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Revue de presse Douces déroutes
Yanick Lahens

 

Presse écrite

« À Port-au-Prince, "il y a ceux qui marchent et ceux qui ne marchent pas". On passe des quartiers résidentiels où les riches dressent des barbelés aux ruelles maculées de détritus où les enfants cohabitent avec les rats. Dans le nouveau roman de Yanick Lahens, le lecteur croise aussi des poètes, des prostituées aux seins lourds, un journaliste bouleversé, un juge qui n'a pas peur de mourir… Avec, en fond sonore, la voix cassée de Brune, la chanteuse en bustier orange. Après La Couleur de l'aube et Bain de lune, la romancière replonge dans la nuit haïtienne, suit des ombres sur les routes déglinguées, dans une ville "gueule ouverte", agonisante et fascinante. Le juge Berthier a été assassiné, coupable de n'avoir jamais plié le genou. Sa fille, Brune, son beau-frère, Pierre, veulent savoir qui a tué cet homme intègre et pourquoi. Mais le nom des coupables n'est pas l'argument essentiel de cette enquête par laquelle l'auteure continue de déclarer son amour à une ville et un pays garrottés par la misère. Elle offre sa voix aux habitants, se glisse à côté de leurs peurs et de leur énergie. Elle laisse transpirer sa colère. Il y a quelque chose de sauvage dans Douces déroutes, qui glisse du "il" au "je", de l'universel au singulier. Yanick Lahens y décrit aussi le désir charnel et l'amitié qui réchauffe les cœurs. Densifiant son écriture jusqu'à l'électriser, elle y fait place à des citations poétiques, des œuvres musicales, composant un chant bouleversant. »

Christine Ferniot, Télérama, mercredi 31 janvier 2018

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« Port-au-Prince, "un amour qui passe par de grandes colères". Yanick Lahens raconte Douces déroutes », Frédérique Roussel, Libération, samedi 20 et dimanche 21 janvier 2018

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« Jetés sur l'asphalte brûlant, les personnages de Douces déroutes sont saisis dans leur course haletante. À leurs trousses, Port-au-Prince, la capitale haïtienne, comme un incendie. "Ici, vivre, c'est dompter les chutes. La ville est un chaudron et il faut viser l'écume pour ne pas aller racler le fond", médite Cyprien Novilus. Un convoi ministériel a failli faire basculer sa voiture dans le fossé. Stagiaire dans un cabinet d'avocats renommé, il est promis à un bel avenir s'il apprend à se taire et à fermer les yeux sur ce que trafiquent les puissants de l'île. Ceux qui refusent de le faire sont broyés.
Ainsi du juge Berthier, le père de Brune, sa petite amie, assassiné alors qu'il s'obstinait dans une affaire qui dérange le pouvoir. Le livre s'ouvre sur une lettre adressée à son épouse : "Nommer certaines choses est devenu un délit et non le fait que ces choses existent", écrit-il. Comment supporter cela ? Faut-il fuir ce Port-au-Prince déserté par la justice et gangrené par l'argent ? Faut-il s'en accommoder ou se battre – jusqu'à la mort ? Étudiants ou artistes, petits-bourgeois ou marginaux, les personnages du cinquième roman de Yanick Lahens composent avec le mélange d'amour et de désespoir qu'ils éprouvent pour leur pays. L'écrivaine haïtienne – prix Femina pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur, 2014) – capte la musique entêtante et saccadée de cette lutte intime, et la fait résonner magnifiquement à nos oreilles.

On entend d'abord la radio qui donne le pouls du pays, en diffusant la douceâtre ritournelle d'un sénateur chanteur, une antenne libre où éclatent la colère du peuple et une publicité tapageuse pour une belle voiture. Nous frappe ensuite la voix de Pierre, le beau-frère du juge Berthier, qui s'entête a démasquer les commanditaires de son assassinat. Rejeté par ses parents à cause de son homosexualité, cet homme paisible, à la santé fragile, vit isolé sur les hauteurs de Port-au-Prince, lom du bitume. "Ma ville est un corps aimé qui s'éloigne, nous sommes des amants séparés", dit-il. La semaine, il se frotte les mains en songeant au dîner qu'il servira le samedi soir aux amis de sa nièce Brune : Ézéchiel, le poète sans le sou qui prône l'action violente contre le gouvernement ; Waner, le fermier qui, "loin des politiques, trace un chemin à lui" ; Nerline, la militante féministe ; Ronny, l'universitaire américain, et Francis, un journaliste français en reportage en Haïti.
Chaque chapitre est centré autour d'un personnage. D'un coup, la narration passe de la troisième personne omnisciente à l'intimité de la première, créant un sentiment de fusion entre le pays et ceux qui l'habitent. Tous mis en échec, en "déroute", on le sait dès le titre. Ce qui occupe Yanick Lahens, c'est l'attitude avec laquelle ils étreignent la vie – la seule chose qui, au bout du compte, donne du sens à notre humaine condition.
Elle est vorace chez Cyprien, persuadé que l'argent peut effacer son enfance misérable et la couleur de sa peau, obstacles à ses grandes espérances. Elle est gracieuse chez Brune. La nuit, la jeune femme chante sur la scène du Korosòl Resto-Bar, et sa voix écorchée repousse l'horreur de la mort de son père, surprenant Francis, tout comme la "douceur suraiguë" qui émane de la foule rieuse, abreuvée de mots. L'état poétique est le "seul état de la vie qui permet de marcher pieds nus sur des kilomètres de braises et de tessons", déclame une femme sur la scène, citant le poète haïtien René Depestre.
Si la nuit est tendre dans le bar, c'est qu'elle est terrible au-dehors. Sur la route du retour, Francis tombe amoureux de Brune et une partie de leurs amis évitent de justesse des tirs à un barrage. Plus tard, Ézéchiel croise le chemin de Jojo et de son Beretta, son voisin braqueur devenu tueur à gages. À Port-au-Prince, nous dit Yanick Lahens, le désir est inséparable de la peur, la vie de la mort. Elle embrasse ces extrêmes dans son roman qui prend des allures de polar urbain quand se dessinent peu à peu les contours du trafic sur lequel le juge Berthier enquêtait.
L'écrivaine part souvent de la matière pour écrire sur son pays. Si l'ample Bain de lune, situé dans la campagne haïtienne, creusait la terre, Douces déroutes, dans la même lignée que La Couleur de l'aube (2008), met les personnages à l'épreuve de "cet asphalte fertile" et mortifère. La ville exacerbe les sens et les sentiments contraires que Yanick Lahens démêle de sa plume ardente. »

« Port-au-Prince brûle-t-il ? », Gladys Marivat, Le Monde des Livres, vendredi 12 janvier 2018

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« Quand un écrivain talentueux se saisit d’un genre, c’est pour mieux le détourner en le pliant à ses désirs. La romancière haïtienne Yanick Lahens ouvre son récit sur la mort d’un juge intègre : une lettre déchirante parvient à l’épouse de celui qui se savait menacé par des tueurs à gages. Mais trouver les assassins et résoudre l’affaire n’est pas l’objectif premier de ce polar singulier, dont l’intrigue est avant tout prétexte à montrer comment survit désormais Haïti, une île presque intégralement aux mains de criminels, un système politico-économique tout entier gangrené par la corruption et le sauve-qui-peut. Yanick Lahens compare son pays à une voiture abandonnée au bord de la route, sur laquelle "chacun s’est servi au gré de ses besoins". Dans son récit choral, elle donne voix aux habitants du chaudron qu’est Port-au-Prince, aux gueux comme aux riches mafieux de la drogue, à la fille du juge comme à l’homme de main, au jeune poète famélique, mais aussi au vieil esthète original, à l’apprenti avocat ambitieux, au journaliste étranger ébahi. Végéter ou s’enrichir ? Garder son âme ou gagner un 4×4 ? Soutenir ou trahir ? Rester ou partir ? De son écriture ardente, aiguisée par la connaissance charnelle de sa ville, Lahens parvient à composer une rhapsodie sauvage et brutale, où les seuls instants pacifiés sont ceux qu’on partage entre amis autour d’un repas tendrement préparé et ritualisé, où l’intensité est le mode majeur, jusqu’à riper vers cette "douceur suraiguë" unique à Port-au-Prince, "démesure de douleur, démesure de poésie". »

Marie Chaudey, La Vie, mercredi 10 janvier 2018

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« Être et rester un juge intègre dans une société corrompue : le pari – perdant – de Raymond Berthier, dont une lettre d’adieu à son épouse, quand il se sait condamné à mourir, ouvre le nouveau roman de Yanick Lahens, Douces déroutes.
La noble ambition du juge était à l’opposé de celle qui anime Cyprien, jeune avocat stagiaire d’origine modeste mais plein d’avenir : s’il se conforme aux règles non écrites qui régissent le pouvoir et la fortune, il pourra transformer en réalité le rêve qu’une publicité a gravé comme une rengaine dans son cerveau : "Tu es Audi ! Tu es Haïti !" Aucune compromission ne devrait être inacceptable dès lors qu’il a mis le pied sur le premier échelon vers le sommet de la hiérarchie sociale à Port-au-Prince.
Francis, journaliste indépendant, vient d’arriver à Haïti, ignorant des derniers événements criminels qui ont secoué la justice de ce pays mais à peu près certain de dénicher sur place un bon sujet de reportage à placer dans un magazine. Il va trouver mieux encore en rencontrant Brune, la fille unique du juge assassiné, la fiancée de Cyprien – mais elle s’en éloigne –, la chanteuse à la voix si troublante qu’un autre corps semble parfois habiter le sien : "Avec la voix monte une liberté intacte, celle pour laquelle on brûlerait tout l’or des jours."
Dans un univers très différent de celui que décrivait Bain de lune, le roman qui lui a valu le prix Femina en 2014, Yanick Lahens reste cependant elle-même : les maux de son pays la taraudent toujours et agitent la ville comme ils agitaient la campagne. Ses personnages sont conduits hors d’eux-mêmes par des forces qui les dépassent. Certains tentent de lutter, d’autres s’y plient et utilisent les ascenseurs mis à leur disposition sans s’émouvoir de la puanteur morale qui y règne.
Le plus impressionnant, dans l’organisation des éléments du récit, est l’interpénétration des parcours individuels. Francis, passeur entre le lecteur et les réseaux qu’il découvre, est placé devant des faits qu’il aurait peut-être préféré ne pas connaître. La tension est extrême, elle tire par instants le roman côté thriller. Et l’on suit les traces de la corruption, de l’injustice, avec une consternation qui va croissant. Mais aussi avec une fascination augmentée par la beauté d’une langue qui ne renonce pas un instant à la poésie. »

« Yanick Lahens démonte Haïti, société malade », Pierre Maury, Le Soir, samedi 6 et dimanche 7 janvier 2018

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« L’intégrité, la droiture, la probité viennent avec un prix élevé en Haïti, prix que le juge Raymond Berthier va payer de sa vie au commencement de Douces déroutes, cinquième roman, au verbe nerveux, à la plume lumineuse, de l’Haïtienne Yanick Lahens.
"Les pressions sur ma personne se font plus intenses et les ménaces, à peine voilées, ne laissent plus aucun doute sur le sort que certains croient devoir me réserver", écrit-il dans une lettre adressée à sa femme, peu de temps avant le drame. "Nommer certaines choses est devenu un délit et non le fait que ces choses existent."
Qui ? Comment ? Pourquoi ? Dans une capitale, Port-au-Prince, où l’exubérance de la vie danse quotidiennement avec la violence et la mort, l’assassinat d’un homme de loi opiniâtre se perd forcément dans les possibles et les conjectures. Une fatalité que Pierre, oncle de la fille du juge, Brune, n’accepte pas. Avec Ronny, Nerline, Ézéchiel, Francis, il va, dans une paradoxale douceur, s’approcher de la vérité d’un drame, pour mieux atteindre celle d’un pays dont le destin chiffonné trouble aussi celui de chacun de ses habitants.
Révélée au Québec par La Petite Corruption (Mémoire d’encrier) en 2003, puis à la face du monde avec La Couleur de l’aube, Failles et Bain de lune (prix Femina 2014), Yanick Lahens laisse ici l’intériorité de son regard se poser avec justesse et précision sur les travers, les dérives et les déroutes d’Haïti sans jamais sombrer dans ce misérabilisme qui vient de loin ou cette complaisance qui refuse de voir.
L’œuvre est chorale. Elle circonscrit avec une poésie brute le caractère organique de ces trajectoires humaines soumises à des forces extérieures dans des environnements où corruption, concussion, petits et grands trafics donnent au pire et au chaos des accents de normalité. Exister, s’en sortir, pourrait y être un acte de résistance. Mais pour Yanick Lahens, cela devient surtout un acte de foi, en la vie et en l’amour. »

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« Yanick Lahens signe un roman choral et lumineux sur les dérives d'Haïti », Fabien Deglise, Le Devoir, samedi 24 février 2018


« Bèl plaj, bèl moun… Loin de la carte postale idyllique, des anses turquoise et des haies d'hibiscus, Yanick Lahens brosse sans relâche le tableau de la réalité haïtienne. À cette ancienne professeure de littérature et journaliste, à cette militante acharnée contre l'illettrisme, pour la mémoire de l'esclavage, pour le développement culturel et durable de son île, le roman offre un espace privilégié où sonder Haïti comme elle va, où refléter sa complexité. Après le splendide Bain de lune (prix Femina 2014), la voici de retour avec Douces déroutes, dont le titre en dit long sur les paradoxes d'une île "qui n'en est pas une, mais juste la moitié d'une et qui, pourtant, fait autant parler d'elle qu'un continent". Et si l'histoire commence par une mort annoncée, dont on apprendra les détails et les auteurs à la fin du récit, elle ne s'en tient pas à cette trame vaguement policière. Loin de là. Après la mort du juge Berthier, ce sont ses proches que l'on suit. Des jeunes, sa fille Brune, maîs aussi ses amis ou des voisins, ainsi que Pierre son beau-frère, parmi d'autres. En une succession de brefs chapitres qui filent à fond de train, comme Mackenson au volant de sa moto, car "ce qui a poussé sur cet asphalte fertile, c'est une inclination à oublier la mort". La mort, elle est pourtant partout. Alors on chante pour l'oublier, on fait l'amour, on écrit des vers, on manifeste, on rit beaucoup aussi car "ici rire est une esquive, la plus douce de toutes. Pour regarder l'amer et le sombre. […] Rire pour aplanir le monde et avancer comme dans un songe". Le récit au présent multiplie les points de vue, mêlant le "il/elle" et le "je", dans un flot auquel on s'abandonne volontiers, car il est le vibrant instantané d'une réalité aux multiples facettes, dans laquelle Yanick Lahens, sans commentaires, nous plonge. Certains ont choisi de réussir, quels qu'en soient les moyens. D'autres préfèrent ne pas se soumettre, au risque de leur vie. D'autres décident de partir. Yanick Lahens ne juge pas, elle montre la dureté des existences, mais aussi l'intense vitalité de la jeunesse haïtienne et de son île, "Haïti la à-jamais-foutue, mais qu'on n'arrive pas à achever". Un roman haletant, qu'on regrette presque d'avoir lu si vite. »

« Haiti, bèl péyi », Fred Robert, Zibeline, samedi 10 février 2018

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« Avec Douces Déroutes, Yanick Lahens raconte Haïti et le monde, avec un mélange de lucidité, d'élégance et de tendresse. Un roman délicat et poignant.
Qui ignore la misère, les violences et l'injustice qui sévissent à Haïti ? Dans l'imaginaire, cette île pourrait même devenir le symbole de ces fléaux qui, bien sûr, frappent ailleurs. Alors les écrivains haïtiens ne cessent de témoigner de leur pays, l'interrogeant, s'interrogeant. Yanick Lahens le fait avec une grâce particulière.
Dans son nouveau roman, cette auteure, lauréate du prix Femina 2014, observe à la loupe la société haïtienne actuelle. Au fil de son écriture élégante et finement poétique, elle en fait pénétrer tous les milieux, des habitants pauvres aux hommes politiques, de loi, journalistes, artistes, maffieux, tueurs. Elle fait ainsi decouvrir les différents quartiers de Port-au-Prince, la capitale, zones résidentielles et miséreuses, ainsi que les villes où certains font fortune grâce à un nouveau fléau, la drogue.
L'histoire commence avec le meurtre d'un juge. Tandis que l'enquête se poursuit de manière improbable en ce pays de non-droit, le lecteur découvre son entourage, son beau-frère, Pierre, sa fille Brune, chanteuse, et tant d'autres personnages, reliés par des affects. Ils sont ballottés par un sourd mal de vivre, en terre où pour continuer à exister il faut fermer les yeux.
Yanick Lahens ne juge pas. Elle peint avec lucidité, tout en aimant ses personnages prisonniers du destin de leur île. Donnant encore plus de dimension au livre, elle replace Haïti dans la perspective d'un monde qui se durcit partout, évoquant d'autres societés qui perdent de leur liberté au profit d'une violence, comme celle des attentats en France. »

« Vision délicate et pertinente du monde », Muriel Mingau, La Montagne, La République du Centre, Le Journal du Centre, L'Écho républicain, Le Berry républicain, dimanche 14 janvier 2018

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« […] Exhalant la moiteur et les effluves sucrés, l'écriture de Yanick Lahens est armée d'oxymores. On y sent la rage du tueur à gages, le désespoir du poète et le désir des ambitieux. Un roman choral d'une trempe rare. »

« Rentrée littéraire : nos 10 coups de cœur », Nathalie Six, Avantages, janvier 2018

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« Un homme sait qu'il va mourir. Alors il décide d'écrire une dernière lettre à sa femme. "Laisse couler tes larmes, mais ne plie jamais le genou. Jamais." Le juge Berthier a essayé "d'éloigner les incendies du monde", voilà pourquoi on l'a assassiné. Il laisse derrière lui une veuve éplorée et leur enfant adorée, Brune. Contrairement à ses parents, cette jeune chanteuse "ne mesure pas la température du monde, mais elle veut elle aussi un destin." Comment imaginer qu'il ne soit pas orienté par son lieu d'origine ? Haïti n'est pas un pays anodin, il inspire Yanick Lahens car elle ne semble jamais avoir fait le tour de ses contradictions. Certains le qualifient de "maudit, misérable, sauvage ou fini", elle préfère se laisser porter par son concentré de vie. À l'image de Brune, "une fille des commotions, de la colère et du sang, des vertiges, de l'âpre beauté de cette ville". Port-au-Prince, dans laquelle l'ambiance est rythmée par la cadence de la violence ou les pulsions de l'existence. "Ici, vivre, c'est dompter les chutes." Même les jeunes sont obligés de se réinventer sans cesse. Certains retournent leur veste, d'autres demeurent fidèles à eux-mêmes, tel Ézéchiel le poète, ou Francis le journaliste français. Encore marqué par les attentats contre Charlie Hebdo, il se heurte à d'autres animosités ici. Comme s'il n'existait pas le moindre abri, si ce n'est dans l'amitié, l'amour ou l'envie de vivre. Yanick Lahens manie "des mots lacérés au couteau. Des mots malheurs. Des mots douceur précipitée. Des mots rêves et lumière." »

« Dompter les chutes », Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo, vendredi 17 novembre 2017

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Coup de cœur des libraires

« Port-au-Prince, ville d’ombre et de lumière, ville malmenée par une réalité politique violente, outrancière. Ville où la contestation est soumise à une déroute certaine. C’est aussi là que se concentrent la résistance, la poésie et l’amour. Yanick Lahens poursuit son œuvre de décryptage de la société haïtienne. Sa plume acérée explore l’intimité et le quotidien de ses personnages en quête de sens. Et le lecteur se déplace, à travers les pages, comme sur un fil entre l’extrême sauvagerie et la plus tendre douceur. »

Coup de cœur de la librairie Millepages (Vincennes)


« Haïti, 2015, Port-au-Prince. Le juge Berthier est assassiné pour son incorruptibilité…
Est-ce que l'intégrité peut résister à la violence ? Heureusement Yanick Lahens est aux commandes et nous livre sans doute un de ses plus grands livres, qui est prêt à défier n'importe quelle violence avec douceur ! »
« D'une écriture suave et lancinante, l'auteure haïtienne nous envoûte, nous aspire dans une tourbillon mêlant dure réalité et douces déroutes… justement !
À découvrir absolument, quel délice ! »

Coup de cœur de la librairie L'Astragale (Lyon VIe)

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« Coup de cœur !!!
Dans une langue superbe, Yanick Lahens nous emmène, dans ce roman choral, dans une Haïti contemporaine et sombre. Malgré tout, reste la poésie, la lumière et la vie. Un très beau roman… »

Coup de cœur d'Hélène Perentidis, Fnac Paris - Italie 2


Presse Web

« Yanick Lahens res­ti­tue la fièvre d’Haïti. Celle qui colle au corps là où la beauté semble la fille aînée de la colère, de la peur, des forces torrentielles du désar­roi. En dépit des dan­gers quo­ti­diens, de la poli­tique dou­teuse, des vio­lences mul­tiples quelque chose tient. Et ce, même si, à mesure que le pays évo­lue, les espoirs semblent dis­pa­raître.
Haïti ne s’est pas relevé de son séisme et Port-au-Prince semble un "corps aimé qui s’éloigne. Nous sommes des amants sépa­rés", dit un héros du livre. Mais la roman­cière, entre réa­lisme sans faille et poé­sie, retient la musique de vie entê­tante qui demeure même si le titre est expli­cite. Et n’invite pas aux len­de­mains qui chantent forcément.
Tendre reste néan­moins la nuit car, effa­çant bien des stig­mates elle per­met une sorte d’apaisement au sein de cette forme de polar urbain et même si le livre est bien plus que cela. Comme dans son La Cou­leur de l’aube, Yanick Lahens offre un nou­veau chant d’amour à son pays. Y errent ou avancent des sil­houettes par­fois inquié­tantes pous­sées au crime par la misère.
Mais cha­cun demeure capable de mar­cher encore et encore sur "des kilo­mètres de brume et de tes­sons" pour ten­ter de retrou­ver le para­dis perdu sous un impla­cable présent. »

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« Loin de la plage », Jean-Paul Gavard-Perret, www.lelitteraire.com, jeudi 18 janvier 2018


« Les personnages du nouveau roman de Yanick Lahens Douces déroutes évoluent tous dans la ville-capitale Port-au-Prince en proie parfois à des violences contrôlées, mais où de très belles rencontres ne sont jamais loin car la ville, bien que délabrée, chiffonnée par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, garde quelques beautés intérieures, des  fraîcheurs succulentes qui attirent des habitués du monde entier qui veulent percer l’épais mystère de ce pays qui, aux yeux de plus d’un, est insaisissable à tout point de vue ; charriant des contradictions à n’en plus finir et déconcertant même des chercheurs les plus madrés. […]
Le roman de Yanick Lahens n’est pas seulement urbain, il est aussi sociologique, d’une lucidité topographique à toutes épreuves. Port-au-Prince est racontée sur toutes les latitudes économiques, sociales, amicales, classe moyenne et bourgeoise, un kaléidoscope explosif dont l’auteur dresse un inventaire particulièrement négatif sans tomber dans un pessimisme dévastateur. Il faut dire heureusement qu’avec l’auteure on est entre de bonnes mains. Elle n’est jamais tombée dans les caricatures que l’on voit dans d’autres romans parlant de notre pays. C’est toujours avec respect et bienveillance qu’elle décrit une réalité, la nôtre, avec autant de candeur que de connaissances sociologiques. On ne saurait parler de cette ville bouillonnante de vie si on n’entretient pas des rapports amoureux avec elle. […]
Port-au-Prince et ses rues, que l’on peut allègrement confondre avec les trottoirs, des scènes de la vie courante parfaitement emboîtées dans un carnaval de portraits juxtaposés à nos délirantes et cyniques actualités autour des crimes les plus médiatisés. Yanick Lahens à l’habitude de promener son regard acéré sur nos désœuvrements comme sur nos richesses, pour en faire des plus beaux récits. À ceux qui oublient vite, possédant des mémoires défaillantes, elle les a rafraîchies, déployant une époustouflante érudition. […] Dans cet édifice romanesque, c’est l’insécurité qui préoccupe l’auteure. Elle place le curseur sur nos faits et gestes, un réquisitoire sévère de nos dérives en la matière. Ah, Yanick Lahens sait mettre avec maestria les mots sur nos maux, tenant une comptabilité fiable. On croise des personnages issus des entrailles sociologiques Haïtiennes avec leurs travers, leurs blessures, leurs chimères, leur mal de vivre, parfois leurs misères qui sillonnent les rues de la ville. […] »

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« Le nouveau roman de Yanick Lahens Douces déroutes, un thriller envoûtant et déroutant », Emmgé, AlterPresse, lundi 15 janvier 2018



 

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