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Revue de presse Diên Biên Phù
Marc Alexandre Oho Bambe

 

Presse écrite

« Alexandre était parti, bardé d'idéal et d'esprit d'aventure, défendre en Indochine la France coloniale. Là-bas, aux côtés de Diop, un compagnon d'armes sénégalais, il a connu l'horreur, “Verdun sous les tropiques”. Mais il a rencontré Maï Lan, fille à soldats, “femme inattendue”, qui riait et dansait au bord du gouffre. Ils se sont éperdument aimés. Après la débâcle de Diên Biên Phù, il a bien fallu rentrer en France, où Mireille l'attendait. Méconnaissable, décillé, Alexandre a entamé une autre guerre, contre lui-même cette fois, pour tenir bon dans son mariage, construire une famille et oser s'engager pour la fraternité des peuples. Vingt ans durant, il a donné le change. Il n'y tient plus. Le voilà de retour à Hanoi, déambulant entre le pont Paul-Doumer, où Diop le sauva de la mort, et l'hôtel Normandie, théâtre de ses rendez-vous avec Maï Lan, espérant la retrouver et, plus sûrement, se retrouver lui-même. Né au Cameroun, Marc Alexandre Oho Bambe – Capitaine Alexandre de son nom de scène – est poète et slameur. “C'est seulement lorsqu'on éprouve chaque phrase, dans son corps et son cœur, qu'on sait qu'on y est. Au mitan de nous-mêmes et de nulle part, là où naît, peut-être, la littérature”, écrit-il. Dont acte. Son roman en oxymores nous emporte par son mouvement chaloupé vers des contrées émotionnelles dont la pureté désarme, pour une ode bouleversante aux valeurs trop souvent désertées. »

« Coup de cœur : L'amant de l'Indochine du Nord », Jeanne de Ménibus, Elle, vendredi 11 mai 2018

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« "Diên Biên Phù, joli nom pour un naufrage", ainsi débute le récit. Son narrateur se battait, là-bas, avec les soldats de la coloniale. Il a connu l’enfer des 57 jours et nuits dans le camp retranché, puis la défaite. Les collines à défendre avaient de jolis noms, Gabrielle, Huguette. Il est tombé, gravement blessé, sur le pont Paul-Doumer. Et son camarade Alassane Diop, le Sénégalais revenu sur ses pas, l’a sauvé. Le narrateur retourne au Vietnam 20 ans après, car il y a laissé l’amour de sa vie, Maï Lan. Elle était ce qu’on appelait avec mépris une fille à soldat. Il l’a aimée, il l’aime encore. Il veut la retrouver. Comment peut-on encore aimer en temps de guerre ? Ils étaient heureux en enfer. Les mots claquent comme des balles et des baisers. Avec une grande force. Le pèlerinage du héros à la recherche de son grand amour ressemble à un long chemin de croix et à une montée vers la lumière. Marc Alexandre Oho Bambe, alias Capitaine Alexandre, d’origine camerounaise, est par ailleurs poète et slameur. Son roman renoue avec les grands récits lyriques. Il en a la musique et la nostalgie. Il chante la douleur de ces hommes de la coloniale embarqués dans une guerre qui n’était pas la leur. Il parle de patrie, d’honneur, "résistance n’est qu’espérance". Les mots dansent en refrains poétiques : amour, Maï Lan, frère, frère d’âmes, frère d’armes. Et il y aura finalement les retrouvailles avec M. Pho, l’ennemi d’hier… Un récit bouleversant. »

Yves Viollier, La Vie, jeudi 12 avril 2018

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« Ancien de Diên Biên Phù, Alexandre revient à Hanoï, pour retrouver son seul amour. Entre prose et poésie, un roman sur une étrange quête, au-delà de la guerre.
“Il est dix-huit heures. Nous avons perdu la bataille, la guerre et l’honneur. ” Celui qui parle a vécu cinquante-sept jours de siège, avant de se rendre, comme l’avait prédit le général Giap : “Le tigre tapi dans la jungle harcèlera l’éléphant figé qui peu à peu se videra de son sang.” Des témoignages d’anciens de Diên Biên Phù, il en existe des centaines. Le livre de Marc Alexandre Oho Bambe est tout autre chose. Une fiction qui ne porte pas tant sur les combats que sur l’ombre portée de cette guerre, hier et aujourd’hui. L’auteur part sur les traces d’un personnage, Alexandre, soldat français du corps expéditionnaire qui, d’emblée, déclare “ce n’était pas ma guerre”. Il s’est engagé, victime de la propagande du ministère sur la “mission civilisatrice” de la France. Peut-être aussi pour fuir une femme qui ne lui est rien, liée à lui par un mariage arrangé. Partir loin du conformisme religieux familial. “Fuir Dieu”, avec les idées de voyage et d’aventure qu’on a dans la tête à 20 ans.
Alexandre connaîtra l’enfer dans la cuvette de Diên Biên Phù, “un beau nom pour un naufrage”. La défaite prend la forme d’une litanie de prénoms féminins, Huguette, Éliane, Anne-Marie… noms des points d’appui qui tombent les uns après les autres. Le roman ne s’attarde pas sur la bataille, sinon pour évoquer les amis morts, l’esprit de sacrifice des combattants des deux bords, tombant pour “l’honneur”, ou alors en criant “Doc Lap ! Indépendance !”. Alexandre devra la vie à un de ses compagnons, Diop, qui le sauvera.
Ce qui le tient en vie, plus encore que la fraternité de Diop, c’est l’amour de Maï Lan, qu’il a rencontrée à Hanoï. C’est avec le chimérique espoir de la retrouver qu’il revient, vingt ans après, dans un Vietnam nouveau. Quoi qu’il arrive, il a dit adieu à la France, à sa femme et ses enfants. Les années écoulées depuis sont des années d’exil dans son propre pays. Que va-t-il trouver dans sa terre d’élection, nourrie de ses rêves et de ses souvenirs ?
Ainsi racontée, l’histoire d’Alexandre et de Maï Lan fait terriblement roman-photo. Mais ce n’est pas ainsi que nous la lisons. L’auteur, poète et slameur, distille les éléments du récit, trame narrative où le poème, écrit pour l’absente, est toujours là. L’émotion, échappant à la convention, atteint ainsi une simplicité d’évidence. Les poètes de la négritude qu’évoque Diop, les vers d’Aragon cités par le narrateur, qui se compare au Majnùn, le héros du Fou d’Elsa, ancrent le roman dans le patrimoine littéraire de langue française. Tout comme le nom du personnage, Alexandre, pseudo de résistance de René Char. L’auteur lui-même se fait ainsi appeler Marc Alexandre Oho Bambe, on comprend pourquoi. Diên Biên Phù, nom de naufrage, devient alors le titre d’un roman étrange, celui d’une quête déraisonnable, où l’on ne trouve rien d’autre que la littérature. »

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« Tous les naufrages ont un nom », Alain Nicolas, L'Humanité et www.humanite.fr, jeudi 12 avril 2018

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« Construit comme une longue poésie, ce premier roman de Marx Alexandre Oho Bambe, poète franco-camerounais, se lit comme une splendide ode à l'amour et à l'amitié. Alexandre est un Français survivant de Diên Biên Phù. C'est là-bas, au Vietnam, qu'il a laissé son cœur et son âme : Maï Lan, la femme dont il est tombé fou amoureux, et Alassane Diop, son camarade de régiment sénégalais, qui lui a sauvé la vie. Vingt ans plus tard, Alexandre retourne sur les terres de son amour pour tenter de se retrouver. Dans un style mélodieux et puissant, l'auteur livre une réflexion sur l'absurdité de la guerre mais aussi sur la quête de vérité de chacun. Brillant. »

H. R., Version Femina, dimanche 1er avril 2018

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« Marié et père de famille, Alexandre abandonne les siens pour retourner au Vietnam avec un fol espoir : retrouver Maï Lan, celle qui fut et qui reste l’amour de sa vie. Ils se sont connus vingt ans plus tôt au temps de l’Indochine. La guerre les avait unis. La paix les a séparés. Alexandre est rentré chez lui avec ses souvenirs, ses cauchemars et l’indéfectible amitié de Diop, soldat sénégalais combattant à ses côtés pour “l’honneur de la France”. Si la France a perdu, Alex n’a rien oublié. Alors il repart chercher Maï Lan, convaincu de cet amour plus fort que tout. La bataille de Diên Biên Phù de triste mémoire donne son titre à cette sublime histoire. Une défaite militaire pour un roman d’amour rehaussé de poèmes. La folie des hommes tombés au combat fait face à la folie d’un homme tombé amoureux d’une “fille au visage lune”. Mieux vaut un faux espoir que pas d’espoir du tout… Écrivain slameur d’une sensibilité rare, Marc Alexandre Oho Bambe trouve les mots justes pour briser les cœurs et toucher les âmes. »

« Trésor de guerre », A. A., L'Alsace, dimanche 18 mars 2018

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« Alexandre est mort en Indochine. “Avant de renaître, puis mourir encore.” Il y a eu la guerre, Diên Biên Phù et surtout Maï Lan, la femme au visage lune dont le nom signifie “pierre d’abricot et d’orchidée”. Le 7 mai 1954, à Diên Biên Phù, la guerre est perdue, ce qu’il reste de l’armée française n’attend plus, pour plier bagage, que les accords qui mettront fin à sa présence en Indochine. Tandis que, pour Alexandre, c’est le déchirement de la séparation. Maï Lan s’éloigne. Mais reste inscrite dans sa chair et son esprit autant que les blessures physiques, morales des combats. 
Alexandre est donc rentré en France, a retrouvé Mireille, sa très croyante épouse, à qui la foi en Dieu a permis d’accepter les aveux de celui qui expliquait être devenu fou amoureux, au loin. Le couple a repris la vie commune, puisque “Mireille disait pouvoir supporter une vie à deux, même sans saveur et sans passion.” Vingt ans se sont écoulés d’une existence tiède au cours de laquelle Alexandre n’a cessé d’apprécier les qualités de Mireille. Au cours de laquelle, aussi, il n’a cessé de penser à Maï Lan. Si bien qu’après tout ce temps, il a décidé de retourner là où il était mort et avait vécu si puissamment. Pour rechercher la femme qu’il n’avait jamais oubliée et à laquelle, comme lorsqu’ils partageaient leur passion, il n’a cessé d’écrire des poèmes.
Ces poèmes parsèment le premier roman de Marc Alexandre Oho Bambe, Diên Biên Phù. Ils disent les années pendant lesquelles l’absente est restée si vivante : “Pendant vingt ans/ J’ai vécu ainsi/ En avançant/ À reculons/ Vers toi Maï.
Diên Biên Phù raconte, avec des sauts dans le passé et les moments enflammés d’un amour toujours ranimé par les mots et les souvenirs, le retour d’Alexandre. Il ne l’a pas dit en partant, il ne l’avouera que dans une lettre envoyée à Mireille de Hanoï : il ne reviendra plus en France, leur couple est défait, il a besoin de terminer ce qu’il avait commencé et que l’Histoire a interrompu. 
Encore faut-il retrouver Maï Lan, et la tâche s’avère difficile. Malgré l’aide d’une autre femme qui se prend d’affection pour cette belle histoire, malgré M. Cho, le restaurateur bienveillant qui pense avoir connu Maï Lan, sa présence semble se dissoudre dans un espace flou. 
La quête d’Alexandre se termine d’une manière que nous ne révélerons pas, par une surprise. Mais on ne peut terminer un article sur Diên Biên Phù sans dire un mot de l’ami Diop, le Sénégalais qui a sauvé la vie d’Alexandre et est devenu pour lui un frère. Qui l’initie, en outre, aux idées de décolonisation en même temps qu’à la production littéraire du groupe d’écrivains formé autour de Présence africaine. »

« Retour à Diên Biên Phù », Pierre Maury, Le Soir, samedi 3 et dimanche 4 mars 2018

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« Marc Alexandre Oho Bambe suit, dans un roman plein de musicalité, un homme hanté par son passé au Vietnam.
Il suffit d’un pas pour passer de vie à trépas, surtout en temps de guerre. “Diên Biên Phù. Joli nom pour un naufrage. Trois syllabes de sang, un son de claque et de défaite. Pour nous, les hommes”, constate amèrement Alexandre. L’ancien soldat de la France coloniale n’a jamais fait un esclandre de cette douleur qui lui fend le cœur. Au contraire, il a plutôt fait semblant de vivre avec le poids de ce silence, si dense. Mais vingt ans plus tard, ce père de famille a besoin de retourner sur les lieux qui n’ont cessé de le tourmenter. Ils restent à jamais liés à un visage, celui de Maï Lan. “Cette fille est ma faille, mon alcool, ma parabole. Et son pays, mon gouffre néant ; j’y suis mort et m’y suis enterré, avec mes dernières illusions sur l’humanité, sur moi-même et sur ma propre patrie, ‘terre des droits de l’homme’.”
Une guerre laisse des traces bien plus indélébiles qu’on ne l’imagine, “ça vous abîme l’âme”. Ici, elle est aussi liée à un amour démesuré, salvateur, inoubliable. Aussi l’Indochine est-elle synonyme d’un “théâtre d’ombres, ballet de lumières sombres”. Avant de sombrer dans le non-sens de sa vie en sursis, Alexandre revient fouler ce sol. Son rêve fou étant de retrouver Maï Lan, la femme qu’il a secrètement aimée. Tout lui revient, les abîmes d’une guerre dans laquelle il s’était enrôlé pour fuir un mariage arrangé. Or la réalité du terrain n’a rien d’une aventure. Il s’agit juste de l’Enfer pur. Thanatos rôde partout et transforme les hommes en lambeaux ou en bourreaux. Seul Diop semble résister avec dignité. Ce Peul plein de sagesse a intégré le régiment sénégalais. Plus qu’un ami, il devient le compagnon indispensable d’Alexandre. Diop et Maï Lan lui ont permis de rester debout, alors que le monde s’écroulait. “Certains choix, de vie ou de mort, nous engagent bien au-delà de nous-mêmes.”
Quels chemins emprunter pour rester humain ? Marc Alexandre Oho Bambe a opté pour celui de la poésie. Elle est partie intégrante de ce Camerounais, né en 1976. Reconnu pour ses recueils, ses cours et ses articles, il nous éblouit avec ce roman. On sent le slameur dans l’ardeur d’une langue symphonique, dont le rythme incandescent transcende les sentiments contradictoires du héros. 
“J’avais besoin de venir ici, à la recherche de quelque chose que j’avais perdu et que j’ai retrouvé en ce lieu : la vie.” Alexandre marche sur des œufs, entrechoquant la fragilité du passé à l’agilité du présent. Ce chemin inattendu l’entraîne à la rencontre d’un pays qui, lui aussi, n’a pas fini de se reconstruire. C’est avec maestria que les mots de l’auteur dessinent sa philosophie : “Mieux vaut un faux espoir que pas d’espoir.” Une quête de sens pour renouer avec la beauté de l’existence, qui sommeille parfois en soi. »

« Retour en enfer », Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo, vendredi 9 février 2018

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« Le premier roman du poète et slameur camerounais, sur un homme à la recherche d’un “amour jeune et vieux, fou”.
Comment revenir à soi quand on a aimé de tout son être ?” Alexandre, le narrateur, sait ce qu’il vient de laisser derrière lui – sa femme et ses enfants. Il ignore ce qu’il va trouver. Il a pris une chambre d’hôtel et court chaque jour après un fantôme. Dans les rues de Diên Biên Phù, il traque Maï Lan. Il y a vingt ans, l’ancien soldat avait quitté cette ville et son grand amour, mais eux, le hantent toujours. Son amante vietnamienne lui apparaît dans une succession de poèmes et de récits. Ses pensées oscillent entre le présent de sa quête et les années où il a connu la peur de la mort et l’horreur de la donner, la passion avec Maï Lan et l’amitié rare avec un autre soldat, Diop. Ce lien entre le Français et le Sénégalais est sans doute ce qu’il y a de plus fort dans Diên Biên Phù. Diop a sauvé la vie d’Alexandre et, ensemble, ils ont appris à résister dans la guerre. L’honneur, dit Diop, ce n’est pas celui de la France, c’est celui de “nous tous ici
[de] notre honneur d’hommes, d’humains !”. René Char est partout dans le roman d’Oho Bambe, dit “Capitaine Alexandre”, en hommage au nom pris par l’auteur des Feuillets d’Hypnos sous l’Occupation. Dans les vers semés au fil du texte aussi, comme ce “Résistance n’est qu’espérance” qui a sauvé le narrateur du bourbier colonial et l’encourage à poursuivre sa quête à l’infini. »

« L'honneur d'un capitaine », Gladys Marivat, Lire, février 2018

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Audio - Vidéo - TV

À l'occasion de Livre Paris 2018, Marc Alexandre Oho Bambe vous présente son ouvrage Diên Biên Phù chez Sabine Wespieser éditeur.

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Librairie Mollat (Bordeaux) & Sabine Wespieser éditeur


Coup de cœur des libraires

« Une belle histoire d'amour, une belle histoire de vies !
La vie tout comme la solitude et la liberté ne servent à rien, si on n'a personne pour les partager. »

Coup de cœur de la librairie L'Escapade (Oloron-Sainte-Marie)


Presse Web

« Ce capitaine poète-slameur,jamais descendu de la lune poésie, débarque sur la planète romanesque en beauté avec Diên Biên Phù, paru chez Sabine Wespieser éditeur. Le narrateur, journaliste français dans un journal de gauche, quitte femme et enfants pour retourner vingt ans après en Indochine où il a combattu. Il part avec au cœur cet indestructible amour pour la jeune Vietnamienne Maï Lan rencontrée pendant la guerre, et le fol espoir de la retrouver. Ce livre de mémoire, de futur en forme de “chant des possibles”, fait retour sur une amitié aussi, celle du soldat Alexandre, sauvé par son camarade d'une autre race, le Sénégalais Alassane Diop, venu d'un autre pan de l'histoire coloniale française.
On sent ici toute l'admiration de l'auteur pour celui auquel il doit son nom de scène “Capitaine Alexandre”, le nom de résistance du poète, René Char, qui lui a “tiré des larmes” à 16 ans, raconte-t-il. “Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.” Ces “phrases étincelles” comme il les nomme ont fait du jeune homme d'alors ce qu'il est devenu. Jusqu'à cette nouvelle forme littéraire : “C'est un roman que je portais en moi depuis longtemps, j'avais envie d'écrire une histoire d'amour au long cours. Mais aussi l'envie de questionner un fait de la colonisation qui m'a toujours interpellé, le fait que certains colonisés allaient en combattre d'autres. Je n'avais pas lu de texte qui me parle de ce fait, on écrit souvent à partir d'un manque.” Tombé amoureux du Vietnam, il donne comme décor à son histoire la guerre d'Indochine, un déplacement fructueux par rapport à l'histoire coloniale de son pays natal. Outre sa puissance à nous émouvoir, ce point de vue décalé et la manière dont l'auteur conduit l'intrigue, avec un sens des dialogues remarquable, donnent à ce roman, imbibé de poésie, sa profonde originalité.
Marc Alexandre Oho Bambe, né en 1976 à Douala, au Cameroun, arrivé en France à l'âge de 17 ans, et installé à Lille, où il a créé le collectif “On a slamé sur la Lune”, n'en est pas à sa première publication. Il s'autoédita pour mettre sur la page son panthéon noir dans ADN. Puis trouva à la Cheminante l'accueil de l'éditrice Sylvie Darreau pourLe Chant des possibles,ainsi que pour son manifeste Résidents de la République(2016), et tout récemment Ci-gît mon cœur. De l'autre côté de l'Atlantique, son passage par Port-au-Prince, capitale d'Haïti, lui inspira De terre, de mer, d'amour et de feu,publié aux éditions Mémoire d'encrier. Aujourd'hui, ce premier roman marque un beau cap franchi vers un plus vaste public littéraire, même si pour le passeur de poésie, tous les genres se touchent et se résument en une phrase : “Je suis vivant.” Dans notre causerie, Marc Alexandre Oho Bambe raconte son éducation camerounaise, ses influences, dont celle, majeure, d'Édouard Glissant et d'Aimé Césaire, et les chemins de sa création sous le signe des utopies nécessaires, à suivre sur scène au long de sa tournée poétique 2018. »

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« Marc Alexandre Oho Bambe, passeur de poésie », Valérie Marin La Meslée, Le Point Afrique, vendredi 11 mai 2018


« En pleine guerre d’Indochine, à Diên Biên Phu, Alexandre, 20 ans, frôle la mort, atteint d’une balle dans le ventre. C’est par conformisme mais aussi pour fuir sa vie – ou plutôt la trouver –, que le garçon s’est engagé dans la guerre quelques semaines après ses noces. Trop jeune pour se résigner, “trop jeune pour mourir vieux”. Et c’est justement dans l’horreur de ce conflit glaçant, sanglant, qu’il découvre le sens de la vie : l’amour avec Maï Lan, une vietnamienne, et l’amitié, avec Alassane Diop, le Sénégalais qui lui a sauvé la vie. “La guerre fut une école pour moi, de vies et de vérités multiples, l’épreuve du feu et de la mort. L’apprentissage de l’amour et du monde. La rencontre avec moi-même”, raconte-t-il.
Vingt ans après, il décide de retourner au Vietnam, espérant renaître là où sa vie s'est interrompue. Et part alors à la recherche de celle à laquelle il n’a jamais cessé de penser et d’écrire, cette “fille à soldat” qu’il a toujours aimé, quittant femme et enfants “pour fuir la morne norme d’un mariage arrangé”. A la poursuite de lui-même, au vieil hôtel Le Normandie. Dans une danse verbale au tempo irréprochable, entre les vers et la prose, entre le passé et le présent, entre la vie et la mort surtout, l’on assiste avec ce roman à une crise de la quarantaine poétique. Dans un style épuré, Marc Alexandre Oho Bambe, le poète slameur bercé dès son plus jeune âge par Aimé Césaire et René Char, décrit avec beaucoup de justesse cette recherche de soi-même, à un âge où il faut choisir entre l’aventure ou l’habitude. Résonne les paroles de son ami Diop, un soir qu’ils ne dormaient pas : “je veille sur ce qui me reste d’innocence et de foi, de romantisme et d’idéaux”. Et dans cette quête de vérité, c’est l’inattendu qui vaincra. »

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« À la recherche du tempo perdu », Stéphane Desmichelle, Le Nouveau Magazine littéraire, mercredi 21 mars 2018



 

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