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Revue de presse Girl
Edna O'Brien

 

Presse écrite

« Edna O'Brien, ô si africaine ! », Florence Noiville, Le Monde des livres, vendredi 13 septembre 2019

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« Le choix de L'Obs : L'enfance volée », Didier Jacob, L'Obs, jeudi 12 septembre 2019

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« Au nom de toutes », Laurence Péan, La Croix, jeudi 12 septembre 2019

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« Une fille en Afrique », Christophe Mercier, Le Figaro littéraire, jeudi 12 septembre 2019

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« À l'ombre des jeunes filles en pleurs », Jean-Michel Thénard, Le Canard enchaîné, mercredi 11 septembre 2019

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SÉLECTION JDD / FRANCE INTER RENTRÉE 2019
Liste établie par les journalistes Anne-Julie Bémont, Laëtitia Favro, Nicolas Demorand, Marie-Laure Delorme, Ilana Moryoussef, Augustin Trapenard et François Vey.

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« L’âge venant – elle est née le 15 décembre 1930 –, Edna O’Brien aurait pu se contenter de puiser dans sa mémoire irlandaise, ses révoltes et son humour, pour enchanter ses lecteurs. Mais elle aime les bousculer. Alors, en 2016, en France, on a pu lire Les Petites Chaises rouges. […] Ensuite, horrifiée par les enlèvements de jeunes filles au Nigeria par Boko Haram, elle a décidé de se rendre dans ce pays pour mieux comprendre. Au cours de deux voyages, elle est allée dans des camps peuls, a rencontré des travailleurs humanitaires et des groupes de femmes qui lui ont parlé de "l’histoire secrète des jeunes captives". Elle le raconte dans les "remerciements" de son nouveau roman, Girl. Et elle ajoute : "C’est alors que j’ai pris ma décision : mon unique méthode était de faire entendre leur imagination et leur voix par le truchement d’une seule fille particulièrement visionnaire." Alors, Edna O’Brien est devenue cette fille. Et ses lecteurs aussi. […] »

« Certains l'aiment Jo : La grande évasion », Josyane Savigneau, Lire, septembre 2019

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« Avec ses amies, elle a été arrachée de l'école par des hommes en armes. Toutes sont terrorisées quand elles arrivent dans un camp en pleine jungle. Où l'on fait d'elles des filles d'Allah, où l'on brule leurs uniformes. "La maladie, c'est l'ignorance", leur assène l'émir en chef en leur expliquant que le Nigeria doit être débarrassé des infidèles et des mécréants. Girl est le monologue terrible d'une adolescente qui se sent comme du bétail dans un enclos et doit affronter la violence. Plus acérée que jamais, la grande Edna O'Brien apporte une nouvelle pièce majeure à une œuvre qui l'est tout autant. »

« Le meilleur de la rentrée littéraire : Otage d'Allah », Alexandre Fillon, Les Échos week-end, jeudi 22 août 2019

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« À 88 ans, Edna O'Brien signe un roman terrible mais ô combien nécessaire. […] Réveillez-vous et accrochez-vous. »

« Rentrée littéraire, nos coups de cœur en 6 émotions • Glaçant », Marc Gadmer, Femme actuelle, lundi 2 septembre 2019

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« "Bring back our girls" ("Ramenez nos filles"). Quand dans la nuit du 14 au 15 avril 2014 les djihadistes de Boko Haram enlèvent 276 lycéennes à leurs familles, une vague d'indignation submerge les réseaux sociaux jusqu'à la Maison-Blanche, un unique slogan brandi aux yeux du monde. En marge de cette éphémère médiatisation, Edna O'Brien a enquêté trois années durant sur le sort de ces jeunes filles, s'est rendue au Nigeria pour rencontrer d'anciennes captives : Rebecca, Abigail, Hope, Patience, Fatime, Amina, Hadya et tant d'autres, dont la voix s'incarne dans l'héroïne de son roman, Maryam, ou "Girl". […]
En lutte pour sa survie et sa dignité, Girl s'inscrit dans la lignée des héroïnes bafouées d'Edna O'Brien, elle-même mise au ban de la société irlandaise catholique et nationaliste des années 1960 pour avoir contesté son ordre moral et familial. Porté par une figure inoubliable, par une puissance d'évocation se confrontant aux limites du dicible, le récit nous entraîne dans un voyage au cœur des ténèbres, seulement éclairé par quelques vestiges d'humanité dans un pays sombrant dans l'horreur et la dévastation.
Rendant hommage à la persévérance des femmes, Girl célèbre la toute-puissance du lien maternel que ces enfants-mères découvrent contre leur gré, violées par leurs ravisseurs, "pieds nus, suppliantes, vivant de restes et pourtant continuant, continuant". Un roman dont on ressort cabossé mais pas sans voix, qui incite à résister pour toutes nos filles, quelles que soient leur nationalité, leurs coutumes, leurs croyances, leur couleur de peau. »

« La voix des femmes », Laëtitia Favro, Le Journal du dimanche, dimanche 18 août 2018

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« Du haut de ses 88 ans, la grande dame des lettres irlandaises livre un nouveau chef-d’œuvre de violence et de tendresse. Edna O’Brien, vigie obstinée de la condition féminine, sans peur.
Depuis la parution de son premier roman, Les Filles de la campagne, censuré à sa parution en Irlande dans les années 1960, Edna O’Brien donne voix aux femmes de son pays, empêtrées dans un limon moral et social. Mais son engagement va bien au-delà, de par le monde, à travers une œuvre totale qui évoque l’archaïsme des pères, la capitulation des mères et la rébellion des filles, à l’image de Girl. Dans son nouveau livre, l’écrivain se met dans la peau et dans la tête d’une adolescente nigériane enlevée par Boko Haram. […] Texte d’une effroyable splendeur, Girl parle d’exclusion, de la sauvagerie du monde et du prix à payer pour être libre. Autant de thèmes qu’Edna O’Brien convoque dans une langue tranchante où affleure l’urgence, comme pour mieux accentuer ce qu’elle veut dénoncer. Ce livre d’une radicalité extrême se lit d’un souffle et laisse pétrifié. Mais, au fil des pages, un miracle se produit, une percée lumineuse s’immisce dans ce formidable portrait de combattante qui recomposera sa vie en miettes. Un prodigieux récit de résilience. »

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Sarah Gastel, librairie Terre des livres (Lyon VIIe), Page des libraires, rentrée 2019

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« Lauréate du prix Pen/Nabokov 2018 pour la portée internationale de son travail, Edna O'Brien poursuit son œuvre engagée aux côtés des femmes. Dans Girl, la grande romancière irlandaise, aujourd'hui âgée de 88 ans, se met dans la peau d'une adolescente enlevée par Boko Haram et signe un livre coup de poing, qui paraît simultanément chez son éditeur anglais Faber. »

« Incontournable », Livres Hebdo, vendredi 5 juillet 2019

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« Telle une soldate en littérature, Edna O'Brien ne renonce jamais à dénoncer les crimes commis envers les femmes. Ce combat lui tient à cœur. La grande écrivaine irlandaise s'est rebellée contre les archétypes familiaux, religieux et sociétaux. À 88 ans, elle reprend son bâton de pèlerin hors de sa contrée natale, si présente dans ses romans. Direction le Nigeria, où règne la terreur djihadiste. "La nature humaine était devenur diabolique." Elle prend ici le visage de l'organisation terroriste Boko Haram, qui sévit sans foi ni loi. Maryam fait partie de leurs proies. […]
À travers ce monologue fracassant, Edna O'Brien offre une voix aux femmes qui n'en ont pas. Sa plume puissante plonge dans la complexité humaine. Elle insuffle à Maryam toute sa force, son courage et ses combats. "Comme je suis vaillante et résiliente. Je suis une survivante." Le roman relate une tragédie, mais il possède aussi des éclats de lumière. "L'espoir vaut mieux que pas d'espoir." »

« Vaillante, résistante, survivante », Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo, vendredi 14 juin 2019

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Coup de cœur des libraires

« "J'étais une fille autrefois, c'est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeau. Mes entrailles, un bourbier. Emmenée en trombe à travers cette forêt que j'ai vue, cette première nuit d'effroi, quand mes amies et moi avons été arrachées à l'école."
Cet incipit de Girl annonce la puissance du nouveau roman d'Edna O'Brien. Basé sur l'enlèvement de lycéennes par Boko Haram au Nigeria en 2014, ce texte bref rend hommage et dénonce les atrocités infligées par ce groupuscule extrémiste dans un souffle intense et profond. Impossible de relâcher le rythme de la lecture, la tension est à son comble comme si la vie de cette jeune femme dépendait de notre assiduité à tourner les pages. Bien plus qu'un récit sur un fait d'actualité, Edna O'Brien touche une authenticité à travers une fiction poignante qui, comme pour le personnage principal, Maryam, retourne les tripes, les laissant à l'état de bourbier. Pourtant, une pudeur est constamment mise en place alors que les actes horrifiants et humiliants des bourreaux sont décrits avec fermeté.
L'auteure aborde l'indicible à partir de l'intériorité de cette jeune victime et ainsi permet au lecteur de se projeter et de capter un tant soit peu l'horreur vécue par des centaines de personnes. La quête de recouvrer une liberté volée sera le point de départ d'un espoir sans fin qui raccroche à la vie et le fil conducteur de ce roman. Devenue une femme du "bush", souillée et meurtrie, Maryam et son enfant Babby devront continuer à lutter pour cette liberté, même auprès des leurs. Une vie volée pour une vie donnée, mais deux vies détruites, entre parenthèses et sans identité.
Texte d'une nécessité indubitable, professeurs, parents, amis, famille, ce roman est à mettre entre toutes les mains pour rendre hommage et justice, pour lutter et défendre les valeurs justes qui sont bien trop souvent mises à mal. »

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Coup de cœur de Clémence Plumier, librairie Point Virgule (Namur, Belgique)


« Edna O’Brien est une romancière irlandaise de 88 ans dont l’œuvre, acclamée par la critique, dresse le portrait rigoureux d’une époque, d’un pays, de l’histoire des femmes. Dans Girl, elle s’empare d’un thème difficile : l’enlèvement, par Boko Haram, d’une adolescente nigériane, sa fuite avec l’enfant qu’elle a eu en captivité, sa vie d’après. Un roman tout en finesse pour voir le monde autrement. »

Girl d'Edna O'Brien, finaliste du prix du roman Fnac (la sélection des adhérents et des libraires), Fnacissime, la sélection de la rentrée littéraire

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« Roman magistral saisissant de vérités et de poésie mêlées. La violence des hommes faite aux femmes, aux jeunes femmes, emportés dans une folie possessive et meurtrière, sous couvert de religion et de dogme. L'histoire d'une lycéenne survivante d'un enlèvement, de massacres et de viols répétés, avide de liberté et d'apaisement au cœur de sa propre communauté mais rejetée et bafouée parce que souillée, meurtrie, parce qu'elle est une fille, parce que les malheurs proviennent des femmes, parce qu'il est plus facile de reporter ses peurs et ses culpabilités sur celles qui ont survécu. Il est plus facile de bannir les vivants que les morts, toute superstition mêlée. Le silence semblerait préférable à la parole. On continue de se protéger en ne sachant pas. Maryam à l'instar d'autres personnages d'Edna O'Brien combat à sa façon. Elle n'est pas résignée, elle est et demeure avec sa force intérieure, aussi fragile qu'invincible alternativement. Un magnifique combat inlassable que mène l'auteure à travers ses romans. »

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« Survivre, vivre », coup de cœur de Betty Duval-Hubert, librairie La Buissonnière (Yvetot), leslibraires.fr


« Incroyable tour de force d'Edna O'Brien qui se glisse dans la peau d'une adolescente nigériane enlevée par Boko Haram en 2014. Impossible de refermer le livre avant de l'avoir terminé, c'est fort et douloureux et en même temps une grande leçon de résilience sous la plume de l'écrivaine irlandaise. Lisez-le ! »

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Coup de cœur de Blandine Hanauer, Espace culturel Leclerc Saint-Étienne-du-Rouvray


« Dans ce roman très intense porté par une écriture vive comme la fuite, Edna O'Brien nous glisse dans la peau de cette jeune femme victime des hommes, de la folie religieuse, de la tentation de toute-puissance d'une mère.
Les années passent et la violence faites aux femmes s'intensifie, malgré une parole plus liberée et un activisme de plus en plus répandu, soutenir et lire le roman d'Edna O'Brien est une nécéssité ! »

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Coup de cœur de Juliette Pelletier, librairie Quai des brumes (Strasbourg)


« Le nouveau roman de l'Irlandais Edna O'Brien sortira le 5 septembre. On y découvre la vie d'une jeune fille qui se fait enlever par Boko Haram. L'auteure, bien qu'elle ait plus de 80 ans, s'est rendue sur place. L'héroïne de Girl va être mariée de force. Elle va connaître les viols, les violences, la disparition de ses amies, puis elle va avoir un enfant. Elle arrive à se sauver, mais le retour chez elle va être un deuxième déchirement, car elle revient avec ce petit. À nouveau rejetée, mais devenue mère, elle va gagner toute sa force. Edna O'Brien est une écrivaine que j'aime beaucoup. Quel que soit le sujet, j'aurais lu son nouveau roman, et il s'avère qu'il m'a vraiment touchée, très fort. »

« Pour les libraires, c'est déjà la rentrée littéraire ! », coup de cœur de Delphine Buisson, librairie Les Nuits blanches (Nantes), Ouest France, lundi 2 septembre 2019

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"J’étais une fille autrefois, c’est fini. Je pue."
Ainsi commence Girl, le portrait déchirant d’Edna O’Brien des jeunes femmes enlevées par Boko Haram. Située dans la campagne profonde du Nord-Est du Nigeria, il s’agit d’abord d’une histoire brutale d’enlèvement, d’horreur et de faim. Puis c’est le récit de l’évasion courageuse et époustouflante dans les nombreuses terreurs de la forêt ; et ensuite une descente aux enfers face à l’hostilité qui attend une victime qui rentre chez elle avec un enfant souillé par le sang de l’ennemi, face à l’incapacité de leur famille et de la société à trouver une réponse appropriée ou humaine à ces terribles expériences.
Girl est une histoire inoubliable de la survie étonnante d’une victime et de sa foi inébranlable dans la rédemption du coeur humain. Dans la lignée de ses précédents romans Edna O’Brien dit la douleur d’une femme – enfant exilée à jamais dans son propre pays, dans son propre corps. Cette grande auteure irlandaise parvient à éclairer l’horreur de la tendre lumière de l’espoir et nous bouleverse. »

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« Fureur de vivre », « S'il n'en restait que 100 », catalogue de rentrée des Libraires Ensemble

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« La rentrée littéraire de la chouette ! »

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Coup de cœur de La Chouette Librairie (Lille)


Presse Web

« Au fond, c’est toujours la même histoire : l’oppression des femmes par les hommes, mais aussi la force des femmes sur les hommes. Que ce soit en Irlande (Filles de la campagne), en Serbie (Les Petites Chaises rouges), au Nigeria (Girl), Edna O’Brien poursuit son combat pour la liberté et l’égalité, le même que celui de ses vingt ans. Elle ne cède jamais à la facilité, même malade retourne au combat, celui qu’elle mène depuis ses débuts avec l’écriture (et quelle écriture) comme arme.
Tout le monde se souvient de l’enlèvement de ces lycéennes, en 2014, par le groupe Boko Haram qui, au-delà de l’idéologie, voulait surtout des esclaves sexuelles, des bonnes à tout faire, et éventuellement des mères pour leurs enfants. Se glissant dans la peau d’une de ces adolescente kidnappées, elle raconte la violence, la douleur, la terreur, et le sentiment qu’il n’y a aucun espoir, pas de fuite possible, la sensation que tout le monde vous a oubliée… Pourtant, la narratrice réussira à s’évader avec son bébé, fruit d’un viol. Comment aimer une enfant qui, par sa présence, vous révèle l’horreur que vous avez subie ? Une enfant qui marque le signe de votre déshonneur, de votre complicité avec l’ennemi, vous fait devenir la honte de votre famille, celle-ci vous estimant souillée, et peu importe que vous n’ayez eu aucun autre choix.
Ce nouveau roman d’Edna O’Brien est tout simplement incroyable. Non seulement parce qu’il est écrit par une femme de plus de quatre-vingts ans, qui a déserté sa maison-bonbonnière à deux encâblures de Harrods, pour aller enquêter sur place. Mais aussi parce qu’elle n’a jamais failli, pas plus cette fois que les précédentes, n’a jamais été prise en défaut de paresse ou de facilité, parce que son talent est aussi puissant qu’au premier jour. Une sacrée femme et une sacrée romancière. »

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« La rédaction l'a lu : Incroyable Edna O'Brien », Pascale Frey, www.onlalu.com


« Elle s’est approchée de la noirceur, elle l’a étreinte, elle y est entrée. Elle, c’est une adolescente nigériane faisant partie des lycéennes kidnappées par Boko Haram en 2014, personnage principal de Girl d’Edna O’Brien.
Le roman d’Edna O’Brien s’ouvre sur une scène qui révèle toute l’atrocité de ce qui a eu lieu : le début n’est qu’un cri, une confession violente où la jeune fille dit en quelques mots l’effroi et la barbarie qui ont fait irruption dans sa vie depuis que des djihadistes armés sont entrés dans son école et l’ont enlevée, en même temps que ses amies de classe : "
J’étais une fille autrefois, c’est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Les entrailles, un bourbier." Violées, mariées de force, ces adolescentes, prisonnières dans un camp, découvrent la réalité de la sauvagerie, vivant, de plus, dans l’angoisse de tomber enceintes. Celle qui était autrefois une fille fait, presque à la façon d’une égarée, le récit de son calvaire, le seul espoir auquel elle s’accroche est de sauver l’enfant qu’elle a eue pendant sa captivité. Avec "Babby", elle va tout tenter pour s’évader. Mais il n’y aura pas de fête du retour au bercail, la flétrissure la marquera à jamais.
Edna O’Brien, qui a toujours écrit à la manière d’une guerrière usant de ses mots comme autant de moyens lui permettant de se désentraver, compose une nouvelle fois une leçon des ténèbres où l’apprentissage de la liberté et la conquête de soi à travers le refus de l’emprise de certains prédateurs disent le rejet d’une forme d’asservissement que la bonne société fait peser sur les « créatures » jugées trop affranchies. […]
Il est parfois difficile d’imaginer l’Edna O’Brien fréquentant Paul McCartney dans la peau de l’intraitable romancière écrivant 
Girl. Elle-même avoue avoir deux moi conflictuels, ce qu’elle attribue au fait d’avoir eu deux grands-mères si contraires : "lady pour l’une, paysanne pour l’autre". De la même façon, l’auteur de Girl, qui fouille les bas instincts, met au jour la part inhumaine (ou humaine, trop humaine ?)  en chaque homme, paraît être d’une intransigeance irréconciliable avec ce qui ressemblerait à un certain penchant pour la mondanité. Mais c’est se tromper sur la personnalité profonde d’Edna O’Brien, cette combattante qui se rit des tartufferies et, tout comme l’adolescente de Girl ou la proie du criminel de guerre dans Les Petites Chaises rouges, se révèle une résistante qui s’arc-boute contre un NON rageur dans chacun de ses livres. »

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« Edna O'Brien, dans la noirceur », Linda Lê, En attendant Nadeau, mardi 27 août 2019



 

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