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Revue de presse Tu ne tueras point
Edna O'Brien

 

Presse écrite

« #BalanceTonPère », Alain Dreyfus, Le Nouveau Magazine littéraire, juin 2018

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« Réédité vingt ans après sa sortie,ce roman d'Edna O'Brien éblouit toujours par sa force et sa fureur.
“Rosaires et ovaires, je ne sais pas ce qui fait le plus de mal à ce pays. Et à moi”
, s'interroge un médecin, acteur malgré lui de cette tragédie irlandaise inspirée par un fait divers survenu dans les années 1990. Ce père de neuf enfants, un dixième en route, peut glisser à une gamine enceinte l'adresse d'une clinique, dans le secret absolu de son cabinet. Mais si un tiers l'apprenait, il deviendrait le complice d'un crime. Dans l'Irlande, dont Edna O'Brien incise l'horreur avec une rare brutalité, tu n'avorteras point. “Tu ne tueras point”, c'est le titre de ce roman, c'est écrit dans la Bible, et les pires fanatiques se chargent de te le rappeler. Et si une fille est violée ? “Un avortement ne la déviolera pas”, tranche l'une des plus terribles militantes. Tu n'avorteras pas, mais tu violeras ta fille adolescente ! “Le sifflement fut comme un lasso, l'attirant dans la forteresse d'arbres où il se tenait.” La beauté du style de l'écrivaine irlandaise, lauréate du prix PEN/Nabokov 2018, cette langue effroyablement romantique et luxuriante, est le seul baime de cette chronique d'une damnation.
Abusée par son père qui, régulièrement, surgit comme un diable de sa boîte, Mary MacNamara survit dans la déréliction, un état au-delà de la peur éclaboussé de honte. Sa mère craint trop le dénuement pour ouvrir les yeux, elle en mourra. La voisine voit des choses, mais se tait. Dans ce monde régi par les lois des hommes et de Dieu, les femmes sont réduites à leur ventre et, parfois, des bébés à peine nés sont, eux, mis à mort dans le tiroir d'une commode ou dans la cuvette de toilettes. Lorsque Mary découvre qu'elle est enceinte de son propre géniteur, sa solitude est à lier. Heureusement, une belle âme l'emmène en Angleterre vers une autre vie. Mais toute la nation s'en mêle, la rappelle à elle et à l'ordre, les barbares se déchaînent. Écrit avec de longues phrases à la beauté traître, ce roman éblouit autant qu'à sa sortie. Cette traque d'une jeune fille prise au piège de soldats de Dieu résonne d'une actualité singulière. » 

« Elle Livres : Un lit de ténèbres », Olivia de Lamberterie, Elle, vendredi 25 mai 2018

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« Quand la violence physique mène droit à la pression psychologique exercée par une puissante morale conservatrice, il en résulte un ouvrage à la fois bouleversant et révoltant.
Dans ce coin d'Irlande où les terres sont noires et tourbeuses, les filles ne valent pas cher. Justes bonnes à travailler dur et à obéir au père quand il tipote leur jupe, arrache la dentelle de leur culotte, puis sifflote comme si rien ne s'était passé. Mary a appris à se taire. Elle se contente d'aller se laver plusieurs fois dans la rivière mais elle ne dit rien à sa mère qui n'est cependant pas aveugle. Rien à ses amies non plus. Pourtant, le viol paternel se reproduira souvent. Et si l'adolescente cherche à échapper au monstre, elle n'est qu'un fétu de paille entre ses mains de paysan. Malgré ses manœuvres pour rester tard à l'école, tenter d'entrer au pensionnat religieux, elle finit toujours par se retouver face à lui et subit sans bouger la honte, la peur, la solitude et la violence. Jusqu'au jour où, enceinte, elle demande à une voisine de l'accompagner en Angleterre pour avorter. Ce qui devait être sa délivrance se transforme rapidement en chemin de croix lorsque des intégristes récupèrent cette histoire et, sous prétexte de protéger le futur bébé, répandent leur haine dans tout le pays.
Écrit et publié en Irlande en 1996, Tu ne tueras point de la magnifique Edna O'Brien est à rapprocher des Petites Chaises rouges, paru en 2015. Vingt ans d'écart et la même colère contre la souffrance des silencieuses qui doivent toujours fuir pour échapper au malheur. Depuis les années 1960 et ses Filles de la campagne, la romancière (née en 1930) brise les tabous, se bat contre cette Irlande incapable de sortir du Moyen Âge. À côté des victimes, elle brandit la révolte, secoue les politiques, les religieux, qui ne parlent que de honte et de rédemption. Jeune femme, elle fut même obligée de quitter son pays sous l'opprobre avant de revenir des années plus tard, traînant derrière elle un parfum de soufre qui mit longtemps à s'estomper.
Son écriture, d'un lyrisme exacerbé, s'oppose à la crudité des propos, pour mieux accentuer ce qu'elle veut dénoncer. Cette femme est une combattante implacable, une résistante, à l'image de son héroïne, Mary, qui finira par trouver la force de se lever et de décider de son avenir. »

« Chemin de proie », Christine Ferniot, Lire, mai 2018

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« La grande dame des lettres irlandaises, lauréate du prix PEN/Nabokov 2018 pour la portée internationale de son œuvre, ne laissera personne indifférent avec ce livre, publié en 1998, et réédité par sa fidèle éditrice, Sabine Wespieser. Il est, hélas, toujours d’actualité avec les récents mouvements des femmes victimes de violences. Son héroïne, Mary McNamara, est une jeune Irlandaise pauvre qui comprend que sa vie bascule le jour où son père, dans les tourbières, remonte sa petite robe. Elle cache cette agression, et les suivantes, à sa mère, qui ne se doutera de rien. Son désespoir est tel que la douleur se manifeste sans cesse dans son corps et atteint son paroxysme lorsqu’elle découvre qu’elle attend un enfant. Dans cette Irlande ultra-conservatrice, prête à s’enflammer, elle n’a plus qu’une issue : avorter en Angleterre. Une proche, Betty, l’accompagne, mais l’affaire devient publique et le milieu médical, sous la coupe de l’épiscopat, renonce à l’intervention. Elles rentrent toutes les deux en Irlande et Mary ne peut lutter contre cette force morale qui lui interdit de décider en tant que femme. Son corps ne lui appartient pas. Néanmoins, elle se battra “pour la liberté de dire oui ou non… et pour les autres”. Edna O’Brien dénonce avec talent, intelligence et force, l’inhumanité infligée au sexe dit faible. Indispensable. »

« Mon préféré », Anne Michelet, Version Femina, dimanche 8 avril 2018

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« C’est un texte essentiel que nous donne à redécouvrir Sabine Wespieser éditeur avec ce roman d’Edna O’Brien publié une première fois en France en 1998. Le sujet de l’avortement, ou plutôt de son interdiction, s’y révèle toujours criant d’actualité.
Mary est encore une petite fille quand son père, pour la première fois, abuse d’elle. Elle est convaincue qu’elle est en partie responsable et que tout le monde va se rendre compte de son indignité. Elle s’emmure pourtant dans un silence pesant qui, s’il alerte ses professeurs et sa mère, ne révèle jamais le fond du problème. Elle parvient à prendre parfois un peu de distance et trouve un temps refuge dans un couvent où elle poursuit ses études. Dans ce lieu fermé et rigide, elle parvient à gagner pourtant une certaine liberté mais, rappelée par ses obligations familiales, elle devra retourner auprès de ses parents. Subissant les assauts répétés de son père qui exerce sur elle un chantage affectif infâme, elle connaîtra des années d’angoisse. Finalement enceinte, elle tente de se battre pour ne pas garder ce bébé de la honte dont elle refuse de dire qui est le père. L’injonction portée par le titre, Tu ne tueras point, illustre bien l’influence de l’église catholique sur la société irlandaise. Son histoire devient un enjeu national et elle se retrouve bien malgré elle l’égérie de la cause des anti-avortement qui veulent faire de son cas un exemple et exercent sur elle une surveillance et une pression terribles. Bien qu’écrit il y a plus de vingt ans, ce roman prend une autre dimension à l’heure où les droits des femmes et le droit à l’avortement ne sont pas encore garantis partout, et notamment en Irlande où un référendum est programmé pour cette année dans la perspective, peut-être, d’un assouplissement de la loi. Fidèle à son style incomparable, marqué d’érudition, de délicatesse et de poésie, Edna O’Brien nous propose un roman lumineux malgré la dureté de son propos et un véritable hymne à la cause des femmes porté par un personnage féminin inspirant dans ses capacités de résilience. »

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Maria Ferragu, librairie Le Passeur de l'Isle (L'Isle-sur-la-Sorgue), Page des libraires, printemps 2018

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« Edna O’Brien s’inscrit dans l’actualité avec la réédition d’un roman dénonçant la violence faite au corps et à l’âme des femmes.
“Nous ne devons pas oublier nos racines, nos bois et nos rivières, et par-dessus tout notre histoire.”Ce principe guide Edna O’Brien, qui reste fidèle aux paysages irlandais qui l’ont constituée. Un monde enchanté qu’elle a préféré fuir pour assumer son désir de liberté. Cette quête anime toutes ses héroïnes. Tu ne tueras pointest un véritable coup de poing littéraire. Publié une première fois en France il y a vingt ans, sa réédition vient à point nommé en cette ère qui voit se briser le silence des femmes, victimes de violences physiques ou psychiques. 
“Rien n’est secret, tout se tait, tout se grave sur la tablette du temps.”Mary McNamara est née d’un fait divers. “De quoi sont faites les petites filles ? De sucre, des épices et plein de bonnes choses…”Mais son enfance va être saccagée par un ogre insatiable et instable, son père. Ses agressions l’entraînent vers une lente perdition d’elle-même. “Ensuite les ténèbres, un poids de ténèbres. Le déchirement de la chair, comme des habits qu’on déchire.” Sa mère ne peut la protéger. Aveuglée, elle s’apparente – pour Mary – à “un pan de mur de pierre luttant contre la pauvreté”. Une attitude renforcée par une communauté campagnarde, ancrée dans la religion.
Chaque fois que la jeune fille essaie de fuir, elle est ramenée au bercail. Son corps se tord de douleur. Le désespoir est atteint lorsqu’elle découvre, horrifiée, qu’elle attend un enfant. “La personne de qui il est, c’est la dernière personne de qui il devrait être.” Seule option : avorter en Angleterre. C’est là que l’affaire prend une tournure nationale. L’Irlande comme terre d’inspiration ou d’expiation des “péchés” les plus profonds, déchaîne les passions des catholiques ultraconservateurs. “Rosaires et ovaires, je ne sais ce qui fait le plus de mal à ce pays.” Saisie d’effroi, Mary comprend à quel point son corps de femme ne lui appartient pas. Elle est toutefois convaincue qu’elle doit mener un combat. “Te battre pour la liberté de dire oui ou non. Te battre pour les autres”, voilà ce que nous transmet Edna O’Brien, dont la beauté de la langue tranche avec l’âpreté des sentiments. »

« En perdition », Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo, vendredi 23 mars 2018

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Audio - Vidéo - TV

Écouter l'émission

« Le Journal de 19 h », Sébastien Paour, Ilana Moryoussef, de 16'47'' à 18'42'', France Inter, vendredi 1er juin 2018


Coup de cœur des libraires

« Le portrait d'une jeune fille prise dans les griffes d'une Irlande au conservatisme affolant. Un roman saisissant, porté par une prose incandescente. »

Coup de cœur de Christophe Gilquin, librairie L'Arbre à Lettres Bastille (Paris XIIe)

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Lu et conseillé par :
H. Latreille, Librairie Nouvelle (Asnières-sur-Seine)
M. Hirigoyen, librairie Hirigoyen (Bayonne)
N. Sendin, Espace culturel de Moisselles
N. Legrand, librairie Graffiti (Castres)
M. Mohamed & J. Tanguy, librairie Le Pain des rêves (Saint-Brieuc)
C. Hacquard, librairie Aux vieux livres (Châteaugiron)
B. Lamure, Librairie des Marais (Villefranche-sur-Saône)
V. Ohanian, librairie Masséna (Nice)
D. Chartier, librairie Le Matoulu (Melle) 

Voir le site

Page des libraires, printemps 2018, et www.pagedeslibraires.fr



 

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