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Revue de presse Ronde de nuit (essai avec personnages)
Michel Rio

 

Presse écrite

« Michel Rio n’est pas un écrivain ordinaire. En ce sens que son seul moteur est la passion de l’élucidation. La soif de percer les arcanes du monde et du verbe. Sans omettre, dans cette quête aride, les sens, voluptés du corps pour faire écho à celles de l’esprit, et l’humour, jeu sur les codes et les conventions. Dans Le Principe d’incertitude (Seuil, 1993), il faisait disserter deux hommes en une fiction si épurée que le lecteur restait en charge de lire la partition et d’en fixer les variations. Avec Ronde de nuit, il ne prétend plus livrer un "roman" mais un "essai avec personnages".
Si le titre évoque Rembrandt, c’est davantage du côté d’Arthur Schnitzler qu’il faut chercher la référence : La Ronde (Reigen, 1903) de celui-ci est une pièce de théâtre composée de dix dialogues offrant, au dire du dramaturge autrichien, un jour singulier sur certains aspects de notre civilisation. La formule vaut pour cette Ronde de nuit, menée dans un Paris des bords de Seine où un ancien maître de la finance devenu clochard (pour avoir dévoilé les dessous de la dérégulation de l'économie) s'épanche auprès d'un journaliste soucieux d'élucider ce qui est opaque. Le même souci conduit l'enquêteur auprès de Monica de Velde, somptueuse héritière collectionneuse d'art, qui a choisi le Parlement européen pour se soustraire à la médiocrité ambiante. Visitant à son tour la milliardaire, Jérôme Avalon, double récurrent de Rio, pourfend avec férocité la république des lettres, avant de revisiter certains enjeux théologiques en compagnie d'un ami cardinal et mathématicien.
La critique de la civilisation contemporaine est aussi aiguë qu'implacable. Des agences de notation qui, par un défi absolu à la logique et l'équité, se lavent de toute corruption en se réfugiant derrière "l'erreur d'opinion", en clair la stupidité et l'incompétence, jusqu'au délirant repli identitaire (La revendication d'une idée nationale obscure construite non sur un savoir positif historique et culturel, ignorance oblige, mais négativement sur le refus. La peur, la haine et la stupidité considérées comme des vertus. Tout ce qui fait le lit des bonnes guerres), en passant par l'avenir du roman (S'il y a décès, ce ne sera pas celui du genre mais de ses enjeux) ou la démission de la sphère civique (Vous ne trouvez pas d'une cocasserie sinistre qu'on en soit arrivé à un point où la plus haute ambition du politique est d'être un contre-pouvoir ?). Rio a le ton et la lucidité qui font mouche, sans se bercer de mots. Impossible de faire un nœud à un mouchoir en papier : apologue moral dans cette incapacité de la cellulose à fixer la mémoire ? – La fin de l'imprimé et le triomphe de l'amnésie, peut-être. C'est de saison. »

« Entrez dans la ronde… », Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des livres, vendredi 25 novembre 2016

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« On connaît Michel Rio pour son goût d'une langue classique et précieuse, qui fait confiance à l'intelligence de son lecteur. Abordant les sujets les plus variés, ses romans sont autant de conversations brillantes qu'on prend plaisir à entretenir avec l'auteur à travers ses personnages.
Le savoir et l'humour ne sont pas incompatibles chez Michel Rio. S'il aime transmettre des idées profondes, l'humour est parfois présent – ici dès la couverture, avec un subtil mélange des genres. Ronde de nuit de Michel Rio est sous-titré Essai avec personnages. Est-ce alors dans un roman, un essai, une pièce de théâtre, un conte ? Un peu tout cela à la fois. Pourquoi choisir lorsque l'auteur peut exploiter la richesse de ces genres ? Sous le pont des Arts à Paris, Pierrot Nassoulie, journaliste, retrouve Richard Briand, ancien numéro 2 d'une multinationale, disparu mystérieusement après un discours dénonçant le système auquel il a participé – un sursaut d'éthique qui lui vaut aujourd'hui d'être clochard. Venu chercher matière à un article, Nassoulie repart avec suffisamment de révélations sur ce système capitaliste corrompu touchant toutes les strates de la société, pour alimenter un livre. Plus tard, se rendant chez Mme de Velde, députée européenne, la quarantaine et passionnée d'art, l'échange se déplace sur le terrain de la politique. Elle explique à Nassoulie pourquoi elle croit encore au modèle européen. Avec son amant, le romancier Jérôme Avalon, la conversation porte plutôt sur la littérature, les prix littéraires et le nivellement par le bas de la culture. Ce même Jérôme aura quant à lui un débat théologique avec un ami cardinal et néanmoins mathématicien. Du haut de sa chaire, ce dernier remet en cause, lors d'une oraison funèbre prenant les traits d'un discours à charge, l'American way of life et les dérives de l'Église, ce qui amène un des sénateurs américains présent à reconsidérer sa vie, ses opinions, son action. Il erre dans Paris pour se retrouver sous le pont des Arts avec Richard Briand. La ronde de nuit se boucle et le lecteur sort enrichi de ces conversations brillantes et jubilatoires. »

Aurélie Janssens, librairie Page et Plume (Limoges), Page des libraires, octobre-novembre 2016

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