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Revue de presse L'Annexe
Catherine Mavrikakis

 

Presse écrite

« […] L’auteure de 59 ans, qui enseigne la création littéraire à l’Université de Montréal, a publié son premier roman Deuils cannibales et mélancoliques en 2000. Vingt ans, huit romans et quelques essais plus tard, elle signe L’Annexe. Son premier et dernier titre sortent en même temps en France chez Sabine Wespieser. Ses livres aiment parler du passé, des fantômes, de l’exil, voire de la presque prémonitoire maladie noire dans l’anticipation Oscar de Profundis (2016), avec un style précis et limpide. D’un tempérament sensible et franc, Catherine Mavrikakis crée des personnages au cynisme assumé, pleins d’une énergie farouche, qui ne cillent pas devant l’adversité. […] »

Extraits de l'entretien : 
– […] La narratrice [de Deuils cannibales et mélancoliques] a un cynisme comparable à celle de L’Annexe, publié vingt ans plus tard. Une marque de fabrique ?
– Cynisme et ironie aussi. J’essaie d’être drôle. Je ris parfois en écrivant. Et je me dis qu’il y a quelque chose d’un peu macabre en moi. […] Avec Le Ciel de Bay City, j’ai atteint un public que je ne pensais pas atteindre avec des sujets aussi lourds.
– Comment ça "lourds" ?
– J’ai l’impression de demander à mes lecteurs de porter quelque chose sans trop penser à eux. Je suis plus tendre dans L’Annexe. Je les prends davantage par la main. Mais ce travail ne m’est pas naturel. Même si je les emmène sur une fausse piste, parce que c’est un faux roman d’espionnage. Dans mes précédents textes, personne ne s’en sort. J’avais envie qu’Anna s’en sorte. S’il n’y avait pas eu Anne Frank, je l’aurais liquidée. […]
– Le passé relégué d’Anna rejaillit.
– C’est un peu comme une allégorie. On oublie certains instants de nos vies. Et ils resurgissent de temps en temps. On est toujours un peu agent secret par rapport à nous-mêmes. J’ai choisi un métier où on fait semblant d’être quelqu’un d’autre. Quand le passé revient, que l’émotion affleure, cela peut nous mettre en danger. Cette femme n’est pas exceptionnelle,nous sommes tous ainsi. On est tous en train de croire qu’on passe à autre chose. On est obligé. C’est ça vivre, c’est oublier qui on a été.
– Pourquoi son goût pour la littérature ressort-il ?
– C’est dans son rapport à la littérature qu’elle était très vulnérable. Et c’est elle qui va la sauver, le personnage d’Anne Frank. Mais la littérature peut être dangereuse, je le crois vraiment.
– Dangereuse dans quel sens ?
– La littérature nous rappelle des choses enfouies en nous, ou même qui nous arriveront un jour. Il y a quelque chose de prémonitoire dans l’art en général. Simplement nous parler de notre mort, de la mort de nos proches. Cela donne de la force et fragilise aussi.
– Pourquoi s’attache-t-elle à son geôlier ?
– Elle est capable d’être subjuguée, d’être sous emprise. Elle ne se savait pas comme ça parce que c’est elle qui manipulait. La domination n’est pas que sexuelle. Il y a d’autres manières d’exercer son pouvoir, tout aussi dangereuses. On pense beaucoup en ce moment aux atteintes au corps, mais il y a des atteintes à l’esprit qui peuvent ravager. J’avais envie qu’elle et Celestino soient dans une relation un peu bizarre, où il y a du sexuel, mais sans avoir envie de coucher ensemble. […]

___ 

« C’est un beau nid à espions. Neuf spécimens de taupes, tueurs et autres indics se trouvent réunis dans un appartement. Ou plutôt enfermés. Mis au vert comme on dit, pour avoir commis une erreur ou failli, selon leur commanditaire. C’est un classique du huis clos que de plonger des corps étrangers et nuisibles dans une ambiance acide. L’intendance a la maestria verbale d’un Cubain homo, Celestino, sorte de M. Loyal confondant, et l’efficacité discrète de Saturna, cuisinière hors pair qui régale quotidiennement cet étrange conclave. Les têtes tombent une à une sans bavure, crise cardiaque ou suicide de bon aloi. On pense au jeu de massacre îlien des Dix Petits Nègres, cité au passage.
Qui est qui ? Qui va tuer qui ? Pourquoi et comment ? Là n’est pas le sujet. La narratrice, Anna, fait partie de ce nid de guêpes anesthésiées, exfiltrée d’une existence de courant d’air permanent depuis vingt ans aux ordres de l’Agathos. Pas de lieu à elle, pas d’adresse, pas d’amis, si ce n’est en dernier lieu un couple d’agents de l’organisation ennemie, qui la considérait comme sa fille adoptive et qu’elle a abattu précipitamment. C’est une femme sans passé, sans reliefs, sans émotions. […]
Un modèle extrême dans le genre agent secret, avec un gros faible assumé pour le destin d’Anne Frank et une visite annuelle à l’Annexe à Amsterdam, l’appartement secret où se sont cachées l’adolescente et sa famille avant d’être raflées en août 1944. Autre faiblesse d’Anna qu’elle a mis sous le boisseau : son goût prononcé pour les romans. Elle a tu la lectrice en elle parce que la littérature ramollit son sang-froid et l’empêche d’y voir clair. Le sémillant Celestino ramène cette passion à la surface dès son arrivée à l’Annexe, l’appelant d’emblée Albertine, "la prisonnière de Proust". "Il va falloir que tu te mettes ou te remettes à la lecture, parce qu’avec moi on fait des concours littéraires", lui dit-il. De fait, tout devient prétexte à comparaison livresque ou même cinématographique. L’appartement collectif tient du Grand Hôtel, la Russe qui déboule dans la cuisine ressemble à la vieille aristocrate de Moumou de Tourgueniev, le jeune homme hystérique lui rappelle Charles Morel chez Proust, "le parasite par excellence, un Lucien de Rubempré en plus veule".
Ce jeu avec le romanesque va bien plus loin qu’une juxtaposition ludique de références, de masques de personnages célèbres sur d’autres, une sorte d’emboîtement ou de mise en abyme. C’est une forme de duel raffiné qui se joue entre la tueuse sans aspérités et le Cubain excentrique, à l’image un peu du huis clos du Baiser de la femme araignée de Manuel Puig. La littérature sauve mais peut parfois mener à la mort, semble dire L’Annexe.
Impressionnante est la forme d’assurance glaciale d’Anna, son œil ironique et son intolérance aux failles d’autrui. Dans Deuils cannibales et mélancoliques, écrit vingt ans plus tôt, Catherine porte le même type de regard cynique. Elle dévide l’hécatombe de morts chez ses proches avec un humour grinçant. […] Sous l’apparente maîtrise de soi ou la fréquentation assidue de la mort, la rage. »

« La cruauté peut être tonique et vivifiante : rencontre avec Catherine Mavrikakis »
et « L'Annexe dans les rets des romans : Catherine Mavrikakis isole une espionne qu'obsède Anne Frank »,

Frédérique Roussel, Libération, samedi 14 et dimanche 15 mars 2020

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« L’écrivaine québécoise place les morts au cœur de ses romans. Mais "le rire est plus fort que tout", dit-elle. Alors ses drames, souvent autofictifs, sont habilement baignés d’humour et de grotesque. L’Annexe, son nouveau livre, paraît aux éditions Sabine Wespieser.
À l’écouter parler de littérature avec une animation pimpante, on n’imaginerait pas que la vie de Catherine Mavrikakis est peuplée de fantômes. Pourtant, les indices sont nombreux et figurent dans tous ses romans, depuis le premier, Deuils cannibales et mélancoliques (2000), judicieusement réédité chez Sabine Wespieser en même temps que paraît sa nouveauté, L’Annexe. Vingt ans séparent donc les deux livres, mais on y retrouve cette même fascination pour les morts qui continuent de la hanter.
Deuils cannibales et mélancoliques fut écrit sous le signe du sida et des cadavres si nombreux qui dansaient autour de la narratrice – son quotidien, c’était un enterrement à programmer, une tombe à fleurir, un ami à pleurer… Déjà, dans ce récit autofictionnel, l’ironie grinçante de l’autrice québéquoise était à l’œuvre à chaque page, tout comme la révolte contre l’obscurantisme du monde et sa loterie morbide. Aujourd’hui, avec L’Annexe, nous voici dans un premier temps à Amsterdam, et en particulier dans la cachette où Anne Frank se réfugiaavec sa famille, avant la déportation. Dans cet étroit lieu de mémoire, nous faisons la connaissance d’Anna, espionne rapidement exfiltrée à Montréal en compagnie d’obscurs personnages. Là encore, le fantasque croise le drame et tout le livre est porté par la littérature, comme un hommage aux œuvres indispensables à notre survie.
Si, à Montréal, Catherine Mavrikakis enseigne aujourd’hui la création littéraire à l’université, elle précise que chez elle, dans son enfance, il n’y avait quasiment pas de livres, et que l’école et la bibliothèque l’éduquèrent au jour le jour. Elle rend donc hommage aux œuvres et aux auteurs qui l’ont nourrie : à la fin de son roman, elle les cite tous, donnant envie de filer chez le libraire pour acheter aussi bien les ouvrages d’Elfriede Jelinek que ceux de Mme de Sévigné ou E.M. Forster, Anna Akhmatova ou Léon Tolstoi. La lecture de L’Annexe devient une gourmandise, un jeu de piste mais aussi une oeuvre de salubrité devant le quotidien qui ne fait pas de cadeau. […] »

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« Catherine Mavrikakis, la fantaisie des fantômes », Christine Ferniot, www.telerama.fr, jeudi 12 mars 2020, et Télérama, mercredi 18 mars 2020

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« Dans L’Annexe, Catherine Mavrikakis joue avec les codes du roman d’espionnage et de captivité, et livre un vibrant hommage au pouvoir de la littérature. Avec Oscar de Profundis, la romancière explorait un monde apocalyptique digne d’Antoine Volodine. Rock star camée vivant en marge de l’apocalypse, Oscar de Profundis a conservé les vestiges d’une civilisation engloutie – livres, disques, films et même les sépultures. Mais n’est-ce pas la littérature et des écrivains comme Baudelaire, Scott Fitzgerald, Herman Hesse, ou Oscar Wilde qui demeurent le carburant essentiel du chanteur autant que les drogues qu’il s’injecte ?
[Anna] fait la connaissance de Celestino, gardien de l’annexe, féru de littérature avec qui elle entreprendra un dangereux pas de deux, exploitant les héros littéraires qui ont marqué son imaginaire pour classer, catégoriser et mieux comprendre sa nouvelle prison et la galerie de personnages resplendissants qui y évolue. […]
Prolifiques, les références littéraires infusent tous les livres de Catherine Mavrikakis et cartographient un archipel d’existences où morts et vivants s’approchent, conversent, conjurent l’inanité de la condition humaine. […]
Deuils cannibales et mélancoliques 
vient de paraître pareillement chez Sabine Wespieser – 20 ans après sa publication au Québec. Impossible de ne pas voir la figure d’Hervé Guibert dans ce texte magnifiquement drôle, cruel, comme a pu l’être l’écrivain et photographe. À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie d’Hervé Guibert a permis l’écriture de Deuils, libéré l’urgence d’une geste littéraire, une cruauté aussi. Ouvrant une catharsis qui n’en finit pas de finir. »

« Identités en fictions », Veneranda Paladino, DNA, vendredi 6 mars 2020

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« Le premier et le dernier. En publiant conjointement son dernier roman L’Annexe et son premier (jusqu’ici jamais paru en France) Deuils cannibales et mélancoliques, Sabine Wespieser fait la démonstration de l’importance essentielle de l’œuvre de Catherine Mavrikakis, non seulement pour la littérature canadienne d’expression française, mais au-delà dans l’ensemble du champ littéraire. Cela ne surprendra que ceux qui n’auraient pas eu encore la chance de la lire.
Il est fascinant de voir combien son œuvre s’articule depuis toujours autour de grandes obsessions (le passé, la disparition, l’absence, le livre) et comment la façon dont elle les aborde a peu à peu muté, tout en déclinant sa palette du romanesque.
Catherine Mavrikakis a donc fait son entrée dans le roman avec Deuils cannibales et mélancoliques qui porte la trace de son époque, ces temps qui furent ceux de l’auteur où une maladie au nom d’acronyme faisait mourir à trente ans… La mort est plus que le sujet du livre, c’est son décor, son héroïne impérieuse, tandis que sa narratrice ne vit qu’entourée de personnes qui la trouvent, volontairement ou non. Tous des garçons. Tous s’appellent Hervé. Bien entendu, on ne saurait ici ne pas penser à la figure et aux livres ultimes d’Hervé Guibert, mais il y a dans cette espèce de métaphysique tragique, de déconstruction volontaire du récit, quelque chose qui peut aussi évoquer les errances noires du grand Maurice Blanchot.
C’est volontairement que l’on cite ici ces auteurs tant, vingt ans après, L’Annexe est finalement avant tout une ode à la littérature, à la lecture, seule à même de donner envie de vivre sa vie.
[…] Avec la complicité d’un mystérieux intendant cubain et homosexuel, [Anna] évolue moins auprès de ses congénères de mauvaise fortune que dans l’immense bibliothèque du lieu. Elle le sait, elle le devine, c’est là que se trouve cachée la clé de sa liberté et de la compréhension de ce monde réduit aux acquêts. »

« Des mots, des morts », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 14 février 2020

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« Nous recevons l'autrice québécoise à l'occasion de la double parution en France de L’Annexe, son nouveau roman, et de Deuils cannibales et mélancoliquesaux éditions Sabine Wespieser. Elle nous parle de l'importance de la littérature et du récit pour se construire.
Dans L'Annexe, Catherine Mavrikakis joue avec les codes du roman d’espionnage et de captivité, et nous livre un vibrant hommage à la puissance invaincue de la littérature. »

Extraits de l’entretien :
"J'ai l'impression que l'écriture est liée à une certaine errance, et je vois l'écriture comme un nomadisme. L'héroïne de mon roman ne se retrouve que dans la littérature. C'est le seul endroit où elle retrouve son identité, des goûts qui lui sont propres, alors qu'en tant qu'espionne, elle fabriquait ses goûts en fonction de ses missions. Tout d'un coup, elle va se rappeler des affects que lui a donnés la littérature, parce que la littérature n'est pas uniquement cérébrale, elle est particulièrement affective. En fait, je crois que l'accès au monde est toujours médiatisé par la littérature et ses affects : la littérature inscrit en nous quelque chose de nos émotions."
"Ce qui m'intéressait c'était de voir comment nous construisons nos identités. J'ai toujours un peu de méfiance envers les identités qui seraient très stables. Nous faisons des récits sur nous-mêmes que nous voulons très cohérents, or il me semble que nous sommes particulièrement incohérents. La littérature peut montrer des personnages beaucoup plus incohérents que ceux qui sont dans le monde. J'avais envie de montrer que nous sommes d'avance lecteurs des autres, et que dans le fond, la lecture et le récit sont notre quotidien : nous passons notre vie à nous inventer des récits sur nous-mêmes. En fait, ce qui m'intéresse, c'est le moment où mon récit de moi ne colle plus à moi-même, c'est là que l'on voit la fragilité de nos propres récits."
"Pour vivre, il faut arriver à décrypter plein de choses. On est tout le temps en train de travailler avec des mots ou des signes qu'on ne connaît pas, et on les réagence dans la phrase qu'est la vie."
"Mon écriture s'installe dans ce lieu où je parle, où je dialogue, où les morts me parlent. Après mon premier livre, l'écriture s'est réimposée. J'ai toujours l'idée que les livres que j'aime lire sont des tombeaux. J'aime les livres qui parlent de la mort ou des morts parce que je ne trouve pas ça facile d'être humain, de mourir, et de voir que d'autres meurent. La condition humaine est terrible, et je crois qu'il y a quelque chose d'excessivement incompréhensible dans le fait que l'on va mourir : il y a, c'est évident, un scandale dans la mort. En fait, j'écris pour que les lecteurs puissent porter les morts avec moi, parce que j'ai l'impression que l'espace littéraire est un espace de partage, dans lequel le lecteur peut porter les peines de celui ou celle qui écrit, et inversement : on crée des chambres d'écho où on se tend la main."

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« Catherine Mavrikakis : Apprendre à lire, c'est aussi apprendre à vivre », Marie Richeux, « Par les temps qui courent », France Culture, lundi 2 mars 2020


« Catherine Mavrikakis est née à Chicago, d'une mère française et d’un père grec qui a grandi en Algérie. Universitaire à Montréal, essayiste, dramaturge, elle est aussi l'auteure de plusieurs fictions. Son nouveau roman L'Annexe, un hommage très littéraire au journal d'Anne Frank, est publié en France par Sabine Wespieser éditeur.
En mars 2020, paraît également chez SW éditeur Deuils cannibales et mélancoliques, le premier roman de Catherine Mavrikakis publié en 2000 au Québec. »

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« Catherine Mavrikakis, sur les traces d'Anne Frank », Catherine Fruchon-Toussaint, « Littérature sans frontières », RFI, jeudi 12 mars 2020


Presse Web

« Ce livre […] se situe entre le roman d’espionnage, le roman d’enfermement et la métafiction. La figure clé en est Anne Frank, qui depuis toujours fascine Anna, agent secret. Tous les ans, cette dernière effectue un pèlerinage à l’Annexe, la cachette d’Amsterdam ayant abrité la famille juive entre 1942 et 1944, et dont une bibliothèque pivotante constituait l’entrée. En juillet 2015, l’espionne y fait une énième visite lorsqu’elle se sent suivie. Son intuition est juste, elle reçoit des instructions pour son exfiltration imminente et se retrouve quelques jours plus tard dans la chambre d’un appartement de protection dont on lui cache l’emplacement géographique. Le lieu abrite sept autres agents, une communauté régentée par un intendant d’origine cubaine haut en couleurs et féru de littérature comme notre héroïne. Lectrice passionnée, Anna passe en effet le monde et ses énigmes au tamis de la littérature pour les décrypter. Les autres membres du groupe gardant l’incognito et le silence sur les raisons de leur présence, Anna les identifie ainsi à des personnages romanesques […]. Au fil des semaines, une routine s’installe dans la maison aux espions, entre lecture, sport et dîners mondains : une prison dorée le temps de se faire oublier. Mais le huis clos devient pesant, d’autant que les méfiances s’aiguisent et que la mort attend son heure… Anna pense beaucoup à Anne Frank, mais alors que la jeune fille est devenue écrivaine parce qu’enfermée, Anna s’enferme dans des mondes imaginaires et abandonne sa prudence légendaire.
Dans ce thriller littéraire jouissif, véritable ode à la littérature, la claustration est à la fois salvatrice et menaçante. Il s’agit de ne pas se laisser endormir par Shéhérazade, ni piéger par un certain bovarysme. À la manière d’une Alice au pays des espions, Anna devra reconnaître ses ennemis grâce à un subtil jeu littéraire, et habiter le monde non comme le personnage d’un narrateur malfaisant, mais comme l’auteure de sa propre vie. »

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« Anna au pays des espions », Aline Sirba, www.onlalu.com

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« Dans le roman de Catherine Mavrikakis, l'exfiltration d'une espionne dans un étrange appartement refuge devient prétexte à une fabuleuse joute littéraire, doublée d'une ode au courage et à l'innocence, symbolisés par la figure d'Anne Frank.
Dans son premier roman, Deuils cannibales et mélancoliques, paru en 2000, Catherine Mavrikakis convoquait les fantômes du sida ; dans Le Ciel de Bay City, en 2009, ceux de la Shoah ; et dans La Ballade d'Ali Baba, en 2014, celui de son père, tout juste défunt. Dans L'Annexe, son dernier opus, plane l'ombre gracile et triste d'Anne Frank, mais pas seulement : derrière le destin tragique de la jeune fille, retracé dans son bouleversant journal, se bouscule une cohorte de fantômes jaillis de la littérature et du cinéma. L'écriture et la lecture comme bouées de sauvetage pour les vivants noyés dans les eaux noires du monde…
L'écrivaine montréalaise cosmopolite – née à Chicago d'une mère française et d'un père grec – a imaginé une héroïne de fiction bien dans l'air du temps (des thrillers et des séries) et en même temps très singulière. Anna est une espionne quadragénaire sans scrupule, mais dotée d'une étonnante culture livresque. Alors qu'à Amsterdam, elle visite pour la énième fois la maison d'Anne Frank, elle s'aperçoit qu'elle est suivie. La conclusion expéditive de sa dernière mission lui a valu d'être repérée par l'organisation ennemie. Exfiltrée d'urgence, elle est confinée dans un grand appartement, situé dans une métropole qui ressemble fort à Montréal.
Cette "annexe" en apparence cosy, où elle est désormais recluse avec neuf congénères, est gardée par un étrange majordome homosexuel cubain, fou de littérature, qui, d'emblée, l'affuble du nom d'"Albertine", l'héroïne de Proust. Méfiante, mais excitée par la perspective de renouer avec sa passion de jeunesse pour les livres, elle entre dans son jeu et rebaptise à son tour les habitants de l'annexe avec des grands noms de la littérature. Son gardien a une personnalité polymorphe : tour à tour Celestino (personnage de Reinaldo Arenas), Charlus, Molina (le traître du Baiser de la femme araignée), Otto – comme le père d'Anne Frank.
En tout, l'ouvrage comporte plus d'une soixantaine de références littéraires et cinématographiques. Catherine Mavrikakis orchestre un grand bal de spectres héroïques, dont elle tire une intrigue romanesque mouvante et mirifique. Dans son annexe-bibliothèque où la mort rôde, la femme d'action, devenue reine de fiction, est embarquée dans une lutte à mort avec son geôlier érudit, tour à tour ami, père et bourreau. Pour le vaincre, s'échapper et revivre, l'arme de la littérature ne lui suffira pas. Il lui faudra renouer avec le courage de l'action et surtout avec l'innocence. Pour peu qu'Anne Frank veuille bien être son ange gardien. »

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« L'Annexe : l'espionne qui aimait trop les livres », Philippe Chevilley, lesechos.fr, mercredi 18 mars 2020, et Les Échos, jeudi 19 mars 2020

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« Duel raffiné entre une agente qui n'a pas froid aux yeux et un Cubain excentrique, dans un huis-clos où sont tenus enfermés une bande d'espions. L'agente est fascinée par le destin d'Anne Frank, d'où le titre, et aussi par la littérature, par tous les héros de romans. Le regard de cette narratrice sans attaches ressemble à celui de l'auteure, dont le premier roman, resté inédit en France, paraît en même temps chez le même éditeur : Deuils cannibales et mélancoliques. »

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« La sélection livres de Libé », next.liberation.fr, vendredi 13 mars 2020

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