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Revue de presse Tristan
Clarence Boulay

 

Presse écrite

« L'aventure est-elle encore possible ? Dans un monde fini, mesuré, infiniment exploré, on éprouve parfois de la nostalgie pour l'inconnu et les grandes découvertes. À l'époque du tourisme de masse, de la démesure démographique, reste-t-il une place pour la solitude et l'émerveillement ? Dans Tristan, très beau roman de Clarence Boulay, on embarque pour un voyage au bout du monde. Ida quitte Le Cap, en Afrique du Sud, à bord d'un langoustier, pour rejoindre l'île de Tristan. Un minuscule morceau de terre, à quelques encablures de Sainte-Hélène. Elle débarque sur ces terres sauvages où vit une petite communauté qui garde avec les étrangers des relations à la fois distantes et cordiales. Ida trompe sa solitude en dessinant sur son bloc les lignes épurées de la mer et des côtes.
Lorsqu'une épave échoue sur l'île aux Oiseaux toute proche, elle se porte volontaire auprès d'un équipage restreint et uniquement masculin pour aller évaluer les dégâts. Les quelques jours passés sur le rocher sont éprouvants. Il faut chasser et pêcher pour se nourrir. Dormir à même le plancher en prenant garde aux skuas, des oiseaux qui risquent de vous "bouffer les yeux". Avec un naturel incroyable, Clarence Boulay entremêle alors le récit de ce combat avec les éléments et celui de la naissance d'une passion physique et amoureuse avec Saul.
Ce texte ne ressemble à aucun autre. On n'y trouvera ni les codes du récit d'aventure ni ceux du journal de bord purement impressionniste. Il y a l'océan, les tempêtes et des animaux sauvages, mais pas de volonté de singer Melville ou Conrad. La langue, d'abord, est tout à fait singulière, vaporeuse et précise, suprêmement sensuelle. Il y a de la vie dans ce récit, de la chair, des peaux et des entrailles. Ida regarde avec passion son amant dont elle exalte la force, l'abandon, la beauté. Dans une scène magnifique, elle raconte la façon dont elle apprend à éventrer des pétrels, de petits oiseaux dont elle vide les entrailles et extrait la graisse pour en faire de l'huile. On croirait alors sentir la matière sur nos doigts.
Ida, la narratrice, parle à la première personne, mais garde un quant-à-soi qui confère au texte son mystère et son élégance. Clarence Boulay est tout entière au présent. Elle écrit comme elle dessine sur son bloc-notes, sans calcul. "Je déteste les romans", confie-t-elle d'ailleurs au détour d'une page. Et c'est pour cela que sa passion amoureuse et sensuelle pour Saul et pour ce paysage est si grande. Parce qu'elle oublie qu'il y a un arrière-plan, d'autres gens, d'autres temporalités. "À aucun moment Saul ne m'avait décrit sa femme ; je ne l'avais d'ailleurs, moi-même, jamais imaginée."
Ida n'est pas une Juliette du bout du monde et elle sait qu'on ne peut jamais posséder son Roméo. De la même manière, elle semble penser que tout récit de voyage est à la fois ridicule et dérisoire. "Alors, n'est-ce pas incroyable ce que vous vivez ? Six mois, m'a-t-on dit, que vous habitez ici sur cette île isolée (...). C'est extraordinaire !", lui dit un homme. Un commentaire bien vain pour celle qui semble croire que l'expérience de l'ailleurs est indicible. Ça ne se contient pas dans le nombre de photos qu'on a prises, dans les panoramas spectaculaires que l'on a observés, dans les dessins qu'on a griffonnés. Tout cela ne fait qu'effleurer l'essentiel : les odeurs, le plaisir, le contact d'une peau. »

« Les jeunes gens et la mer », Leïla Slimani, Le Monde des Livres, vendredi 12 janvier 2018

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« Clarence Boulay signe un premier roman magnifique.
Tristan da Cunha est un confetti posé sur l’eau aux confins de l’Atlantique Sud, perdu entre l’Afrique du Sud et le Brésil. Ida et son compagnon Léon, en quête d’autres horizons, ont décidé d’y passer six mois pour une parenthèse aventureuse et culturelle. Petite déception, il ne restait qu’une seule place à bord du langoustier qui fait la liaison entre le Cap et Tristan. Le tirage au sort a désigné Ida, Léon la rejoindra avec le prochain bateau, dans deux mois environ. Embarquée pour sept jours de traversée, Ida se met alors à l’unisson d’un océan grandiose.
Le voyage se passe entre observation du ballet des albatros, contemplation des éléments et impatience… Quand elle débarque enfin, elle est subjuguée par la puissance qui se dégage du paysage avec son volcan, le vert de ses collines et surtout son silence assourdissant. Elle est tout de suite bien accueillie dans la petite communauté de quelques centaines d’âmes et loge chez Mike et Véra. Pour occuper ses journées elle dessine et peint, court, apprend à tricoter, s’ennuie… Pour les étrangers comme elle, les occupations sont très très limitées… Alors quand Saul, à la suite d’une marée noire sur l’île aux Oiseaux à quelques miles de Tristan, lui propose de se joindre à sa petite équipe de trois personnes pour sauver les oiseaux mazoutés et nettoyer les rochers, elle saute sur l’occasion. S’ouvre alors un univers parallèle, aventure dans l’aventure, exil dans l’exil, fait d’encore plus de liberté, d’encore plus de grands espaces, d’encore plus de beauté, de retour aux sources, d’oubli et d’amour… “Il est des espaces où tout vacille. Où tout fout le camp. Les certitudes, les envies, les soifs d’avant. Tout se dilate [...], se dissout absolument.” Et quand le mauvais temps coupe l’îlot du reste du monde, cette bulle hors du temps se transforme alors en huis clos magique et effrayant. Elle n’en sortira pas indemne…
Clarence Boulay, jeune auteure de trente-quatre ans, a elle-même passé huit mois sur ce rocher parachuté dans l’océan qu’est Tristan. Son écriture, légère et forte à la fois, toute en finesse et en suggestivité, est en totale harmonie avec la vision qu’elle nous donne de l’île, un lieu hors du temps, fascinant et envoûtant. Hymne aux grands espaces sauvages et encore préservés – ses conditions climatiques extrêmes la laissent en dehors du circuit des escales –, et hommage à une population aussi chaleureuse que secrète, à son indispensable autarcie et à son mode de vie encore et toujours lié aux éléments, Tristan apparaît ici plus qu’un décor mais un personnage à part entière de ce premier roman. Il partage la vedette avec Ida dont le portrait est dressé avec beaucoup de sensibilité.
En arrivant dans un lieu inconnu et en n’y connaissant personne, elle pensait ouvrir une page blanche sur laquelle toutes les aventures semblaient possibles. Mais l’histoire qui va s’écrire ira bien au-delà de ce qui avait été prévu. Après l’euphorie de la découverte de l’île, la magie d’un nouvel amour, une vague culpabilité, elle ne sait plus qui elle est et doute. Et le temps va s’étirer, s’étirer… En refermant ce roman, que l’on peut aussi voir comme un carnet de voyages – géographique et intérieur –, une brutale envie de larguer les amarres nous saisit… »

« Métamorphose d'une voyageuse aventureuse », Sophie Guinard, Luxemburger Wort, samedi 12 et dimanche 13 mai 2018

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« Il a fallu tirer au sort entre son compagnon et elle : un seul passager peut embarquer à bord du langoustier l'Austral pour se rendre sur l'île de Tristan da Cunha, dans l'Atlantique Sud. La côte la plus proche est à sept jours de mer. C'est ainsi qu'Ida, la Française, se retouve à bord du langoustier et débarque sur "cet ilôt minuscule" avec une dizaine d'autres nationalités. Elle laisse Léon à qui elle adresse de courtes missives.
À partir de ce décor âpre et sensuel, Clarence Boulay nous invite à un éblouissant voyage en littérature. Tristan, c'est une île, c'est un prénom et un personnage insaisissable – il se trouve qu'Ida dessine, c'est l'une de ses activités au sein de ce lieu coupé du monde vivant au gré du temps et où il faut savoir tout faire : pêcher, cuisiner avec ce qu'il y a, bricoler, chasser les pétrels, soigner les oiseaux mazoutés, économiser l'énergie, ne pas bien connaître les autres mais accepter qu'ils sachent tout sur vous, attendre… Oui, on attend beaucoup sur cette île capricieuse qui ne se laisse pas facilement aborder. "L'attente. Encore elle, celle qui nous oblige à confondre l'instant avec la durée et la durée avec l'éternité", écrit si joliment Clarence Boulay, qui installe une atmosphère étrange et captivante avec ses descriptions physiques et intérieures. Parfois, une île est une page blanche : "Autour de moi, des lambeaux de passé virevoltent dans les airs, laissant découvrir une peau neuve, fraîche, remplie des possibles que je sens poindre à l'horizon." À un autre moment, elle dit : "Au fur et à mesure que je marche, j'ai l'impression d'entrer dans un conte, de parcourir un dessin, comme si tout ce qui m'entourait était à la fois bien réel et complètement illusoire." C'est exactement ce que l'on éprouve à la lecture de ce magnifique premier roman, tout en délicatesse. »

« Rentrée littéraire, huit auteurs à découvrir : Une île est une page blanche », Mohammed Aissaoui, Le Figaro littéraire, jeudi 25 janvier 2018

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« À bord d'un langoustier, Ida quitte Le Cap pour rejoindre l'île de Tristan, petit bout de terre perdu au milieu de l'Atlantique Sud. Sept jours en mer pour entrer dans un nouvel espace-temps, ouvrir une parenthèse… "Sur l'île, je ne connais personne, personne ne m'attend. La page est blanche. Tout est possible. Non. Tout semble possible. Mais ça je ne l'ai su qu'après." Jour après jour, la jeune femme se faufile dans le quotidien des îliens et s'approprie le dépouillement, l'épure, les habitudes qui régissent la vie de la petite communauté. Lorsqu'un cargo s'échoue, elle se porte volontaire pour aller sauver les oiseaux mazoutés et embarque pour Bird Island. Un îlot hors du monde, où surgit la passion, "Je suis sur une île déserte au milieu de l'océan. Un homme m'aime. Le cliché est tel que j'ose à peine le formuler." Sans clichés, l'écriture délicate de Clarence Boulay explore l'isolement, qui libère autant qu'il contraint, dans un beau premier roman qui nous emmène loin, très loin. »

« Loin de tout », J. T., L'Alsace, dimanche 14 janvier 2018

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« D'abord, il y a "la mélancolie des paquebots. Au moins celle de ce langoustier sur lequel Ida embarque un jour depuis Le Cap, laissant derrière elle son amoureux, Léon, et plus ou moins toute civilisation, à destination de la minuscule île de Tristan da Cunha, dominion britannique face à Sainte-Hélène. Que cherche-t-elle en ce lieu à la fois clos et ouvert à tous les horizons ? De l'espace, du silence, l'indécision fertile du réel, l'éetat des choses… Sur place, logée chez l'habitant, elle va bientôt se fondre à la vie de l'île, à sa communauté chaleureuse et accueillante. Et lorsqu'un cargo fait naufrage sur une île voisine, lieu de reproduction des manchots dans l'archipel, Ida se porte volontaire pour rejoindre l'équipe de trois hommes qui iront au secours des oiseaux mazoutés. Là, entre ciel et mer, dans une solitude comme rendue à sa beauté première, une histoire d'amour va naître avec l'un d'entre eux. Avec une ardeur renouvelée, la jeune femme va se sentir s'appartenir plus que jamais, jusque dans la dépossession. Un jour, il faudra revenir à Tristan, revenir à sa vie. Un jour…
En 2011, la scénographe et plasticienne Clarence Boulay a passé huit mois sur l'île de Tristan da Cunha. Elle en est revenue avec une thèse en cours à l'EHESS et ce roman inaugural, éclatant de beauté, où elle est déjà au plus près de sa vérité d'écrivaine. La preuve, de quelque côté qu'on le lise, c'est un roman d'amour. »

« Avant-critiques : Ida ou l'ardeur », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 10 novembre 2017

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« Tous les gens qui partent connaissent un jour cette impossibilité à raconter. »
« Pourquoi une île ? Pourquoi un volcan ici ? Pourquoi une terre plutôt que rien ?
Presque au milieu de l’océan Atlantique, se dresse une île qui porte le nom du navigateur qui l’a découverte : Tristan da Cunha. L’une des premières caractéristiques de cette île, c’est de surprendre. On la décrit comme l’île habitée la plus éloignée du monde. La plus éloignée des côtes, la plus éloignée de ce qu’il est convenu d’appeler le continent. Une île qui serait la plus île de toutes les îles.
Clarence Boulay est plasticienne et scénographe. En 2011, elle part huit mois sur cette île. Son premier roman Tristan sera publié chez Sabine Wespieser éditeur le 4 janvier. Il accompagne un travail de recherche qu'elle mène depuis plusieurs années sur les espaces insulaires et notamment sur l’île de Tristan da Cunha.
J’ai voulu faire l’usage de cette distance, éprouver comment ça se passe sensiblement, corporellement, intellectuellement d’aller vers ce point-là. Et qu’est-ce qu'il se passe, quand notre centre, le continent, devient alors périphérie. J’ai voulu comprendre en inversant les choses.
Ida se pose aussi parfois en ethnologue dans sa volonté de comprendre. Est-ce qu’on peut dissocier le scientifique de l’intime ? L’observation participante de la relation amoureuse ? Car c’est à travers ces moments d’intimité qu’Ida va vraiment comprendre les enjeux de la communauté, enjeux moraux, familiaux, d’organisation, à travers le discours de Saul. »

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« Par les temps qui courent, Romain de Becdelievre, France Culture, mercredi 27 décembre 2017


Entretien avec Clarence Boulay pour son ouvrage Tristan (Sabine Wespieser éditeur).

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« Un livre, un jour », Olivier Barrot, France 3, jeudi 11 janvier 2018


Le coup de cœur du libraire, de 3'48'' à 5'02 :
Nathalie Iris, de la librairie Mots en marge (La Garenne-Colombes), a beaucoup aimé Tristan de Clarence Boulay, un premier roman. Tristan, c'est le nom d'une île de l'Atlantique Sud où le destin d'une jeune femme bascule l'espace d'une tempête qui coupe l’île du reste du monde.
« C'est un roman qui vous emmène ailleurs, et dans un ailleurs totalement inconnu puisqu'il s'agit de cette petite île. Et puis parfois on part à la quête de quelque chose et on trouve autre chose. C'est ce que Clarence Boulay nous démontre dans ce livre avec beaucoup de brio, de savoir-faire dans l'écriture, a assuré Nathalie Iris au micro de RTL. Pour un premier roman, j'ai vraiment été bluffé, comme on dit, notamment par les deux derniers paragraphes qui sont à la fois une fin et une ouverture et qui expliquent tout le livre. »

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« Les livres ont la parole », Bernard Lehut, RTL, dimanche 7 janvier 2018


Coup de cœur des libraires

« "On devait partir à deux, mais il ne restait qu'une place sur le bateau. Alors on a tiré au sort et c'est tombé sur moi." C'est le hasard qui fait débarquer Ida sur l'île de Tristan, un bout de terre accroché à son volcan quelque part entre l'Afrique et le Brésil. La traversée depuis Le Cap a duré sept jours, et le prochain bateau ne sera pas là savant plusieurs semaines. C'est dire si le séjour à Tristan est une expérience qui engage, non un simple voyage que l'on fait pour assouvir sa soif d'exotisme.
Ida partage au fil des jours la vie d'une communauté soudée par le travail, l'entraide et l'esprit de famille – on est tous un peu parents à Tristan, "l'île des sept familles". Ida apprend à se rendre utile et consacre ses moments libres au dessin. "La page est blanche. Tout est possible. Non. Tout semble possible. Mais, ça, je ne l'ai su qu'après."
L'isolement de Tristan fait de la vie sur l'île la quintessence de l'expérience insulaire. Ida perd peu à peu ses repères. Ses certitudes s'embrument. Le temps, l'espace, l'identité : les amarres se détachent les unes après les autres. "L'attente. Encore elle, celle qui nous oblige à confondre l'instant avec la durée et la durée avec l'éternité." Et c'est dans cette dépossession que va surgir la passion. Fulgurante, absolue, sublime : forcément extrême.
Clarence Boulay signe avec Tristan un premier roman tendu et puissant. Elle a elle-même passé plusieurs mois sur cette île du bout du monde, une expérience qu'elle a racontée dans un bel article paru dans la revue XXI. Le détour par le roman donne une autre dimension au vécu, déplie ce qui ne serait qu'énuméré dans un carnet de voyage ou un journal de bord. La fiction vient semer le trouble et nimber les faits d'une lumière vacillante. Elle donne à ce livre une profondeur et un vertige que le lecteur, c'est certain, n'oubliera pas. »

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Coup de cœur d'Anouk Delcourt, librairie Point Virgule (Namur)


« Énorme coup de cœur de cette rentrée d’hiver ! Une histoire d’amour vertigineuse, de celle qui emporte tout pour peu qu’on s’y laisse aller. 
Ida a choisi Tristan da Cunha comme destination, une île perdue au large de l’Afrique du Sud. Elle y rencontrera des îliens rudes mais accueillants, une nature brute, un homme et elle-même. Un premier roman brillant, qui parle de dépossession, de voyage, d’art et de distance, servie par une écriture qui touche juste. »

Coup de cœur de la librairie Pantagruel (Marseille)


« 7 jours de bateau. 262 âmes. 1 volcan. 1 naufrage…
Ida passe 8 mois sur l'île de Tristan da Cunha, au cœur du Pacifique, faisant face aux éléments naturels et aux tourments sentimentaux. Splendide roman d'atmosphère, tout en finesse et en psychologie. On referme ce livre comme une fenêtre un soir de tempête : satisfait mais sacrément ébouriffé ! »

Coup de cœur de la librairie L'Astragale (Lyon VIe)

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« Déçue de laisser Léon à quai, Ida embarque sur l'île de Tristan avec onze autres passagers. La communauté, loin du monde extérieur, vit dans un équilibre précaire. Un huis clos où l'amour le dispute à l'attente et à la solitude. Premier roman. »

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Coup de cœur de la librairie maritime La Cardinale (Marseille VIIe)


« Y a-t-il un premier roman qui vous a particulièrement marquée ?
Tristan
 de Clarence Boulay (Sabine Wespieser éditeur). J’adore cette éditrice, sa ligne éditoriale et aussi la forme de ses livres : la typo, le format, le papier. C’est très agréable de les avoir en main. Ce roman raconte l’histoire d’une illustratrice partie seule à bord d’un langoustier pour l’île de Tristan da Cunha, un bout de terre le plus isolé du monde, dans l’Atlantique Sud. La mer est dure et capricieuse, elle est logée chez l’habitant. Un pétrolier s’échoue, elle va aider trois hommes à nettoyer le littoral et sauver les oiseaux mazoutés. Avec l’un d’entre eux c’est le coup de foudre, mais l’histoire est impossible, il est marié. Un texte sensible sur les relations humaines. Un roman court sur les renoncements nécessaires, c’est très beau. »

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Coup de cœur de la librairie L'Imaginaire (Annecy), www.actualite.com


« Un voyage sur une île isolée au charme de bout du monde où se rend une femme seule à la rencontre du peu de gens osant y vivre…
Ce très bon premier roman de Clarence Boulay résonne de l'écho sublime du Grand Marin, en un grand bol d'air pur où se tisse une belle histoire d'amour… Un très beau voyage ! » 

Coup de cœur de Marie Morel, librairie Le Comptoir des Mots (Paris XXe)

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Presse Web

« Tristan da Cunha est un archipel volcanique britannique perdu dans l’océan Atlantique, au nord des Quarantièmes rugissants. Clarence Boulay en fait le lieu de son premier roman. Comme elle, son héroïne séjourne un temps sur cette terre isolée, habitée par quelques 270 âmes. Le vent, les oiseaux, les vaches, les embruns, on largue les amarres…
Ida, une illustratrice française, embarque seule pour l’île de Tristan (son compagnon doit la rejoindre plus tard), où elle s’apprête à passer quelques mois. Après sept jours de traversée sur un langoustier depuis Le Cap, en Afrique du Sud, elle accoste enfin et se voit accueillie par un couple d’habitants qui la logera durant son séjour. Là, elle se promène, découvre les vaches et les moutons, les champs de pommes de terre, le port, la conserverie, regarde par la fenêtre, dessine et prend des notes. L’île, difficile d’accès en raison des conditions climatiques, accueille les bateaux en détresse, les navires avariés. Ida s’acclimate, participe à la vie de la communauté, avec le sentiment d’être constamment observée ; elle reste l’étrangère. Un jour, un cargo fait naufrage au large de l’île, causant une marée noire : les habitants se mobilisent pour sauver les animaux mazoutés et limiter la menace.
On pourrait croire que la vie d’une aussi petite communauté d’îliens est paisible et routinière, or ce n’est pas le cas ; à Tristan, on ne prévoit rien, le hasard et les éléments décident pour vous : "la pêche, un déchargement, une journée de chasse […], une tempête, les champs. C’est le vent qui décide, Ida. On avise avec lui, comme les nuages, suspendus à l’air". La jeune femme accompagne trois hommes sur la petite île aux Oiseaux pour circonscrire la menace écologique ; quelques jours soustraits aux regards des autres, comme une incise dans la parenthèse, où tout peut arriver. Mais l’équilibre de la petite société est fragile, et Ida l’apprend à ses dépens ; entre observation, description, participation, comment trouver la bonne distance quand on est un corps étranger ? Car c’est bien une histoire de corps et de sensations, à travers lesquels Ida fait l’expérience de l’essentiel, de la nudité et de la fragilité des sentiments. Un beau premier roman sensible, sensoriel et ethnographique. »

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« La rédaction l'a lu : Lîle du bout du monde », Aline Sirba, www.onlalu.com


« Tristan, de Clarence Boulay, vous emporte exactement là où toute œuvre romanesque espère vous emmener : un ailleurs à la fois mystérieux et connivent où l’alchimie du bonheur de lire se produit. Un endroit où le plaisir de la découverte le dispute à la complicité entre la main qui crée et celle qui tourne les pages.
L’héroïne s’appelle Ida. Elle quitte (sans son boyfriend” qui n’a pas puvenir, faute de place sur le bateau) le port du Cap à bord d’un langoustier, lequel devra traverser l’Atlantique Sud pour rejoindre l’île de Tristan, connue pour être officiellement, disent les guides, le lieu le plus isolé au monde.
La sirène rugit, inondant l’océan. […] Mes yeux ruissellent sans que je m’en aperçoive. L’émotion du départ, la crainte inavouée de l’inconnu, le tressaillement des vagues. Courants d’air, sanglots, embruns, écume, épave. […] J’ai l’impression que l’image floutée du port du Cap englouti sous mes larmes se retrouve enclose en moi, comme si ce paysage vaporeux s’invitait dans mon ventre[…] Qui, de l’air ou de moi, tournoie ?
Après sept jours de mer insolites, Ida arrive sur l’île – In the ocean, a glint, an island” – qui, par son surgissement, donne l’impression d’être parachutée à l’instant, juste devant nous, juste pour nous”.
Elle y est accueillie et logée par un couple, Vera et Mike, et découvre peu à peu la vie insulaire – j’ai l’impression d’entrer dans un conte, dit-elle, de parcourir un dessin, comme si tout ce qui m’entourait était à la fois réel et complètement illusoire.
Qu’est-ce qui est si différent du continent ? Ida est subjuguée par la puissance qui se dégage du paysage. Pourtant, rien de spectaculaire : les parois du volcan, l’océan, le vert des collines et le silence, assourdissant.
Ida est illustratrice. Chaque jour elle dessine et écrit, tirant un long trait” de sa feuille jusqu’à la mer, ce qui ponctue le récit de petits encarts intimes que nous partageons avec Léon, le boyfriend, à qui elle s’adresse avec beaucoup de tendresse, heureuse d’être là, d’être enfin arrivée, d’avoir rejoint ce point, cet îlot minuscule que, tant de fois sur la carte, ensemble, nous avons observé
Et plus loin : Léon, Où sont tes bras ? Où est le corps que je dérobe à la nuit et qui me complète ? Deux mois, m’a dit la femme. Dans deux mois, tu seras là.
Mais voilà, il se produit un naufrage. Dont l’ampleur aura des répercussions plus qu’inattendues. Un cargo s’échoue sur l’île aux Oiseaux – Bird Island, à vingt miles de Tristan. Personne n’y habite, mais c’est l’un des principaux lieux de reproduction des manchots” – lesquels sont vite mazoutés en nombre, à cause des nappes de fuel qui s’étendent et les engluent, leurs ailes et leur dos anthracite sont maculés d’une pâte noire et visqueuse. Certains d’entre eux sont statufiés, les yeux clos, on les croirait morts debout.
Ida accepte alors de participer à l’opération de démazoutage sur Bird Island. Avec Saul, dont les gestes sont d’une assurance et d’une agilité remarquables, et deux autres hommes. Ils seront coupés de tout pendant plusieurs jours en raison de très mauvaises conditions météo et de la trop forte houle. Le désastre est partout. Ida travaille avec Jimmy ; Saul et Stan, plus costauds, nettoient les rochers à l’aide d’un jet haute pression.
Très vite, Saul devient cette masse, cette ineffable matière, cette chair mouvante dans laquelle je me noie, dit Ida, et qui, aussi douce que puissante, m’ensevelit sous son aile.
Saul, homme marié et père de famille, avec qui aucun repère ne résisteAutour de nous, le sol se liquéfie, les murs fondent un à un et libèrent une voie sur laquelle s’engouffre notre matelas déserteur.
Dans cette sorte de huis clos que constitue l’île aux Oiseaux, jouée seule au milieu des éléments hostiles et démontés, une histoire se noue, tressée à vif dans deux cœurs électrisés.
Un cri, un hurlement” qui lâche, qui jaillit, qui valse à grands pas. Tout rompt, Saul s’échappe, il court le plus vite possible, laissant derrière lui quarante années de sécheresse, de promiscuité, de ‘il faut’ […] Au diable la morale, la bienséance et les histoires de famille […]Saul abandonne un à un ses habits de père, de mari, de pêcheur, de berger, d’homme robuste et responsable, pour m’offrir un corps nu, dépouillé de conventions et de statut, un corps dense, saillant, presque encombrant, un agrégat de muscles serrés, façonnés comme l’est la roche par la houle et le vent.
Quelque chose se vit – que nous envions à la narratrice, et qu’il serait sacrilège de trop dévoiler ici : il faut lire Tristan, découvrir la formidable écriture, poétiquement près de l’os, et le sens aigu du récit qu’y développe Clarence Boulay.
Ida, son héroïne, sait parler à cette autre personne qui est en nous et que nous laissons rarement s’exprimer. Pas seulement la folie. Pas uniquement l’amour fantasmé. Pas simplement l’abandon. Ida nous emmène dans ses espaces, ses champs de mots si justement dessinés, tout en nous laissant la possibilité de crayonner notre propre histoire dans la sienne – vivre, en surimpression au sien, notre désir d’aventure, aussi illégitime qu’il soit.
Et refermant l’ouvrage, la question me hante et me torture l’esprit : l’amour en huis clos, est-ce forcément faux ?. »

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« Le cœur en houle », Martine Roffinella, www.linkedin.com, dimanche 22 avril 2018


« C'est une musique d'embruns et de nuages glissant au loin que l'on découvre avec le roman de Clarence Boulay. D'isolement aussi, d'une solitude partagée, dans une île du fin fond du monde. Tristan da Cunha est un archipel volcanique, dans l'Atlantique Sud. Elle est souvent présentée comme l'espace de terre le plus isolé du monde.
Entre l’Amérique du Sud et la pointe de l’Afrique du Sud, l’île Tristan est un désert, à peine peuplé de familles. Un huis clos naturel, où se sont réfugiés femmes et hommes. Qu’est-ce qui pousse des humains à s’exiler si loin ? Rien : on ne peut vivre sur cette île qu’à condition de s’y marier, et donc de trouver un ou une célibataire.
Ida, elle, a choisi d’affronter cette traversée de sept jours sur le langoustier, pour gagner l’île. Sans Léon, qui n’a pas pu trouver de place sur le navire : elle part, seule, vers une aventure dont elle n’imagine rien. Impossible de mesurer ce qui attend le voyageur, sur un tel morceau de terre.
Ici, la vie est autre. Rien de commun avec la ville, ses bruits et sa vitesse. Ce n’est pas l’activité qui manque pour autant : on pêche, on travaille, on coud, mais l’on ne flâne jamais. Le temps de l’insouciance prend une autre dimension.
Parfois, la mer est mauvaise, mais l’on se retrouve. Parfois, une catastrophe survient et il faut partir sauver des oiseaux, emmazoutés. Pour Ida, une nouvelle existence débute, pour quelques mois. Logée chez Mike et Vera, elle scrute le moindre mouvement : dessinatrice, son œil va et vient.
"Parfois, Léon, ça fait comme des bosses, des creux, des sortes de montagnes dans ma tête. Des bruits étranges, comme du tonnerre. Tout est beau ici. Tout. Des remous du ressac, au sourire du vieil Andy", écrit-elle.
Jusqu’à sa rencontre avec Saul. Partie pour l’île aux Oiseaux, où un cargo s’est échoué. Partie sauver des oiseaux, elle va découvrir l’amour dans les bras d’un autre homme. Un autre horizon. Surtout quand l’île devient prison : impossible d’y accéder, la mer est trop mauvaise…
C’est un livre de houle et de vent, précisément, que livre ici Clarence Boulay, un roman qui, au gré des vagues, celles qui peuplent la mer et celles qui ballottent l’âme, finit par griser le lecteur. On s’enivre d’une nature à peine amadouée par les hommes. On chavire. On découvre. On rêve.
Avec une certaine tristesse, la mélancolie qui naît toujours des grandes révélations. »

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« Tristan, de Clarence Boulay : rêver, pleurer, s'évader », Nicolas Gary, ActuaLitté, mardi 9 janvier 2018



 

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