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Revue de presse Le Champ
Robert Seethaler

 

Presse écrite

« Avec Le Champ, l'écrivain autrichien Robert Seethaler signe un splendide roman polyphonique qui parle de l'existence – depuis le cimetière.
Si les morts se mettaient à parler, de quoi discuteraient-ils ? De la vie, évidemment. Cette réponse en forme de pari, l’écrivain autrichien Robert Seethaler en fait le cœur de son nouveau roman, Le Champ – titre aussi bref qu’il nous emporte loin. "Le Champ" est en effet le nom employé par les gens de la petite ville (fictive) de Paulstadt pour désigner l’ancien cimetière : un endroit calme, presque à l’abandon, mais où, à l’écart de l’animation citadine, bruissent des voix parfaitement audibles pour qui sait les entendre. C’est le cas de "l’homme" que l’on découvre dans le premier chapitre, un être sans nom, universel, qui aime venir s’asseoir "sur un banc sous un bouleau tordu" et qui, dans le silence de son imagination, donne voix aux défunts.
Si l’on s’attend à un livre triste, on en est pour ses frais. En vingt-neuf chapitres d’inégale longueur – de deux simples mots (mais quels mots !) à une vingtaine de pages –, chacun consacré à une personne ayant vécu à Paulstadt depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Seethaler fait revivre des existences, dévoile leurs faces cachées, exprime des espoirs, des regrets, des joies. Si bien qu’on a parfois l’impression de regarder tous ces destins par le trou d'une serrure : celle de la porte d'un paradis sans Dieu. […]
De portrait en portrait, de voix en voix, le doute court comme un fil rouge à travers les pages. Le doute, le grand doute, celui qui concerne un possible au-delà, car le roman, même s’il ne livre que des fragments d’autobiographies, parfois même seulement le détail d’une vie, est toujours solidement ancré dans le réel. Journaliste, femme du monde, institutrice, prostituée occasionnelle, mécanicien… aucun des personnages ne croit à la transcendance. Pas plus l’homme du début, que l’on finit par retrouver dans le dernier portrait, où l’auteur lui donne enfin un nom. C’est d’ailleurs lui qui conclut : "Réfléchir à la mort de son vivant. Une fois mort, parler de la vie. À quoi bon ? Les vivants n’entendent rien à la première ni les morts à la seconde. Il y a des pressentiments. Il y a des souvenirs. Les uns et les autres peuvent tromper."
Ce qui ne trompe pas, en revanche, c’est le talent de Robert Seethaler. Après Le Tabac Tresniek et Une vie entière (Sabine Wespieser, 2014 et 2015), ce troisième roman est à nouveau une réussite. Seethaler a non seulement le savoir-faire mais, dirait-on, "l’instinct" pour évoquer, sans bavardage ni lourdeur, un paysage, une ambiance, une humeur, une attitude, dans un style très bien servi par la traduction. Certes, il ne nous donne pas à entendre vingt-neuf voix différentes. Mais même le meilleur des auteurs ne saurait créer vingt-neuf styles d’expression distincts. Ce qui ici fait la distinction entre les personnages est de nature plus profonde : c’est la liberté que chacun découvre dans sa propre parole, sa façon d’exprimer l’intime. Que ce soit l’épouse qui émet des reproches d’outre-tombe à son mari, l’homme qui décrit la femme idéale ou le curé qui clame sa folie, on est chaque fois confronté à une parole de liberté et de vérité. Chacun "parle vrai" parce qu’il est libéré du corps, du poids physique de l’existence, parce qu’il n’est plus que pensées et émotions, et surtout parce qu’il s’est délesté de la peur qui réfrène ou contraint au conformisme, aux convenances, aux feintes rébellions.
À tel point que, en suivant Robert Seethaler, on en viendrait presque à se demander si la littérature authentique ne serait pas la parole des morts, qui met au jour ce que chacun s’efforce d’étouffer de son vivant. »

« Les morts parlent à qui sait les écouter », Pierre Deshusses, Le Monde des livres, vendredi 17 janvier 2020

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« Avec Le Champ, Robert Seethaler fait parler les morts, sans guéridon mais avec beaucoup de pudeur et d'indulgence.
À quoi pensent les morts ? À ce que fut leur vie, probablement. Autant dire pas grand-chose, tant nous sommes ici loin de tout héroïsme et même de toute idée d'aventure. Les habitants de ce cimetière – de ce "champ", donc, puisqu'il y est question de récolter des âmes – furent auparavant ceux de Paulstadt, l'une de ces petites villes autrichiennes où la rumeur du monde ne semble jamais parvenir qu'en fin de course, assourdie, usée. De bien petites vies, donc, mais des vies tout de même : tour à tour, les morts se racontent. Pour l'une, deux mots suffiront ("Des idiots.") D'autres seront plus prolixes et ce sera Lennie Martin, un pauvre type, dévoré par la passion des machines à sous, ou bien ce sera Heide Friedland, faisant le compte de ses amants, ou bien Navid al-Bakri, l'épicier déraciné, ou bien encore Heribert Kraus, le facteur, pédalant pour échapper au souvenir de sa petite fille morte… Pour certains, la vie se résumera à la mémoire d'un instant, fugace ou décisif. Pour d'autres, au contraire, ce sera le sentiment lancinant d'une longue attente. Mais, peu à peu, des liens se tissent, telle vie croise telle autre, modifiant subtilement l'opinion qu'on s'en était faite (il ne faut pas toujours croire les morts sur parole) et voilà comment se dessine le portrait d'une communauté, tout comme dans le Winesburg-en-Ohio de Sherwood Anderson, auquel il est évidemment difficile de ne pas penser. Pour nourrir la mémoire collective et la souder, deux ou trois incidents autour desquels tout semble tourner : l'église, incendiée par le curé, fanatique religieux devenu subitement fou, et l'effondrement du nouveau centre de loisirs, bâti sur une terre instable par un élu aussi véreux qu'aimablement cynique.
Car, pour finir, nul n'est meilleur qu'un autre. Comme le dit justement le maire : "la vérité n'est rien de plus qu'un désir", ce grand désir sans envie qu'ont les morts pour les vivants, tant l'éternité selon Robert Seethaler, loin de toute idée de récompense, tient bien plutôt du Scheol des Hébreux et de l'Hadès des Grecs que de l'enfer ou du paradis des chrétiens. "La mort sent le sel" répond Bernard Silbermann à la question de sa veuve, Camille, au cours d'un dialogue émouvant. Elle ne sent rien, on s'y emmerde vaguement. Sous prétexte de faucheuse, ce nouveau livre de l'écrivain autrichien, né en 1966 à Vienne, ne parle au fond que de ce qui fait le prix de la mort, et donc de la vie. Il le fait d'une voix douce et sans emphase, comme déjà dans Le Tabac Tresniek et Une vie entière (tous deux parus chez Sabine Wespieser éditeur), et si l'on pleure, c'est à la façon de cet enfant écoutant une chanson à la radio : "Non parce que la chanson est trop triste. Il gémit et sanglote, parce qu'elle sera bientôt finie." »

« Who by fire », Yann Fastier, Le Matricule des anges, janvier 2020

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« Robert Seethaler fait parler les morts d'une petite bourgade autrichienne. Vingt-neuf voix, âmes apaisées ou en colère, racontent la vie d'une communauté et, à travers elle, toute l'humanité. Un roman polyphonique poétique et bouleversant.
Dans Le Champ, la terre est remplie d'âmes. Le champ est un cimetière, celui de la bourgade autrichienne de Paulstadt. Un vieil habitant a noué une relation particulière avec l'endroit, parce qu'il y entend des voix. La voix des morts. Alors que rentré chez lui, il s'assoit, tournant le dos à la fenêtre et au monde, pour pouvoir tranquillement suivre le cours de sa pensée, le champ se met à parler. Vingt-neuf morts vont se raconter, en autant de chapitres, dans le bouleversant roman d'outre-tombe signé Robert Seethaler.
L'écrivain autrichien, qui nous avait enchantés avec Le Tabac Tresniek (en 2014) et Une vie entière (en 2015), réussit un nouveau prodige avec ce chœur funèbre hypnotique, qui est tout sauf un exercice de style vain. Les morts ont leur propre voix, une façon de s'exprimer singulière. Plutôt que de brosser une série de portraits monotones, Robert Seethaler leur fait évoquer un souvenir fulgurant, l'acmé d'une vie, bonheur ou drame… Si certains défunts font allusion à leur trépas, la plupart ne parlent que de la vie. Avec une émotion contenue dans chaque mot.
La voix peut être un vrai chant d'amour, telle celle d'Hanna Heim qui "revit" ses derniers instants auprès de son cher mari. D'autres ressassent leurs amours déçues, impossibles ou tuées dans l'œuf – combats contre la solitude. La mort s'avère un mystère pour cet enfant qui s'est volontairement noyé dans les marais. Elle revêt un caractère poignant et poétique avec le dernier souffle de la fantasque Henriette dans sa maison de retraite : "Dans le lit baigné de lune, son corps était comme couvert de neige." Quant à Dieu, il parait bien loin du champ : la quête mystique désespérée du père Hoberg a fini dans les flammes de son église…
À travers les voix, se révèlent les (r)évolutions de la petite communauté. Les "exploits" du maire corrompu Heiner Joseph Landmann, les chroniques du journaliste Hannes Dixon, la bataille perdue de l'agriculteur Karl Jonas… les morts en disent plus long que les vivants – sur eux-mêmes, mais aussi sur le monde et ses travers. Les exactions racistes à l'égard du doux marchand de légumes arabe Navid al-Bakri, le calvaire vécu pendant la guerre par Stéphanie Stanek et sa petite fille renvoient aux démons de notre temps.
Les voix fantômes sont plus ou moins philosophes ou bavardes. Celle de feue Sophie Breyer n'a que deux mots à dire : "Des idiots". Apaisés ou en colère, les morts n'en ont jamais fini avec la vie. Robert Seethaler fait refleurir leurs souvenirs enracinés. Les cimetières sont des champs de fleurs. »

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« Le Champ : le grand chœur des âmes », Philippe Chevilly, Les Échos Week-end, samedi 11 et dimanche 12 janvier 2020


« […] Robert Seethaler signe un best-seller dans son pays. Le Viennois est traduit dans une quinzaine de langues. Ce texte, d'une grande originalité, forme une symphonie composée du chant des oubliés. Il nous renvoie à la folie ou aux bribes de vie qui tissent le maillage d'un village. Sa poésie, limpide ou somptueuse, dresse des portraits en seulement quelques traits. À l'instar de Hannes, reporter soucieux de retracer la réalité. On n'a qu'à tendre l'oreille pour écouter. […]
Robert Seethaler est un thanatopracteur-magicien. Il rend la parole et le corps aux morts, autrefois si vivants. Quels secrets avaient-ils emportés jusqu'alors ? Certains éprouvent le besoin de les révéler, d'autres s'enterrent avec leur mystère. "Dans la mort est la vérité, mais on ne doit pas la dire", note Annelie – doyenne de 105 ans –, avant de conclure : "Je fus d'abord humaine, à présent je suis monde." Seul un romancier de talent peut restituer avec beauté et parler de la mort pour porter plus haut le flambeau de la vie. »

« Le chant des oubliés », Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo, vendredi 8 novembre 2019

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Coup de cœur des libraires

« Le Champ de Robert Seethaler est sans hésitation l’un des plus beaux livres de ce début d’année. Roman qui donne la voix aux morts peuplant un cimetière de la petite ville de Paulstadt pour mieux parler de la vie. 29 voix, 29 chapitres, 29 fragments de vie. Le Champ est de ces livres qui nous nous accompagne longtemps après la lecture. »

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Coup de cœur de la librairie Les Parages (Paris XIe)


« Dans Le Champ – "Le Chant", comme nous pourrions aussi entendre ce titre – le troisième roman de Robert Seethaler, le lecteur découvre une merveilleuse fresque chorale, d’une humanité simple, diverse et multiforme, comme la vie. Au fil des récits, par petites touches d’une grande finesse, émergent paroles, figures et destins, différents les uns des autres, et cependant, pour chacun d’entre eux, touchant au vif le cœur palpitant de leur vérité.
Symboles et archétypes émergent au long de la lecture, fruits mûrs du rêve ou de la réalité, semblant sourdre de l’imagination de l’auteur : "Juste devant moi se dresse le renard. Il tend ses pattes de devant toutes raides, puis il se couche à côté de moi, sa gueule contre ma figure. Il me chuchote : Reste là sans bouger. Ils ne nous trouveront pas."
La fiction apparaît comme une sublimation de la mort par les dits des morts exaltant la vie, et peut-être aussi de ceux parmi les vivants qui en ressentent l’approche inéluctable, la torsion a prioriineffable : "Il se disait que l’homme n’était peut-être en mesure d’évaluer définitivement sa vie qu’après s’être débarrassé de sa mort."
Le rythme maîtrisé et la poésie affleurante de l’auteur inter-agissent comme un révélateur discret de la poïèsis, au sens platonicien "la cause qui, quelle que soit la chose considérée, fait passer celle-ci du non-être à l'être", comme par exemple ici : "Et à cet instant là je comprends : Ce n’est qu’un rêve dans le rêve. Et il n’y aura pas de réveil."
La multiplicité des voix exprime une infinie sagesse de l’intime, que nous condenserions volontiers par le terme infimité, dégagé de la gangue d’insignifiance qui lui est souvent associée. Revêtons-lui alors les habits neufs du précédent Tao, cette essence infime qui irrigue nos vies – et peut-être la pensée de l’auteur – comme dans ces phrases d’une portée à la fois simple et incommensurable : "Tout ce que je sais de la vie, c’est qu’il faut la vivre. Mais j’ai tout de même une idée de ce que c’est de mourir : ça met un terme au désir, et si on se tient tranquille, ça ne fait pas mal du tout." Sagesse et multitude combinées sous le regard constant et bienveillant de la confusion humaine : "Voilà un homme heureux, qui savoure chaque pas sur le pavé chaud, devaient penser les gens ; mais lui-même se sentait peu assuré, étranger dans sa propre rue."

Le lecteur est une nouvelle fois ébloui par le talent singulier, la retenue et la maîtrise de l’auteur autrichien, au sommet de son art. Son phrasé caractéristique, classique et innovant à la fois, l’architecture particulière choisie pour chacun de ses romans, la grâce contenue de tous ses personnages, confirment l’importance de cette voix toute en nuance, singulière et unique, dans la littérature contemporaine. »

« Le chant des morts… ou la vie, au-delà ? », coup de cœur d'Érik Fitoussi, librairie Passages (Lyon IIe)

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« Nous avons tous une histoire et elle ne disparaîtra jamais complètement. Une magnifique ode à la vie, au temps qui passe et à ce qui nous rassemble. »

Coup de cœur de la librairie Georges (Talence)

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« Le Champ, c’est un champ de morts, de voix qui s’élèvent pour conter leurs vies, leurs morts, leurs amours, leurs espoirs, les rêves qu’ils ont suivis, ceux qu’ils ont abandonnés, ou juste des souvenirs anecdotiques. Ces voix se racontent, se répondent, parfois, se complètent ou se contredisent. 
Avec une prodigieuse simplicité (et une subtile touche d’humour), l'auteur réussit à évoquer des existences modestes mais passionnantes. 
Un plaisir de lecture dont il ne faut pas se priver ! »

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Coup de cœur de la librairie L'Ouvre-Boîte (Paris Xe)


« Et si on lisait...
Déambulation inédite dans le village Paulstadt auquel Robert Seethaler (re)donne vie par la voix de ses habitants… Par quelques mots, anecdotes, renaissent ces vies défuntes qui se sont croisées. Car tous ces villageois qui évoquent un épisode de leur existence passée ont maintenant rejoint "le champ", cimetière du village… »

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Coup de cœur de la librairie Maupetit (Marseille)


« L'écrivain autrichien signe un splendide roman polyphonique. […] C'est un grand livre sur la vie. »

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Coup de cœur de Laurence Lourdel, librairie Les Carnets d'Albert (Sallanches)


« Roman choral aux allures de nouvelles, Le Champ est un recueil de confidences des personnes enterrées dans "le Champ", le cimetière de Paulstadt. Les voix se font écho et dévoilent les doutes et les espoirs de chacun mais aussi un portrait saisissant de la petite ville et de ses habitants.
La plume sensible de Robert Seethaler nous raconte simplement la vie de ces petites gens.
Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire. »

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Coup de cœur de Coline Chardon-Andréoli, librairie-café Expression (Châteauneuf-Grasse), Lu&Co (@lescoupsdecoeurdeLuandCo)


« Au cimetière de Paulstadt, des voix s'élèvent. Ce sont celles des habitants emblématiques de la ville, qui reposent désormais là. Chacun à son tour prend la parole. Et chacun à sa façon tire le fil de son existence. Dans ce roman polyphonique, le virtuose Robert Seethaler se fait écrivain impressionniste et nous offre un formidable concentré d'humanité. »

Coup de cœur de Christophe Gilquin, librairie L'Atelier (Paris XXe)

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