent refuge en Irlande, ou que Mistletoe, l’enfant cloîtrée par son père sans papiers avec laquelle se lie Fidelma, n’est pas si éloignée de la gamine enfermée au couvent qu’elle fut. Ou plus simple, comme le dit Philip Roth : qu’elle est la plus douée des auteurs anglais vivants. »

« Edna O'Brien, par-delà le bien et le mâle », Dominique Conil, www.mediapart.fr, samedi 12 novembre 2016

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« Après la publication de ses mémoires, parus en France il y a quatre ans sous le titre Fille de la Campagne, Edna O’Brien revient au roman avec Les Petites Chaises rouges, une magnifique histoire de honte et de rédemption.
Le roman commence comme un conte maléfique. Un inconnu, vêtu d’un manteau noir et de gants blancs, observe avec fascination le lit d’une rivière tourmentée. […]
Le lecteur, averti par un texte glaçant placé en exergue, connaît déjà l’identité de ce mage apparemment inoffensif : Vladimir Dragan, dit Vlad, poète autoproclamé, exilé, visionnaire, guérisseur, sexothérapeute, est recherché par toutes les polices. Il est accusé de génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures. Edna O’Brien s’inspire de la figure de Radovan Karadzic : pendant sa cavale longue de douze ans, le sinistre chef politique des Serbes de Bosnie se dissimulait sous les traits d’un gourou de la vie alternative, le soi-disant Dr. Dragan Dabic, les cheveux ramassés en chignon, tenant la rubrique hebdomadaire "Méditation" dans un magazine lifestyle.
Pourtant, Les Petites Chaises rouges n’a rien d’un vulgaire roman à clef qui tirerait son sujet vers le sensationnel. L’intrigue ne tourne pas autour de la révélation de l’identité de l’imposteur. […]
L’audace de ce roman tient à la collusion entre ces deux univers : un pays d’Europe centrale, déchiré par la violence et le mal, et cette Irlande rurale, dépeinte avec lyrisme et dérision. […] Mais le véritable tour de force, c’est d’avoir placé au centre du roman la figure de Fidelma, belle brune au sourire de Joconde, incarnation de l’innocence sacrifiée. Désespérée de ne pas avoir d’enfants, celle-ci entreprend une vaste manœuvre érotico-culinaire, à base de supplications, de tourtes et d’allumettes au fromage, afin de se faire engrosser par le charlatan thérapeute. Les conséquences de cette union seront terribles. O’Brien retrouve ici son thème de prédilection, l’omniprésence de la culpabilité dans nos vies. Fidelma est-elle complice du Mal ? Quand l’innocence devient-elle un péché ? […]
Les Petites Chaises rouges est un grand roman, à la puissance magnétique. Rares sont les écrivains qui, dans une langue aussi sublime, superposent perspective historique et contemporaine avec autant de finesse. Chapeau bas. »

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Marie-Anna Gauthier, www.lesheuresperdues.fr, samedi 29 octobre 2016


« […] C’est un roman passionnant, très prenant, autour d'une période dramatique de l'Histoire contemporaine mais qui trace aussi le parcours étonnant d'une femme de courage qui veut vivre pleinement sa vie. L’écriture nous entraîne et nous émeut en mêlant la réalité, dans toute son horreur, à la fiction. La gravité, l’humanité, parfois l’humour et surtout l'amour, qui touchent les êtres de façon bien particulière, rendent de façon magistrale toute la complexité du monde. »

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Brigitte Aubonnet, www.encres-vagabondes.com, lundi 24 octobre 2016


« Un nouveau roman de l'Irlandaise Edna O'Brien est toujours un événement. Sabine Wespieser éditeur nous offre en cet automne, Les Petites Chaises rouges, une histoire forte et réaliste, une histoire de mensonge, mais surtout un admirable portrait de femme.
Certes inspiré par la triste figure du criminel de guerre Radovan Karadzic, il ne s'agit pas d'un roman de guerre, mais d'un magnifique portrait d'une femme ordinaire, innocente, naïve, dont la vie fut ruinée par cette courte histoire d'amour avec un des monstres du XXe siècle. Impossible pour elle de rester dans le village et même dans son pays ultra conservateur, elle se réfugie alors à Londres où elle se retrouve dans les marges, à survivre de petits jobs, tourmentée par sa honte et surtout sa culpabilité. Les questions surgissent… Faire confiance, se méfier, comment vivre avec l'autre, quel prix à payer quand on s'est trompé ? Avec une grande économie de moyen, Edna O'Brien décrit avec justesse cette déchéance jusqu'au moment où Fidelma se trouvera de nouveau devant le monstre lors du procès. À plus de quatre-vingt cinq ans, Edna O'Brien livre un des romans majeurs de 2016, un portrait de femme universel qui demeurera dans l'histoire de la littérature. Dans notre monde de plus en plus mortifère où Sarajevo se nomme aujourd'hui Alep, l'art et la littérature restent notre seule consolation, notre seule option de vie, de résistance contre les forces du mal. Lisez Les Petites Chaises rouges, lisez Edna O'Brien. »

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Le blog de Danactu-résistance, dimanche 23 octobre 2016


« Une écriture éblouissante sur un sujet très sombre, et dérangeant. […] »

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Hélène Kolsky, www.valeursactuelles.com, lundi 10 octobre 2016


« Dans ce nouveau chef-d’œuvre qui commence comme un conte irlandais et s'achève sur un monde urbain ultra-contemporain, Edna O'Brien dresse le portrait d'une femme exclue de la société pour avoir côtoyé le mal et signe une œuvre ambitieuse, polyphonique et subtile, sur l'innocence perdue et la culpabilité. »

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Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe), « Page avant Page », pagedeslibraires.fr, vendredi 12 août 2016


« On avait adoré son livre de mémoires, Fille de la campagne, qui nous transportait dans le Londres des sixties. Et nous avons hâte aujourd’hui de découvrir son nouveau roman, dont le vrai sujet n’est ni la guerre civile de Bosnie, ni la figure de Radovan Karadzic dont il s’inpsire. Mais Edna O’Brien se penche sur le destin d’une femme ordinaire, que sa naïveté a rendue audacieuse, et dont l’existence a été ravagée pour avoir vécu, sans savoir à qui elle avait affaire, une brève histoire d’amour avec l’un des monstres les plus sanguinaires du XXe siècle. »

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« C'est bientôt la rentrée ! », www.onlalu.com



 

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